Australie : incendie, pandémie, inaction, imprévision

Le libéralisme en question

vendredi 20 mars 2020

Voici un article daté du 21 mars du Saturday Paper, un hebdomadaire australien. L’article dénonce l’inaction du gouvernement australien. Il met en cause implicitement le premier ministre Scott Morrisson, dont on se souvient qu’il était en vacances quand les incendies géants débutèrent en Australie. Partout dans le monde, la prise de conscience est la même : le libéralisme débridé est dangereux pour la sécurité et le bien être des peuples et coûtera des fortunes. L’effondrement du libéralisme n’est-il autre chose, à trente ans d’intervalle, que le symétrique de l’effondrement du communisme, les deux systèmes n’étant que deux versions différentes d’un productivisme délirant ?

Alors que le nombre de cas explose, les experts considèrent que le premier ministre a agi trop lentement pour contenir la menace du Covid 19, exacerbant les tensions de notre système de santé aux ressources déjà insuffisantes. Par Mike Seccombe.

Bill Bowtell est tout à la fois profondément préoccupé et extrêmement amer. Sa préoccupation : le coronavirus, qui se propage en Australie à un rythme qui placent le pays sur une trajectoire comparable à celle de l’Europe. Son amertume vise le gouvernement, qui a laissé advenir cette situation. "Allons à l’essentiel", dégaine-t-il au téléphone, avant même toute question. Le gouvernement a été « averti voici 12 semaines par l’OMS [l’Organisation mondiale de la santé] et d’autres organismes de ce qui allait arriver. Ils n’ont pas stocké de test. Ils n’ont pas stocké les équipement d’urgence nécessaire. Ils n’ont pas entrepris de campagne de sensibilisation du public. Ils n’ont donné ni argent à la science, ni à la recherche, ni à l’Institut international des vaccins, ni à l’OMS. Ils n’ont positivement rien fait d’utile. » Bowtell est professeur adjoint au Kirby Institute d’infectiologie immunitaire (Kirby Institute for infection and immunity) de l’Université de Nouvelle Galle du Sud. Il a été l’architecte de la première réponse à l’échelle mondiale de l’Australie à l’épidémie de sida il y a plusieurs dizaines d’année de cela. Il a travaillé ensuite pendant 15 ans pour le Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme. Il a quelques connaissances sur la propagation insidieuse des maladies. « J’ai profondément peur », dit-il à deux reprises, avant de se reprendre et pour un mot plus modéré : « inquiet ». Mais les exemples qu’il cite sont plus qu’inquiétants : ils sont effrayants.

La croissance des cas en Espagne est exponentielle. Au Danemark, les infections ont décuplé en une semaine. En Norvège, sextuplé. L’Italie, où les autorités sont intervenues beaucoup trop tard, a enregistré près 36 000 cas et 3 000 décès. Par contraste, Bowtell et d’autres experts en santé publique citent quelques nations - Chine, Corée du Sud, Japon, Taïwan, Hong Kong - qui ont réagi rapidement et avec détermination, réussissant à aplanir la courbe infectieuse, tout en ne parvenant pas à stopper complétement la propagation du Covid -19. Nous aurions dû les imiter, dit Bowtell, mais la réponse de l’Australie à l’épidémie a plutôt suivi le modèle européen.

P.-S.

Vignette : Scott Morrisson, premier ministre australien
Traduction : E.Maillet


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