Un dossier fourni sur le Covid-19 et sur les épidémies en général

Les meilleurs systèmes de santé ne peuvent pas faire face, il faut s’attaquer aux causes structurelles

vendredi 26 février 2021, par Auteurs divers.

Un dossier sur le Covid-19 et sur les épidémies en général, intéressant, documenté et fourni, sur un média libre :

- [Dossier] La Covid et la Tête Pleine
De cette interminable crise sanitaire et depuis un an maintenant que nous jouons les hikikomori par intermittence, sans doute est-il temps de poser un bilan. Mariant la profondeur d’une enquête et la subjectivité d’une tribune, cet exercice vise à aider à relire les mois écoulés, loin de l’infodémie quotidienne à laquelle nous sommes gavés bon gré mal gré. Et enfin à donner une vision politique de l’avenir que nous devons écrire ensemble. Encore une fois, avoir des informations probantes est un des paramètres indispensables, pas suffisant, pour espérer que chacun de nous, en tant que citoyen, se construise une opinion éclairée. C’est un peu l’ADN de LaTéléLibre que de viser cet idéal. Pour ce qui est de l’ARN

L’expertise scientifique ne suffit pas toujours à générer la conviction nécessaire à l’acceptation de toutes mesures. Quand il est affaire de santé publique, le rationnel le dispute difficilement au ‘bon sens’, à l’affectif, à l’émotion. Il faut avouer que les producteurs et experts de diagnostics sur les effets économiques, sociaux, psychologiques et générationnels de la crise épidémique que nous traversons n’ont jamais manqué de nous déboussoler chaque jour un peu plus. Depuis douze mois maintenant, la frontière est ténue entre confiance et méfiance.

Passées les premières semaines où chacun a observé la chute vertigineuse des émissions de CO2 comme un horizon optimiste des possibles, où beaucoup se sont plu à croire que tout allait changer au sortir de cette alerte, l’impact psychologique de cette longue période s’est révélé finalement indiscutablement négatif. Pessimiste.

Que d’insouciance évanouie entre notre société de la cueillette et l’apogée de cette économie agraire et marchande. Mais la réalité nous fait face, frontalement : le retour des épidémies concerne tout autant l’Europe que d’autres régions du monde, en dépit des progrès considérables de la médecine et de la virologie. Le temps de la panique révolue, il est sans doute encore temps d’agir, de reléguer toute procrastination. Contre ce choc. Contre ceux à venir. Et pour contrecarrer enfin les tendances à plus long terme dont la survenue est prédite depuis lulure. Cette épidémie n’est pas qu’un simple aléa naturel. Elle n’est que la partie émergée de l’iceberg des événements impactants qui se jouent chaque année de part le monde, sous nos radars médiatiques occidentaux.

Si cet ébranlement aura grippé par surprise notre réflexion, la peur n’aidant pas à la sérénité des débats, nous souhaitons alors participer, par ce dossier, à une prise de conscience, une analyse dénuée de passion, loin de la dictature de l’émotion désordonnée.

Un dossier fourni sur le Covid-19 et sur les épidémies en général
Les meilleurs systèmes de santé ne peuvent pas faire face, il faut s’attaquer aux causes structurelles, la civilisation industrielle et ses nuisances globales

Résumé du dossier
Parce qu’il faut penser à ceux que les longueurs rebutent.

Cela n’est pas un scoop : LaTéléLibre est un slow média. Nous aimons à laisser maturer nos produits, en espérant que le temps permette de produire mieux. Si nous sommes lents, peut-être êtes-vous pressés ? Ce chapitre vise donc à vous faire survoler ce que ce dossier vous donnerait à apprendre.

Nous vous rappellerons d’abord que les virus nous survivront. Cela fait plus de 3,5 milliards d’années qu’ils existent et persistent sur Terre, un des plus connus d’entre tous circulent officiellement parmi les humains depuis moins de deux ans que la psychose règne. En fait, l’affolement gagne à mesure qu’un virus touche également les populations des pays développés. C’est une cynique loi médiatique dite du mort-kilomètre. Les virus, parasites, bactéries et autres micro-organismes à l’origine de maladies infectieuses transmissibles coexistent depuis toujours avec les êtres humains (quelques milliards sont même en totale osmose en nous). Les progrès scientifiques et le développement de la santé publique n’y changent rien : certains micro-organismes provoquent des maladies depuis des siècles. La dissémination à grande échelle devient une valeur par défaut, si bien que les regards médiatiques se portent avec plus d’insistance sur lesdites épidémies.

