Une technologie invasive et folle

Des dispositifs de suivi GPS pour les migrants au Royaume-Uni

lundi 10 octobre 2022, par duclary.

Une plainte a été déposée par le groupe de défense contre la surveillance Privacy International contre le ministère de l’Intérieur du Royaume-Uni, qui déploie des dispositifs de suivi GPS pour les migrants entrant dans le pays par des voies irrégulières. Selon Privacy International, cette pratique est excessive, illégale et menace les droits fondamentaux à la vie privée auxquels toute personne au Royaume-Uni a droit.

Les dispositifs, qui sont des bracelets de cheville volumineux du même type que ceux utilisés dans le système de justice pénale depuis des décennies, surveillent les mouvements des migrants 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7. Toute personne en liberté sous caution pour cause d’immigration au Royaume-Uni peut être équipée d’un bracelet, pour une durée illimitée.

Une technologie invasive et folle
GPS et reconnaissance faciale pour une surveillance raciale de migrants

Le ministère de l’Intérieur a dévoilé un nouveau projet pilote de 12 mois visant à expérimenter le marquage des personnes arrivant sur de petits bateaux en juin, pratique qui constitue désormais une infraction légale dans le pays.Le ministère de l’Intérieur a déclaré qu’il avait l’intention d’utiliser ces dispositifs pour empêcher les migrants destinés à des centres de détention offshore au Rwanda de disparaître.
Privacy International affirme que la pratique du marquage des migrants n’est pas assortie des garanties appropriées qui sont en place lorsque les dispositifs sont utilisés dans le système de justice pénale. Elle ajoute que ces dispositifs sont intrusifs. L’organisation humanitaire de défense de la vie privée a déposé des plaintes auprès de l’Information Commissioner’s Office et du Forensic Science Regulator.

Les défenseurs de la vie privée et des migrations affirment que le ministère de l’Intérieur veut utiliser les données de localisation pour contrôler les migrants qui prétendent rester au Royaume-Uni en raison de liens familiaux avec le pays, afin de déterminer s’ils rendent réellement visite à leurs proches. Ils affirment également que cette mesure de surveillance laisse les migrants traumatisés, stigmatisés et, dans certains cas, confinés chez eux, craignant de s’engager dans le monde extérieur.

L’utilisation du marquage GPS sur les migrants a déjà été testée à grande échelle aux États-Unis, dans le cadre d’un programme appelé « Alternatives to Detention », qui a été étendu sous la présidence de Joe Biden. Le gouvernement américain fait valoir que le placement sous surveillance électronique est plus doux et moins brutal que l’emprisonnement et qu’il permet de garder plus de personnes hors des centres de détention pour immigrés.

Au début du mois, un rapport du Guardian a révélé que le ministère de
l’intérieur distribuait aux migrants de nouvelles « montres intelligentes à reconnaissance faciale » en complément des bracelets de cheville. Les smartwatches, bien qu’amovibles, obligent les migrants condamnés pour une infraction pénale à scanner leur visage jusqu’à cinq fois par jour pour vérifier qu’ils les portent toujours.

Dans une déclaration, le ministère de l’Intérieur a souligné que les bracelets seront utilisés pour les « criminels étrangers », mais n’a fait aucune mention de son projet pilote visant à équiper les demandeurs d’asile de bracelets GPS à la cheville.
Et pour se justifier, un porte-parole du ministère de l’Intérieur a déclaré : « Depuis août 2021, le ministère de l’Intérieur a réussi à marquer plus de 2 500 criminels étrangers, rassurant ainsi les victimes sur le fait que leurs agresseurs ne peuvent pas échapper à la loi et qu’ils seront retirés du Royaume-Uni à la première occasion. Depuis janvier 2019, le gouvernement a éloigné plus de 10 000 criminels étrangers. »

L’utilisation du suivi GPS a de graves effets sur la santé mentale de celui qui le porte. Les nombreuses personnes suivies vivent cette pratique comme un emprisonnement et une punition. Ils disent que le bracelet leur donne l’impression d’être des criminels et qu’ils doivent vivre avec la stigmatisation si leur bracelet est repéré. Ce marquage les rend souvent réticents à s’engager dans leur communauté et à faire des activités quotidiennes comme le sport. Ils peuvent finir par s’isoler, dans une forme d’assignation à résidence auto-infligée, parce qu’ils ne veulent pas être suivis.

La pratique du marquage n’a d’autre utilité que d’exercer un pouvoir sur les demandeurs d’asile et les groupes minoritaires. C’est purement pour le contrôle et c’est discriminatoire. Il s’agit de fait de surveillance raciale.
Des millions de livres sont investis dans cette technologie invasive et folle qui vise à criminaliser les migrants.

Cela ressemble furieusement à la politique française en matière d’immigration avec Darmanin qui promet une super loi sur l’immigration qui vise à accélérer les expulsions et où l’obligation de quitter le territoire devrait s’appliquer dès le premier refus de demande d’asile.


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