Station Villard-de-Lans : gros projets immobiliers de Tony Parker pour continuer à démolir le climat

L’industrie touristique, comme toute l’économie de marché, veut augmenter le volume d’argent à tout prix

mercredi 31 août 2022, par Les Indiens du Futur.

L’ex basketteur star Tony Parker veut valoriser une partie de sa fortune à l’aide de gros projets immobiliers touristiques dans le Vercors.

Rien d’opaque dans ce projet, il est limpide qu’il s’agit d’une opération immobilière pour clients plutôt nantis afin de faire augmenter le volume d’argent des détenteurs de capital.

Stations Villard-de-Lans : gros projets immobiliers de Tony Parker pour continuer à démolir le climat
Station de Villard de Lans, cote 2000, lieu du projet immobilier de Tony Parker

Pour que l’argent s’acroisse, pour que le couple indissociable capital/travail fonctionne, il faut développer partout où c’est rentable. La montagne et ses espaces nature semble être un bon placement tant les urbains plus ou moins friqués sont fans de grand air et de (pseudo) liberté loin des villes polluées et corsetées.
Même si le ski dans les stations de moyenne montagne va disparaître faute de neige et d’eau pour les canons à « neige » (« grâce » au réchauffement climatique produit par le développement de la civilisation industrielle), les investisseurs addicts veulent miser sur la neige jusqu’au bout, et puis ils prévoient des tas d’activités sans poudreuse pour les 4 saisons afin de prendre le relais et même d’augmenter fréquentation et profits.

Ce qui compte c’est de distraire des clients, de vendre du fun, que la glisse ou la descente se fassent sur neige, sur VTT, en luge sur rail, sur papier chiote plastifié... peu importe après tout du moment que le cash et ses emplois ruissèlent pour les employés et les détenteurs de capitaux, tous unis dans les filets de l’économie de marché.

- Le sens de tout ça tout le monde s’en fout.
- Le fait que la construction d’énormes bâtiments, leur fonctionnement et la venue de milliers de touristes va générer des pollutions, des émissions de gaz à effet de serre... investisseurs, élus et (futurs) employés s’en contrefoutent.
Tout ce petit monde ne voit que l’intérêt à court terme et la nécessité d’obéir aux règles du capitalisme.
Puisque (presque) personne ne désire vraiment sortir de ce système prédateur et destructeur, il n’y a pas d’autre issue que de continuer la fuite en avant suicidaire tête baissée jusqu’aux clashs. Il suffira d’un peu de verbiage (les élus sont très doués pour cet excercice d’enfumage) pour soulager les consciences et amadouer les foules, du type : zéro artificialisation supplémentaire, bâtiments aux normes HQE, panneaux solaires sur les toits, récupération de l’eau de pluie, peintures sans produits chimiques, navettes électriques, panneaux éducatifs...

Et puis ensuite vous arriverez bien à vous adapter aux désastres, un peu de résilience, de serrage de ceinture et de bonne volonté merde !

Dans le cadre du système social capitaliste, la croissance perpétuelle du volume d’argent, le développement infini et l’aménagement sont une obligation vitale, peu importe les conséquences, peu importe l’existence incontournable d’une planète finie et limitée.
Ce qui compte c’est d’augmenter le volume d’argent, de faire tourner la machine, ce qui, accessoirement, fourni des emplois et donc des revenus aux travailleurs.

N’en déplaise aux sportifs et autres, la nature peut être un des endroits où il nous arrive de jouer, mais la nature n’est pas un terrain de jeux.
La nature sur Terre ce sont des écosystèmes complexes où des tas d’animaux (dont nous) et de végétaux interagissent entre eux et avec des milieux variés. La nature ce sont des habitats, des lieux de relation, d’alimentation, de reproduction, de prédation ou de coopération. Les écosystèmes, en montagne, à la mer ou ailleurs ne sont pas des terrains de jeu.
N’en déplaise aux gamers et autres stars déconnectés de la réalité, la vie n’est pas une grande partie de jeu.
La nature, via les catastrophes climatiques et écologiques fabriquées par la civilisation industrielle, « rappelle(ra) » aux civilisés quelques réalités incontournables. Elle n’est pas un terrain de jeu, ni pour les malades de la sentation forte qui leur donne l’impression d’exister, ni pour les grands malades du capitalisme qui la pompent jusqu’à l’os.
Il semble que Tony Parker joue dans les deux catégories.

Après les drogues dures du jeu et du fric, le retour au réel pourrait être rude. La cure de désintox s’impose d’urgence.