Alors nous nous penchons plus que de coutume sur un virus en particulier. Car il y a urgence. Médiatique et politique. On protocole à tout va, on claquemure, on logistise… Mais le mantra ‘tester, tracer, isoler’ semble bien improductif d’effets bénéfiques. C’est qu’il y a des trous dans la raquette (y a-t-il une raquette ?) : nous apprendrons que la contamination est le fait de nombreuses auto-contaminations, que le suivi épidémique dans les écoles est déficient et participe à la diffusion ininterrompue du virus et de ses variants, que les tests sont menés en nombre mais dépourvus de finalité épidémiologiques, analytiques, que le système de santé promu à la gestion des flux ne sait pas répondre à ses finalités et a autant d’élasticité qu’une barre d’acier. La Covid est un vrai problème de santé publique. Certes. Mais il faut alors la traiter comme telle, en dépistant massivement, à commencer par les personnes à risque (âge, comorbidités…), en les isolant efficacement et les soignant.

Au lieu de cela, tout partirait à vau-l’eau. Cela serait sanitairement catastrophique. Mais de quelle catastrophe parle-t-on ? De cette épidémie faiblement mortelle et létale ? Car il faut l’avouer, même si cela parait contre-intuitif : ce virus n’est pas le danger qui nous était promis. Pas encore. Et cela est heureux. Cela nous permet de nous interroger sur la politique sanitaire actuelle, sur nos restrictions budgétaires qui sont autant de fragilisation de notre assurance-santé, sur la pertinence de cette stratégie d’urgence sanitaire.

Cela pourrait être pire. Cela sera pire. Sans doute. Depuis la fin du XXe siècle, la possibilité d’une épidémie véritablement mondiale et terriblement mortelle est unanimement envisagée par la communauté scientifique internationale, aussi sûrement que d’autres cataclysmes. Parmi de nombreuses hypothèses, celle d’une grippe aviaire qui passerait la barrière des espèces et infecterait les humains. Chaque année, la probabilité de son émergence est testée en grandeur nature dans l’indifférence générale. Alors que son potentiel morbide est sans commune mesure.

Si bien que la gestion chaotique de cette ‘petite’ épidémie, les surréactions qu’elle suscite, sont contre-productives. Comment accorderons-nous l’importance adéquate quand surviendra une prochaine maladie que les médias nous décrirons comme abominable cependant que cette expérience actuelle géante est emplie de contre-vérités, de paradoxes et de décisions bancales. Le manque de discernement politique et de rationalité médiatico-scientifique obèrent de nos facultés futures à répondre collectivement à la véritable prochaine pandémie.

De deux choses l’une, au regard des faibles mortalité et morbidité de la Covid. Soit nous assistons à la défaillance sans commune mesure de notre politique sanitaire, de notre système de soins. Soit nous devons admettre notre incapacité à juguler quelconque crise sanitaire. Dans cette course à la survie, nous mimons Sisyphe. Chaque recrudescence virale sera à nouveau associée à son lot de mesures coercitives collectives, de moindres ciblages des populations à risque, de vaccinations promises aux pays riches que nous sommes. Etc. Avec quels résultats quand viendra l’heure d’un virus hautement contagieux et mortel ?

Le choix cornélien est clair : choisir entre le soin palliatif sans fin et l’action curative. Et savoir analyser au-delà du guidon. Quelles sont les causes de cette épidémie de pandémies ? Elles sont structurelles. Décroissance et perte de la biodiversité, déforestations massives, entre autres. Les liens intimes qu’entretiennent le commerce et la maladie tout au long de l’histoire moderne ne font plus mystère. Pendant des siècles, le commerce a été le facteur le plus important de propagations de maladies dans différentes parties du monde, et aujourd’hui il n’en va autrement. Cela s’accélère même, au gré de notre économie productiviste. Les matières premières et les germes circulent concomitamment à une vitesse sans précédent. Quel changement transformateur alors ? Quelles réelles options politiques de fond sont-elles exigibles (exigées) ? Quelle réévaluation de la relation entre l’Homme et la Nature ? Si nombre de solutions préconisées par de nombreux groupes scientifiques peuvent sembler onéreuses, l’analyse micro et macro-économique suggère que leurs coûts seront négligeables comparés aux impacts sociaux, sociétaux, financiers et humains engendrés par les futures maladies infectieuses mondiales.

Nous ne saurions trop vous conseiller de parcourir les détails de notre dossier. Vous n’en serez que plus alertes. N’hésitez pas dans le cas contraire à vous reporter à notre conclusion (chapitre « Mieux vaut guérir ») et notre bibliographie.

