Catastrophe sanitaire en Inde : voilà à quoi mènent l’ultra-capitalisme et l’extrême droite

Face cette catastrophe, la révolte initiée par les paysans continue et se radicalise

dimanche 2 mai 2021, par Mahatma.

INDE. 01.05.2021. POUR FAIRE FACE AU CATACLYSME DU COVID, MODI DOITMISSIONNER MAINTENANT ! - L’AVENIR DE L’INDE ET DU MONDE EST DANS LES MAINS DU SOULÈVEMENT PAYSAN

La catastrophe sanitaire en Inde ne cesse de prendre de l’ampleur. Les autorités recensaient aujourd’hui 400 000 nouvelles contaminations et 3 500 morts mais beaucoup dans les milieux médicaux disent qu’il faut multiplier ces chiffres par 10 ou 30 pour approcher de la réalité.

Catastrophe sanitaire en Inde : voilà à quoi mènent l’ultra-capitalisme et l’extrême droite

500 scientifiques ont demandé aujourd’hui au gouvernement qu’ils puissent avoir accès aux chiffres de contamination, par région, en fonction des comorbidités, voir les évolutions du virus (on parle d’un nouveau variant plus virulent en Uttar Pradesh) pour pouvoir mener une véritable politique de santé publique. Mais non, Modi refuse, on ne sait rien, sinon ce qu’il veut bien dire, c’est-à-dire mensonges sur mensonges. Des scientifiques l’avaient averti en mars de l’apparition de ce variant indien et lui avaient demandé de prendre des dispositions sanitaires. Il avait préféré cacher l’information pour mener à coups de millions sa campagne électorale au Bengale et de permettre aux plus dévots des hindous de faire leur pèlerinage sur le Gange par millions et millions, contaminant toute l’Inde Les indiens peuvent crever, et le monde aussi derrière, il s’en fiche... il veut gagner les élections et faire sa démagogie religieuse.

Les indiens voient bien l’ampleur du désastre : rien qu’aujourd’hui, les syndicats ont dénoncé la mort de 800 agents de l’Etat décédés du covid du fait du dépouillement des résultats des élections dans l’Uttar Pradesh ce dimanche. Les crématoriums sont débordés, on brûle les corps dans les parcs, les jardins, sur les trottoirs... l’air empeste des fumées.

Les trois quarts du système de santé sont aux mains du privé ce qui rend leur accès impossible à l’immense majorité car trop cher. Les groupes privés de santé qui fabriquent des vaccins les vendent à des prix prohibitifs parmi les plus élevés du monde. Dans les campagnes de la grande majorité des Etat, il n’y a ni hôpitaux, ni lits, ni respirateurs, ni médicaments...

Du coup, Modi qui a démoli au reste un système de santé déjà affaibli, accuse tout le monde de sa propre faillite, et notamment les Etats. Ceux-ci prennent donc des mesures dans un chaos total, ici confinement, là couvre-feu, là encore rien du tout. Avec peut-être un confinement total le 3 mai, probablement pour des raisons politiciennes, le lendemain des résultats électoraux où tout laisse penser qu’il y aura défaite du BJP le parti de Modi.

Pour empêcher que le sentiment général qui monte vite actuellement avec la gestion calamiteuse de l’épidémie, de dégager Modi maintenant, ne devienne un ras de marée à l’occasion de ces résultats, Modi va peut-être encore amplifier le chaos ambiant avec un confinement généralisé brutal.

Dans les élections municipales et de panchayats qui ont eut lieu au Karnataka le 27 avril, le BJP a pris une claque et a presque disparu d’un certain nombre de municipalités. Alors c’est bien possible que le 2 mai montre que les indiens ne veulent plus de Modi, et qu’ils n’en veulent plus tout de suite avec le covid, pas en 2024 aux prochaines élections générales.

Face à cette menace de confinement généralisé - on imagine ce que signifie le confinement dans les baraquements de bidonvilles de millions d’habitants, sans eau, sanitaires, électricité... - face déjà à l’arrêt de nombreuses entreprises, des millions de travailleurs précaires qui ne pourraient plus survivre sans leur travail quotidien, fuient déjà les villes pour tenter de rejoindre leurs villages avant que Modi et sa police ne les y obligent comme l’an passé et qu’il n’y ait plus de transports pour ça.
Au cataclysme du covid va donc s’ajouter la catastrophe des mesures policières de confinement du gouvernement.

