Avis, parti pris et pistes de réflexions pour les mouvements sociaux à venir

Cette article faire un retour sur la journée de mobilisation qui a eu lieu à Valence de 9h à 21h le 5/12

vendredi 6 décembre 2019, par benb.

Un retour régulier sur notre organisation lors des luttes que nous menons parait être judicieuse afin de gagner en force mais aussi en efficacité dans le futur

Cette journée semble un exemple intéressant d’éléments qui nous permettront de collectivement nous préparer de manière plus efficace dans la réussite de nos actions futures.

La manifestation décidée en A.G de lutte le 1/12 et partie à 9h de l’hôpital et passée par la CAF (brièvement occupée), pôle emploi, la maison des syndicats ou encore le quartier fontbarlette est arrivée sans embuche au rendez-vous inter-syndicale de 14h à la CPAM.

Elle nous donne un exemple de notre capacité de mobilisation (une centaine de personnes) mais aussi de notre capacité d’action contre l’ogre étatique néolibérale et ses structures de flicages des populations (caf occupée). Ces exemples ont de quoi nous donner confiance quant à notre propre possibilité à lutter de manière organisée, efficace et horizontale dans le futur.

La manifestation de 14h a rassemblé plusieurs milliers (5000 au moins) de personnes entre la CPAM et le champ de Mars. Le nombre important de personnes (chose rare ces dernières années à Valence) et la multiplicité des organisations syndicales mais aussi des collectifs non syndiqués (gilets jaunes) est un élément positif pour notre prise de confiance et la suite des mouvements sociaux à venir.

Une foule importante a même divergé du parcours initial déposé et réussi à occuper la gare de Valence.
C’est après ce moment « charnière » de la journée qu’interviendront tous les éléments qui nécessiteraient selon moi une réflexion lors de nos actions futures.

Car, alors que cet heureux départ de manifestation « sauvage » avait permis la prise d’un lieu qui aurait put servir de point de ralliement et d’organisation pour la suite de la lutte (la gare), lieu d’autant plus représentatifs des luttes à venir (car ancien public et bientôt privatisé).
Cette occupation a été laissée pour tenter la prise du pont mistral, point de rencontre récurrent avec les forces de répression étatiques.

Mais loin d’être collective, cette décision n’a été prise que par un petit nombre de participants, beaucoup masculins, qui parlent fort et profite de cette facilité pour emmener la foule avec eux.

Cependant cette situation peut mettre (et a mit) nombre d’entre ces même participant en danger légal (encore deux personnes interpellés et ne disposant pas des infos du legal team organisée le matin) mais aussi physique (on connait aujourd’hui la facilité de nos chers cowboys à appuyer sur la gâchette de leurs armes d’éborgnement favorites).

Les questions qui pourraient se poser au préalable de ce type de décision pourraient être les suivantes : quelle est l’intérêt véritable de nos objectifs (qu’est-ce qu’on bloque vraiment ou non) ? Quels sont nos moyens(humains notamment) ? quelle est la présence policière sur le lieu de l’objectif ? Quelle est notre organisation préalable à notre tentative (legal team, street medics, préparation des participants (sérum phy, lunettes de piscine, masques...) ?

Si l’ensemble de ces points ne sont pas traités alors les personnes "meneuses" font prendre un risque considérable aux autre participants (combien des nôtres finiront en prison pour une tentative de prise d’un pont non stratégique et avec une chance de réussite proche de zéro compte tenu de la récurrence de ce type de tentative).

Je passerais ensuite sur les prises de paroles syndicales qui malgré l’intérêt des discours affichés et la bonne augure de leur rassemblement n’ont ensuite laissé place qu’aux bons vieux réflexes staliniens de dirigeants de sections pour qui les masses, loin d’être en capacité de décider horizontalement de leur destin collectif ont besoin d’un berger et d’ordres venus d’en haut (seule prise de parole des dirigeants de section en « AG », décision pyramidale pour l’organisation de la manifestation du lendemain ,pas de débat sur l’organisation collective de la suite du mouvement, « dissolution de la manifestation »....).

Suite à la décision de l’assemblée de lutte du 1/12, une proposition d’assemblée générale avait été annoncée afin de décider collectivement et de manière horizontale de la suite du mouvement et coordonner cette éventuelle suite.