Prétentieux et précautionneux que nous sommes, nous en passerons auparavant par quelques mises au point pour anticiper tout trollisme nauséabond et éviter tout malentendu polémique. Notre objectif final ne vise qu’à vous éclairer autrement.

- SUITE

- quelques extraits :

Leurs causes ne semblent plus faire l’objet de controverses : elles sont dues à l’activité humaine et, en particulier, aux destructions toujours plus étendues et plus rapides d’écosystèmes. Nous en verrons les détails ci-dessous.

Tout cela ne nous est donc pas inconnu. Ce dernier épisode n’est que la répétition mondialisée de la crise du Sras de 2002-2003, la rapidité de sa dissémination étant inversement proportionnelle à la réponse sanitaire efficiente que nous étions en droit d’attendre de nos Etats, France comprise.

Cette épidémie n’est pas l’enfer. Pas encore.

Mais alors, comment une épidémie s’éteint-elle d’elle-même parfois ? Il faut l’avouer, taire l’espoir qui pouvait résider : nous ne le savons pas. Certains virus stoppent leur phase épidémique (mais il circule toujours de manière faible, en des foyers endémiques), parfois rarement disparaissent. La coordination entre les mesures nationales et leur simultanéité, le développement incessant de nouveaux vaccins (contre la grippe saisonnière contenant de nouveaux antigènes par exemple) n’y suffisent malheureusement pas. Nous ne savons pas quels facteurs déterminent la durée d’une pandémie/épidémie. ll semble qu’un virus finit par s’atténuer et cesse d’être un virus mortel pour l’humanité, et trouve d’autres hôtes. Mais les scientifiques ignorent encore comment et pourquoi cela se produit. La complexité de cette écologie mérite que les chercheurs s’y attardent. Malheureusement, la Recherche est en déshérence budgétaire en France depuis de nombreuses années et mise sous tutelle par le marché.

Quand tout est incompréhensible et mal justifié, chacun est en droit de demander des comptes.

De tous ces chiffres, de tous ces témoignages, en découle un sentiment inconfortable d’incompréhension. Une rationalité difficile à tenir irréfragable car dans le même temps, chaque jour, sont assénées de bien funestes conclusions, s’impose à notre émotion les cas positifs parmi nos proches et les exemples non circonstanciés dans les médias.

Mais le fait réside : cette maladie est peu mortelle. Si bien que les conséquences qu’elle a sur la vie de chacun d’entre nous sont de plus en plus jugées illégitimes. Cette loi d’urgence sanitaire, ces décrets et modifications incessantes engendrent des répercussions sur chacun d’entre nous, sans distinction. Du confinement général aux couvre-feux, tous devons nous plier aux obligations. La menace sanitaire est permanente, menace démentie par l’examen précis des données sur la mortalité auquel nous nous sommes attelés dans ce dossier entre autres points.

Outre l’objectif de préserver la vie des personnes les plus fragiles, à défaut d’encadrer leur cadre de vie et de donner les moyens de les assister dans le soin, la santé de tous s’en trouve affectée. Il n’est certainement pas interdit en démocratie de s’interroger sur les pertinences de toute décision, de questionner de la proportionnalité des mesures empilées et de leur efficacité quant au but poursuivi. Même en période d’épidémie, il n’est pas illégitime d’aborder cet aspect. L’OMS ne définit-elle pas la santé plus largement ?

Il n’est donc pas interdit de critiquer. ‘Indignez-vous’, qu’il disait.

Protéger la vie implique donc de prendre en compte l’ensemble des aspects, qui englobent autant les critères sociaux, culturels, spirituels, politiques et économiques que sanitaires. Il n’aura échappé à personne à quel point le confinement provoque des effets délétères. Comme d’autres pans de la vie sont concernés, les contentieux ne manquent pas. Pas seulement pour contester le zèle de certains. Chacun aura entendu les référés contre le droit de manifester, de circuler librement, etc. Mais dans le cadre large de la santé individuelle, même le Conseil d’Etat admet une atteinte résidant dans « la fermeture au public des cinémas, théâtres et salles de spectacle ». Celle de ne pas considérer les libertés fondamentales que constituent la liberté d’expression et la libre communication des idées, la liberté de création artistique, la liberté d’accès aux œuvres culturelles, la liberté d’entreprendre et la liberté du commerce et de l’industrie. Mais les fermetures sont maintenues. Pourtant, l’administration n’a jamais produit d’éléments relatifs à des cas de contamination qui seraient survenus lors de spectacles qui justifient de telles mesures actives depuis plusieurs mois maintenant (le conseil scientifique Covid-19 n’en admet lui-même pas beaucoup moins dans sa note du 26 octobre 2020). Dans le même temps, au gré des diversités de situations locales, il est démontré que certaines mesures sanitaires peuvent être mal adaptées aux situations épidémiologiques locales et peuvent déclencher un effet inverse à celui recherché.

