Sécheresse, canicule et incendies : un présent post-apocalyptique, c’est le techno-capitalisme qui est punitif

C’est la civilisation industrielle qui est punitive, pas l’écologie politique

mercredi 27 juillet 2022, par Les Indiens du Futur.

Chaque année, la liste funeste des désastres produit par la civilisation industrielle, ce système social non indispensable, s’allonge. En voici ici quelques extraits récents en France, en Europe et ailleurs, accompagnés de quelques remarques critiques.
Le capitalisme et les Etats, présentés comme « naturels » et « indépassables », sont parmi les causes majeurs des catatastrophes. Ils nous mènent en bateau (type Titanic) jusqu’aux gouffres depuis au moins 50 ans ; qui pourrait sincèrement leur faire confiance pour porter un quelconque changement !?
Pourtant, ils osent encore se présenter comme réformables et « sauveurs » potentiels, et beaucoup trop de gens marchent encore dans la combine grosse comme un building ou restent totalement passifs, sidérés ou résignés d’avance.

Ce n’est pas l’écologie politique d’orientation sociale et libertaire qui est punitive, mais bien la civilisation industrielle, les Etats et le capitalisme. Les désastres qu’ils ont fabriqué et que l’on subit, et leurs multiples conséquences, sont punitifs au carré.
Si l’écologie politique appliquée aurait un côté « punitif » ce serait essentiellement envers les plus riches et les puissants, c’est bien ça qui les dérange, eux qui veulent concerver à tout prix leurs pouvoirs et prérogatives.
Les riches et les puissants, et le système social autonomisé destructeur et totalitaire qu’ils défendent et alimentent, préfèrent les cataclysmes punitifs abominables provoqués par leur système à des mesures de changements radicaux qui les « puniraient » eux pour que tout le monde puisse vivre décemment.
On ne marche plus.

Sécheresse, canicule et incendies : un présent post-apocalyptique, c’est le techno-capitalisme qui est punitif
Quasiment toutes la france en alerte sécheresse en juillet 2022

💧 90 DÉPARTEMENTS FRANÇAIS EN ALERTECHERESSE

Cette carte représente les arrêtés préfectoraux relatifs à la sécheresse, en France, le 26 juillet 2022.
Quasiment toute la France est placée en état d’alerte par les autorités. 90 départements sur 96 en France métropolitaine sont concernés.
Par exemple, la Loire-Atlantique et la Vendée, départements agricoles, humides et tempérés au bord de l’Océan, sont intégralement en alerte rouge. Il suffit de se promener en pays nantais pour voir que les landes et les bocages sont desséchés. Pourtant l’été n’a commencé que depuis un mois et s’arrêtera fin septembre.
Tout est là, sous nos yeux. Ça ne se passe pas à l’autre bout de monde, mais au bout de notre rue, au fond de nos jardin, à la lisière de nos villes. Les écosystèmes se transforment, des millions d’êtres vivants souffrent et meurent. Demain, l’eau sera rationnée.

Nous n’avons plus le temps. Plus le temps d’attendre une hypothétique élection, d’attendre des déclarations tièdes des capitalistes ou des lois cosmétiques d’élus cyniques. Il en va de la survie des végétaux et animaux qui nous entourent, et dont nous faisons partie. Ni le déni, ni « l’éco-anxiété » ne changerons quoi que ce soit. Tirons le frein d’urgence.

Sécheresse, canicule et incendies : un présent post-apocalyptique, c’est le techno-capitalisme qui est punitif
Les catastrophes ne sont pas dues à un manque de chance ou à une société inéluctable

Prophéties de Cornélius Castoriadis :

« Si l’état d’apathie, de dépolitisation, de privatisation actuel se perpétuait, nous assisterions certainement à des crises majeures. Referaient alors surface avec une acuité insoupçonnable aujourd’hui le problème de l’environnement, pour lequel rien n’est fait ; le problème de ce qu’on appelle le tiers monde, en fait les trois quarts de l’humanité ; le problème de la décomposition des sociétés riches elles-mêmes. Car le retrait des peuples de la sphère politique, la disparition du conflit politique et social permet à l’oligarchie économique, politique et médiatique d’échapper à tout contrôle. Et cela produit d’ores et déjà des régimes d’irrationalité poussée à l’extrême et de corruption structurelle » 1979