Vous aimez la montagne ? Laissez-la vivre sa vie.
Il n’y a que peu de moyens de subsistance en montagne, et/ou ils sont trop « rudes » ? Alors quittez-la au lieu d’y construire des bulles artificielles éphémères dopées au fric et aux énergies fossiles et autres. Car il faut-faudra que chaque territoire puisse vivre en fonction de ses ressources de manière soutenable, et pas à l’aide d’argent et d’énergies de manière insoutenable. Soit ça se fait maintenant de manière choisie, soit ça se fera plus tard dans la douleur de manière forcée lors des crashs successifs.
Vous avez besoin de nature ? Alors transformez les plaines pourries par l’agriculture industrielle et la bétonisation, démantelez les villes au lieu de vous entasser (et donc de les détruire) dans les derniers « espaces natures ».

P.-S.

Complément : Antitourisme

- Un blog d’analyse critique du tourisme, pour questionner le tourisme et son économie - A l’heure où les territoires se vouent au tourisme, questionnons ce type de développement économique


Forum de l’article

  • Stations Villard-de-Lans & Corrençon-en-Vercors : gros projets immobiliers de Tony Parker pour continuer à démolir le climat Le 4 septembre à 12:11, par Les Indiens du Futur

    L’électricité trop chère pour les stations de ski, dont Villard-de-Lans

    « Nous ne serons pas en capacité d’ouvrir la station » : le cri d’alarme des professionnels de la montagne face à la hausse des prix de l’énergie : Avec la multiplication du prix du mégawattheure par 20, les stations de ski subissent elles aussi la hausse des prix de l’électricité. A tel point que de nombreux professionnels remettent en question leur ouverture à la saison prochaine.

    Tony Parker va-t-il devoir renoncer à son projet pharaonique anti-écologique pour cause d’électricité hors de prix ?

    C’est amusant de voir que des entrepreneurs tels que Sébastien Giraud (directeur général de la régie des remontées mécaniques de la station de Villard-de-Lans) se plaignent comme des malheureux quand les lois implacables du libre marché menacent leurs affaires, alors que quand leurs affaires rapportent ils adulent l’implacable libre marché et en profitent à mort.

    Le libre marché est un chaos en déséquilibre permanent, avec des hausses et des baisses de prix, de la concurrence sans pitié et des aléas en tout genre inévitables.
    Le « libre » marché c’est un tout, on ne peut pas avoir les profits records, le développement économique, sans les risques de crashs, d’inflation, de récession, de pénuries, de hausse des prix, de concurrence qui rafle la mise (et sans les destructions sociales et écologiques).

    Mais les entrepreneurs sont malins, ils veulent encaisser à fond les profits quand ça marche (idem pour leurs employés, qui dépendent d’eux), et en cas de mauvaises conjonctures ils veulent que l’Etat, via l’argent public (l’argent des impôts), servent à les renflouer pour éviter leur faillite.
    Comme l’Etat et tout le monde sont dépendants/complices du capitalisme, de son productivisme et de ses emplois (qui pourtant se réduisent et se précarisent), alors le plus souvent les grosses entreprises en difficulté et celles dont dépend l’économie d’une région sont aidées par l’argent de l’Etat.

    Dans ce système aberrant, totalitaire et suicidaire d’Etat-capitalisme, des activités néfastes et anti-écologiques sont aidées, subventionnées, valorisées. Tandis que d’autres, utiles, sociales, écologiques, sont coulées par les lois du marché, ou tout simplement n’existent pas car ne produisant pas assez d’argent.

    Le capitalisme n’est pas basé sur l’utilité sociale, la limite, la démocratie, l’équité, la justice sociale, l’écologie, il ne connaît que la transformation d’argent en plus d’argent, peu importent les moyens et les conséquences.
    Les stations de ski sont un très bon exemple de cette folie induite par les règles et « objectifs » de la civilisation industrielle.

    Espérons que le prix de l’électricité suffise à faire tomber le projet de Tony Parker, car sinon pas gagné que les luttes locales y parviennent.

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  • Stations Villard-de-Lans & Corrençon-en-Vercors : gros projets immobiliers de Tony Parker pour continuer à démolir le climat Le 3 septembre à 08:42, par Heska

    Dans un autre article signé Camille Pierrette (https://ricochets.cc/Mieux-repartir-temporairement-les-richesses-issues-du-productivisme-ou-en-finir-durablement-avec-le-capitalisme-les-inegalites-et-desastres-structurels.html) est posée la question de savoir si une meilleure répartition des richesses pourrait avoir les effets positifs d’une révolution transformatrice en terme de protection et préservation de l’environnement (pollution, climat, artificialisation des espaces, consommation de ressources finies).