Malgré tous les paradoxes et les arguments bancals que chacun aura pris soin de noter, le gouvernement aura maintenu le confinement ou un arsenal de mesures plus ou moins restrictives pourtant susceptibles d’avoir des conséquences néfastes : opérations déprogrammées, traitements retardés, répercussions psychologiques et sociales, restrictions d’activités sportives (alors que ces dernières sont un facteur de santé publique), accroissement des inégalités, disparité territoriale (question politique subsidiaire : faut-il abandonner les plus précaires au nom du respect des plus fragiles ?), santé mentale détériorée et inquiétante pour de nombreux professionnels, notamment chez les étudiants et les plus fragilisés. Etc. Ces effets iatrogéniques ne semblent pas faire l’objet d’une réflexion pour les éviter.

Si nous restons les bras croisés et permettons aux agents de santé de première ligne et aux personnes vulnérables dans les pays en développement de ne pas être vaccinés pendant que le Nord riche continue de vacciner des jeunes en parfaite santé, alors j’espère que les livres d’histoire l’écriront »
aura déclaré le Dr Mike Ryan

Nous ne sommes sans doute tirés d’aucune épidémie. La faute à qui ? A quoi ?

Il n’y a pas que la médecine dans la vie. Les sciences sociales sont aussi d’un intérêt intellectuel certain. Pour le coup, la Covid est une « expérimentation » inattendue et grandeur nature selon Bruno Latour : la question écologique reste entière. Car sortir de cette crise sanitaire serait pour mieux entrer en une autre… C’est bien simple, la totalité de nos modes de vie doit changer selon le chercheur, ce moment étant « l’un des premiers signes annonciateurs ». Selon Latour,

Le confinement est définitif. Cette « accélération » de notre développement économique, via le capitalisme néolibéral et mondialisé, n’est pas tenable et la question des limites se pose. C’est que la notion même de « sol » est en train de changer de nature. Nous serons tous affectés, migrants devant quitter leur pays ou « restants » que leur pays va quitter. Nul ne sera plus « à l’abri ». Le sol va nous lâcher, nous abandonner. On ne pourra plus y vivre.

Un dossier fourni sur le Covid-19 et sur les épidémies en général
Les meilleurs systèmes de santé ne peuvent pas faire face, il faut s’attaquer aux causes structurelles, la civilisation industrielle et son productivisme technologique

Il faut nommer nos maux. Démographie, promiscuité (entre nous, avec les espèces sauvages) et déplacements intercontinentaux sont les trois facteurs amplificateurs de ce cadre productiviste. La propagation d’épidémies dans le monde entier résulte de la déforestation accélérée, du commerce lucratif des animaux sauvages dans une moindre mesure, de l’explosion du trafic aérien et du réchauffement climatique, de la fragmentation des forêts tropicales et des espaces naturels (causée par le développement du réseau routier, des barrages et exploitations minières).

La pandémie due au Sars-CoV-2 ne m’a pas surpris. Les émergences de maladies infectieuses s’accélèrent depuis déjà plusieurs années. L’agriculture en est une des causes, car c’est bien souvent à travers les activités agricoles que se développent de nouvelles interfaces entre la faune sauvage, qui est un réservoir à virus, et les animaux domestiques et les êtres humains. […] Depuis le début du siècle, le nombre de personnes touchées par une maladie infectieuse diminue. L’incidence des maladies infectieuses baisse grâce à nos systèmes de santé performants. La chute commence avant l’apparition des vaccins et des antibiotiques. Elle est surtout due à la santé publique et à l’hygiène. Par contre, le nombre d’épidémies augmente. Nous sommes passés de moins d’une dizaine à plus d’une centaine »

selon Serge Morand, chercheur Cnrs-Cirad, écologue de la santé et parasitologiste de terrain qui traque les virus circulant dans la faune sauvage avec pour but de les intercepter pendant qu’ils sont encore présents chez des animaux, autrement dit avant qu’ils ne se transmettent aux humains

De façon globale, il ne fait plus aucun doute que la hausse brutale du nombre d’épidémies est due à la réduction des habitats du monde sauvage, à la baisse de la biodiversité. Lier l’émergence de maladies infectieuses aux seules pratiques locales chinoises serait une erreur d’analyse (consommation d’animaux sauvages et utilisation pour des pratiques médicinales traditionnelles). Dans les élevages industriels, denses et nombreux, la diversité génétique s’y est également considérablement affaiblie, les mutations virales s’y multipliant à grande vitesse et une épidémie se contracte très facilement d’un animal à l’autre car ils sont comme autant de clones (les cochons jouent souvent un rôle d’intermédiaire ultime entre la chauve-souris et l’homme).

