Splendide carnaval contre la paix sociale

jeudi 25 février 2021, par pierre.

Il paraît que l’époque est terrible, que tout est foutu si on regarde en face. Pour ne pas tourner la tête comme le font beaucoup, regardons de biais. La réalité devient carnaval !

Mardi midi à Die, une bien-nommée didi nous dit : " Nous luttons contre
la morosité contagieuse ! "
Une magnifique bande de tous ages et de toutes planètes, venaient singer
les pouvoirs, jouer des cadres et tordre ce qui nous étrique.

On aurait aimer se raconter que l’état nous laisserait au moins ça. Avec
la joie des enfants et le plaisir des couleurs comme avant. Mais le
carnaval à fait mieux, il a retrouver ses origines, il a continué à
démasquer l’état sanitaire libéral. Il a visibilisé des conflits
latents, profonds, qui souvent répriment a coup de pape-race, de regards
méprisants, de formulations coercitives. Hier les couleurs et les sons
ont dépassés l’arsenal habituel de la répression, obligé de sortir son
visage profond. Sa haine de la différence, chère commissaire moustachu,
sa raison robotique, chère jeune commandant du psig, sa froideur
mortifère, chères sous-fifres des décideurs…

Ce théâtre a été un vrai succès ! Car tout le monde a pris son rôle à
cœur, personne n’a déserté en mimant la paix sociale ; Elle n’existe
pas. Ça aurait pu nous reposer, mais dans quelle naïveté ? Le carnaval
refuse la paix sociale, il célèbre la provocation, l’exutoire des
tensions toujours présentes et trop souvent refoulées.
Les dignités étaient de sortie, ce qui n’est pas si courant dans une
époque où l’auto répression est l’outil central de l’état. Face au
mépris des uniformes, les subversions fortes et joyeuses ont existé et
dérangé.

L’espace public, de plus en plus contrôlé, est le décor du théâtre
quotidien, normalisé au bon vouloir des aménageurs capitalistes. Les
cris et les froufrous l’ont bafoué. Les vieux murs de l’église même,
contre lesquelles le commissaire dépeçait le saxophoniste, ces murs ont
tremblé dans leurs mémoires des bûchers aux sorcières.
Rien de tel que de se frotter aux conflits pour les éprouver, les
transformer, se renforcer, s’entraîner à vivre et survivre dans l’étau
du contrôle. Les dents des chiens font peur, nos peurs ont été vécus
dans les trips et dansées entre nos cris. Voila un beau chemin pour les
dépasser, comme diraient nos sorcières. Jouer des sens, belle piste
ancestrale face à l’ordre moral. Notre seule base terre à terre reste
celle de la solidarité avec tous.tes les réprimé.es. Cette solidarité
devra toujours suivre le théâtre de très près.

Le carnaval était rayonnant de son pouvoir cathartique : Traverser des
états dans le corps, d’habitude enfouis sous les débats. L’histoire et
ses légendes s’écrivent depuis de telles aventures.

Les bruits courent déjà dans la vallée. Il paraît qu’ hier, un être mi
femme mi grenouille, comme sortie des tréfonds d’une décharge atomique,
parée de ses magnifiques puces RFID reluisantes, s’est mise à chanter à
gorge déployée. Le commissaire, trop curieux, reçu alors des
gouttelettes buccales potentiellement contagieuses. Décontenancé, il
bafouilla sa conversation téléphonique avec son chef, glissa sur un
masque sanitaire et finit l’arrière train dans la fontaine.

Illes vécurent enfants et firent beaucoup d’heureux.ses dans leurs
carnavals.


2 Messages

  • Splendide carnaval conte la paix sociale Le 21 février à 09:49, par Petrouchka

    Il paraîtrait aussi que la foule colorée s’est allongée au sol résistant aux forces de l’ordres, le caramentran au centre et des centaines de corps allongées, ces corps bruyamment silencieux qui parlent de résistances, de justices et de volonté de liberté.
    Et dans ces corps résonnent encore aujourd’hui les couleurs, les sons, les rires, et les cris.

    Continuons de sortir de chez nous pour :
    - regarder défiler les nuages
    - jouer de la flûte dans les boulangeries
    - danser du break dance sur toutes les places de parking vides ou sinon sur le toit des voitures.
    - scier du bois pour construire des radeaux et descendre de la Drôme jusqu’à Marseille à la Plaine pour le prochain carnaval populaire.

    Répondre à ce message

  • Splendide carnaval conte la paix sociale Le 19 février à 20:35, par Luisa

    J’ai même cru voir des enfants peinturlurés entrainés par un furet monstrueux dans une cavalcade rocambolesque dans les ruelles, hululant leur réappropriation de la ville ; et d’invicibles femmes-lierre s’enrouler autours des platanes en guise de revendication printanière.

    Et il paraitrait qu’un membre des forces de l’(in)sécurité aurait mordu à l’orteil un saxophoniste trop enjoué, à moins que ce ne soit l’inverse ?

    Qui sait ... peut-être des illusions carnavalesques ...

    Répondre à ce message

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