Chronique du système policier français : drones partout, privilèges policiers, film de propagande, médias en campagne sécuritaire...

Le régime policier et ses alliés se prépare pour gagner les élections en 2022

vendredi 10 septembre 2021, par Chronique du régime policier.

Encouragé, soutenu, glorifié, martelé par les médias de masse des milliardaires, le système policier occupe les écrans et les esprits.
Au niveau national comme régional, le traitement médiatique volontaire et assumé des médias alliés du pouvoir fait la retape non-stop des flics (ici en Drôme c’est le job du Daubé), des dispositifs sécuritaires et de la généralisation du régime policier. Le passe dit "sanitaire" n’est qu’un exemple parmi d’autres de la transformation de l’espace public en zone de surveillance totale.

VICHY : ARRÊTÉ POUR AVOIR APPELÉ A UNE MANIF CONTRE LE PASS

La semaine dernière, jeudi 19 août, trois personnes ont été arrêtées et jetées en cellule à Vichy, car elles sont soupçonnés d’avoir appelé à des manifestations contre le Pass Sanitaire. Les autorités les accusent d’être à l’origine d’une douzaine de protestations « non déclarées » dans la ville. Une femme et deux jeunes hommes sont donc placé-es sous contrôle judiciaire en attendant leur procès.

La femme de 40 ans et les deux hommes de 21 ans ont donc été placés en garde à vue et seront jugés le 3 février 2022. Ils doivent pointer deux fois par semaine au commissariat et l’un d’entre eux est également interdit de séjour dans l’Allier.
Saïd, l’un des mis en cause, s’exprime : « Depuis 3 ans je suis actif sur le terrain, j’ai commencé avec le Mouvement des Gilets Jaunes quand j’avais 18 ans. Aujourd’hui j’ai 21 ans et une chose n’a pas changé c’est ma détermination se qui ce passe en ce moment est sans précèdent. J’ai fait beaucoup de Garde à vue... juste pour avoir voulu m’exprimer et pour avoir marché pour mon avenir et celui de mes petits frères. Nous sommes dans un pays ou quoi que tu dise ou que tu face contre ce système on essayera toujours de te faire taire. Nous sommes des millions ».

Cette intimidation s’inscrit dans la continuité des répressions qui frappent tous les mouvements sociaux de ces dernières années, et qui s’est amplifiée avec les Gilets Jaunes. L’attaque d’organisateurs présumés d’une manifestation doit toutes et tous nous inquiéter. Les centaines de défilés qui ont lieu chaque samedi dans toute la France pour les libertés sont, en grande partie, organisés spontanément et sans déclaration préfectorale. À Nantes, depuis les grèves insurrectionnelles de 1955, les manifestations ne sont traditionnellement pas déclarées. Notre meilleur réponse est la solidarité et la multiplication des gestes de désobéissance.

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Le régime policier et ses alliés se prépare pour gagner les élections en 2022 - La répression remonte toujours plus en amont, si elle le pouvait elle punirait nos pensées

📚LECTURE DE RENTRÉE : « NOUS SOMMES EN GUERRE »

C’est un jeune auteur nantais, Pierre Douillard-Lefèvre, mutilé par un tir de LBD alors qu’il était lycéen, qui signe le livre « Nous sommes en guerre ». Cet ouvrage propose une histoire du temps présent : celle de la répression « à la française », de l’augmentation des moyens de contrôle, et de la brutalisation des discours politiques. Les différents « laboratoires » de la répression sont analysés, des quartiers au mouvement des Free Party jusqu’aux mobilisations de Gilets Jaunes. Le tableau offert dans ce texte coup de poing est mordant, révoltant. Il donne des outils de défense intellectuelle salutaires face à la propagande sécuritaire omniprésente. Mais les constats ne suffisent pas : une dernière partie du livre est consacrée aux différentes pistes pour résister à l’appareil policier, et enfin, obtenir des victoires, gagner en puissance.

« Nous sommes en guerre » sort le 10 septembre en librairie, il est déjà disponible en pré-commande à cette adresse.
250 pages illustrées pour 12€, aux Editions Grevis. A lire et faire lire d’urgence.