Alors, oui, une épidémie, voire une pandémie, est une menace pour la communauté humaine et la sécurité. Mais si l’épidémie de Sars-Cov-2 est impressionnante, les chiffres permettent de relativiser la portée mortelle de son activité. Ce qui est moins rassurant et plus anxiogène est de constater combien les mesures extrêmes entreprises, parfois de simples réponses politiques plus que de pertinentes scientifiques, sont peu efficaces. Et donc combien une maladie hautement contagieuse et plus mortelle pourrait être infiniment ingérable pour nos populations.

Les scientifiques prévoient depuis longtemps l’apparition d’un virus grippal capable d’infecter 40% de la population mondiale et de tuer des nombres inimaginables. Récemment, une nouvelle souche, la grippe aviaire H5N1, apparue dans le sud de la Chine au milieu des années 1990 et connue depuis 1997, a montré toutes les caractéristiques de devenir cette maladie redoutée. Jusqu’à présent, ce virus a été largement confiné à certaines espèces d’oiseaux, mais cela peut changer. Et c’est une des alertes que les virologues cherchent à donner la plus tonitruante. En vain.

Il faut construire des structures politiques afin que les sociétés soient plus en adéquation avec les défis écologiques. D’innombrables leçons doivent être tirées, survolées ci-dessus. Il faut entamer un virage strict. Ne rien changer structurellement, c’est s’assurer un siècle d’épidémies, avec l’inéluctable survenue de nouveaux virus plus mortels à un moment donné. Que le pangolin en ait été le vecteur du Sars-Cov-2 ou qu’il soit issu directement d’une mine chinoise importe peu. Que nous apprend ce virus des débordements zoonotiques de plus en plus fréquents que nous ne sachions déjà ?

Si l’épidémie virale actuelle doit agir comme un appel au réveil, parmi tant d’autres signaux, c’est pour se positionner définitivement : convient-il d’agir de façon palliative ou curative aux problèmes qui vont nous faire face ?

- VOIR AUSSI : Virus du Covid : l’humanité est son écosystème - Le Covid-19 nous semble cruel, habile ou déroutant, mais ses apparents caprices résultent simplement de la reproduction incessante du virus responsable de la maladie, le Sars-CoV2. Pour maximiser sa transmissibilité, il s’adapte constamment à l’environnement le plus favorable pour lui, les humains… En bref, il a le comportement écologique des organismes vivants.
(...)
Il n’en reste pas moins que si ce virus nous a « sauté dessus », c’est que nos comportements lui en ont fourni l’occasion, notamment notre incessante conquête de nouveaux milieux naturels. L’humanité s’était du reste longtemps tenue à distance des forêts tropicales précisément à cause des nombreuses maladies qu’on y contractait
(...)
La multiplication des variants, elle aussi, s’explique par des règles écologiques de base. Dans une population d’hôtes restreinte, par exemple les chauves-souris, ou une petite communauté d’humains, les mutations sont rares. Mais le Sars-CoV2 infecte désormais environ cent millions d’humains. Dès lors, le nombre de mutations augmente de façon exponentielle, et des variants mieux adaptés apparaissent. Dans un entretien, le bioinformaticien sud-africain Tulio de Oliveira soulignait que le point commun entre Londres, Le Cap et Manaus — où sont apparus les trois variants les plus préoccupants — est qu’elles sont des villes « profondément touchées par la première vague de l’infection ». Tandis que l’on voit bien qu’il n’y a pas eu de variants vietnamiens ou coréens — les pays qui ont bien géré l’épidémie.