C’est au travers de ce même chaos que Modi avait provoqué l’an passé au prétexte déjà du covid, qu’il a cassé un grand mouvemetn social du moment Shaheen Bagh, qu’il a passé toutes ses lois de destruction des services publics, des protections paysannes et ouvrières, que les capitalistes ont licencié en masse, remplacé les embauchés par des précaires, ont fait passer les horaires de 8 h par jour à 12 h, ont liquidé quasi tout ce qui pouvait rester des protections au travail.
Modi recommence donc, au risque de tuer des millions et des millions d’indiens mais aussi de contaminer la planète.

Sauf que cette fois, la proportion entre la part de peur face au covid et la part de haine contre Modi, a certainement changé au profit de la haine.
Un élément qui le montre est la résistance des paysans qui continuent leurs luttes, leurs campements et leurs manifestations malgré les menaces et les énormes pressions et qui déclarent qu’ils ne céderont pas, continueront leur combat et l’amplifieront même en convoquant une réunion nationale des ouvriers et paysans de tout le pays le 10 mai pour décider d’une stratégie commune tout à la fois contre Modi et contre le covid, puisque dés maintenant, face à la faillite et l’inaction du gouvernement, ils ont déjà décidé de transformer leurs lieux de mobilisation en autant de lieux de soins avec l’aide d’ONG.

Dans ces conditions, on se rapproche très probablement d’un affrontement majeur entre le pouvoir et les paysans. Le futur de l’Inde en dépend et le futur du monde se joue en grande partie là-bas. Soutenons de toutes nos forces et par tous les moyens le mouvement paysan. Il en va de nos vies à tous.

post de Jacques Chastaing

P.-S.

Inde de Modi et France libérale : même politique

En France, les puissants mènent la même politique que le gouvernement Modi en Inde : ultra-capitalisme, libéralisme outrancier, privatisations, programme et pratiques d’extrême droite, régime policier...
Comme on a ici un pays riche (du fait de l’exploitation capitaliste et du colonialisme...) dont les bases sociales sont moins dégradées, les effets sont, pour l’instant, moins graves qu’en Inde.
Mais les catastrophes climatiques, écologiques et sociales portées par la civilisation industrielle défendue par Macron et tous les autres (y compris l’extrême droite qui se prétend « anti-système » !) emporteront tout le monde si on laisse les choses continuer.


5 Messages

  • Catastrophe sanitaire en Inde : voilà à quoi mènent l’ultra-capitalisme et l’extrême droite Le 6 mai à 22:18, par Mahatma

    INDE. 06.05.2021. LE GOUVERNEMENT A FAIT FAILLITE LE SOULÈVEMENT PAYSAN APPELLE A LA DESOBEISSANCE CIVILE LEMAI

    Tout s’écroule dans le pays face au covid qui fait rage, les services de santé s’effondrent après leur sabotage pendant des décennies par les gouvernements successifs et le dernier coup de poignard de Modi, le gouvernement en faillite visible dans chaque bûcher de cadavres aux coins des rues ne fait rien sinon essayer de sauver la face dans les journaux à sa solde, il est même incapable de faire parvenir l’aide internationale qui stagne dans les aéroports depuis une semaine, les riches ont fui en jets privés, les parents aisés pensent à envoyer leurs enfants à l’étranger, les différents Etats prennent des mesures contradictoires, il ne reste que le courage, le dévouement, l’immense solidarité individuelle des indiens face au désastre avec les ONG, les associations, et, au milieu du désastre, comme colonne vertébrale de l’avenir du pays, le soulèvement paysan.
    Les principales organisations paysannes du Pendjab appellent à une journée de désobéissance civile dans l’Etat du Pendjab le 8 mai afin d’en faire un exemple de ce qui serait possible de faire à l’échelle de tout le pays et de défendre cette idée devant l’Assemblé Générale nationale ouvrier-paysans qui doit se tenir le 10 mai pour décider de la stratégie à venir.
    L’Etat du Pendjab (dirigé par le parti du Congrès qui est pour un confinement généralisé) comme celui de l’Haryana (dirigé par le BJP) ont décidé le confinement comme différentes villes (Delhi) et régions ou autres Etats, le Kérala par exemple.
    Mais si le confinement pourrait se justifier dans le Kerala (dirigé par les communistes) où l’Etat a fait d’immenses efforts en matière de santé, d’infrastructures médicales, de vaccinations et vient en complément de ces efforts, ce n’est pas du tout le cas en Haryana ou Pendjab.

