3 jours d’emprisonnement pour avoir tenu un parapluie arc en ciel quelques instants !

Mélanie raconte son emprisonnement suite à la manifestation de samedi 12 décembre à Paris

mercredi 16 décembre 2020, par Auteurs divers.

https://www.youtube.com/watch?v=e8drfQWf83Q&feature=share&fbclid=IwAR3oeXrQRWwyR8Nq09lGFie1Rbk-UTFHR5mzgd-oFNQGPeaKO-scDiTBp9E

- voir aussi : 70 heures de garde à vue pour avoir tenu un parapluie : le témoignage glaçant de Mélanie Ngoye Gaham - Membre des Mutilés pour l’exemple, Mélanie Ngoye Gaham a passé deux jours de garde à vue et une nuit au dépôt du tribunal de Paris pour avoir manifesté le 12 décembre contre la loi Sécurité globale. Elle est sortie sans aucune charge retenue contre elle.
« Une mère de famille peut faire 70 heures de garde à vue simplement parce qu’elle tient un parapluie. » Voilà les premiers mots de Mélanie Ngoye Gaham à sa sortie du tribunal de grande instance de Paris, le 15 décembre. Trois jours plus tôt, elle est allée manifester à Paris contre la loi Sécurité globale. « Ils ont une photo de moi en train de tenir le parapluie de Moon [mon amie], mais elle était en train de remettre son sac à dos et elle me demandait de tenir son parapluie. Et c’est ça qu’on me reproche aujourd’hui. Et je tiens à dire que Moon a un parapluie arc en ciel... » Dans cette vidéo réalisée par le journaliste David Dufresne, elle revient sur les conditions de sa garde à vue. () Pour d’autres faits et analyses sur la répression hallucinante de la manifestation du 12 décembre 2020 à Paris, voir :
Le rapport de force en manifestation est trop assymétrique - Rechercher d’autres terrains de résistance et faire grandir les alternatives ?
Loi Sécurité globale : terrorisme d’Etat, le gouvernement et la police distillent la peur

3 jours de GAV et d’emprisonnement pour avoir tenu un parapluie arc en ciel quelques instants !
L’Etat terroriste et le système policier autoritaires dans toute leur noire splendeur

Allo @Interieur_Gouv - c’est pour un signalement - 991

En direct. Sortie de Ladie Burger
de Les Mutilé.e.s pour l’Exemple
après 48h de garde à vue et une nuit au dépôt du TGI Paris. Elle sort #libre, totalement. 3 jours et 3 nuits de privation de liberté pour avoir manifesté samedi.

(post de David Dufresne)

3 JOURS DE GARDE À VUE ET MISE EN EXAMEN POUR UN PARAPLUIE MULTICOLORE

– Les autorités l’accusent de « déclencher les violences » avec son parapluie –

➡️ Elle se surnomme Moun, elle a la cinquantaine, et elle est de toutes les manifestations. Cette femme Gilet Jaune a été arrêtée samedi 12 décembre à Paris, parmi des dizaines d’autres arrestations gratuites et violentes organisées par le Régime.

➡️ Selon les autorités, elle est soupçonnée de déclencher les violences du « black bloc » avec son parapluie arc-en-ciel. Ne riez pas, car Moun a passé trois jours enfermée pour cette raison. Cela veut dire qu’un procureur a jugé normal de prolonger sa garde à vue pour enquêter sur un parapluie multicolore. Cela veut dire qu’une équipe de flics est payée pour enquêter sur le parapluie d’une mère de famille. Cela veut dire qu’on a enfermé plusieurs jours une femme pour un parapluie.
Rappelons que pour une affaire nantaise de parapluies, 5 personnes avaient aussi été enfermée 3 jours. Les parapluies, terreur de la police ?

➡️ Moun est à présent « mise en examen pour participation à un groupement formé en vue de préparer des violences ou des destructions ou dégradations et détention non autorisé d’armes de catégorie A ». Oui, car Moun a aussi été perquisitionnée, et que quelques débris de grenades lacrymogènes ramassés par terre lors de manifs ont été découverts chez elle. C’est ce que la Justice appelle des « armes de catégorie A ». Donc des « armes de guerre ». Les armes de la police.

➡️ Les autorités prétendent que « l’enquête vise à déterminer si cette femme a pu déclencher les infractions » et « les violences dans la manifestation ». Au milieu du vacarme de votre vie quotidienne, prenez 5 minutes pour réfléchir à l’histoire de Moun. Car elle décrit votre futur proche. Une femme a été enfermée, perquisitionnée et mise en examen parce qu’elle avait le courage de faire des manifestations, et le tort de porter un parapluie. Pendant ce temps, les militants néo-fascistes violents de Génération Identitaire on été relaxés par la justice. Pensez aussi à ces dizaines d’individus intouchables, des flics cagoulés qui ont arrêté Moun jusqu’aux magistrats surpayés qui chapeautent « l’enquête ». Ils sont déjà prêts à appliquer consciencieusement les directives d’une dictature.