Extrait :
« Qu’est-ce qui relie un lycéen et un Gilet Jaune, un teufeur et l’habitant d’une cité, un supporter et un occupant de la ZAD, malgré leur diversité, leurs subjectivités ? Tous ont subi des violences préméditées de la part de policiers qui les ont visés à la tête. Tous ont été touchés par la même arme. Il y a toujours, en amont de leurs histoires, une volonté assumée par la Police de faire mal, d’en mutiler un pour en terroriser cent. Ce qui les relie, c’est la violence quotidienne de la police : le harcèlement de certains quartiers, la traque des sans-papiers, les expulsions de logement, l’étau anti-terroriste qui s’abat sur des catégories toujours plus larges d’indésirables. Ce qui leur est arrivé arrivera probablement à l’autres. Les armes de la po­lice disent à celles et ceux qu’elles ciblent de rentrer chez eux, de vivre dans la crainte, d’obéir. Les damnés de la répression devront donc faire exister une légitime défiance [...] »

(posts de Nantes Révoltée)

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Pub immonde et choix des sujets d’actualité, le régime policier et ses alliés se prépare pour gagner les élections en 2022

Revivre ensemble ?

On ne vit pas avec mais dans la peur de cette police qui mutile, enferme et terrorise tous ceux qui luttent pour un monde meilleur. Une pensée pour les Gilets Jaunes eborgnés, mutilés, traumatisés... qui se retrouvent insultés et méprisés par cette pub honteuse de RTL.

(post de Cerveaux non disponibles)

HABITATIONS, BIBLIOTHÈQUE ETHICULES SACCAGÉS AU CARNET

Vandalisme contre une mobilisation écologiste près de Nantes

Notre époque de pénombre sécuritaire ressemble souvent à un mauvais polar, avec l’arrogance sans bornes des uniformes et des violences extra-légales des barbouzes.
Au Carnet, une mobilisation tient bon depuis plus d’un an contre le projet de bétonnage de la Loire. Cette lutte, qui occupe un morceau de terre dans l’Estuaire, destiné à être transformée en extension du port de Nantes-Saint-Nazaire, est la cible régulière d’intimidations. Précédemment, lors d’une manifestation sur la zone, un épandage de boue toxique issue d’une station d’épuration avait été organisée. Il fallait, pour une telle opération, une logistique importante, l’accès au lieu, et probablement la complicité des autorités. Quelques jours plus tard, des caméras et autres dispositifs de surveillance étaient retrouvés cachés dans des troncs ... Plus récemment, un opposant était violenté et placé en garde à vue sans motif, et ressortait couvert de contusions.

A présent, des lieux de vie sur un terrain privé proche du Carnet ont été détruits avec une grande violence. Une voiture a été vandalisée, ses roues crevées et ses vitres brisées. Les caravanes dans lesquelles vivaient des personnes dans le besoin ont été renversées et saccagées et les pneus ont été tranchés au couteau. La bibliothèque a été détruite, la cuisine collective a été dévastée et du matériel a été volé. Un saccage qui s’inscrit dans une vague de violences physiques, psychologiques et matérielles contre une lutte écologiste.

Ces procédés ne sont malheureusement pas isolés. Il y a eu des violences de barbouzes sur plusieurs ZAD, avec notamment des menaces de chasseurs ou des sabotages ces dernières années. Plus récemment, à Nantes, des attaques de cortèges ont été organisées par des fascistes armés en service commandé, sous protection policière, accompagnées des menaces contre des opposants identifiés. Ces violences extra-légales contre les mouvements sociaux et écologistes sont une nouvelle modalité de répression en marge de la police classique.

Au Carnet, les opposants et opposantes demandent du soutien : vous pouvez les aider sur leur cagnotte en ligne (cotizup.com/stopcarnet), leur apporter votre soutien via des dons matériels : matériaux de construction (bois, plexiglas, tôles ...), outils, vieilles caravanes ou vieux camping-cars, vieux ordinateurs... Dans ce cas faites signe par mail à zadducarnet chez riseup.net. Vous pouvez aussi vous abonner à la page Collectif Stop Carnet

(post de Nantes Révoltée)

Chronique du système policier français : drones partout, privilèges policiers, film de propagande, médias en campagne sécuritaire…
Le régime policier a toujours été en guerre contre les populations, c’est son rôle majeur

