Chair à canon ou à patron, les peuples ont tout à perdre dans les guerres militaires et économiques

Les peuples sont des pions corvéables pour la puissance des Etats et du techno-capitalisme

dimanche 27 février 2022, par Camille Z.

En france, nous sommes déjà totalement impuissants concernant les choix politiques et économiques faits par l’Etat, les multinationales et les gouvernements, alors on a encore moins de pouvoir de décision pour les questions géopolitiques et internationales.
Pour tout, ici et partout ailleurs au sein de la civilisation, que ce soit en régime pseudo-démocratique autoritaire ou en dictature, les peuples ne sont que des pions corvéables pour la puissance des Etats et du techno-capitalisme, pour l’accroissement de la fortune des déjà riches.
De tout temps, les peuples sont alternativement de la chair à canon et de la chair à patron manipulée à l’envie via les discours politiciens, scolaires et merdiatiques.
Et quand on proteste un peu vigoureusement au sein des régimes dits « libéraux », l’Etat et le capitalisme lâchent leurs sales chiens policiers pour nous battre, nous emprisonner et nous éborgner.

Les mirages de liberté mutilée obtenus au prix de désastres planétaires via la quête d’une délivrance matérielle et politique impossible et indésirable, le déchargement de toute autonomie collective au profit des autorités, des experts, de la haute technologie, de l’Etat et du Capital, mènent à un monde dévasté par la guerre militaire et par la guerre économique, par les totalitarismes étatiques et économiques, par la tyranie techno-industrielle.
Dans ce cadre, le seul progrès tangible est celui de la pourriture et de la dévastation. Dans la civilisation il n’y a pas de paix, la guerre militaire et la guerre économique se succèdent, se mélangent et s’épaulent, elles constituent les deux faces d’une même médaille tâchée de sang.

On n’a pas de planète B, les montagnes et les caves ne pourront pas nous protéger des bombes ni des cataclysmes écologico-climato-sociaux.
Soit on résiste franchement jusqu’à abattre la civilisation industrielle, soit on ne pourra que décompter les morts, creuser des fosses communes et déplorer en pleurant de nouveaux carnages prévisibles et documentés de longue date.

- Extrait du livre « Terre et Liberté » :

Si toute société est structurée par un certain imaginaire, nous ne changerons pas la société actuelle sans nous libérer du rêve qui la hante, celui d’être délivrés des nécessités sociopolitiques et matérielles de la vie humaine. Ce livre est une invitation à rêver autrement. Alors, les changements révolutionnaires de vie et de société que l’on commence à percevoir comme nécessaires nous apparaîtront sous un autre jour : infiniment plus désirables que de continuer à jouir d’une liberté mutilée dans un monde dévasté.

Chair à canon ou à patron, les peuples ont tout à perdre dans les guerres militaires et économiques
L’usine d’armement militaire synthétise parfaitement l’Etat, l’industrie et le Capital dans une même entreprise de dévastation et de domination

ABOLIR LA GUERRE

En 2006, feu l’historien états-unien Howard Zinn donnait une conférence sur l’abolition de la guerre. Il s’agissait d’un thème qui lui était cher, à lui, qui avait participé à la Seconde Guerre mondiale — la « bonne guerre », la « guerre juste » — en tant que pilote de bombardier. Plus jamais ça. Plus jamais ces morts insensées, ce « massacre de gens qui ne se connaissent pas au profit de gens qui se connaissent bien mais ne se massacrent pas » (Paul Valéry).