« La domination du capitalisme montre simplement qu’il est le plus fort, à la limite au sens le plus brut et brutal de ce terme, non pas qu’il serait meilleur ou le plus "rationnel". » 1978

« Les gens ne s’expriment pas ; tout le travail de la société instituée a, depuis toujours, visé à les persuader que ce qu’ils ont à dire n’est pas important, mais que l’important est ce que connaissent et disent [...] les spécialistes de l’économie et de la politique (dans le cas général, des pseudo-spécialistes de pseudo-sciences). Ce travail a atteint son but, et les gens se disent : ‘Ce qui me préoccupe, moi, est sans grande importance, ce sont des petites conneries personnelles ; les grandes affaires de la société, je ne peux pas en parler parce que je n’y connais rien.’ Nous avons à détruire les effets de ce travail, inverser les signes de valeur, répandre l’idée évidente que tous les discours qui remplissent quotidiennement les journaux, la radio, la télévision sont d’une importance quasi-nulle et que les préoccupations des gens sont la seule affaire importante du point de vue social. »

« On ne peut plus concevoir de politique digne de ce nom sans préoccupation écologique. Et, s’il n’y a pas un nouveau mouvement, un réveil du projet démocratique, l’écologie peut très bien être intégrée dans une idéologie néo-fasciste. Face à une catastrophe écologique mondiale, par exemple, on voit très bien des régimes autoritaires imposant des restrictions draconiennes à une population affolée et apathique. »

(posts de Contre Attaque)

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Le déchargement de la vie politique sur les élus, militants et experts a mené à des crises structurelles majeures
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Les écogestes individuels ne peuvent pas arrêter la mégamachine techno-industrielle et ses effets

Protéger la civilisation industrielle qui ravage tout, ou le vivant ?

Entre les gens qui nient l’existence du réchauffement climatique (ou son origine civilisée) ; ceux qui nient l’existence de problèmes écologiques (la nature se porterait à merveille) ; ceux qui constatent bien quelques soucis mais qui s’identifient aux — et prennent le parti des — puissances dominantes (l’État-nation, la technologie, la civilisation industrielle) ; ceux qui s’en foutent ; ceux qui proclament ouvertement n’attacher que peu d’importance à la liberté humaine, ou à la nature ; ceux qui continuent inlassablement de répéter le mantra selon lequel la technologie ne pose pas problème, selon lequel on pourrait collectiviser/socialiser/se réapproprier les moyens hautement technologiques de production ; ceux qui comptent sur l’État et les médias de masse et le capitalisme pour faire ce qu’il faut pour sauver la situation de quelque manière (en rénovant énergétiquement les logements, etc.), pour assurer un avenir durable à la civilisation industrielle ; ceux qui considèrent que s’opposer au capitalisme industriel, à la civilisation technologique, c’est « validiste » ; et toute une floppée d’autres abrutis divers et variés ; quoi d’étonnant à ce que le désastre social et écologique ne cesse d’empirer. De biens des manières, le premier désastre, son origine, c’est dans l’esprit humain, c’est l’abetissement généralisé

- Extraits de presse concernant le désastre en cours : https://www.facebook.com/nicolas.casaux/posts/pfbid0VbLp5chNPhCxnQm1kEReyjE4EE2Qp8u9gCW6XQb7rTt6HND2HAvRverZNMThtP7Yl

(post de N Casaux)

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Etudiants en mal être, le remède : la révolte collective permanente
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Multiplier les climatiseurs et skier dans des salles en plein été, histoire d’aggraver les problèmes !

POINT SUR LACHERESSE EN EUROPE : MANQUE D’EAU ET INCENDIES, UN PRÉSENT POST-APOCALYPTIQUE

En moins d’un mois, déjà plusieurs pics de chaleurs et canicules ont traversé une partie de l’Europe et des régions méridionales, d’abord au milieu du mois Juin, puis cette dernière semaine.
Avant de faire un bref état des lieux de la situation catastrophique que connaît l’Europe, nous avons un petit message adressé aux climato-sceptiques. Oui, la météo est changeante par définition. Il y a parfois des surprises, des imprévus, et il peut faire parfois plus chaud ou plus froid que prévu, des tempêtes peuvent survenir brutalement, on peut avoir un hiver trop doux ou glacial, un été pourri, de la neige dans le Sahara, nos grands parents avec des photos de grêlons de la taille d’une balle de tennis et tout ce que vous voulez.
Vous trouverez des records de chaleur et de froid datant d’un siècle, parfois plus. Personne ne nie ça.