    Les paysans du Pendjab disent qu’ils ne veulent pas du confinement - qui pourrait s’étendre au pays - mais qu’ils veulent de meilleurs soins de santé, des hôpitaux, des lits, des respirateurs, de l’oxygène, des médicaments du personnel.
    En effet, depuis mars 2020, ces Etats n’ont jamais combattu l’épidémie. Et le gouvernement central s’est servi d’elle au travers du confinement pour casser le mouvement social du moment - Shaheen Bagh - et faire passer toutes ses lois anti-paysannes, anti-ouvrières, anti-démocratiques et commencer ou continuer à détruire tous les services publics.
    Le confinement n’a jamais été une mesure de protection sanitaire en Inde mais d’une part une politique de camouflage du désastre sanitaire pour que les gens ne meurent pas visiblement devant les hôpitaux mais meurent chez eux en silence et invisibles sans soins, ni aides, ni médicaments car l’Inde, bien que la pharmacie industrielle du monde, est aussi un désert médical et d’autre part une politique policière pour restreindre toutes les libertés et les possibilités de s’exprimer, circuler, manifester et protester contre le gouvernement.

    Déjà, aujourd’hui, le gouvernement et l’Etat de l’Uttar Pradesh dirigé par le BJP, interdisent sur les réseaux sociaux sur la situation sanitaire et sanctionnent jusqu’à la prison des gens qui demandent de l’aide ou de l’oxygène pour leur famille, car le gouvernement veut cacher qu’il y a pénurie de tout.
    Et si le confinement n’a déjà aucun sens de protection sanitaire dans des appartements exigus et surpeuplés, dans les bidonvilles où vit un quart environ de la population indienne, la plupart du temps sans eau, hygiène ou électricité, c’est d’une absurdité totale et criminelle.

    De plus, le confinement signifie que les travailleurs « migrants » issus de la campagne et qui, vivent de petits boulots en ville, perdent leur travail et leurs revenus et doivent repartir par dizaines de millions dans leurs campagnes, dans des moyens de transports bondés, y attrapant le virus s’ils ne l’ont pas déjà, puis le colportant dans tout le pays.
    Alors, face aux autorités du Pendjab et de l’Haryana qui demandaient aux paysans de cesser leur mobilisation au nom de la lutte contre le virus, les paysans ont demandé des masques, des lits, de l’oxygène, des respirateurs, des tests, des vaccins... mais les autorités ont refusé.

    Comprenant bien que le confinement était avant tout une mesure policière destinée entre autres à les empêcher d’agir et d’aller par dizaines de milliers renforcer les campements de Delhi, les paysans du Pendjab ont alors déclaré : « Le contrôle du COVID-19 est entre nos mains, mais si l’agriculture passe entre les mains des entreprises, cette pandémie sera pire que le covid et aucun vaccin ne fonctionnera, alors luttons pour nos droits jusqu’à ce que nous gagnions. »
    Et c’est pour ça qu’ils appellent à manifester partout dans le Pendjab le 8 mai et appellent également les petits commerçants et artisans qui protestent déjà par eux-mêmes à ouvrier leurs boutiques malgré les interdictions.
    En fait, contrairement au dernier épisode de l’épidémie en mars 2020, où la peur régnait, aujourd’hui, malgré l’ampleur encore plus grande des désastres provoqués par le covid, c’est un autre sentiment qui domine, celui créé par cette ambiance de faillite gouvernementale, de chaos et de responsabilité de Modi dans cette banqueroute ; Modi et le gouvernement sont perçus comme plus dangereux que le virus. Et c’est aussi ce qu’ont dit les résultats des scrutins électoraux de ces derniers jours où le BJP a pris une claque, du Bengale occidental à l’Uttar Pradesh.
    Le 8 mai au Pendjab est un test.

