
- Pour un 25 novembre féministe, révolutionnaire, anti-impérialiste et antimilitariste
Histoire : pour un 25 novembre féministe, révolutionnaire, anti-impérialiste et antimilitariste
« Devons-nous nous laisser entraîner lamentablement dans une guerre ? Jamais ! »
Rosa Luxemburg
Le 25 novembre est traditionnellement la journée internationale de lutte contre les violences sexistes, sexuelles et de genre. Et quelles plus grandes violences que celles engrangées par la guerre ? Cette guerre dans laquelle les femmes dans l’histoire ont toujours été en première ligne, malgré le récit dans lequel on a voulu les enfermer.
À l’approche de cette journée de lutte, nous vous proposons de nous inspirer de femmes qui se sont élevées contre l’impérialisme et le militarisme.
Ahed Tamimi, pour la libération de la Palestine
Le 15 décembre 2017, une vidéo fait le tour des réseaux sociaux. On y voit une Palestinienne de 16 ans bousculer et gifler des soldats israéliens armés de fusils d’assaut à Nabi Saleh, en Cisjordanie occupée. Donald Trump vient alors de reconnaître Jérusalem comme capitale de l’entité génocidaire israélienne, déclenchant des manifestations dans la Palestine occupée et partout dans le monde.
Cette jeune femme courageuse, c’est Ahed Tamimi. Son cousin Mohammad vient de se prendre une balle en caoutchouc dans la tête, amenant les médecins à l’opérer et lui enlever une partie du crâne. Durant les deux années précédentes, Ahed Tamimi a été impliquée dans cinq autres altercations avec les colons génocidaires, dont une dès ses 14 ans lorsqu’elle avait mordu un soldat israélien cagoulé pour défendre son frère plaqué au sol lors d’une tentative d’arrestation.
Ahed est arrêtée le 19 décembre 2017 avec sa mère Nariman et sa cousine Nour. Avec 12 chefs d’inculpation, elle est condamnée à 8 mois de prison et est libérée en juillet 2018. « Nous ne sommes pas des victimes mais des artisans de la liberté » expliquait-elle lors de sa venue à la Fête de l’Humanité en 2018.
Le 6 novembre 2023, elle est de nouveau arrêtée par l’armée israélienne lors d’un raid en Cisjordanie occupée. Elle sera relâchée quelques semaines plus tard dans un échange avec des otages israéliens. Icône de la résistance palestinienne, un portrait géant d’Ahed a été peint sur le mur de séparation israélien.
Rosa Luxemburg : « Guerre à la guerre ! »
« À bas la guerre ! À bas le gouvernement ! » scandait Rosa Luxemburg le 1er mai 1916, alors que l’Allemagne était engagée dans un conflit sanglant. Cette terrible guerre des tranchées, qui n’était qu’un massacre entre puissances impériales pour la domination des marchés et colonies, mais pour laquelle des millions de prolétaires ont été envoyés à la boucherie. Dès le début de la guerre, Rosa Luxembourg se livre à une critique du militarisme, dénonce la trahison du SPD – le parti socialiste allemand – que représente sa participation à l’Union sacrée et son vote des crédits de guerre. Elle fonde la ligue spartakiste avec son compagnon Karl Liebknecht, une ligue résolument antimilitariste et révolutionnaire, appelant à l’unité des travailleurs européens.
Dans son livre L’accumulation capitaliste, Rosa Luxemburg met en lumière le lien entre surproduction capitaliste, impérialisme et course à l’armement. « Le militarisme assure, d’une part, l’entretien des organes de la domination capitaliste, l’armée permanente, et, d’autre part, il fournit au capital un champ d’accumulation privilégié » écrivait-elle. Sa propagande anti-militariste lui vaut d’être condamnée et enfermée, sans que cela n’arrête l’infatigable théoricienne.
En 1915, elle rédige en prison un texte sous pseudonyme, connu sous le nom de brochure de Junius, dans laquelle elle décrit son programme contre la guerre impérialiste et dénonce le désastre qu’est la guerre. C’est la naissance du célèbre slogan : « socialisme ou barbarie ». « Cet effroyable massacre réciproque de millions de prolétaires auquel nous assistons actuellement avec horreur, ces orgies de l’impérialisme assassin qui ont lieu sous les panonceaux hypocrites de patrie, civilisation, liberté, droit des peuples et dévastent villes et campagnes, souillent la civilisation, foulent aux pieds la liberté et le droit des peuples, constituent une trahison éclatante du socialisme ».
Rosa est assassinée par des « corps francs » : d’anciens soldats d’extrême droite, commandés par le gouvernement socialiste qui réprime la révolution allemande, à la sortie de la guerre. La bourgeoisie européenne toute entière soutient alors cette répression menée par les sociaux-démocrates allemands contre les révolutionnaires, terrorisée à l’idée que le « poison rouge » ne continue à se répandre dans les pays voisins.