DIVERS

  • « Tabassé au commissariat de Toulouse » : face à l’impunité policière, soutien à Mathieu Rigouste ! - Trois policiers accusés par Mathieu Rigouste de l’avoir « tabassé et menotté dans le commissariat de Toulouse » ont bénéficié d’un non-lieu huit ans après les faits. Le sociologue, lui est poursuivi pour « outrage, violence et rébellion ». Un rassemblement est organisé pour son procès vendredi 3 septembre devant le TGI pour le soutenir lui et toutes les victimes de violences policières.
    (...) "Ce ne sont pas des "bavures" ni des dysfonctionnements mais un système organisé. A toutes les époques, à travers l’esclavage et la colonisation, depuis la formation de la grande ville bourgeoise et la chasse aux sorcières, la police contrôle, surveille & réprime les classes dominées.”
  • Votée durant l’été, la loi Séparatisme muselle encore les libertés - Alors que la loi Séparatisme est entrée en vigueur le 25 août, associations et militants dénoncent toujours cette loi portant selon eux atteinte aux libertés d’information, d’association et d’enseignement.
    (...) C’est aussi toute une série de mesures renforçant le contrôle des associations qui a été adoptée. L’article 12 prévoit que les associations devront désormais, dès qu’elles reçoivent des subventions, signer un « contrat d’engagement républicain » consistant à respecter les principes et symboles de la République, la laïcité, et à « s’abstenir de toute action portant atteinte à l’ordre public ». Il sera aussi nécessaire d’y adhérer pour obtenir l’agrément (qui permet d’agir en justice sur certains sujets) et la reconnaissance d’utilité publique (qui permet la déduction fiscale des dons).
    Le dispositif a donc particulièrement alarmé les associations écologistes ayant recours aux actions de désobéissance civile : seront-elles considérées comme un trouble à l’ordre public ? Seront-elles entravées dans leur possibilité d’agir en justice, ou verront-elles leurs ressources financières limitées ?
  • Les renforts de policiers sont arrivés à Valence et à Montélimar

Drones et caméras mobiles partout ?

"dès le 14 septembre, le projet de loi « relatif à la responsabilité pénale et à la sécurité intérieure » arrive devant les députés, en commission. Il prévoit, dans ses articles 8 et 9, de légaliser l’usage des drones et caméras mobiles par les forces de l’ordre. Pour rappel, par deux fois le Conseil d’État avait rappelé à la préfecture de police de Paris qu’en l’état actuel du droit, leur utilisation est interdite. Leur autorisation avait donc été inscrite dans la loi Sécurité globale, mais censurée par le Conseil constitutionnel." (source Reporterre)

🔊NANTES : POUR ANÉANTIR LES MOBILISATIONS, LE PRÉFET INTERDIT LES « RASSEMBLEMENTS FESTIFS » POUR UN MOIS !

Les autorités locales nourrissent décidément une obsession malsaine contre les fêtes et la musique. Après la nuit tragique du 21 juin 2019, durant laquelle la police a provoqué la noyade d’un jeune pour empêcher une fête de la musique et la répression sauvage et militarisée de Free Party à Lieuron et Redon.

Ce vendredi 3 septembre, le Préfet de Loire-Atlantique Didier Martin a publié un arrêté interdisant « les rassemblements festifs à caractère musical » dans le département, et pour tout le mois de septembre. Dans un texte ubuesque, le Préfet utilise « l’état d’urgence sanitaire prolongé jusqu’au 15 novembre » pour « interdire restreindre et réglementer » les « activités qui ne sont pas interdites ». Pratique.
C’est donc au nom du COVID que la musique en plein air va être interdite, alors même que les bars se remplissent, que les grandes surfaces sont bondées, que les activités touristiques et commerciales repartent. Il n’y a pas de raison sanitaire à interdire une activité en extérieur, c’est une décision purement politique. Une preuve de plus que la pandémie est utilisée comme prétexte pour restreindre certaines libertés.

En effet, cet arrêté survient précisément alors que des chars musicaux devaient se joindre à la manifestation pour les libertés ce samedi. Les autorités prétendent que « selon des éléments d’informations concordants, des rassemblements festifs sont susceptibles de se dérouler ». Il ne s’agit pas d’indices : un défilé musical était annoncé depuis plusieurs jours à Nantes. Il s’agit très clairement d’une répression hypocrite contre le mouvement social. Plusieurs chars ont d’ailleurs été saisis ces derniers jours. Dans ces conditions, la manifestation ce samedi sera probablement privée de ses sonos ...
Soyons, malgré tout, nombreux, nombreuses et déterminés, à 14H, croisée des trams.