    Ce n’est pas une simple protestation. C’est un pas, si celui-ci est compris et réussi, vers une prise en main de l’autorité sur le pays par les paysans et leurs soutiens, d’abord la concrétisation d’une politique et morale pour aller vers ensuite une prise de contrôle concrète et grandissante du pays entier par son peuple, par ses classes populaires. C’est probablement ce qui sera discuté le 10 mai.

    post de Jacques Chastaing

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  • Catastrophe sanitaire en Inde : voilà à quoi mènent l’ultra-capitalisme et l’extrême droite Le 2 mai à 19:33, par Mahatma

    COLOMBIE : UNE GREVE NATIONALE QUI PREND L’ALLURE D’UNE PRE-REVOLUTION

    Les manifestations ne cessent pas en Colombie depuis novembre 2019 avec un affaiblissement passager pour cause de covid mais reprise encore plus intensive et la grève générale d’un jour du 28 avril 2021... qui continue depuis 4 jours bien que l’armée tire à balles réelles. "Et pour cause, le peuple colombien souffre d’une situation sanitaire et économique gravissime. Majoritairement composé de quartiers populaires, le pays est touché par une montagne de problèmes, causés notamment par les décisions du gouvernement. Après que le Covid-19 a frappé la Colombie, c’est la stratégie du confinement strict qui a été choisie, dessinant une ligne de départ vers la chute libre. Aujourd’hui, un an plus tard, selon les mots d’une informatrice qui est sur place, une immense partie des Colombiens vit grâce à l’économie informelle, vendant jour après jour ce qu’ils peuvent pour survivre (fruits, cafés, pêche du jour, etc). La dynamique économique induite par la pandémie empêche de nombreux foyers de se nourrir convenablement. Par ailleurs, ils n’arrivent plus à sortir travailler pour le gagne-pain quotidien, du fait des confinements successifs, couplés au tourisme qui est devenu inexistant. Ne bénéficiant pas d’aides sociales, tous doivent payer leurs médicaments au prix coûtant, en pleine crise sanitaire. Les prix ayant augmenté, même parmi ceux qui travaillent, beaucoup peinent à se nourrir, à payer leur loyer, l’électricité, etc. Les plus jeunes d’entre eux, depuis un an, ne bénéficient d’aucune instruction, ou très sporadique. Seule l’instruction visuelle est proposée, mais beaucoup ne peuvent pas s’offrir l’accès à Internet. Cerise sur le gâteau, le gouvernement fait passer une réforme tributaire afin d’augmenter les taxes sur les produits de première nécessité, ainsi que l’essence. Peut-on être plus pauvre que pauvre ?

    Résultat, le peuple se soulève et cela ressemble à une « pré-révolution » causée par une situation « tragique ». La révolte colombienne était latente depuis longtemps déjà, et les manquements du gouvernement d’Iván Duque commençaient à se faire nombreux : assassinats de guérilleros qui se poursuivent même après un accord de paix ; assassinats de leaders sociaux ; utilisation de l’armée pour espionner politiciens, journalistes et juges ; bombardements militaires meurtriers ; fracturation hydraulique du pays ; et enfin utilisation abusive de la force par la police lors des manifestations de 2019-2020. À la colère s’ajoute donc la faim et la peur d’un peuple en détresse. Pour couronner le tout, la maire de Bogotá annoncait quelques jours avant dans un discours que « les deux prochaines semaines seront les plus difficiles de la vie des Colombiens. Pas de la pandémie, mais de notre vie », invoquant maintes fois le mot « sacrifice » tout au long de sa prise de parole. Elle ajoute également que les marches du peuple sont un « attentat à la vie ».

    C’est dans cette ambiance chaotique que Colombiennes et Colombiens sont sortis pour mettre en place des barages logistiques et bloquer les routes, l’objectif étant de bloquer le pays pour forcer la sphère décisionnaire à changer les choses, ou tout simplement d’appeler à l’aide. Malgré les interdictions de sortie, l’augmentation du nombre de cas de Covid-19, ainsi que le risque d’emprisonnement allant de quatre à dix ans pour « mise en danger d’autrui », les médias officiels relèvent plus de trois millions de Colombiens dans les rues le 28 avril, pour un pays qui en compte 49 millions. Leurs mots d’ordre : « Ahora o nunca », « Si la ley sigue, el paro sigue ». [« Maintenant ou jamais », « Si la loi continue, la grève continue »]."

    post de Jacques Chastaing

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