Dans une lettre publiée dans L’Humanité du 18 juillet 1922, le grand Anatole France lui-même — par ailleurs une andouille possiblement misogyne — rappelait :

« que la guerre mondiale fut essentiellement l’œuvre des hommes d’argent, que ce sont les hauts industriels des différents États de l’Europe qui, tout d’abord, la voulurent, la rendirent nécessaire, la firent, la prolongèrent. Ils en firent leur état, mirent en jeu leur fortune, en tirèrent d’immenses bénéfices et s’y livrèrent avec tant d’ardeur, qu’ils ruinèrent l’Europe, se ruinèrent eux-mêmes et disloquèrent le monde. […]
Ainsi, ceux qui moururent dans cette guerre ne surent pas pourquoi ils mourraient. Il en est de même dans toutes les guerres. Mais non pas au même degré. Ceux qui tombèrent à Jemmapes ne se trompaient pas à ce point sur la cause à laquelle ils se dévouaient. Cette fois, l’ignorance des victimes est tragique. On croit mourir pour la patrie ; on meurt pour des industriels.

Ces maîtres de l’heure possédaient les trois choses nécessaires aux grandes entreprises modernes : des usines, des banques, des journaux. […] ils usèrent de ces trois machines à broyer le monde. »

Le socialiste états-unien Eugène Debs, figure majeure de la lutte antiguerre et anticapitaliste du début du XXe siècle (bien que très peu le connaissent), remarquait pareillement (en juin 1918) :

« À travers l’histoire, les guerres ont toujours été menées pour la conquête et le pillage. Au Moyen Âge, lorsque les seigneurs féodaux qui habitaient les châteaux — dont on peut toujours apercevoir les tours le long du Rhin — souhaitaient étendre leurs domaines, augmenter leur pouvoir, leur prestige et leur richesse, ils se déclaraient la guerre entre eux. Mais ils n’allaient pas eux-mêmes faire la guerre, pas plus que les seigneurs féodaux modernes, les barons de Wall Street, ne partent au front.

Les barons féodaux du Moyen Âge, prédécesseurs économiques des capitalistes de notre temps, déclaraient toutes les guerres. Et leurs misérables serfs menaient tous les combats. Les pauvres, serfs ignorants, avaient été éduqués dans la révérence de leurs maitres ; ainsi, lorsque leurs maitres se déclaraient la guerre entre eux, ils considéraient comme leur devoir patriotique de s’attaquer entre eux, de se trancher la gorge entre eux pour le profit et la gloire de leurs maîtres et barons qui, pourtant, les méprisaient. Voilà tout le drame de la guerre en quelques lignes. Les maîtres ont toujours déclaré les guerres ; les classes asservies les ont toujours menées. La classe des maîtres avait tout à gagner et rien à perdre, tandis que la classe assujettie n’avait rien à gagner et tout à perdre — en particulier la vie.

On les a toujours éduqués et entrainés à croire qu’il était de leur devoir patriotique d’aller en guerre et de se faire massacrer sur commande. Mais dans toute l’histoire de l’humanité, vous, le peuple, n’avez jamais eu votre mot à dire dans les déclarations de guerre. & aussi étrange que cela puisse paraître, aucune guerre de quelque nation que ce soit n’a jamais été déclarée par le peuple.

Et je tiens à souligner le fait — et on ne le répétera jamais assez — que la classe ouvrière qui mène tous les combats, la classe ouvrière qui fait tous les sacrifices, la classe ouvrière qui répand librement son sang et fournit ses corps, n’a jamais eu son mot à dire dans les déclarations de guerre ou dans les traités de paix. La classe dominante s’est toujours occupée des deux. Elle seule déclare la guerre et elle seule déclare la paix. Vous, vous n’avez pas à raisonner ; vous, vous avez à faire et à mourir. Telle est leur devise. & nous nous y opposons au nom de la classe ouvrière qui se réveille dans cette nation. Si la guerre est juste, qu’elle soit déclarée par le peuple. Vous, qui avez vos vies à y perdre, vous plus que quiconque devriez décider de ces litiges capitaux que sont la guerre et la paix…

Il vous faut comprendre, maintenant plus que jamais, que vous n’avez été conçus ni pour être esclave ni pour être de la chair à canon. Il vous faut savoir que vous n’avez pas été créés pour travailler, produire et vous appauvrir afin d’enrichir un exploiteur oisif ; que vous avez un esprit à cultiver, une âme à enrichir et une dignité à préserver.