🚅 POLICE ET PRIVILÈGES

- Le gouvernement veut supprimer les billets de trains des cheminots et offrir la gratuité pour les policiers armés

C’est une conquête sociale logique, dont bénéficient les cheminots : des réductions sur les trajets en train. Comme dans beaucoup de professions avant que le néolibéralisme ne ravage tout, les travailleurs et travailleurs bénéficient de certains avantages liés au fruit de leur labeur. Mais depuis des années, les médias aux ordres salissent les cheminots, vantent la privatisation du rail, et évoque un soi-disant « coût faramineux des billets des cheminots ». Pour finir de tout saccager, le gouvernement Macron prévoir de supprimer cet acquis.

Dans le même temps, il annonce la gratuité des voyages pour les policiers. Comment ne pas voir, dans ces annonces simultanées, une provocation outrancière ? Une de plus. Quoiqu’il en soit, la police gagne donc un nouvel avantage : le train gratuit. Gérald Darmanin veut que l’accès aux wagons soit open bar : il suffit d’arriver armé en se signalant au chef de bord. Un flingue et une carte de police équivaut à un passe droit. Le ministre s’est félicité sur Twitter d’un partenariat gagnant/gagnant qui permettrait de « sécuriser les trains et faciliter la vie de nos policiers ». Sans blague.

Port d’armes autorisé partout, primes comme s’il en pleuvait, pas de réforme des retraites, violences autorisées et même encouragées, pas d’obligation vaccinale et maintenant billets gratuits : le gouvernement a créé une nouvelle classe d’ultra-privilégiés. Comme au temps des rois et des empereurs, la garde prétorienne a littéralement tous les droits et aucun devoirs. Les gardiens de l’ordre bénéficient de tous les avantages, et sont héroisés au quotidien par la propagande médiatique.Qui peut encore tolérer des injustices aussi flagrantes ?

(posts de Nantes Révoltée)

Chronique du système policier français : drones partout, privilèges policiers, film de propagande, médias en campagne sécuritaire…
Le régime policier et ses alliés se prépare pour gagner les élections en 2022, les flics, en tant qu’electeurs et remparts, sont bichonnés plus que jamais

Le train gratuit pour les flics


Après avoir été exemptés d’obligation vaccinales, les policiers pourront bénéficier d’un nouveau cadeau du pouvoir : la gratuité des trains à partir de 2022 !
C’est le ministre de l’intérieur qui l’a annoncé hier. Alors même que la gratuité pour les agents sncf est remise en cause.

On se demande bien pourquoi le gouvernement fait autant de cadeau à la police... Et pas aux soignants ou éboueurs ? Ce n’est évidemment pas lié au fait que cette police est le seul rempart depuis deux ans pour empêcher la contestation sociale de devenir une véritable révolte populaire...

PARIS : LA MILICE DU PASS SANITAIRE

Hier samedi 4 septembre à Paris, les manifestants opposés au Pass Sanitaire ont envahi les Halles de Chatelet, haut lieu de consommation. Ils ont immédiatement été pris en chasse par les mal nommés « BRAV », miliciens du régime, qui on violenté plusieurs manifestantes et un journaliste.

- VIDEO : https://fb.watch/7QMle2NrpF/
Montage : Caisse de grève
Images : Amar Toualit

(posts de Cerveaux non disponibles)

🎬 BAC NORD : UN FILM DE PROPAGANDE POLICIÈRE ACCLAMÉ PAR LA PRESSE

– Fascisme culturel : analyse –

Il fut un temps pas si lointain où le cinéma français se moquait de la police, avec des films comiques sur « Les ripoux », où Coluche incarnait un « Commissaire Labavure ». Une époque où il était normal de tourner les gendarmes en dérision, et où les chansons populaires critiquaient les uniformes. C’était avant que l’imaginaire d’extrême droite ne contamine absolument toute la société française. Avec le film « BAC Nord », c’est un authentique long métrage de propagande d’extrême droite qui a déboulé sur les grands écrans, et dont la presse fait une promotion écœurante. Ce film est un cadeau de rentrée pour Marine Le Pen, qui tweete : « la réalité c’est ce film ! Allez le voir ! » BAC Nord, c’est donc « la réalité » vue par le Rassemblement National.

