Quelle alternative à l’extrémisme néo-libéral et à l’extrême droite ?

« Le durcissement autoritaire auquel on assiste favorise l’extrême-droite »

par Camille Pierrette.
Mis à jour le dimanche 26 mai 2019

Lisez absolument cet article d’Ugo Palheta : « Le durcissement autoritaire auquel on assiste favorise l’extrême-droite »
Voici un article lucide et très important, à partager !

- Extraits :

Le 10 mai dernier, le sociologue Ugo Palheta venait présenter à Tours son ouvrage La possibilité du fascisme : France, la trajectoire du désastre [1]. Nous proposons ici une synthèse de son exposé. Il montre comment l’apparition d’une crise de la domination politique a ouvert une brèche à une extrême-droite dont le discours s’est banalisé.
(...)
La réponse que je propose, c’est que les fascistes peuvent se développer à l’occasion d’une crise d’hégémonie, au sens que donne Antonio Gramsci à cette notion. C’est-à-dire une situation de crise dans laquelle les classes dominantes ont de plus en plus de mal à obtenir le consentement des dominés, à convaincre la majorité de la population du bien-fondé des politiques menées. Cette crise d’hégémonie se traduit par une crise du consentement des dominés à la domination sociale de la bourgeoise ; c’est une crise de la domination politique. Il me semble qu’on voit bien de quoi il est question quand on observe la situation présente en France : toute une partie de la population est en sécession par rapport au pouvoir politique incarné par Emmanuel Macron, et la situation n’était pas bien différente sous Hollande, qui avait atteint des sommets d’impopularité en raison des politiques menées et de la trahison des engagements pris (s’en prendre à « la finance »).
(...)

On l’a vu avec la réaction d’Emmanuel Macron à la crise des Gilets jaunes. Alors que, jusque-là, il n’avait pas employé cette carte, sa première réaction après avoir été mis en difficulté a consisté à reprendre les éléments de langage de Nicolas Sarkozy à une autre époque, en faisant des liens entre immigration, identité nationale et « laïcité bousculée ». Quand on est mis en difficulté sur ses politiques économiques et sociales, on va changer les coordonnées du débat politique : « Rediscutons des menaces que font peser sur la République ces gens qui ne respectent pas la laïcité ».

On voit très bien ici la tactique employée. C’est la même qui avait été mise en œuvre par les socialistes dans les années 80 : le recul sur les politiques économiques et sociales, ce qu’on a appelé « le tournant de la rigueur », est concomitant des reculs du parti socialiste sur la question de l’immigration. Là encore, ces positions viennent renforcer l’extrême-droite. On peut prendre l’exemple de la loi Asile et immigration, qui est venue durcir toutes les dispositions en matière d’accueil des réfugiés, et qui s’est accompagnée de discours comme celui de Gérard Collomb, qui reprenait ceux du FN en parlant de « submersion migratoire ». Ces discours et ces actes viennent là encore banaliser et légitimer les positions traditionnelles de l’extrême-droite.

(...)
La crise d’hégémonie en cours ouvre des brèches pour le pire, car l’extrême-droite a pris un coup d’avance, à la fois électoralement et idéologiquement. Mais elle ouvre aussi des brèches pour le meilleur : des millions de gens sont disponibles à autre chose, alors qu’il y a vingt ans ces personnes auraient peut-être adhérer mécaniquement à ce que leur racontaient les partis de droite ou le parti socialiste, ou ne se serait pas impliquées dans des mobilisations sociales. Aujourd’hui, il y a une attraction pour « autre chose », la recherche d’une alternative. La question qui se pose est donc la suivante : qui va parvenir à capter l’attention des millions de gens qui cherchent une voie pour sortir du marasme ? C’est tout l’enjeu du mouvement des Gilets jaunes. Qui donne le ton en son sein ? Est-ce que c’est l’extrême-droite, avec ses « idées » ultra-autoritaires et racistes, ou est-ce que peuvent y triompher les idées de démocratie réelle, de justice sociale et de lutte contre toutes les oppressions ? C’est un combat qu’il faut mener, on ne peut pas s’abstenir.

- Article en entier sur "La Rotative"

2017

Remarques persos

Il est clair que En Marche applique des idées de l’extrême droite et fait son lit.
Et comme le capitalisme et l’hégémonie du PS et des partis de droite a "tué" et éparpillé les mouvements plus contestataires, les solidarités populaires, l’expérience de l’organisation collective autogérée et de la lutte, les alternatives à l’extrême droite et au macronisme ont du mal à émerger.
Le système antidémocratique en place et le capitalisme ont rendu les populations impuissantes, soumises aux partis politiques et à l’Etat, inféodées aux idéologies capitalistes et consuméristes, écrasées par la marchandisation de tout et la dureté du marché du travail, laminées par la précarité et l’isolement, et donc ayant beaucoup de mal à résister et à s’organiser.

les mêmes valeurs et aspirations que portaient les anarchistes et les mouvements ouvriers émancipateurs d’antan

Heureusement, les gilets jaunes sont là, qui pour la plupart portent (parfois sans s’en rendre compte, sans l’assumer) les mêmes valeurs et aspirations que portaient les anarchistes et les mouvements ouvriers émancipateurs d’antan.
Heureusement, des anarchistes, des zadistes et des écologistes radicaux sont là également, toujours prêts à faire rougir le fer, à se battre contre les Pouvoirs et leurs valets.
Et de plus en plus de jeunes commencent aussi à se révolter (on a vu comment le régime les a réprimés en décembre !) contre le monde actuel et l’avenir encore plus désastreux que celui-ci leur prépare.

coordination, renforcement et détermination de ses 4 forces rebelles

Seule la coordination, le renforcement et la détermination offensive de ses 4 forces rebelles permettrait de résister à l’extrême droite et au capitalisme extrême porté actuellement par En Marche, et de démolir le capitalisme et la civilisation industrielle, afin d’éviter à la fois le néofascisme, la guerre, la destruction de la plupart du vivant et l’auto-destruction de l’humanité.
Bien entendu, les syndicalistes désobéissants et autres renégats des partis politiques sont les bienvenus également :-)

Ce n’est donc pas maintenant qu’on va rentrer chez nous, le combat ne fait que commencer !


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