Proliférations de mines au Congo, pour la techno-industrie et le « confort » des occidentaux

Division internationale du travail et de la misère - Documentaire édifiant

mardi 14 juin 2022, par Les Indiens du Futur.

Tout système industriel a besoin de minerais, de métaux, donc de mines.
La version soi-disant « décarbonée », avec force panneaux photovoltaïques, voitures électriques et éoliennes, aussi.
Or les mines c’est fatalement extrêmement destructeur et polluant vu qu’il faut extraire et traiter mécaniquement et chimiquement des quantités gigantesques de roches pour obtenir quelques kilos de minerais utiles.

Les mines sont donc de fait polluantes, anti-écologiques, c’est inévitable.
Donc, à l’échelle planétaire, un altercapitalisme « verdit », soit-disant « décarboné » (ça reste à prouver que le capitalisme soit réellement « décarbonisable ») sera autant (voire plus) polluant qu’un capitalisme qui ne carbure qu’aux fossiles.

Questions :

  • quelle société désire-t-on, avec quelles technologies et donc quelle quantité de minerais, et donc de mines ?
  • Les mines sont indispensables au techno-capitalisme, à l’Etat, à la civilisation industrielle, mais seraient-elles aussi indispensables à des sociétés démocratiques libérées de ces grands systèmes de domination et d’exploitation ?

A méditer alors que le gouvernement français veut relancer en France l’activité minière (voir les dégâts de la vague précédente, sur Reporterre).

Proliférations de mines au Congo, pour la techno-industrie et le « confort » des occidentaux
Documentaire édifiant sur les mines au Congo, maillon essentielle de la grande chaîne industrielle mondialisée

SYSTÈME K

La civilisation industrielle implique une sorte de division internationale des injustices, des inégalités, de l’horreur (de même que chaque État implique une division sociale de la distribution du pouvoir, des richesses, des injustices, etc.). Certains pays, comme la République Démocratique du Congo (de même que certains continents), se trouvent plus accablés que d’autres, mais tout se tient. Grâce à la misère extrême, insalubre, dans laquelle survivent les uns, d’autres bénéficient d’une misère plus moderne, plus confortable, plus divertissante.

La « République Démocratique du Congo » (RDC), un nom qui illustre tout particulièrement l’absurdité consistant à juger de la nature d’un régime politique en fonction du nom qu’il se donne (la République Démocratique du Congo n’est pas plus démocratique que la « République populaire démocratique de Corée »).

Le français est la langue officielle de la RDC — héritage durable de la glorieuse époque coloniale. La RDC est d’ailleurs le pays francophone le plus peuplé du monde, devant la France.

Dans la grande division internationale du pillage du monde, établie pendant et suite à la colonisation, dans l’économie (le capitalisme) mondialisée, la RDC occupe une place majeure. Le pays exporte du cuivre, du cobalt, du coltan, du zinc, de l’étain, de l’or, des diamants, du tungstène, du pétrole brut, du bois, du café, etc.

Ce qui engendre déforestation, pollution des eaux, des sols, extractions minières, anéantissement des derniers peuples autochtones, inégalités et injustices innombrables — quelques coûts parmi d’autres du Progrès, de l’existence de la civilisation industrielle, du « confort » occidental.

« Système K », pour Kinshasa — capitale de la RDC —, c’est une plongée dans le chaos humain de la plus grande agglomération francophone du monde, aussi la troisième plus grande d’Afrique (derrière Le Caire et Lagos) ; un bref aperçu des conditions infernales dans lesquelles survivent des millions d’êtres humains ; une mise en lumière de la manière dont des hommes et des femmes se servent de l’art pour exprimer leur colère, leur rage, leur souffrance ; une occasion de réfléchir aux implications cataclysmiques de la civilisation — de la civilisation tout court aussi bien que de la civilisation industrielle ; une occasion de réfléchir aux tenants et aux aboutissants de la « transition écologique » (ou « énergétique », c’est idem) : un article publié le 2 juin 2022 sur le site de Bloomberg, intitulé « Le Congo [RDC] connaît un essor de l’exploitation des métaux pour la transition vers l’énergie verte », nous apprend que « le registre minier » du pays « compte 10 nouvelles mines, notamment de cuivre et de lithium ».

En RDC, « environ 500 permis d’exploitation minière sont à un stade avancé de développement et déboucheront bientôt sur de nouveaux projets d’extraction de lithium et de cobalt — les métaux des batteries qui permettent la révolution des véhicules électriques [et des panneaux solaires, éoliennes, etc.]. Le Congo est déjà le premier producteur mondial de cobalt et le premier producteur de cuivre d’Afrique. » Le directeur général du Cadastre Minier (CAMI) de RDC explique qu’il « y aura bientôt une prolifération de nouvelles mines ».

La civilisation a été un désastre humain et environnemental. La civilisation industrielle a démultiplié l’ampleur du désastre. & il n’en existe pas de version alternative, durable, démocratique, écologique, verte, propre ou décarbonée.

[Un documentaire qu’on m’a récemment conseillé (merci Sï Ana).]

(post de N. Casaux)

Proliférations de mines au Congo, pour l’industrie et le « confort » des occidentaux
La batterie électrique, nouvelle brique de base du techno-capitalisme

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