Pourquoi les dirigeants prennent plaisir à nous enfermer

Les tyrans aiment des gens dépressifs, isolés, sans vie sociale - L’enfermement est le propre de ce système, et si on le brisait ?

mardi 9 mars 2021, par Auteurs divers.

- Pourquoi nos dirigeants prennent plaisir à nous enfermer

- Quelques extraits :
Jean Castex nous annonce les mauvaises nouvelles avec le même air satisfait et supérieur que celui de Pierre Pouëssel, le préfet de la région Centre-Val de Loire, lorsqu’il avait déclaré, le 22 octobre dernier : « la bamboche, c’est terminé ». On sent chez ces technocrates le plaisir qu’ils ont à nous ordonner de rester chez nous, comme on sent la jouissance de petit tyran de cour de récré de ce policier qui hurle aux badauds de rentrer chez eux.

90% des contaminations en intérieur mais les plages et les quais sont évacués

Pourquoi les dirigeants prennent plaisir à nous enfermer
Macron, Castex, préfets, policiers, petits chefs...

C’est leur priorité de ruiner notre vie sociale et nos loisirs pour mieux nous laisser travailler et faire prospérer nos actionnaires. Les usines et les magasins continuent de tourner, le télétravail n’est pas du tout systématisé, le gouvernement se contentant d’appeler les entreprises à faire des efforts et les transports restent blindés, peu d’employeurs ayant modifié les horaires de travail. Macron passe son temps à dire qu’il tient à éviter à tout prix un reconfinement parce que ce serait trop dur pour nous… Mais absolument pas : la majorité des gens préfère un confinement dur d’un mois, plutôt qu’un couvre-feu ad vitam aeternam. Tout le monde ? Non, pas le MEDEF et les actionnaires français pour qui le premier confinement fut un traumatisme : droits de retrait dans les usines, baisse de la consommation des ménages, discours anticapitalistes, même de la part du chef de l’Etat, qui appelait l’année dernière à restaurer l’État-providence et à retrouver notre souveraineté hors du sacro-saint marché (projets bien vite oubliés) : plus jamais !

Et ça tombe bien, car nos dirigeants semblent adorer le régime de vie actuel. Les flics jouent aux flics, les préfets ont le dernier mot sur tout, les ministres donnent des leçons… Surtout, chacun reste chez soi, et les régimes autoritaires comme le nôtre adorent cela. Je connais bien, au travail, le regard courroucé des petits chefs quand on ose se marrer entre collègues. Les détenteurs de pouvoir détestent qu’on se marre dans leur dos. Cela ne veut pas dire que la fête ou la culture sont par essence anticapitaliste (le système sait aussi produire les fêtes et la culture qui l’arrangent), mais un peuple triste et dépressif est toujours plus rassurant pour des dirigeants à la légitimité contestée, que des gens joyeux et soudés.

Les préfets de région, les hauts fonctionnaires, Jean Castex ou Emmanuel Macron ne subissent pas le couvre-feu, tout comme les fonctions dirigeantes des grandes entreprises. Au delà de leur capacité à fréquenter les restaurants clandestins entre médecins et journalistes, comme l’ont fait ceux de BFM TV dans un établissement appartenant au patron de la chaîne, leur mode de vie et la reconduction de leurs intérêts de classe (par l’entretien d’un réseau, la socialisation des jeunes, etc), ne nécessite pas d’espace public, bien au contraire. Ils se reçoivent chez eux dans de grands espaces ou dans des clubs privés et sont bien plus à l’aise dans cet environnement-là. Jean Castex bénéficie d’un hôtel particulier et d’un grand jardin en plein Paris, Macron d’un palais… Et c’est d’ailleurs dans le cadre d’un dîner entre notables qu’il avait contracté le virus, en décembre dernier. Ils étaient dix à cette sauterie, bien plus que le maximum recommandé.

Se promener sur la plage, boire une bière tiède avec ses amis sur les quais de la Seine ou de la Garonne, contempler sa ville depuis le Sacré-Cœur… Le point commun de ces actes anodins ? Ils sont gratuits. Se retrouver au bistrot du village ou du quartier, boire une bière, parler météo ou politique, perdre en grattant un Astro, s’écœurer de cacahuètes, tout cela reste quelque chose de profondément démocratique. Autant de choses qu’un régime autoritaire, uniquement soucieux de la réussite financière de la classe possédante et d’un ordre en sa faveur, ne peut que détester.

Contrairement à ce qu’on entend, les Français ne sont ni majoritairement complotistes, comme le prétendent certains journalistes ou politiques En Marche, ni majoritairement soumis, comme le prétendent… les complotistes. Ils tentent de comprendre ce qui leur arrive, de trier ce qui relève de l’impératif sanitaire pour sauver des vies et de l’abus de pouvoir d’un gouvernement qui nous veut dépressifs et solitaires. Et nous sommes de plus en plus nombreux à avoir refait nos calculs ces dernières semaines et à envisager la résistance individuelle et collective à ce régime de la vie triste et passive.

P.-S.

Une société fondée sur l’enfermement généralisé

Dans cette civilisation industrielle totalitaire faite d’Etats et de capitalisme, l’enfermement est la règle en réalité malgré les droits réduits octroyés à l’arraché (et toujours grignotés à la moindre occasion) par des luttes, malgré les libertés libérales de consommer et dominer pour ceux qui sont du bon côté du manche et qui disposent de cash.
En réalité, nous subissons une grande prison, mentale et matérielle, politique et sociale, économique et culturelle, qui va bien au délà de la coercition brutale et évidente exercée par le système policier et ses excroissances.

Cet enfermement ressort davantage sous l’état d’urgence autoritaire pandémique ou lors de la répression d’une révolte qui échappe à la pacification, mais pourtant il est là en permanence, sur les bans de l’école, dans la plupart des familles, à l’université, dans le marché du travail, dans l’entreprise, dans la politique...
Partout, des dogmes, des structures et des gens enferment (et s’enferment) les populations dans les carcans de l’obéissance à l’Etat et au capitalisme, dans la prison de la quête d’un progrès via la technologie et la croissance matérielle, dans l’aliénation et la dépendance.
Le système libéral si mal nommé est bien le contraire de la liberté humaine, il ne valorise qu’une liberté étriquée et triste, celle de la compétition permamente et de la domination des plus forts du système en vigueur (que ces forts le soient par héritage ou par la force de leurs poignets ou de leurs dents qui rayent le parquet), un liberté de détruire et de contraindre incidieusement ou directement.

Que désire-t-on alors ?
Davantage de coercitions et de dépendances en laissant la main à l’Etat-capitalisme
, en le suppliant de s’occuper de nous, d’écouter avec bienveillance nos doléances et nos problèmes, en exortant les gouvernements de nous épargner ou de nous punir, en lui demandant de mieux soigner ses victimes, davantage de résignation et de déresponsabilisation ?
Ou voulons-nous faire l’effort, collectif et individuel, d’être libres (autant qu’on puisse l’être bien sûr) ? Une direction bien compliquée, difficile et mystérieuse, mais tellement plus intéressante, vivante, enrichissante, vivable.
Pour ça il faudra expulser la civilisation industrielle, en nous, et encore plus hors de nous, dans le monde matériel.
Toute prison a des failles, des possibilités d’évasions, ou peut être brûlée à coeur.

A.


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