ARBEIT MACHT FREI / le travail rend libre -et MOULINEX libère la femme…

contes pervers pour petits enfants sages comme des moutons

vendredi 13 mars 2020, par Auteurs divers.

Profitons des mobilisations actuelles pour nous pencher sur les notions de travail et de liberté.

Le travail

Il est tout d’abord indispensable de faire la distinction entre ‘travail’ et ‘activité’, le travail désignant exclusivement l’activité exercée en contrepartie d’une rémunération, dans des conditions généralement définies par le contrat de travail (subordination) soumis aux règles du Code du Travail. Ce contrat stipule la durée, le lieu, les horaires, la description des tâches, le montant de la rémunération brute et les clauses de rupture.

Si l’on réside en milieu rural (peu ou pas de transports en commun), il convient impérativement d’examiner attentivement certains points trop souvent négligés : l’ensemble des frais réels générés mensuellement (déplacements selon les horaires et la distance domicile/lieu de travail, repas, vestimentaire, garde d’enfants) -et non pas le montant que l’on pourrait déduire de ses impôts, qui ne serait de toute façon remboursé qu’en fin d’année- afin de déterminer le montant net restant à disposition. Quitte à se prostituer, autant que ça en vaille la peine…

Logiquement, si on n’est pas d’accord sur le contenu d’un contrat, on devrait être libre de le négocier, voire de refuser de le signer. Toutefois, les accords entre ‘partenaires/partouzeurs sociaux’ conclus dans le cadre de la dernière loi travail imposent aux demandeurs d’emploi d’accepter toute offre qu’on leur proposerait sous peine de suspension du versement de leurs indemnités. Pour rappel, désormais pour percevoir la moindre indemnité de chômage (dont le montant a été revu à la baisse) il faut avoir travaillé -et cotisé- au minimum pendant six mois. Faut-il s’attendre à une restauration prochaine du STO ?

Le chômage, faut-il le rappeler, est un outil de régulation systémique et non une fatalité résultant de difficultés économiques passagères ; le chômage de masse, résultant de plans de licenciement principalement destinés à augmenter les dividendes versés aux actionnaires, a été à l’origine de la stagnation du salaire minimum assortie de divers allègements des charges patronales, contribuant aux déficits des principales caisses de prévoyance sociale et à la paupérisation croissante de la classe laborieuse.

L’afflux de réfugiés, chassés de leurs vies par les conflits scientifiquement (chirurgicales, les frappes) entretenus, encore plus précaires et désireux de s’intégrer dans notre société de rêve, constitue par ailleurs à lui seul une manne de pain bénit. Vous refusez de vous réduire en esclavage ? Pas grave ! Ils sont plusieurs milliers, prêts à tout, pour saisir l’aubaine. Et bien plus compétents que vous (en général, ceux qui peuvent s’offrir les services des passeurs ne sont pas les manards locaux), fainéants de sans-dents !

La liberté.

Le miroir aux alouettes. Les alouettes sans tête. Qui y croient aveuglément. Avant de se prendre au piège. Personne n’a pu manquer d’apercevoir, en ce temps de commémoration de la libération du camp de concentration d’Auchwitz par l’Armée Rouge, la photographie du portail et de son non moins célèbre fronton : ‘ARBEIT MACHT FREI’ (traduction : le travail rend libre). Peu nombreux sont toutefois ceux qui ont conscience que l’idéologie ayant présidé à cette horreur n’a pas été remisée aux oubliettes, mais bien perpétuée par des générations de ‘patrons’ (dont certains appuyaient déjà le régime hitlérien en collaborant ouvertement avec lui ; on pense immédiatement à Thyssen ou Ford mais on aurait tort d’oublier les porte-drapeaux de nos fleurons franco-français). Et que le concept même de liberté s’apparente moins au souffle nouveau qu’à la grenade lacrymogène ou à la GM2L : un écran de fumée et l’on n’a plus que ses yeux pour pleurer.