Les dirigeants ne font que parler de votre devoir patriotique. Ils ne se préoccupent pas de leur devoir patriotique, uniquement du vôtre. La différence est marquée. Leur devoir patriotique ne les conduit jamais en première ligne, ni ne les entasse dans les tranchées. »

Abolir la guerre, donc. Dans sa présentation, Howard Zinn soulignait que pour ce faire, il était inutile et même absurde de compter sur les gouvernements :
« Les gouvernements ne s’en chargeront jamais ! Il ne faut jamais compter sur les gouvernements pour faire avancer les causes de la paix, de la justice, des droits humains ! Au cours de l’histoire humaine, on n’a jamais pu compter sur les gouvernements pour s’occuper des besoins fondamentaux des gens. Après tout, les gouvernements n’ont pas été créés pour cela. Les gouvernements ont été instaurés pour servir certains intérêts, qui ne sont pas ceux des populations. Il est très important que les gens comprennent cela ! Ceux qui ont des croyances naïves, celles avec lesquelles on grandit souvent dans ce pays, comme quoi “le gouvernement est notre ami”… Non ! Le gouvernement n’est pas notre ami ! »

C’est juste, mais aussi insuffisant. Howard Zinn était trop naïf. Selon toute probabilité, abolir la guerre exige rien de moins que l’abolition du capitalisme et des gouvernements, des États qui l’imposent, de l’État lui-même, de la société de masse, de toutes ces organisations sociales qui dépassent largement la mesure de l’être humain, sur lesquelles il n’a plus aucune maitrise. Plus encore : du patriarcat (qui est évidemment toujours une réalité, n’en déplaise aux imbéciles comme Emmanuel Todd : la totalité des institutions qui constituent l’État, y compris l’État prétendument démocratique moderne, sont des créations d’hommes, ont été conçues par et pour la domination des hommes autant que pour celle d’un petit nombre sur le plus grand nombre ; que des femmes y accèdent à des postes de direction ne change pas grand-chose à l’affaire). Les hommes ne savent que faire la guerre. Les uns contre les autres, contre les femmes, contre les enfants, contre la nature. (« Quand les riches se font la guerre ce sont les pauvres qui meurent », oui, mais s’il avait eu la vue moins courte, Sartre aurait ajouté que quand les hommes se font la guerre ce sont aussi les enfants, les femmes et la nature qui trinquent).

(Certes, on pourrait imaginer une alternative On pourrait imaginer que, sous l’égide d’un État mondial, d’un gouvernement planétaire puissamment organisé, lourdement coercitif, d’une domination de fer disposant d’importants moyens de conditionnements et de contrôles psychologiques, etc., façon dystopie ultime, la guerre pourrait disparaître. Mais d’une part cela ne réglerait selon toute probabilité aucun des nombreux problèmes actuels, liés à l’existence de l’État, du capitalisme et du patriarcat, parmi lesquels la destruction du monde, et d’autre part quelle personne saine d’esprit pourrait aspirer à un tel cauchemar ?!)

Abolir l’État et le patriarcat, donc. Un projet de long terme. En prend-on la direction ? Non. Pas vraiment. Néanmoins, le garder comme horizon. & se demander si le plus judicieux ne serait pas, donc, que certains se chargent de précipiter l’écroulement de la civilisation industrielle — rouvrir des possibles.