    Il me semble que cet article sur les délires bétonniers de Tony Parker répond en partie à cette question. Si vous n’avez pas à votre disposition des dizaines de millions d’euros, c’est-à-dire, si vous êtes comme la plupart d’entre nous, il ne vous viendrait jamais à l’idée de construire un ou deux méga-complexes hôteliers sur le Vercors.

    Une meilleure, ou une quasi parfaite, répartition des richesses ne rendrait plus réalisable ce genre de possibles.

    Bien sûr cela ne modifierait en rien les prétentions des états ou des instituions financières à vouloir générer des profits, du progrès, de l’emploi mais on n’y gagnerait un petit quelque chose susceptible de créer les changements culturels, c’est bien de cela qu’il s’agit, pour envisager un autre chemin de vie et de le défendre par tous les moyens contre les tenants du système politique et économique actuel.

    Il semble que le 1% le plus riche de la planète soit responsable à travers sa consommation de 17% des émissions de GES, et que les 10% les plus riches (800 millions de personnes tout de même) émettent 48% des GES. Mais si l’on pouvait calculer les dégâts provoqués par les investissements de leurs billes dans des projets débiles leur bilan écologique s’avérerait pire encore.

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    • Stations Villard-de-Lans & Corrençon-en-Vercors : gros projets immobiliers de Tony Parker pour continuer à démolir le climat Le 4 septembre à 11:44, par Camille Pierrette

      Merci pour ces remarques intéressantes.
      Mais une « très bonne » répartition des richesses (apte à freiner fortement les invetissements privés) ne sera pas « accordée » comme ça, mais seulement si la crise est grave et qu’il y a des révoltes/grèves importantes.
      En fait, Etats et entreprises se contentent de lâcher le minimum pour calmer les foules, donc les fortunes ne sont pas tellement affectées, pas au point de ne plus pouvoir investir dans tout et n’importe quoi.

      Autre problème, les investissements en tout genre sont indispensables au fonctionnement du capitalisme. Couper court aux investisseurs privés impliqueraient l’acception de sortir du capitalisme et de faire autre chose. On en est loin hélas.

      L’État pourrait éventuellement remplacer les investisseurs privés et choisir d’investir lui. S’il investit selon les mêmes critières que le capital, rien de changé. S’il investit dans un productivisme tout aussi effréné, idem. S’il investit dans l’intérêt du bien commun et en tenant compte de la biosphère, fin du capitalisme, fin du productivisme, et donc nécessité d’une volonté (« d’en bas ») d’aller dans ce sensn qui n’est existe pas (assez) pour l’instant. (sans parler du fait problématique que l’État, la société de masse, la centralisation anti-démocratique, la technocratie... perdurent)

      Là les personnes et partis de gauche qui réclament la redistribution des richesses et la taxation des super-profits ne veulent pas aller jusque là. Il s’agit de diminuer misères et inégalités et de relancer la machine à produire, pour que la mégamachine tienne et continue de plus belle.
      D’un point de vue social, ça semble positif et utile, mais à quel prix, pour aller vers quoi, avec quel retour de bâton ensuite…. ?

      Si on veut positiver, on pourrait se dire que la diminution de la précarité et des difficultés de survie matérielle au quotidien pourrait donner plus de temps et d’énergie aux personnes concernées pour peut-être cogiter et lutter. Mais je n’y crois guère au vu du passé. Mais bon, on sait jamais, vue la situation actuelle de catastrophes climatiques en cours et de grippage croissant du capitalisme ça peut bouger.

      En fait, l’effet positif sûr qu’on pourrait observer avec une forte « taxation » des plus riches (avec transfert ver les classes plus « basses ») c’est une diminution de la consommation des plus riches, qui sont ceux qui polluent le plus.
      S’il y a bien un gain social, le « gain » écologique »final sera-t-il là si toutes les classes sociales moyennes et « inférieures » consomment plus (là on est dans l’hypothèse où on reste à peu près dans le même système social) et donc « remplacent » la consommation outrancière des classes « supérieures » ?

      - Pour un gain social ET écologique, il faudrait donc en même temps exproprier et taxer les plus riches ET changer complètement de modèle social (fin de la civilisation industrielle, petite production locale soutenable, démocratie directe, low tech partout…).

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