Néanmoins, un simple coup d’oeil aux tendances générales, nous permet d’énoncer des constats simples et factuels :

- ll fait de plus en plus chaud, partout sur la planète, et ces hausses sont significatives
- De plus en plus fréquemment, nous assistons à des phénomènes météorologiques extrêmes (tempêtes tropicales, cyclones…).
- Les principaux courants marins et certains vents se détraquent progressivement
- Les glaciers, la banquise et les Icebergs disparaissent à un rythme effrayant.
- Les rivières alternent de plus en plus entre sécheresses chroniques et crues passagères. Ce à quoi s’ajoute leur pollution toujours plus importante par l’activité humaine. Plastique, métaux lourds, pesticides, etc. Tous ces déchets toxiques contaminent ensuite les océans et les nappes phréatiques.
- La houle est également à prendre en compte. On constate d’importants changements concernant l’intensité et la force des vagues.
- La faune décline à un rythme effrayant à cause de l’activité humaine, pollution et climat

Nier les faits, et crier aux complots ou à la manipulation de masse ne fera que vous rendre complices de la poignée d’ultra riches qui ne se sentent pas concernée par la possible extinction du vivant, aux côtés de nos politiques et de nos institutions qui méprisent totalement les recommandations et alertes des scientifiques. Nous nous dirigeons à minima vers un déclin généralisé des espèces animales et végétales, ce qui s’apparente à la destruction des biosphères sur l’ensemble du globe. Il n’est plus possible de fermer les yeux. Cela étant dit, venons en maintenant aux événements des dernières semaines, qui sont on ne peut plus révélateurs.

Sécheresse, canicule et incendies : un présent post-apocalyptique, c’est le techno-capitalisme qui est punitif
Les catastrophes sont en cours, on n’est pas spectateurs d’un film

- QUELQUES DONNÉES SUR LA SITUATION EN EUROPE :

Cette semaine, en France 63 communes ont battu des records de chaleur, en particulier dans l’Ouest du pays. Ces régions aux climats océaniques sont généralement moins sujettes à de telles vagues de chaleur que les régions sous l’influence d’un climat continental dans lesquelles l’écart de température est plus élevé d’une saison à l’autre.

Pourtant, pour la première fois de son histoire, l’Angleterre à atteint les 40°C (le précédent record était de 38). De son côté, le Pays de Galle franchit pour la première fois la barre des 35°C. Dans le Nord de la France et en Belgique, la température a oscillé entre les 36 et les 40°C. Aux Pays-Bas, elles ont avoisiné le record de 2019 pourtant considéré comme exceptionnel (40,3 degré). Enfin, pour n’en citer qu’un, Dublin a également battu son record avec plus de 29°C, ce qui est normalement énorme pour l’Irlande.

Parmi les caractéristiques qui différencient le “simple” pic de chaleur de la canicule, on trouve notamment l’incapacité de l’air à se rafraîchir la nuit et l’absence de rosée. Nous sommes nombreux à avoir connu des nuits suffocantes en début de semaine. Un record absolu a d’ailleurs été battu en Normandie, à la Hague, où une température de 32,8 degrés a été enregistrée, à 3 heures du matin !

Il y a également un phénomène qui a été très peu médiatisé au cours de la première vague de chaleur fin juin. Comme l’ont souligné à juste titre nos confrères de Contre-Attaque, on ne s’intéresse pas suffisamment aux vents. Définis par la circulation atmosphérique, les vents sont complexes, et comportent aussi leur lot d’anomalies ou de phénomènes rares qui se multiplient.

Quelques exemples :
- Le 19 juin, à Deauville, les températures ont chuté de 18°C, une tempête s’est levée en quelques instants avec des vents dépassant les 100km/h
- Dans les Pyrénées orientales, la nuit du 14 au 15 Juillet, au Cap Béart, un record de chaleur a été battu à 2h26 du matin. Un phénomène “Heat Burst”, a fait grimper le mercure de 22 à 37 degrés avec des rafales de vents allant de 100 à 150 km/h et le taux d’humidité s’est effondré en passant de 80 à 16%.
- Au Pays Basque de même qu’en Bretagne, on a enregistré des chutes de températures de près de 20 degrés en moins d’une heure.