➡️ UNE HISTOIRE VRAIE ACCABLANTE
Non seulement ce film est un monument à la gloire de la police, mais il s’inspire de faits réels peu glorieux. En 2012, 18 policiers membres de la BAC du Nord de Marseille sont arrêtés pour corruption, racket, trafic de drogue et enrichissement personnel. Des enquêteurs trouvent des sachets de cannabis dans les placards du commissariat. En première instance, le tribunal correctionnel de Marseille condamne onze policiers à des peines allant de deux mois à un an de prison avec sursis et prononce sept relaxes. En appel, les agents doivent être rejugées dans les mois qui suivent. Bref, c’est une affaire de ripoux qui ressemble à celle de la Compagnie d’Intervention du 93, impliquée l’an dernier dans une vaste affaire de violences et de trafics de drogue. Ainsi, « BAC Nord » traite d’une affaire judiciaire en cours, et ne se gêne pas pour prendre ouvertement parti, en utilisant de vraies images d’archives mélangées à des éléments de fiction censés prouver que les policiers n’ont fait que leur travail. Qu’ils étaient « obligés » d’agir ainsi. Héroïser de « bons flics » est déjà une routine quotidienne dans les médias. L’objectif de BAC Nord est de faire passer des agents condamnées pour des gentils.

➡️ DES POLICIERSROÏSÉS
Le monde de BAC Nord se résume de façon rudimentaire : les héros sont les policiers de terrain, courageux, virils, sincères et contraints d’utiliser des méthodes illégales pour enquêter sur les « méchants ». En face, les habitants des quartiers : uniquement des dealers, eux même uniquement effrayants, inhumains, surarmés, dangereux. Ils constituent une masse hostile et sont montrés comme des animaux dangereux, des zombies à neutraliser par tous les moyens. Et puis il y a l’IGPN, la police des polices. Dans la vraie vie, l’IGPN est une machine à protéger les policiers, plus personne ne l’ignore en France. Dans BAC Nord, l’IGPN est composé d’enquêteur tatillons, méticuleux, qui font tout pour empêcher les policiers de terrain de combattre les voyous. Le montage, la musique, la mise en scène : tout est mis au service d’un constat manichéen. Le même genre de procédé de propagande avait été vu dans la série « Engrenage » : une saison était consacrée à la lutte de policiers contre « l’ultra-gauche » en 2012. Les militants y étaient présentés comme des illuminés fanatiques, armés et dangereux, face à des policiers démunis. Dans un des épisode, un policier éborgnait « par erreur » un squatteur avec son Flash-Ball, et toute la narration visait à rendre ce tir compréhensible et légitime. Ici, c’est pire, et c’est sur grand écran que ça se passe.

➡️ UN FILM FASCISTE ?
Ce film ne parle évidemment pas des initiatives solidaires dans les quartiers marseillais, de la débrouille, des amitiés. Par exemple, un McDonald’s fermé dans un quartier populaire avait été transformé en centre social et solidaire venant en aide à des milliers de personnes précaires l’année dernière. Des associatifs se mobilisent face aux carences sanitaires ou éducatives hallucinantes de l’État. Des résistances s’organisent. Tout cela, c’est-à-dire la réalité, viendrait contredire l’objectif du film, le message : il faut donner carte blanche à la police dans les quartiers, supprimer l’IGPN, et récompenser cette unité de la BAC injustement accusée. Bien sûr, il ne sera pas question non plus des questions de brutalités policières, ni de l’utilité d’une telle "guerre contre la drogue", aussi inutile qu’absurde puisqu’elle ne règle aucun problème. Quel sera l’impact d’un tel film ? La presse étrangère s’inquiète : lors de l’avant-première du film, un journaliste irlandais avait été choqué de la vision caricaturale de Marseille et avait ironisé : « j’ai vu ça avec l’œil d’un étranger et je me dis : peut-être que je vais voter Le Pen après ça » et dénoncé la présentation des quartiers comme des « zones hors de la civilisations [...] j’étais gêné. Vraiment gêné. Et je n’étais pas le seul ».

➡️ UNE PROMOTION AHURISSANTE
Pourtant, en France, les médias aux ordres font une promotion unanime du long-métrage d’extrême droite. « Excellent film » pour 20 Minutes, « testostéroné » et « à couper le souffle » pour le Parisien, « westen urbain » pour le Figaro et le JDD, « oasis inespérée » pour le journal « de gauche » Le Nouvel Obs. Résultat : un film en tête du Box Office. À la télévision, l’extrême droite a colonisé tous les plateaux depuis des années. La classe politique a intégré toute la pensée réactionnaire et sécuritaire. Le cinéma français mainstream ne propose plus qu’une vision nihiliste et autoritaire de la société. La presse satirique agonise. Il est interdit de se moquer des forces de l’ordre. Il n’y a plus de contre pouvoir nul part. Un appauvrissement intellectuel et politique est imposé partout. « BAC Nord » le montre encore une fois : l’imaginaire du fascisme est construit méthodiquement par les élites politiques, médiatiques et « culturelles » de ce pays. Il est urgent et vital de proposer d’autres imaginaires, d’autres créations, d’autres discours que cet univers qui prépare le pire, et nous mène droit vers l’obscurité.