(post de Nantes Révoltée)

P.-S.

Compléments

  • Faut-il s’étonner des violences policières ? - Oui, la police déteste tout le monde. Chacun a le droit de détester le reste des êtres humains. Mais quand on lui fournit des armes, des complices et la garantie d’ « être couvert », ça devient problématique…
    On parle tous les jours de violences policières – ce sujet échauffe actuellement les esprits, de tous les côtés, comme peu d’autres thèmes. Je pourrais me vanter d’avoir écrit en 2009 dans mon article « La violence, mais pour quoi faire ? » [1] que « la première image de violence, dès qu’on arrive à la gare ou à l’aéroporten France, c’est la police. Jamais je n’ai vu autant de policiers qu’actuellement en France, surtout à Paris […] Et quels policiers : un air de brutalité et d’arrogance qui défie toute comparaison. Dès qu’on fait la moindre objection – par exemple face à des contrôles d’identité et des fouilles de bagages avant l’accès au train, du jamais vu –, on sent qu’on frôle l’arrestation, le matraquage et finalement l’accusation de ‘résistance à la force publique’ » et qu’on tremble d’indignation en apprenant les méfaits de la police par les médias. Il y a des fois où l’on préférerait, rétrospectivement, avoir exagéré. Ce qui n’est pas le cas ici.
Bilan des 142 interpellations du 12 décembre 2020 à Paris
Dont 81% sont manifestement arbitraires

Ce qu’il s’est passé samedi 12 décembre à Paris est très grave et ne doit pas rester sans riposte. Il y a eu tellement d’arrestation et de GAV arbitraires qu’on a du mal à toutes les visibiliser. Voici un graphique réalisé par le collectif Macronwatch pour se faire une idée plus précise de ce qui s’est joué samedi. Et qu’il risque de se reproduire dans les semaines et mois à venir si une réelle riposte collective ne se forme pas.

(post de Cerveaux non disponibles)


2 Messages

  • 3 jours d’emprisonnement pour avoir tenu un parapluie arc en ciel quelques instants ! Le 20 décembre 2020 à 17:02, par Auteur Divers

    Samedi, c’est Parapluie - « Si le Black Bloc n’existait pas, il faudrait l’inventer » (Un hommage à Marius Jacob)
    Pour celleux qui ne le savent pas encore, ils ont attrapé la « cheffe du black bloc ». Et, oh surprise ! C’est une dame d’un âge respectable, la cinquantaine, habituée des manifs du samedi et qui a osé ouvrir un pébroc de couleur arc-en-ciel lors de la manif de samedi dernier. Parce que ce jour là… il pleuvait.

    Répondre à ce message

  • 3 jours d’emprisonnement pour avoir tenu un parapluie arc en ciel quelques instants ! Le 18 décembre 2020 à 19:29, par Auteur Divers

    Bilan Legal Team du week-end du 12 décembre - Quelques infos sur les arrestations de la manif de samedi 12 décembre à Paris. (...)
    La préfecture s’est vengée, sans doute avec la bénédiction du gouvernement, des deux manifestations précédentes. En frappant fort, au hasard et sans raison. En matraquant et gazant à tout va (à la bombe au poivre plutôt qu’au palet de lacrymo), et en interpellant environ 150 personnes dont quelques dizaines de mineur.e.s. De nombreuses personnes ont été blessées lors de charges particulièrement violentes.
    (...)
    La privation de liberté, préventive ou non, devient la norme. Et décider d’aller en manif implique désormais de se préoccuper sérieusement des trois ou quatre jours qui suivent, de son emploi quand on en a un, de sa famille quand on subvient aux besoins de personnes à charge... De quoi en dissuader plus d’un.e.

    Du côté des mineur.e.s, à notre connaissance aucun.e n’a eu de poursuites, mais plusieurs ont passé 48h au poste et en sont sorti.e.s avec des réparations pénales qui peuvent prendre la forme de « stages polices »... Un descriptif en ligne : « travail de groupe d’environ 10 adolescents, sur la notion d’autorité et le respect dû à ses représentants, mais aussi sur la justice, ses acteurs et son mode de fonctionnement. Basé sur des échanges, il inclut une rencontre avec les fonctionnaires de Police ».

    On sait pas vous, mais nous on a vomi...
    (...)

    Répondre à ce message

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