L’apparition de mutants plus transmissibles (variant britannique) ou de mutants capables de réinfecter des humains déjà tombés malades (variant sud-africain ou brésilien) est parfaitement conforme à la théorie de l’évolution. Tout virus qui acquiert la capacité de se transmettre plus rapidement, dans la compétition qui l’oppose aux virus « ordinaires » pour coloniser les corps des humains, a une longueur d’avance, grâce à laquelle il finit par s’imposer. Le Sars-CoV2 l’a fait comme prévu, même si c’est « avec une efficacité stupéfiante » pour Christian Drosten, le principal spécialiste allemand des coronavirus.
(...)
Quid des traitements et des vaccins ? Comment peuvent-ils influer sur l’évolution des virus et en particulier du Sars-CoV2 ? « Exactement de la même manière qu’un pesticide influe sur l’évolution d’un ravageur, répond Samuel Alizon. En générant des résistances ; même si les vaccins les provoquent moins rapidement que les traitements. » Ainsi à chaque nouvelle molécule antivirale, dans le cas du VIH, des résistances sont apparues en quelques mois, et il a fallu en combiner trois pour tenir enfin le virus en respect. Il faut donc s’attendre, en cas d’apparition d’antiviraux efficaces contre le Sars-CoV2, à devoir développer des stratégies de combinaisons ou d’alternances de traitements pour éviter que le virus ne parvienne à leur échapper.

P.-S.

# En prime, ce post de N. Casaux, suivi d’un post sur les mesures gouvernementales lancées par Castex récemment :

Quelle folie. Quelle atroce société de m*rde, avec des médias à son image (qui, en plus de diffuser la propagande officielle du Parti du Progrès concernant toutes choses, alimentent désormais une détestable atmosphère de paranoïa, d’angoisse, qui sied certainement audit Parti), et tutti quanti.

« Ensuite de quoi j’ai pensé que ce progrès économique avait trouvé en dévastant la nature le moyen de condamner l’humanité au travail aliéné à perpétuité ; tout ce qui lui était antérieur et qui n’entrait pas dans ses logiciels ayant été anéanti, l’économie totale est devenue cette seconde nature synthétique où nous sommes séquestrés : rien n’y existe que par ses médiations et à la condition de son électricité et de sa chimie, de ses communications instantanées et de ses cerveaux électroniques. Elle ne peut se maintenir autrement que par ce travail universel de tous les moments : il faut que le bras même qui l’a formée la soutienne, et qu’à la faiblesse et à l’incohérence de l’ouvrage suppléent la puissance et le renouvellement des artifices, les soins constants de ses techniques productives. Quand la nature était immortelle, l’humanité n’avait pas besoin de ces gardiens. Maintenant que l’économie, pour trouver de la place à ses monocultures fastidieuses, a fait disparaître de la surface du globe la singulière fantaisie des bestiaires et des botaniques, dont la vie ne peut se passer ; dont le présent terrestre autrefois toujours nouveau ne pouvait se passer ; et qu’elle en a stocké dans ses chambres froides les graines, pollens, boutures, ovules et paillettes séminales, les codes génétiques, dans la vue de recréer tout à son aise une nature simplifiée, en cela plus rationnelle à la fois que productive grâce aux brevets des trusts de la biotechnologie, l’humanité est devenue son marché captif : on le voit depuis que les contrefaçons grossières et que les méthodes d’incarcération de l’économie ont dissous les résistances organiques, ou le fluide vital, ou que sais-je, des hommes, ainsi jetés nus parmi les virus, les cancers, les infections et les détraquements nerveux ; et qu’elle leur montre à la télévision les laboratoires où ses ordinateurs assistés d’indigènes en blouse blanche cherchent les vaccins, les molécules neuves, les céréales transgéniques ou les machines à reconstituer l’eau potable à quoi ils devront de continuer à profiter de l’excitation de la vie moderne ; et que seules ses sciences abstractives peuvent découvrir.

Le dommage n’est donc plus aujourd’hui que les moyens les plus effectifs sont employés aux fins les moins souhaitables, mais que ces moyens gagnant chaque jour en effectivité et en démiurgie sont spécialement conçus à la fin la moins souhaitable — la reproduction et le continuel élargissement de la dépendance du genre humain à la vie mécanisée, jusqu’à rendre son règne définitif — et ne peuvent absolument servir à rien d’autre ; que par ce fait la survie collective se trouve immédiatement subordonnée au bon fonctionnement de la machinerie mondiale en quoi tous ces moyens s’agencent inextricablement ; assez à la manière de la nourriture congelée qui ne suppose aucune interruption de la chaîne du froid.