CORBEIL-ESSONNES : UNERE DE FAMILLE GAZÉE, 5 NUITS DE COLÈRE

Les faits ont eu lieu jeudi 2 septembre à Corbeil-Essonnes, en banlieue parisienne, et les images ont fait le tour des réseaux sociaux. Des policiers de la BST, brigade spécialement créé pour réprimer dans les quartiers, et connue pour ses nombreuses violences, arrêtent brutalement un jeune soupçonné d’avoir participé à un « rodéo ». Pendant l’interpellation, les policiers gazent un plein visage une mère de famille. Les images, devenues virales, montrent la maman approcher les agents lors de l’arrestation de son fils avant de recevoir sans ménagement un coup de gazeuse. Depuis, tous les soirs, la colère s’exprime et la police tire.

Hier, lundi 6 septembre, la mairie a organisé une réunion de « médiation » avec des mères de famille du quartier et des commissaires de police. Mais devant la salle, la présence de nombreux agents, notamment la BAC qui a provoqué des habitants, a mis le feu au poudre. Et à nouveau, de nombreuses personnes, familles comprises, ont été gazées. Des cailloux et des feux d’artifice ont répondu aux grenades et tirs de balles en caoutchouc jusque tard dans la soirée.

Selon les autorités, il y a eu au moins 20 tirs de LBD hier soir, en plus des munitions lacrymogènes. La nouvelle compagnie de « CRS 8 », les « super-CRS » créés par Darmanin étaient sur place. Dans le quartier des Tarterêts, à Corbeil Essone, les violences policières sont régulières. En 2011, une fillette de 9 ans, Daranka, avait été gravement blessée à la tête par un tir de LBD, et avait fait plusieurs jours de coma. Aucun policier n’avait été condamné.

INTERVIEW DE RENTRÉE DU PRÉFET : OUEST FRANCECLAME PLUS DEPRESSION

- Le journal local demande à restreindre le droit de manifester à Nantes

Le Préfet de Nantes Didier Martin donne aujourd’hui son interview de rentrée dans la presse locale. Il ne s’agit pas simplement du désormais classique entretien fade, sans contradiction ni questions qui fâchent. Ici, le journaliste en charge de l’entretien réclame d’avantage de répression au fonctionnaire interviewé.

➡️ PLUS D’UNIFORMES
Dans cet article, Didier Martin commence par se féliciter d’accueillir « soixante policiers supplémentaires au commissariat de Nantes, ce mercredi 8 septembre ». C’est vrai que Nantes, laboratoire répressif depuis plus de 10 ans, quadrillée par les CRS tous les jours, manque de policiers. Dans le même temps, combien de lits d’hôpitaux supprimés ?

➡️ INTERDIRE LES MANIFS ?
Puis vient cette question, posée par le journaliste de Ouest France : « quid des manifs en ville ? Peut-on sanctuariser le centre et imposer des itinéraires un peu plus éloignés pour éviter la casse et satisfaire les commerçants ? ». Précisons d’abord qu’il n’y a aucune « casse » dans les manifestations depuis des mois, et que quand il y en avait lors des grands mouvements sociaux, il s’agissait toujours de banques et autres symboles du capitalisme, jamais de « commerçants ». Rappelons ensuite que les manifestations sont déjà éloignées du centre : à de rares exceptions près cet été, les cortèges sont fortement encadrés et obligés d’emprunter toujours les mêmes grands axes isolés, à l’écart du centre historique de la ville et des rues commerçantes. Ce qui est notable, c’est donc la gourmandise avec laquelle un représentant de la presse locale semble réclamer à un haut fonctionnaire un maintien de l’ordre encore plus liberticide. En comparaison, la réponse du préfet paraît d’ailleurs presque modérée : « on ne peut pas faire entrave à la liberté de manifester. Il n’est pas possible d’interdire systématiquement des défilés en centre-ville ». Néanmoins, Didier Martin en profite pour tacler les serveurs et serveurs de bars qui manifestent ces dernières semaines : « il faut aussi que les commerçants jouent le jeu. J’en vois certains qui manifestent le samedi contre le passe sanitaire ». Une menace ?