- 46 % DE L’UNION EUROPÉENNE CONFRONTÉE À LACHERESSE, DÉJÀ 11% EN ÉTAT D’ALERTE

Un chiffre inquiétant pour la mi-juillet avancé par la Commission Européenne.
De l’Irlande au Royaume Uni en passant par l’Europe centrale, ainsi que par la Suisse, l’Autriche, le nord du Portugal, l’Italie, l’Espagne, la France ou encore l’Allemagne, il semblerait que l’agriculture soit fortement compromise cette année. “La France, la Roumanie, l’Espagne, le Portugal et l’Italie devront probablement faire face à la baisse du rendement des cultures", notamment de céréales, générée par "le stress hydrique et thermique", (source : exécutif européen) ».
Le manque d’eau a également des répercussions préoccupantes sur les centrales et les retenues : “La production d’énergie des centrales hydroélectriques jusqu’à début juillet était inférieure à la moyenne 2015-2021 pour de nombreux pays européens, notamment en Italie (– 5 039 GWh par rapport à la moyenne), en France (– 3 930 GWh) et au Portugal (– 2 244 GWh)” (source La Croix). De nombreuses rivières ont un niveau très bas, à l’image du Rhin.

Le nord de l’Italie est un exemple frappant, puisque la région traverse actuellement une période de sécheresse extrêmement inquiétante, la pire en 70 ans. Le Pô, principal fleuve du pays, est presque à sec par endroit. L’Agence Spatiale Européenne a récemment présenté une carte de l’évolution du fleuve qui nous informe que celui-ci a perdu 80 % de son débit. On y voit des plages de sable s’agrandir au fil du temps. La production de sauce tomate, de riz ou d’huile d’olive y est compromise.

Plus inquiétant encore, le recul du fleuve a engendré une avancée de l’eau salée de la mer Adriatique qui a pénétré de plus de 30km dans les terres (source Reporterre). Les conséquences d’un tel phénomène se feront ressentir sur le long terme. Il faudra des années pour dessaliniser la terre. Comme en France, l’une des causes principales serait l’absence de pluie significative durant l’hiver, peu de neige et qui plus est, une fonte précoce.

Dans l’Hexagone, la situation est similaire, il serait trop long de lister tous les départements touchés par la sécheresse et dont les rivières et les plans d’eau sont descendus des niveaux dangereusement bas. Beaucoup de départements ont atteint un niveau d’assèchement préoccupant, parfois inédit. Trois quart d’entre eux sont visés par des restrictions d’eau, plus exactement 76 le 20 Juillet, dont 13 placés en vigilance.
A court terme, c’est aussi la gestion d’eau potable qui devient un enjeu, certaines communes se retrouvent déjà à la limite de la pénurie.

N’oublions pas non plus toute la biodiversité qui résulte et dépend des cours d’eau.
Une rivière ou des plans d’eau, ce n’est pas seulement des poissons et des amphibiens. En effet, c’est l’ensemble des écosystèmes qui en dépendent plus ou moins directement.

La baisse du niveau d’eau et la hausse des températures en milieu aquatique sont un véritable danger pour de nombreux êtres vivants qui risquent l’asphyxie. Sans oublier qu’elles favorisent le développement des cyanobactéries (ou “algues” bleues) dont la prolifération a fortement progressé ces dernières années, empoisonnant humains et animaux. En plus de la chaleur, la dispersion d’azote et de phosphate amplifie leur propagation, de la même manière que pour les algues vertes ou encore les sargasses.

- INCENDIES DES ZONES HUMIDES AUX PLUSCHES : UN SANS PRÉCÉDENT

L’EFFIS, système d’information sur les incendies en Europe est sans équivoque : jamais les feux de forêt n’ont pris de telles proportions.

Les images n’ont échappé à personne : 20 300 hectares sont déjà partis en fumée en Gironde, c’est-à-dire la surface de Paris et de sa banlieue proche. Si cette région est connue pour régulièrement abriter des feux de forêts, notamment de résineux (conifères, landes…), propices à brûler plus vite, il est évident que la sécheresse joue un rôle considérable qui facilite largement leur propagation.
Beaucoup moins courant dans une région à l’accoutumée humide, 1700 hectares sont partis en fumée dans le Finistère, au centre de la Bretagne, avant que l’incendie soit progressivement maîtrisé par les sapeurs-pompiers.

Dans le reste de l’Europe, habituée aux incendies, l’Espagne a perdu 25 000 hectares en Galice et dans le Sud de l’Andalousie près de Malaga. C’est également le cas du Portugal qui a perdu près de 15 000 hectares, de même pour la Grèce où plusieurs cités de la banlieue d’Athènes ont été évacuées. Idem au Maroc, de l’autre côté de la Méditerranée.