8 mars 1917 « À bas la guerre ! », « Du pain pour les ouvriers ! » : quand les femmes déclenchent la révolution russe
En Russie pendant la Première guerre mondiale, comme dans tous les pays engagés dans le conflit, les femmes ont remplacé les hommes dans les champs et dans les usines.
En 1917, elles représentent deux tiers des employé·es du textile et de l’armement. Le 8 mars 1917 (23 février selon le calendrier julien), les ouvrières du textile du quartier de Viborg, à Petrograd, descendent dans la rue pour la toute jeune Journée internationale de la femme. Excédées par cette guerre qui n’en finit plus, par les files d’attente interminables pour obtenir des rations de pain misérables, elles scandent « Du pain ! À bas l’autocratie ! », « À bas la guerre ! »
Pourtant, dans les jours qui précèdent, les sociaux-démocrates russes ne prévoyaient aucune action d’envergure, qu’ils pensaient prématurée. Ils n’appellent même pas à la grève. Mais les ouvrières du textile décident de passer outre, et enjoignent les métallos à les rejoindre. C’est le début de la Révolution, et cinq jours plus tard le Tsar est renversé, grâce à ces femmes qui ont marché contre la guerre.
Sylvia Pankhurst, contre le féminisme bourgeois, contre la guerre et contre le colonialisme
Sylvia Pankhurst, la fille d’Emmeline Pankhurst, célèbre Suffragette anglaise, s’engage dès 1903 aux côtés de sa mère. Son combat la conduit à de nombreux passages en prison, où elle est nourrie de force après de multiples grèves de la faim. Elle prend néanmoins rapidement ses distances avec le mouvement de sa mère, qu’elle considère comme un mouvement bourgeois et coupé des classes populaires. Elle finit par couper les ponts lors qu’arrive la première guerre mondiale.
En effet, Emmeline Pankhurst décide dès 1914 de mettre fin à leurs revendications pour « soutenir l’effort de guerre ». Pour Sylvia, c’est une trahison. Elle explique que « l’Union glisse du féminisme élitiste vers le militarisme ». La Fédération des suffragettes d’East London qu’elle a créée en 1912 prend son indépendance, et lance son journal : Women’s Dreadnought. Tout au long de la guerre, elle ne cesse de dénoncer dans ces colonnes le militarisme et les profiteurs de guerre. Elle participe à des meetings, des manifestations contre la guerre et lance des cantines à prix coûtant, des centres de distribution de lait, etc.
Après la guerre, l’engagement antimilitariste de Sylvia Pankhurst ne faiblit pas : elle conduit une campagne contre le fascisme italien qui triomphe, et dénonce notamment les atrocités commises par l’armée italienne qui tente de coloniser l’Éthiopie.
Il ne s’agit là que d’exemples, mais qui doivent être nos boussoles en ces temps où la propagande de guerre est omniprésente. D’autant qu’en 2025, les armées occidentales tentent de recruter des femmes, et jouent la carte du « feminism-washing » pour grossir leurs rangs.
Le 25 novembre, affirmons haut et fort que marcher contre les violences patriarcales, c’est avant tout marcher contre le capitalisme vorace, contre l’impérialisme destructeur et contre le militarisme à marche forcée.
À Nantes, rendez-vous mardi 25 novembre à 18h en haut de la rue du Calvaire.
source, avec des liens : https://contre-attaque.net/2025/11/22/histoire-pour-un-25-novembre-feministe-revolutionnaire-anti-imperialiste-et-antimilitariste/
25 novembre 2025 contre le patriarcat : ni oubli, ni silence, marchons contre les violences !
Communiqué commun dont la LDH est signataire, manifestations le samedi 22 novembre et le mardi 25 novembre 2025
Pour la journée internationale de lutte contre les violences faites aux femmes du 25 novembre, nous manifesterons en solidarité, comme nous l’avons déjà fait le 11 octobre, avec et pour les femmes du monde entier : celles qui sont victimes des violences machistes, des conflits armés, des famines, des spoliations de terres et de leurs biens naturels, des gouvernements réactionnaires et des Etats théocratiques. Avec toutes celles qui ne peuvent pas parler, dont les voix sont étouffées, qui subissent des violences sexuelles, des tortures et des mutilations.
Le 25 novembre nous marcherons pour rendre hommage à toutes les victimes de la violence machiste, les femmes, les filles, les personnes LGBTQIA+, à toutes celles qui souffrent et qui luttent, en dépit des risques encourus. A toutes celles que nous avons perdues.