Et qui oublient que c’est à la même époque que de nombreuses femmes furent enrôlées dans les entreprises d’armement (pour contribuer à l’effort de guerre ou de ‘libération’ ; oubliant au passage que si les USA sont entrés dans la danse de la 2e guerre mondiale, c’était surtout en vue de coloniser l’Europe en y imposant l’Eurodollar – ce qui a pris un certain temps mais qui est chose faite depuis 2002). Les femmes constituent des recrues de choix pour l’industrie : elles sont polyvalentes, résistantes à l’effort et surtout se contentent de peu en matière de salaires.
Tout sera mis en œuvre pour leur faire quitter leurs foyers, le développement de l’électroménager avec le célèbre slogan ‘Moulinex libère la femme’ n’aura pas d’autre objectif. L’introduction massive du crédit à la consommation et le marketing idéalisant une nouvelle société ‘de loisirs’ seront les autres leviers majeurs pour parvenir à contraindre les femmes au travail salarié. Avec pour autres effets pervers, la déprise agricole assortie de l’exode massif des populations rurales vers les centres urbains et l’éclatement de la famille traditionnelle. On n’arrête pas le progrès.

Question libération, cela mérite tout au plus un ‘peut mieux faire’. Car, bien que dans les pays soi-disant libres où sévissent les pseudo-démocraties modernes et où supposément ‘Tous les hommes naissent libres et égaux en droits’, les femmes, quant à elles, ne sont libres que
- de se taper l’essentiel des tâches ménagères ;
- de choisir entre faire carrière ou avoir des enfants ;
- de ne pas accéder aux postes à responsabilités ;
- de percevoir un salaire généralement inférieur de 20 % et
- de toucher une retraite -quand elles y ont droit- de 30 à 50 % inférieure ;
- de se faire harceler, intimider, tabasser voire violer ;
et, le plus essentiel de tous les droits : celui de consommer, consommer, consommer...
Et de croire que la bonne Fée Verte qui va tout arranger se nomme électricité.
Signe des temps imparable : un ministère entier consacré à la condition de la femme.

La transition énergétique et la protection de l’environnement.

Pour que notre merveilleux système puisse persister (à jamais ?), il faut (sur)produire propre et RE-CY-CLER !
Propre. Comme pour les OGM, 0,9 % devraient suffire à faire passer la pilule en douce. Ni vu à la télé, ni connu. Oublions l’énergie grise, haro sur le vert. Comme celui de ces pelouses californiennes repeintes pour l’occasion ; s’il ne reste plus rien, du moins les apparences seront sauves.
Le problème de l’énergie, c’est qu’elle ne se génère pas à partir de rien. Et que sa production génère toujours un impact sur l’environnement. Pour limiter les dégâts, le mieux consisterait à ne pas consommer plus que le nécessaire. Mais allez dire cela au geek connecté et au spammeur du dimanche. Le seul refroidissement des serveurs consacrés au stockage des bigdata (ces informations personnelles recueillies à l’insu des internautes pour le plus grand bonheur des marchands du temple) a englouti plus de 6 % du total de l’électricité produite en France l’année dernière. Vite un EPR ! Quant au projet étatique ‘éco-compatible’ de remplacer l’intégralité du parc automobile par des véhicules électriques d’ici à 20 ans, vite 3, 4 ou 5 EPR supplémentaires (oui, le projet ASTRID de réacteurs réutilisant les combustibles nucléaires ‘usagés’ a été abandonné – insuffisamment rentable à court terme).
On l’aura compris, la rentabilité est bien plus essentielle à ce système économique que l’humain ou l’environnement.

Quant au fameux recyclage, il représente une paille (en plastique jetable ?) par rapport à l’énorme tas de déchets produits. D’une part, il faut bien alimenter les incinérateurs existants (qui participent souvent localement à la cogénération d’énergie), d’autre part, dans une économie qui s’appuie sur le PIB, il faut produire, produire, produire… pour le reste, on verra plus tard. Tant que les entreprises de recyclage restent rentables (quitte à exporter -par conteneurs entiers- nos déchets les moins reluisants), tout va et ira pour le mieux. Tant que les ressources minières ne seront pas épuisées, pourquoi faudrait-il arrêter ? Et de toutes façons, les progrès de la science (l’intelligence artificielle) résoudront tous les problèmes. Demain, nous irons tous vivre sur Mars et les marmottes emballeront le chocolat dans du film plastique au lithium. Le tout est d’y croire.

Comme on le voit, en termes de tri des ordures, il reste encore beaucoup à faire pour tout valoriser. Un bémol toutefois : les déchets ultimes, comme par exemple les hommes (et autres ‘femmes’ - terme peut-être impropre tant elles sont leurs clones parfaits) politiques et autres margoulins de l’économie mondialisée, qui présentent de réels dangers pour l’environnement et n’entrant, de ce fait, dans aucune catégorie de recyclage, ne doivent en aucun cas être déposés sur la voie publique. Enfouissons-les ! À Bure ?


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