- L’Europe est tout sauf une exception et le problème est mondial

En 2019 et 2020 le monde regardait l’Amazonie, la Sibérie ou encore l’Australie brûler sans se soucier du deuxième poumon de la terre : la forêt équatoriale d’Afrique centrale. Celle-ci était pourtant elle aussi décimée par les flammes.

Depuis, aucune mesure n’a été prise et la situation continue de se détériorer. 2022 aura été une année dévastatrice.
L’Asie du Sud a récemment été confrontée à une canicule asphyxiante. Les températures ont dépassé les 50°C en Inde et au Pakistan. Selon le WWA (World Weather Attribution), cette vague de chaleur normalement exceptionnelle et centenaire a été rendue 30 fois plus probable par le réchauffement climatique.
En février dernier (équivalent du mois de Juillet dans l’hémisphère sud), ce sont plus de 800 000 hectares qui sont partis en fumée dans le Corrientes en Argentine.
L’Afrique du Sud, le Canada, le Bangladesh et une partie de l’Inde ont eux été submergés par des inondations conséquentes.

La montée des eaux et la chaleur extrême rendra bientôt des zones inhabitables, en particulier en Asie du Sud-Est, c’est-à-dire dans le premier foyer de peuplement humain, ou encore sur certaines îles, notamment dans le Pacifique.
Si le Sud Global sera dans un premier temps le plus touché, le désastre est d’ores et déjà mondial et nous courrons à notre propre perte.

De plus, du dérèglement climatique pourrait également survenir des catastrophes naturelles susceptibles de donner lieu à des catastrophes industrielles, y compris de types nucléaires.
Fukushima ne nous a pas servi de leçon. Il suffirait d’un incendie incontrôlable trop près des réacteurs, d’un barrage qui cède sous la pression de l’eau (scénario redouté à Vouglans), d’une usine chimique emportée par les flots…les scénarios ne manquent pas. Il n’y a qu’à observer les événements du début de semaine. L’incendie des Monts d’Arrée est passé à proximité de l’ancienne centrale nucléaire de Brennilis. De même que de nombreuses usines classées Sevezo "seuil haut" se situent dans le Sud-Est de la France, en particulier dans les Landes où l’on en trouve une dizaine.

Marguerite Duras disait en 1986 :
« Maintenant on pourrait presque enseigner aux enfants dans les écoles comment la planète va mourir, non pas comme une probabilité mais comme l’histoire du futur. On leur dirait qu’on a découvert des feux, des brasiers, des fusions, que l’homme avait allumés et qu’il était incapable d’arrêter. Que c’était comme ça, qu’il y avait des sortes d’incendie qu’on ne pouvait plus arrêter du tout. Le capitalisme a fait son choix : plutôt ça que de perdre son règne. »

(posts de CND)

Remarques : Le capitalisme a choisi, et nous ?

Le capitalisme a choisi, la mort de la planète vivante plutôt que de disparaître.
Et nous ?
Avons-nous choisi de continuer à laisser faire ou de nous révolter franchement ?

La destruction de la biosphère n’est pas un spectacle, on n’est pas spectateurs.

Subir des catastrophes et regarder les listes de désastres de par le monde s’aggraver chaque année est insupportable.
Se révolter collectivement est le meilleur remède, à tout point de vue, que ce soit pour ne pas déprimer, pour rester vivant, et surtout pour changer la donne.

Pour contribuer à la lutte et à la résistance en Drôme :
- Invitation en vue de créer un groupe/mouvement d’écologie sociale et radicale en Drôme - Il est temps de s’affirmer et de s’organiser davantage afin d’être présents et de peser

Affiche : Créons un groupe/mouvement d’écologie sociale et radicale en Drôme

Quelques extraits des carnages provoqués par la civilisation industrielle irréformable

Sécheresse, canicule et incendies : un présent post-apocalyptique, c’est le techno-capitalisme qui est punitif
Brûler les jets ou éteindre son wifi ? Les deux ? ;-)

