La non-violence, une résistance molle écrasée par les régimes autoritaires et policiers

Reporterre parle d’un livre captivant qui critique avec force le dogme de la « non-violence » exclusive et dogmatique

samedi 11 janvier 2020, par Les Indiens du Futur.

- Reporterre présente un livre phare et important sur la critique argumentée et documentée de la non-violence dogmatique : La non-violence, « une résistance molle » qui ne provoque pas de changement profond - Dans « Comment la non-violence protège l’État », Peter Gelderloos tacle la non-violence, qui mettrait en danger les militants plus offensifs en en faisant des cibles de choix pour la répression. Il plaide pour « une diversité des tactiques » dans les luttes.

La non-violence, une résistance molle écrasée par les régimes autoritaires et policiers

Dans ce livre essentiel, l’auteur remet notamment en place de nombreux mythes concernant la « non-violence » et sa mythique efficacité dans les luttes.
Quand on regarde l’histoire et la réalité présente, on est bien obligé de donner raison à ses analyses iconoclastes et salutaires.

En France depuis quelques temps, on constate avec amertume que les habituelles stratégies « non-violentes » et légalistes sont sans grand effet par rapport aux brutalités policières grandissantes et aux politiques de plus en plus antisociales des gouvernements.
Par rapport aux catastrophes climatiques et écologiques, c’est encore pire, les choses ne font que s’aggraver partout, le CO2 augmente, davantage de pesticides sont utilisés, davantage de terres sont bétonnées, les lois environnementales régressent, les lobbys s’installent confortablement, etc.
Les grandes marches pacifiques, les sittings, les flashs mob et autres événements festifs symboliques pour épater les médias n’ont eu aucun effet tangible pour entraver la destruction du climat et du vivant faite par le capitalisme et la civilisation industrielle.

Face à des régimes autoritaires et policiers voués au capitalisme extrême tels que celui que l’on connaît en France sous la tyrannie du régime macroniste, la « non-violence » dogmatique est encore moins pertinente que dans des régimes qui se voudraient démocratiques.
En effet, un régime policier prêt à tuer et à mutiler n’a aucun scrupule à écarter ou ignorer les « non-violents » qui se trouvent sur son chemin de panzer tank.

Livre « La non-violence protège l’Etat » de Gelderloos

Au pire, ou au mieux ?, un tel régime fascisant se servira des « non-violents » dogmatiques pour déconsidérer tous les autres contestataires et pour mieux réprimer brutalement tous les mouvements qui le gêneraient vraiment.
Les « non-violents » servent alors de paravent, de vernis démocratique, pour faire croire que la contestation demeure « libre », alors qu’elle se cantonne à des démonstrations médiatiques et folkloriques, et n’obtient au mieux que des réformettes permettant au système capitaliste, « verdit », de continuer de plus belle ses ravages.

Livre « L'échec de la non-violence » de Gelderloos {JPEG}
- Pour info, Gelderloos a écrit un 2e ouvrage sur le sujet, plus récent, « L’échec de la non-violence » il analyse la situation à la lumière de révoltes et mouvements sociaux divers.
- Voici un article qui parle de ce 2e livre, avec des citations du livre - et la présentation chez l’éditeur

- Quelques extraits de l’article de Reporterre sur le livre « la non-violence protège l’Etat » :

En se déclarant non violents, ces mouvements s’arrogent le droit de décider ce qui est violent ou non.

Pour lui, la non-violence ne peut conduire qu’à une réforme, au mieux à un changement de gouvernement, mais certainement pas à une révolution. « La non-violence assure le monopole de la violence à l’État », ce qui pose problème car « toute lutte contre l’oppression passe par un conflit avec l’État ». Et celui-ci ne se laissera pas faire s’il n’y est pas contraint, notamment par la violence révolutionnaire. En se refusant le droit à l’auto-défense et à la révolte sous toutes ses formes, les pacifistes se mettent à la merci d’un État qui est par nature oppressif et qui ne s’évaporera pas sur demande ou parce que « la légendaire ’masse critique’ » attendue par les non violents aura été atteinte.

Même s’il dénonce cette forme de « résistance molle », Gelderloos n’est pas un fanatique de la violence. Il prône « une diversité des tactiques ». Il insiste sur le fait qu’au sein d’un même mouvement ou d’une même manifestation, différentes tactiques (plus ou moins violentes) peuvent cohabiter, laissant ainsi à chaque personne la possibilité de choisir.

Gelderloos balaie dans ce livre certaines « manipulations et distorsions historiques flagrantes » des apôtres de la non-violence qui réécrivent l’histoire pour qu’elle colle à leurs discours. Il s’arrête longuement sur les cas de l’Inde et du mouvement pour les droits civiques aux USA, considérés comme des références par les pacifistes.

Pour lui, si les pacifistes s’accrochent à la non-violence, c’est qu’elle est confortable. Outre le fait que ce type de résistance n’implique pas de grands risques pour son intégrité physique et sa liberté, elle ne vient pas menacer les fondements d’un ordre social qui profite largement aux privilégié.e.s blanc.he.s qui constituent le gros des troupes non violentes. Gelderloos va jusqu’à dire que c’est justement parce que la « non-violence est inefficace qu’ils la prêchent à ceux qui sont tout en bas de la hiérarchie raciale et économique », afin de s’assurer de préserver leurs privilèges. Il consacre un chapitre à dénoncer le caractère raciste de certains mouvements non violents et un autre qui dénonce leur caractère patriarcal.


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