➡️ « ULTRA GAUCHE »
« Ce que je déplore, ce sont les débordements pitoyables, les violences, parfois entre des militants d’extrême droite et l’ultra gauche. On assiste à des jets de projectile, des lancers de fumigènes… C’est une mauvaise habitude nantaise qui veut qu’on s’en prenne systématiquement aux forces de l’ordre » raconte Didier Martin. Comme souvent, le préfet réécrit l’histoire, sans être contredit par le journaliste. Le 31 juillet dernier, un groupe de néo-nazis armé de matraques a chargé le cortège contre le Pass Sanitaire, en toute impunité. Le chef du commando, Numéro 2 du RN local, filmé en train de donner des coups, n’a jamais été inquiété. Il ne s’agit pas de « débordements » mais d’agressions fascistes sous protection policière. Le préfet ajoute : « J’ai accompagné nos CRS samedi, je peux vous dire qu’ils font preuve de beaucoup de sang-froid ». Problème : les derniers samedis, le maintien de l’ordre était assuré par la gendarmerie. Soit le préfet ment, soit il ne connaît pas les unités déployées dans sa propre ville. Quant au « sang froid » de la police nantaise, il est effectivement connu et reconnu dans tout le pays…

➡️ BROSSE A RELUIRE
Le reste de l’entretien porte sur l’aéroport, l’accueil des migrants, évidemment « de grande qualité », même le journaliste s’inquiète de savoir si les expulsions « se poursuivent » bien malgré le COVID, ou encore la « transition écologique ».
Il n’y aura rien sur les violences policières. Rien sur la répression des free party. Rien sur l’avancée des enquêtes sur la mort de Steve. Rien sur les pénuries de logement et les expulsions de bâtiments vides. Dormez bien, braves gens.

Source : https://www.ouest-france.fr/pays-de-la-loire/loire-atlantique/la-mauvaise-habitude-nantaise-de-s-en-prendre-aux-policiers-deplore-le-prefet-b64487e6-0ff8-11ec-9e15-f265afca688f

Chronique du système policier français : drones partout, privilèges policiers, film de propagande, médias en campagne sécuritaire…
L’ultra-gauche et les anarchistes qui cassent des choses, c’est mal, BRRRR ! - En revanche, les fachos qui veulent tuer des gens, c’est pas bien grave, d’autant que tout le monde sait bien que l’extrême gauche et l’extrême droite c’est kiff kiff (les merdias le disent suffisamment)

☢️UN NÉO-NAZI PRÉPARAIT DES BOMBES RADIOACTIVES : LA POLICE A GARDÉ L’INFORMATION SECRÈTE !

Dans Le Canard Enchaîné de ce mercredi 8 septembre, on apprend que la police de Colmar a interpellé au mois d’aout un militant néo-nazi nostalgique du Klu Klux Klan qui s’apprêtait à faire exploser des bombes radioactives. « C’est la première fois en France que des policiers découvrent un projet de bombe sale aussi abouti », lit-on dans l’hebdomadaire.

Partout en France, l’extrême droite s’arme, passe à l’acte, agresse dans une quasi-impunité. Certains éléments se préparent ouvertement à la guerre civile et le font savoir. Mais bizarrement, cela ne fait pas la « une » des chaines d’informations. L’apprenti terroriste était d’ailleurs « inconnu des services ». Dans le même temps, quasiment tous les militants révolutionnaires, écologistes, opposés au racisme ou à la répression sont fichés S et étroitement surveillés. Rien d’étonnant avec un ministre de l’Intérieur lui-même issu de l’extrême droite.

Encore plus inquiétant, selon le Canard, la direction de la police a décidé de garder l’information secrète. Pourquoi ? Officiellement « pour ne pas créer la panique ». Ah bon ? La police chercherait à éviter l’anxiété ? Pourtant, il ne se passe pas une semaine sans des outrances sur « l’ultra-gauche » pré-terroriste, la « menace islamistes », les « gilets jaunes radicalisés »... Alors pourquoi un tel silence ici, sur des faits gravissimes et avérés ? Pour protéger, encore, l’extrême droite ? Parce que ce projet d’attentat néo-nazi ne cadre pas avec le climat politique que cherche à installer le pouvoir ? Il faudrait éviter de créer une défiance à l’égard de l’extrême droite que les médias cherchent à normaliser par tous les moyens ? Le climat est, décidément, pré-fasciste.