🛩️ LES GRANDS MOYENS POUR ÉTEINDRE LAVOLTE MAIS PAS LES INCENDIES

➡️ « À l’heure où je vous parle, on n’a pas les avions qu’on devrait avoir » protestait le porte-parole du Syndicat national du personnel navigant de l’aéronautique civile alors que le feu dévorait des milliers d’hectares en Gironde. Un Canadair peut emporter environ 6000 litres d’eau, un avion Dash a une capacité de 10000 litres. En principe, la France possède 12 Canadairs et 6 Dash. Déjà insuffisant pour faire face à l’augmentation des feux sur fond de chaos climatique qui s’accélère. Sauf que la sécurité civile signale qu’un « avion est en manque de moteur depuis un mois » et « des dépannages qui devraient prendre 2-3 heures en prennent 5 ou 6 », « des avions tombent en panne plusieurs jours de suite ». Les moyens manquent en plein été ! « Sur les 12 canadairs, quatre étaient indisponibles et sur les Dash, seuls cinq le sont, puisque le sixième est en panne récurrente. »

Ce constat lamentable n’est pas nouveau, c’est « une situation qui est dénoncée depuis plusieurs années » selon un ancien pilote. « Les plus vieux avions datent de 1995. Les Trackers auraient dû être retirés du service en 2008 ». L’État français a considérablement aggravé la situation en ne fournissant pas les moyens nécessaires pour lutter contre les incendies. Et à l’arrivée, ce sont les forêts qui trinquent, l’écosystème qui souffre, les populations qui sont en danger.

➡️ De l’autre côté, l’État français vient de commander 90 blindés militaires flambants neufs pour que la gendarmerie puisse réprimer encore plus fort la colère sociale. Une dépense de près de 60 millions d’euros. Ces nouveaux blindés sont équipés de mitrailleuses, d’engins permettant de tirer 60 grenades d’un coup, de matériel de surveillance et d’écoute de pointe. À cet achat s’ajoutent les nouveaux véhicules SUV de la police pour des dizaines de millions d’euros, les commandes de grenades, de drones, de fusils à munitions de marquage chimique, l’augmentation du budget de la sécurité de plusieurs milliards d’euros, les recrutements de masse dans la police...

On le savait, c’est encore une fois confirmé. Même quand la maison brûle, nos vies et nos espaces de vie ne valent rien pour les puissants. Pour les hôpitaux ou la lutte contre les incendies, toutes les économies sont bonnes, quitte à nous mettre en danger. Mais les moyens sont illimités pour nous faire tenir à notre place.

(post de Contre Attaque)

Sentez l’air qui brûle les poumons… Tout brûle déjà.

« Nous ne sommes qu’au début de l’été, et « on » bat partout des « records de température ». Il ne fait pas de doute, le mérite nous revient, « on » est vraiment trop forts. On crame nos existences dans un flot de pétrole. Le temps se consume. Les cités grises que les maîtres du feu ont érigées sont recouvertes de cendres que l’on ne voit pas. Près de la rocade, le merle dort sur sa branche sous des nuages oranges, il a dû s’habituer à ce bruit. Pas celui des branches qui crépitent dans les flammes, mais aux craquements des moteurs à combustion. La ville est un incendie qui brûle tout le temps. Depuis que les papillons de nuit, comme les humains, ne trouvent plus les étoiles pour s’orienter, ils sont aimantés par les lampadaires qui les déboussolent. Toutes ces lumières artificielles, autant d’étendards glorieux de la civilisation qui commémorent la prise de contrôle sur la nuit, on ne veut pas les voir éteintes même quand tout le monde dort, on se raconte la sécurité. Tout va brûler. Votre monde de papier, vos rêves, vos idoles… Les cendres vont tout recouvrir. Les lumières chatoyantes du monde civilisé sont comme une étoile dont la brillance nous parvient encore alors qu’elle est déjà morte. Regardez la terre qui craque… Sentez l’air qui brûle les poumons… Tout brûle déjà.