J’ai noté que ceux à qui je mentionne cet inconvénient s’étonnent de mon scrupule : où est le problème ? demandent-ils. L’économie n’a-t-elle pas justement poussé la science de la reconstitution et du factice jusqu’à pouvoir fabriquer dans ses usines toutes les fournitures, les plats cuisinés, les distractions à domicile nécessaires aux individus ? Et qu’ainsi la nature peut désormais se languir et s’étioler sans que le cours de la civilisation en soit dérangé. Je ne discute pas. J’attends que le hasard d’une promenade me fasse passer un jour devant le taudis où la raison économique aura relégué leur inutilité avec des rations protéinées ; ou qu’ils viennent m’agiter sous le nez le fax du bilan génétique résiliant toutes leurs polices d’assurance ; ou bien de les croiser dans l’escalier de secours complètement affolés : “La radio annonce une nouvelle tempête de radiations cosmiques !” Ou encore de les rencontrer dans une rue du IIIe millénaire, parmi les grincements, les détritus et la puanteur du naufrage rationaliste, remorquant tristement leurs enfants radioactifs. Bon, mais à part ça, leur demanderai-je, tout va bien ? »

— Baudouin de Bodinat, La Vie sur Terre : Réflexions sur le peu d’avenir que contient le temps où nous sommes.

- Encore une fois, les anarchistes naturiens avaient saisi l’essentiel. Par exemple Henri Zisly (août 1899) :

« Nous voulons simple­ment la vie normale, c’est-à-dire l’exer­cice de la vie, la liberté dans la nature inté­grale. Le salut n’est que dans l’abo­li­tion des villes, foyers perma­nents, inévi­tables, d’épi­dé­mies. »

Ou encore :

« Tandis que leur “Progrès” comporte la loco­mo­tive, la bicy­clette, l’au­to­mo­bile, on ne marche plus ; le télé­graphe, le télé­phone, le pneu­ma­tique, plus besoin de se voir ; à leurs aliments, ils ajoutent du fer, de la chaux, du plâtre, de l’ar­se­nic, du soufre ; leur atmo­sphère n’est plus que d’acide carbo­nique chargé des émana­tions de toutes les maisons-labo­ra­toires que sont leurs demeures, et elle est satu­rée des atomes de toutes leurs déjec­tions pulvé­ri­sées.

Et, par la vertu de leur chimie et de leur méca­nique, s’ils deviennent scro­fu­leux, anémiques, épilep­tiques, phti­siques, syphi­li­tiques, cancé­reux, nécrosés, rachi­tiques, para­ly­tiques, culs-de-jatte, bancroches, manchots, aveugles et sourds, mais peu leur importe, ils se déclarent en “Progrès”.

Beau­coup ne voient pas la possi­bi­lité de faire l’en­sai­si­ne­ment de la terre ; cepen­dant aucun des vautours terriens ne possède un contrat de posses­sion du sol signé par la nature, et dans ce cas il faut bien croire que la propriété indi­vi­duelle n’est pas indé­fec­tible, et vu dans quelle putré­fac­tion se trouve la société actuelle, une trans­for­ma­tion est inévi­table, néces­saire ; quand les peuples auront brisé leurs chaînes, que toute la plou­to­cra­tie aura disparu, oh alors, popu­lace, prolé­taires, plébéiens, ceux de la glèbe, vaga­bonds ou parias, quand vous sorti­rez de vos basses-fosses, de vos géhennes, de vos tombeaux, aban­don­nez les villes aux chauves-souris et aux lézards, les machines à la rouille, les mines à l’ébou­le­ment.

Lais­sez l’herbe enva­hir les routes, les lignes de chemins de fer, les rues, les boule­vards, et la vie repa­raî­tra de toute part, les collines rever­di­ront, les monts seront reboi­sés, la terre refleu­rie, et à l’ombre des grands arbres, hommes et femmes, vieillards et enfants, nous irons danser en rond. »

- Alfred Marné, Le Natu­rien, n°1, 1er mars 1898.

& aussi :

POUR LA PROSPÉRITÉ DE LA CIVILISATION : FAITES-VOUS VACCINER !

Il faut bien l’admettre, le vaccin est une merveilleuse invention. Produit phare de la glorieuse Science — à laquelle on doit entre autres la bombe atomique, le moteur à vapeur, la tronçonneuse, le glyphosate, les caméras de vidéosurveillance et la télévision — et de l’Industrie, elles-mêmes issues du génie civilisé, le vaccin permet aux ressources humaines de prospérer malgré les conditions terriblement propices à l’émergence et la propagation de maladies infectieuses que leur fait le Progrès, à les déposséder de tout pouvoir sur le déroulement de leurs propres existences, et donc de tout contrôle sur lesdites Science et industrie, à les agglutiner dans des espaces toujours plus restreints, dans des complexes toujours plus populeux — villes, métropoles, mégalopoles, mégapoles —, à concentrer pareillement d’innombrables autres animaux également domestiques — chiens, chats, etc. — à leur côté, à les faire circuler toujours plus rapidement et massivement de long en large à travers le globe, de même que transite le bétail des animaux dits d’élevage — ressources non-humaines cultivées dans d’autres complexes prévus à cet effet —, à perturber toujours plus en profondeur toujours plus de milieux naturels, de biomes, afin d’y exploiter ou d’en extirper de toujours plus nombreuses ressources, libérant au passage toutes sortes d’agents pathogènes possiblement infectieux, etc.