(post de N Casaux)

Chair à canon ou à patron, les peuples ont tout à perdre dans les guerres militaires et économiques
Bombes chimiques, engrais industriels ou pesticides, peu importe du moment que ça rapporte

- Ukraine : « Ce n’est pas un conflit aux portes de l’Europe, c’est une guerre européenne » - Liubov Tsybulska, chercheuse ukrainienne spécialisée en communication, conseillère du ministère de la défense ukrainien, exhorte l’Ouest à prendre la mesure de ce qui se joue dans son pays, en dépit des euphémismes du Kremlin.
(...)
Le monde entier regarde ça en silence ou condamne mais ce n’est absolument pas de cela que nous avons besoin. Le refus de l’Union européenne d’exclure la Russie du système interbancaire de paiements internationaux Swift nous semble d’une faiblesse absolue. Le plus choquant pour l’Ukraine est la réaction de l’Allemagne, de l’Italie et de la Hongrie [ces trois pays ont défendu au sein de l’Union européenne l’approche la plus modérée vis-à-vis de la Russie – ndlr]. Ces trois pays étaient des alliés, et ils ont échoué.
(...)
l’heure n’est plus à la douce rhétorique. Vladimir Poutine parle encore aujourd’hui de « génocide » russe, qui peut entendre ça sans s’esclaffer ? Notre pays est entouré de troupes militaires russes, à l’ouest, au sud, au nord et nous serions ceux qui ont lancé l’attaque ? Ce discours ne veut rien dire, et personne ne peut le prendre au sérieux.
(...)
Pensez-vous que la Russie craigne les sanctions décidées jeudi 24 février par l’Union européenne et les États-Unis ?
Je pense que le Kremlin n’en a pour le moment rien à faire. Mais les citoyens russes, oui, car ces sanctions vont directement toucher leur vie. Les Russes subissent un lavage de cerveau depuis de nombreuses années. Mais nous espérions que des voix de l’intelligentsia s’élèvent, après ce nouvel épisode. Il y a des protestations, bien sûr, et nous en sommes reconnaissants, mais nous ne pouvions pas imaginer que la grande majorité serait si silencieuse. En 2014, la mobilisation contre la guerre était plus forte en Russie. Là, le pouvoir attaque nos cités avec des chars, et les Russes continuent de se comporter comme des moutons. S’ils se comportent comme des moutons aujourd’hui, ils seront des esclaves demain.

  • 3 février : Ukraine : Entre deux feux. Interview avec un anarchiste ukrainien - Dans l’espoir de fournir un éclairage crucial sur les tensions actuelles entre la Russie, l’Ukraine, les États-Unis et les autres membres de l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord (OTAN), nous vous proposons la transcription d’une excellente interview d’un anarchiste ukrainien.
  • Chomsky : La volonté des États-Unis de « régner en maître » alimente le conflit en Ukraine - Dans cet entretien publié le 16 février sur Truthout, le célèbre intellectuel Noam Chomsky explique pourquoi les États-Unis ne peuvent pas gérer leurs différends avec la Russie et la Chine autrement que par le conflit. Il s’attarde sur la crise ukrainienne et les alliances militaires qui se mettent en place en Asie. Il alerte aussi sur les dangers de vouloir maintenir une hégémonie mondiale dans un monde multipolaire. Les grandes puissances n’ont d’autre choix que de coopérer ou elles risquent de s’effondrer ensemble et d’entraîner le monde dans leur chute, prévient Noam Chomsky.

MALGRE LES RISQUES ET LES PRESSIONS DU POUVOIR , LA CONFEDERATION DU TRAVAIL DE RUSSIE APPELLE A METTRE FIN A L’INVASION MILITAIRE DE L’UKRAINE

Communiqué :
La Confédération du Travail de Russie, en tant que partie du mouvement syndical international, considérant ses responsabilités directes envers les travailleurs de Russie, d’Ukraine et du monde entier, et reconnaissant son rôle dans la promotion et la garantie de la paix entre les peuples, est extrêmement perturbée par les événements qui se déroulent actuellement.