Nous ne sommes qu’au début de l’été, et dans la prairie la sève a déjà tari. Les buissons secs dansent dans le vent brûlant, à la moindre étincelle tout s’embrase. Sur les plateaux karstiques, le soleil montant a tout absorbé en pourchassant les ombres, en gagnant le sol les rayons se perdent dans des nappes liquides, ondulantes. L’horizon est instable. Mirages. Transe des cigales et des orthoptères, quelques grincements de fauvettes. Effluves différents à chaque inspiration, les maigres plantes émanent leurs huiles odorantes pour conjurer les brûlures du soleil. Tchiiiii…. Tchiiii… Tchiiii… Les terres d’ici reviennent de l’incendie. Leurs habitants tous ensemble composent une ode à la sécheresse et à la résilience. Les branches grises des genévriers cades gardent le souvenir du feu. Elles servent de perchoir aux huppes, aux pies-grièches à tête rousse et aux guêpiers qui contemplent un paysage qui leur rappelle les savanes d’Afrique en scrutant des mouvements d’insectes. L’incendie fait partie du cycle de la garrigue : étrange milieu fait d’adaptation à des conditions extrêmes depuis des millénaires. La vie y a pris l’habitude de se faufiler comme l’eau dans les fissures du calcaire et de ressurgir dès qu’elle en a l’occasion. Le printemps qui peut être sur ces plateaux un miracle de couleurs et de bourdonnements s’est cette année une fois de plus fait furtif et discret, les pluies ont cruellement manqué. On aurait tendance à l’oublier où les plantes et animaux sont habitués au manque d’eau, mais ici aussi il y a des limites à ce qu’ils peuvent supporter année après année, sans répit, et peu à peu la mosaïque de vies discrètes s’appauvrit, les braises du vivant s’éteignent sans bruit. Des vallées qui entrecoupent ces étendues vaguement arrondies, une brume grisâtre remonte, et c’est moins le roulement de la rivière que l’on peut entendre que celui du flot de voitures, de ceux qui viennent chercher un peu des éléments qui leur manquent toute l’année en apportant un peu de leur ville avec eux.

Le pétrole brûle. Les centaines de millions d’années brûlent. Les vies se consument dans le consumérisme. Tout va brûler, comme ma maman, comme les forêts. Toi, moi, on va brûler.

On cherche à se connecter. On cherche un sens à nos vies. On cherche du réseau, pas de la poésie… Le feu nous rattrape. On le croit opposé à l’eau, mais ils ont plus en commun qu’on le pense. Une vague qui déferle et qui emporte tout.
Nous sommes à la moitié de l’été, et je regarde mes montagnes brûler. Cette fois c’est ici, chez moi. Les cendres tombent dans le jardin. Le soleil projette une lumière orangée à travers le panache qui s’élève et qui pourrait laisser croire au réveil d’un volcan. Un monstre a surgi et dévore à toute vitesse la végétation. Les journaux comptent les hectares et rassurent sur « l’absence de victime », et déplorant les « destructions matérielles ». Anthropocentrisme sourd à tous les hurlements de la forêt. Je crie en silence avec elle mais mes larmes n’ont pas le moindre effet sur les flammes. Ces milliards de vies qui sont détruites dans notre indifférence, tant que l’on s’en tire…

Des criminels, des incendiaires, ou du moins des inconscients, derrière ces feux il y en a sûrement. On pourrait aussi pointer la responsabilité de chaque goutte de pétrole brûlé. C’est notre linceul que je vois, esseulé, dans les étendues réduites en cendres, désolées… »

- Texte et photographies de Simon Bugnon, photographe naturaliste

Tout va bien dans le monde

Les JO de Pékin se sont déroulés avec 100% de neige artificielle, la coupe du monde de football se jouera dans le désert du Qatar dans 8 stades climatisés, Lufthansa avoue 18.000 vols "à vide" pour conserver ses couloirs, un paquebot consomme l’équivalent de 87.000 voitures diesel, les milliardaires font des voyages dans l’espace...
Mais surtout roulez électrique ! Triez vos déchets ! Manifestez pour le climat !
Tout va bien dans le monde.

(post de Guy Marcel)


2 Messages

  • Sécheresse, canicule et incendies : un présent post-apocalyptique, c’est le techno-capitalisme qui est punitif Le 28 juillet à 14:36, par Jean

    Bonjour
    Je veux juste dire a Guy marcel qu’il exagère. Surement encore un radicaliste cynique . Le monde va bien, va mieux, l’enjeux climatique à enfin été très bien compris par nos dirigeants. Les exemples que tu donne, Monsieur Marcel, (JO, Foot, Compagnie aérienne) sont obsolètes. Ils datent. Tout va mieux maintenant, l’écologie est intégré dans les choix politiques. Pour preuve, nous devons fermer les portes quand nous mettons la clim.
    Ah ? alors ? c’est par la preuve que tout va mieux.
    Et si ça suffit pas, promis on éteint les lumières des publicités...., bon, au moins la nuit. -

    Alors elle est pas belle, la vie ?
    Dams

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