Cette A.G n’a pu avoir lieu à l’horaire proposée car court-circuité par la « nécessité » d’aller aider les personnes qui se trouvaient face aux forces de répression étatique.
L’organisation d’une lutte collective et horizontale a donc du se soumettre à la nécessité d’aller apporté son soutien (logique) à une décision quasi individuelle d’aller se confronter aux forces de répression étatique pour la prise d’un pont dont l’utilité de la prise pourrait être discutée.

La soupe populaire nous a (heureusement) permis de pouvoir nous retrouver ensemble après la « dispersion » des manifestants devant le pont et l’interpellation brutale de l’un d’entre eux. La présence policière importante aux abords de champ de mars nous empêchant de nous sentir « comme à la maison ».
Cette soupe a permis l’organisation d’une petit assemblé générale et le commencement de discutions intéressante pour la suite des mouvement sociaux à venir. Sans déboucher sur une réelle prise de décision, plusieurs personnes se sont donnée rendez vous pour une prise de parole collective lors des prise de paroles syndicales et l’organisation d’une véritable AG devant la préfecture lors de la manifestation Valentinoise du 6/12.

Une trentaine de personnes ont ensuite été devant le commissariat de Valence pour protester contre la détention du camarade arrêté lors de la tentative de prise du pont mistral.

Affaire à suivre donc...

Organisons nous, nous travaillons, nous cotisons, nous décidons ! Pour toutes et tous pouvoir au peuple !


5 Messages

  • Avis, parti pris et pistes de réflexions pour les mouvements sociaux à venir Le 6 décembre 2019 à 18:42, par Maltese 26

    Le pourcentage de français sous le seuil de pauvreté (1026 euros) est de 14% en France mais 97% des Français font partis des 30% les plus riches du monde. Au final seul 3% sont ceux que vous appelez les ultras pauvres. Même si c’est toujours trop car personne ne devrait être dans ce cas il est hélas nécessaire de prendre en compte que 70% de la population mondiale est par ailleurs dans la situation de 3% de français. Et que le comportement des mouvements extrémistes, qui sont très minoritaire de vouloir à la fois imposer à une majorité leur façon de voir et de s’acharner à détruirent un des pays où la solidarité et la redistribution sont les plus élevées, est disproportionné et néfaste au plus grand nombre. Et pour le coup investir des ponts ou des gares apparaît comme puéril. Les actions nécessaires devraient être menées auprès de ceux qui en ont réellement besoin au lieu de saccager idéologiquement un des rares pays qui fait rêver les habitants de plus de 100 autres pays et d’être dans l’ambiguïté de vouloir à la fois plus de pouvoir d’achat et en même temps de prôner la décroissance.

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  • Avis, parti pris et pistes de réflexions pour les mouvements sociaux à venir Le 6 décembre 2019 à 14:43, par RTT

    A propos de la gare qui n’a pas été investie, alors qu’elle aurait pu l’être, et des grands mâles productivistes de la CGT. J’ai parlé à l’un d’eux, à propos d’un slogan brandi sur le parvis de la gare par quelques jeunes filles : "4 cm de plus, oui, mais pas dans l’océan » (ou quelque chose d’approchant).
    Probablement arrêté dans son développement dans les années 70, le grand mâle rouge ne saisissait absolument pas le slogan. « A côté de la plaque ; rien à faire ici. Rien à voir avec les revendications ouvrières. Sexualité, genre : quel rapport avec la politique ? Le prolétariat n’est pas sexué », semblait penser le dos argenté Dans un autre ordre d’idée, pourtant connexe, on apprenait que le nucléaire de Pierrelate était bien représenté dans la manif. Question : la CGT souhaite-t-elle la fin du capitalisme, dont les salariés constituent les troupes, troupes qui vivent du capitalisme. Patriarcat, capitalisme, exploitation : quel rapport ? Entre le CGT et la jeunesse, il y a le fossé des conditions et de l’âge. Il y a les exploités et les ultras-pauvres. Ce n’est pas le même débat. Ce n’est pas le même combat. Pas sûr au surplus que les exploités salariés du capitalisme privé ou d’Etat, qui souhaitent négocier le poids de leur chaînes, soient les amis des ultra-pauvres, dont le capitalisme, racines de leur maux, est l’ennemi à abattre.

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