Les apologistes de la vaccination ont bien raison. Si l’on souhaite que ce merveilleux état de choses perdure, si l’on souhaite perpétuer la magnifique aventure humaine que constitue la civilisation industrielle, il se pourrait que la vaccination soit essentielle. Sans vaccination, les ressources humaines risqueraient de se dégrader sous le coup de diverses maladies infectieuses (de même que sans vaccination, les autres animaux d’élevage, porcs, poulets, etc., ne survivraient pas à leur agglutination), ce qui menacerait d’enrayer tout le fonctionnement de la mégamachine.

Certes, les vaccins sont actuellement produits par des industriels peu scrupuleux qui y trouvent une immense manne financière. Mais la gauche détient la solution. En effet, une autre industrie pharmaceutique est possible, une autre civilisation techno-industrielle, de gauche, équitable, avec des vaccins de gauche, des patrons de gauche, un salariat de gauche, un entassement humain de gauche, des hiérarchies sociales de gauche, et ainsi de suite. Le rêve.

Quoi qu’il en soit, vous pourriez bien n’avoir aucun choix. Notre santé a depuis longtemps été rendue dépendante du — confiée au — gigantesque système médical de la civilisation industrielle, sur lequel nous n’exerçons — comme sur le reste — à peu près aucun contrôle. Il y a déjà 11 vaccins obligatoires. Alors un de plus…

🔴CONFINÉS JUSQUAUX ÉLECTIONS ?

- Vers un Régime d’exception infini

Hier soir, le Premier Ministre Jean Castex intervenait de nouveau dans les médias pour évoquer la situation sanitaire. Depuis plusieurs semaines, le gouvernement joue avec nos nerfs, faisant planer la menace d’un reconfinement « imminent », avant de se rétracter, avec Macron dans le rôle du despote éclairé qui prend tout seul des décisions sanitaires pour lesquelles il n’a aucune compétence. Hier donc, encore un discours pour, globalement, ne rien annoncer. En résumé :

➡️ Jean Castex projetait des graphiques trompeurs et des visuels ratés, avec le drapeau français à l’envers, à la façon d’un collégien qui a mal préparé son exposé. Le chef du gouvernement remettait son masque pour écouter les questions et l’enlevait pour y répondre, incapable de suivre ses propres préconisations.

➡️ En guise d’annonces, la menace de nouvelles restrictions drastiques de libertés, le reconfinement « le weekend » de deux départements, et la « mise sous surveillance » de 20 autres. Sous entendu, d’ici une semaine, il est probable que des millions de personnes soient assignées à résidence chaque fin de semaine. Autre annonce : pas de fermeture des écoles, alors que plusieurs études évoquent le lien entre la propagation du virus et l’ouverture des établissements scolaires.

➡️ Surtout, Castex annonçait qu’il compte « retarder le confinement ». Comme s’il était inéluctable. Si tel est le cas, pourquoi le retarder ? Pour nous enfermer au printemps ? Pour nous rendre fou ? Quel est l’argument scientifique de telles décisions ? Pour rappel, le couvre-feu, mesure inédite depuis la guerre, a commencé le 22 octobre. Il y a 5 mois. Il a été durci dès 18H en décembre. Sans enrayer les contaminations. Et pourtant, il n’est absolument pas question de remettre en cause cette privation de liberté gravissime.

➡️ Par ailleurs, le gouvernement a annoncé que les enseignants seraient chargés de faire les tests de COVID dans certaines écoles primaires et maternelles, alors que depuis des années les postes de personnels soignants en milieu scolaire diminuent, de même que le salaire et la formation des enseignants. Un scandale. Le même gouvernement annonce son intention de créer des « pass sanitaires », une façon de créer plusieurs catégories de citoyens.

➡️ Où allons-nous ? Ce gouvernement criminel, qui supprime des lits d’hôpitaux en pleine épidémie et qui dépense des fortunes pour confier la gestion de la crise à un cabinet privé américain va-t-il jouer avec nos vies indéfiniment ? Nous avons vécu plus longtemps sous des Régimes d’exception – état d’urgence anti-terroriste puis sanitaire – que sans, depuis 2015. Macron veut-il nous empêcher de bouger jusqu’aux élections présidentielles ?

(post nantes révoltée


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