Les violences et l’impunité des agresseurs persistent 8 ans après l’élection d’Emmanuel Macron, en plein #MeToo. La plupart du temps, encore, les victimes ne sont pas crues, les plaintes classées sans suite. Le parcours judiciaire revictimise bien souvent les femmes et constitue un obstacle à la sortie de la violence comme la baisse du financement public des associations d’accompagnement des victimes.
Les violences sexistes et sexuelles surviennent partout, et tout le temps : dans nos espaces familiaux, sur nos lieux de travail et d’études, dans l’espace public, dans les transports, dans les établissements de soin, les cabinets gynécologiques, dans les maternités, dans les ateliers des chaînes d’approvisionnement des multinationales, les commissariats, les centres de rétention, dans les milieux du théâtre, du cinéma, du sport, en politique... Dans tous les milieux sociaux. Elles trouvent racine dans le patriarcat et se situent au croisement de plusieurs systèmes d’oppressions.
Ainsi les femmes les plus touchées par ces violences sont celles qui souffrent déjà de multiples oppressions : les femmes victimes de racisme, d’antisémitisme, d’islamophobie, les femmes migrantes, sans papiers, les travailleuses précaires, les femmes sans domicile et autres femmes précarisées, femmes en situation de handicap, les femmes lesbiennes et bi, les femmes trans, les femmes en situation de prostitution, et celles victimes de l’industrie pédo et pornocriminelle.
Sans autorisation de travailler, les femmes étrangères dont les demandeuses d’asile sont très vulnérables aux réseaux de prostitution, de proxénétisme et de traite des êtres humains.
En France, en 2024, c’est encore plus d’un féminicide tous les trois jours commis par un conjoint ou un ex-conjoint Des femmes assassinées parce qu’elles sont femmes. Le nombre de femmes victimes de violences dans le couple et les enfants co-victimes ne diminue pas, tout comme les viols ou tentatives.
La quasi-totalité des agresseurs sont des hommes (97,3%).
Une femme en situation de handicap sur cinq a été victime de viol. 50% des lesbiennes et 75% des bi ont été confrontées à des violences dans l’espace public et 85 % des personnes trans ont déjà subi un acte transphobe. Les femmes âgées de plus de 70 ans ne sont pas prises en compte dans les enquêtes sur les violences, elles représentent pourtant 21% des féminicides.
160 000 enfants sont victimes de violences sexuelles chaque année, en majorité au sein de la famille. Sur les lieux de travail plus de 8000 viols ou tentatives ont lieu chaque année et un tiers des femmes subissent du harcèlement sexuel. Les employeurs publics et privés doivent faire cesser les violences et protéger les victimes, y compris de violences conjugales.
La montée de l’extrême droite en Europe et dans le monde constitue une menace majeure pour les droits des femmes et en France, le danger de son accession au pouvoir n’est pas écarté. Ces droits sont attaqués dès que l’extrême droite est au pouvoir.
Depuis quelque temps, elle prétend lutter contre les violences faites aux femmes. Sous couvert de défendre certaines d’entre elles, ces mouvements exploitent la question des violences sexistes à des fins racistes et fémonationalistes, ne s’indignant que selon l’origine, la nationalité ou la religion réelle ou supposée des agresseurs. Dans ce climat délétère, les femmes portant le voile sont de plus en plus souvent la cible d’agressions dans la rue, dans les médias, comme dans les discours politiques.
Les groupuscules fascistes attaquent régulièrement des militantes et militants sans réaction des pouvoirs publics.
Derrière les slogans et les postures prétendument féministes, l’extrême droite ne défend ni la liberté des femmes, ni leur émancipation, ni l’égalité, et se désintéresse profondément de la réalité et des droits des femmes qui luttent dans le monde.
Sans politique publique à grands moyens, sans prévention et sans éducation, les garçons et les hommes continueront de perpétrer des violences.
Les organisations féministes et syndicales exigent :
· une loi-cadre intégrale contre les violences, comme en Espagne ;
· 3 milliards d’euros nécessaires pour la mettre en œuvre ;
· une éducation à la vie affective relationnelle et à la sexualité (EVARS) effective partout ;
· l’arrêt immédiat de la baisse des financements ;
· et un rattrapage du budget des associations qui accompagnent les victimes et assurent l’éducation populaire sur les questions de violences et d’égalité femmes-hommes.
Tant que l’une d’entre nous n’est pas libre, tant que les violences machistes s’exerceront sur une seule d’entre nous, nous lutterons !
Nous appelons à participer aux mobilisations à l’occasion de la Journée internationale des droits des enfants et pour le Jour du souvenir trans (TDoR).
Contre les violences faites aux femmes et aux filles, les violences sexistes et sexuelles, manifestons partout le samedi 22 novembre 2025 et le mardi 25 novembre 2025 !
source, avec les signataires : https://valleesenlutte.org/spip.php?article977