La Confédération du travail de Russie est convaincue que tous les désaccords et toutes les contradictions, aussi profonds et anciens soient-ils, doivent être résolus par des négociations, sur la base de la bonne volonté et de l’adhésion au principe de la paix mondiale. Cette vision fait partie intégrante de la perspective mondiale et antimilitariste du mouvement ouvrier depuis plus d’un siècle, et s’est concrétisée par la création d’institutions et de mécanismes internationaux chargés de garantir la paix.
La Confédération du travail de Russie constate, avec une grande amertume, que ce sont les travailleurs de nos pays, des deux côtés, qui souffrent en conséquence directe du conflit militaire. L’intensification du conflit menace de provoquer un choc dévastateur sur les économies et les systèmes de soutien social de nos nations, ainsi qu’une baisse du niveau de vie des travailleurs. Elle ouvrirait la porte à une vague massive de violations des droits du travail des citoyens travailleurs.

Compte tenu de tout ce qui précède, la Confédération du travail de Russie exprime sa conviction de la nécessité de mettre fin à l’action militaire, aussi rapidement que possible, et de renouer le dialogue et la coexistence pacifiques entre les peuples multinationaux de Russie et d’Ukraine.

Le Conseil de la Confédération du Travail de Russie
Le 25 février 2022 - https://www.infolibertaire.net/communique-de-la-confederation-du-travail-de-russie-ktr/

Chair à canon ou à patron, les peuples ont tout à perdre dans les guerres militaires et économiques
Stock de bombes dans une usine

Contre la guerre impériale de Poutine en Ukraine, une prise de position de la revue LeftEast

- https://www.contretemps.eu/lefteast-guerre-imperiale-poutine-ukraine/

Dans une situation extrêmement incertaine, qui nécessite une série d’éclairages variés, nous mettons à disposition en français cette prise de position de la revue LeftEast sur l’agression militaire russe en Ukraine.

Les membres du collectif LeftEast sont horrifiés par la violente agression militaire en Ukraine qui a dégénéré en guerre. Elle menace de plonger notre région dans un bain de sang d’une ampleur jamais vue depuis des décennies. Nous condamnons sans équivoque l’invasion criminelle de la part du Kremlin et demandons le retrait des troupes russes jusqu’à la frontière internationale. Si nous n’oublions pas la responsabilité des États-Unis, de l’OTAN et de leurs alliés dans le déclenchement de cette guerre, l’agresseur évident dans la situation actuelle demeure l’élite politique et économique russe.

Nos efforts devraient viser à dénoncer cette invasion impérialiste inexcusable de l’Ukraine par la Russie, à laquelle l’expansion agressive de l’OTAN et le régime ukrainien post-Maïdan ont également ouvert la voie. Dans l’esprit révolutionnaire, et en solidarité avec les peuples d’Ukraine, de Russie et de la région, nous disons « Non ! » à Moscou aujourd’hui et « Non ! » au faux choix entre Moscou et l’OTAN à l’avenir. Nous appelons à un cessez-le-feu immédiat et au retour à la table des négociations. Les intérêts du capital mondial et de son complexe militaire ne valent pas de verser une goutte de plus du sang des peuples. La paix, la terre et le pain !
(...)
Nous rejetons l’anticommunisme régional, dont Poutine et sa promesse de « décommunisation » sont l’incarnation, qui bénéficie d’un soutien à peine dissimulé d’une partie de la gauche et des libéraux qui présentent toute opposition à Poutine comme « communiste », alors que son gouvernement stigmatise et brutalise l’opposition de gauche et les mouvements antifascistes, anarchistes et anti-guerre en Russie. Mais nous rejetons tout autant les régimes aux politiques antisociales en Russie et en Ukraine, basés sur le capitalisme oligarchique et qui nourrissent le nationalisme et les idéologies d’extrême droite, ainsi que les régimes opportunistes d’Europe de l’Est aux rhétoriques militaristes qui profitent du malheur des plus démuni·e·s.