☠️LESDIAS DES MILLIARDAIRES EN CAMPAGNE (D’EXTRÊME DROITE)

– Intoxication des esprits –

➡️ Les médias des milliardaires sont en campagne acharnée pour un polémiste d’extrême droite sans talent. Un minable misogyne. Une rognure d’ongle pétainiste. Un auteur de multiples appels à la haine raciale. Eric Zemmour est le pur produit d’un système à bout de souffle, intégralement fabriqué par la caste médiatique, et grassement rémunéré pour diffuser son poison depuis une quinzaine d’années. L’obsession des médias dominants pour sa candidature est une énième démonstration de la fascisation des élites.

➡️ Les chaînes de télévision n’offrent plus que 50 nuances d’extrême droite. Une propagande autoritaire, raciste, ultra-libérale au quotidien, vue par des millions de personnes. Il n’y a plus sur les plateaux télés que des policiers radicalisés, des économistes thatchériens et des histrions racistes. Jamais depuis des décennies les contre-pouvoirs n’ont été aussi absents. Rarement la fabrique de l’opinion n’a été concentrée entre aussi peu de mains.

➡️ « Il suffit de ne pas regarder » diront certains. Mais ces chaînes imprègnent le climat ambiant, imposent les débats du moment, orientent les discours politique. Il ne s’agit pas seulement de « faire du buzz », c’est une stratégie idéologique, une intoxication des esprits délibérée, concertée, organisée. L’indignation ne suffira pas : la contre-attaque culturelle et médiatique est vitale face au fascisme qui vient. Développez et soutenez les médias indépendants comme Nantes Révoltée. Exprimez vous, décorez les rues, faites vos tracts, vos affiches, vos journaux. Ne les laissons pas imposer par la propagande un monde dont personne ne veut.

(posts de Nantes Révoltée)

ARRESTATION DUN JOURNALISTE ET INSULTES DE LA BAC

Samedi 4 septembre, lors de la manifestation contre le pass sanitaire à Marseille, Adrien Arbl, journaliste indépendant, et son père ont été violemment pris à parti et insultés par des policiers en civil. Des policiers que le journaliste avait filmés quelques semaines plus tôt alors qu’ils arrêtaient un manifestant, et qui s’en sont pris au journaliste après l’avoir reconnu. Le père d’Adrien Arbl a été placé en garde à vue pendant 18h et il aurait été frappé et étranglé par les policiers. La caméra du journaliste a été également endommagée lors de l’interpellation.

Images Révolution Permanente

(post de Cerveaux non disponibles)

P.-S.

Contrepoison théorique :

« Indubitablement le mot d’ordre qui de loin dépasse en popularité et en universalité n’importe quelle expression d’amour pour la patrie, n’importe quel slogan publicitaire, c’est celui qui proclame que tous les flics sont des bâtards. » (Serge Quadruppani)

« La police n’est pas seulement le bras armé de l’État et du gouvernement, Elle est la garantie que chacun reste à la place qui lui incombe. » (Serge Quadruppani)

« En première et en dernière instance, la police ne défend ni le faible, ni la veuve, ni l’orphelin, pas plus que la femme battue. La police défend par la brutalité le monde de l’économie et sa condition sine qua non : l’accaparement par quelques-uns du territoire et des efforts de toutes et chacun. Le besoin de police est une mystification, son existence une usurpation. » (Serge Quadruppani)

« Historiquement, beaucoup ont appris depuis des années, des décennies, voire des siècles, à éviter la police, à la redouter, à la fuir, à se passer d’elle et à se défendre contre elle. En appeler à réformer la police ou à sanctionner les “abus“, les “excès“, les “dérapages“racistes, sexistes, les “bavures“, les viols, c’est l’expression d’une mélancolie démocratique complaisante parce qu’elle voile, nie, déréalise ce qu’est la police, sa fonction sociale et idéologique, ainsi que son action mortifère pour un pan entier de la société civile. » (Elsa Dorlin)

DEFAIRE LA POLICE
Jérôme Bachet, Elsa Dorlin, Irène, Guy Lerouge, Collectif Matsuda et Serge Quadruppani
138 pages – 13 euros
Éditions Divergences – Paris – Septembre 2021
www.editionsdivergences.com/livre/defaire-la-police


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