(4) Nous rejetons les soi-disant « lois et réformes de décommunisation » des dernières années en Russie et en Ukraine. Les deux « camps ennemis », la Russie et les États-Unis/OTAN, sont des forces impérialistes et capitalistes qui poursuivent la voie du néolibéralisme anticommuniste autoritaire. Cette voie commune, également empruntée par l’Ukraine, se traduit par l’adoption de lois néolibérales sur le travail et de mesures foncières visant à empêcher l’accès à la terre et la dépossession des petits agriculteurs, ainsi que par le déploiement de réformes économiques et sociales qui exposent les peuples à l’exploitation et à la pauvreté. Ceci a entraîné une crise socio-économique sans précédent en Russie et Ukraine, avec un impact régional et mondial.

(5) Contrairement à la glorification du gouvernement ukrainien, représenté comme pleinement démocratique, nous remettons en question le régime post-Maïdan, responsable d’une répression de la gauche et de l’opposition, de l’interdiction des principaux partis d’opposition et du blocage des médias d’opposition, ainsi que de politiques linguistiques discriminatoires sous-tendues par un refus de reconnaître et d’accepter la diversité politique, ethnique et culturelle de l’Ukraine. Nous condamnons également sa politique de sabotage des accords de Minsk au cours des sept dernières années. Les actuelles mesures de « décommunisation » indiquent clairement que nous ne pouvons pas simplement proposer un retour au statu quo en Ukraine.
(...)
(7) Face à ces idéologies réactionnaires qui n’augurent rien d’autre que du sang, de la pauvreté et de la division, nous défendons l’héritage des mouvements révolutionnaires de l’Europe de l’Est. Dans leurs traditions, nous poursuivons de manière critique la lutte contre le capitalisme, l’impérialisme et le militarisme et la promesse d’une égalité religieuse, ethnique et de genre. Cette lutte en solidarité avec tou·te·s les travailleurs et travailleuses, et les opprimé·e·s de notre région, est le seul espoir d’un avenir meilleur pour les Ukrainien·ne·s et les Russes ainsi que pour les groupes historiquement opprimés de la région – les communautés roms, juives, tatares et migrantes, les femmes et les minorités sexuelles. Dans cet esprit, nous proclamons notre solidarité avec les prisonnier·e·s politiques en Ukraine et en Russie et notre soutien au mouvement pour une démocratie anticapitaliste radicale dans les deux pays.

Nous exigeons un cessez-le-feu immédiat, des mesures anti-guerre touchant l’élite économique et politique sans pénaliser les travailleur·euse·s et les peuples des pays touchés, et des négociations qui prennent en compte les erreurs passées et les politiques sociales et économiques qui ont conduit notre région à la guerre. Nous sommes solidaires des mouvements anticapitalistes et anti-guerre en Ukraine et en Russie. Nous ne nous faisons aucune illusion sur les promesses de la démocratie libérale. Pas de guerre entre les peuples, pas de paix entre les classes !

P.-S.

- Voilà l’objectif principal des guerres, pas toujours avoué, qui se cache derrière les nationalismes, les affichages de questions de sécurité et de protection :
Offensive russe sur l’île des Serpents… et ses gisements de gaz - Le petit confetti ukrainien, situé en mer Noire, à l’est de la Roumanie, ouvre l’accès à des gisements importants de gaz, cible des Russes.

La place importante de la volonté de capter des ressources dans les objectifs des guerres n’empêche pas l’existence de la folie mégalo et tyranique des dictateurs et autres présidents.


Forum de l’article

  • Chair à canon ou à patron, les peuples ont tout à perdre dans les guerres militaires et économiques Le 1er mars à 16:23, par simon

    Les précisions de LeftEast sont précieuses et éclairantes ;
    Dommage qu’au préalable N. Casaux apporte son grain de sel= « Anatole France est une andouille », Sartre a la courte vue (normal ,il était bigleux), et Emmanuel Todd est un imbécile,"
    Heureusement la lumière Casaldéenne vient nous arracher aux ténèbres des esprits néfastes ....
    Mes bien chers frères, mes biens chères sœurs
    répétez avec moi tous en chœur :
    Pas de boogie- voogie avec le Capitaliisme
    Pas de boogie voogie avec le Patriarcat...

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