Pour que vivent les mondes d’après

Contribution au mouvement social en préparation + Préparons-nous à mettre vraiment ce monde à l’arrêt

mercredi 22 avril 2020, par Gilets jaunes.

Voici deux textes pour penser plus loin que juste s’adapter et résister aux innombrables conséquences néfastes de la civilisation capitaliste et de ses pandémies et autres désastres. Des textes pour ne pas se jeter dans les bras de l’Etat et de son régime policier autoritaire, mais pour s’attaquer aux causes, aux racines des problèmes qui nous accablent, pour que les marmites de colère bouent en même temps et portent des mondes d’après vivables qui cohabitent.

Pour que vivent les mondes d’après - contribution au mouvement social en préparation

Partout on entend les révoltes frémir,
Celles qui commençaient à rissoler,
Celles qui s’embrasaient,
Celles qui commençaient à caraméliser,
Celles issues des injustices sociales d’hier exacerbées aujourd’hui avec le virus et ses conséquences.
Celles, silencieuses, issues du sentiment global d’injustice vécu, subi et dont l’arrêt forcé ou la mise au ralenti force à la prise de conscience ou oblige à y penser.
Celles, grandissantes, issues du dérèglement climatique et de l’effet d’un ralentissement sur la qualité du monde.
Celles, enfin, issues des conséquences de l’action de cette petite élite mondiale surpuissante à la fois responsable des injustices sociales et du dérèglement climatique et dont les victimes, par millions, sont les mêmes.

Le confinement a forcé à baisser le feu et recouvert les marmites temporairement mais tout mijote...

On entend ici et là dans les sphères au pouvoir quelques choses vont changer :
"Qu’il y aura un avant et un après ;
Qu’il faudra « tirer toutes les conséquences de cette période » ;
Qu’il faudra un « capitalisme à visage humain » ;
Qu’il « faudra changer l’ordre de nos priorités »...
On entend ici et là dans les braisières militantes et politiques, qui s’impatientent en raison du déconfinement sanitaire, une volonté d’un déconfinement des droits et des libertés.
On entend susurrer qu’il faut « penser le monde d’après », « demander des comptes », « faire valoir nos droits », « réclamer ce qui nous est dû », « créer une plateforme de revendications » et bien d’autres choses..
Le monde médiatique aussi endosse les couleurs du Nouveau Monde, du Figaro à Médiapart en passant par Closer, tout le monde veut « le Nouveau Monde »... le même ?

Non nous ne voulons pas de leur "monde d’après"
* Pas le "monde d’après" du système. Le microcosme politico-économique au pouvoir a déjà mis en place les conditions de son monde d’après à savoir le même qu’avant en pire.
On remet en cause le droit du travail, les congés, la réglementation actuelle déjà bien attaquée. Sans aucun doute car il faut "redresser le pays", se "serrer la ceinture", faire un "effort" collectif et individuel pour que la nation reprenne son rythme de croisière, sa croissance, son dynamisme économique, son exploitation des sols, des ressources, des humains, des êtres vivants.. faisons pire et acceptons le tous.es pour le bien... d’une minorité ! et s’il faut mettre en place un gouvernement d’union nationale pour y arriver, soit ! Tant que la croissance va ! Et si diable quelques rebelles extrémistes ne rentrent pas dans l’union, les stocks de lacrymogène, LBD et autres armes de répressions physiques, judiciaires ou économiques sont prêtes.
* pas le "monde d’après" des réformistes doux. En pleine ébullition (et c’est le moment c’est certain) : « il faut construire le monde d’après », celui qui se fera en gardant le système mais en arrangeant un peu les choses au moins de façade pour faire vaciller les électeurs du bon côté, le leur. Celui qui vantera le nouveau monde faussement pour de vrai comme l’avait fait véritablement pour de faux le président actuel avant eux pour se faire élire...Tant que les bons amis sont préservés et que l’élite ne tombe pas, pourquoi pas même lâcher quelques réelles miettes, pas simplement des bons pour des miettes...

Le monde d’après, le nôtre, est multiple, diversifié, rebelle, auto-organisé et sérieux.
N’attendons plus rien de l’élite politique et économique en place, organisons-nous pour créer les mondes d’après !

Les mondes d’après ne seront pas un.

Certain.es voudront créer et fédérer des communes libres
d’autres chercheront à renverser la vieille cocotte du vieux monde par différents moyens révolutionnaires violents ou non-violents
d’autres encore plébisciteront le communalisme, l’éco-socialisme ou la démocratie radicale,
d’autres encore inventeront d’autres chemins.
Ces mondes peuvent co-exister demain et peuvent se fédérer aujourd’hui dans le mouvement qu’il nous reste à construire pour qu’ils puissent vivre et exister.
Rallumons le feu sous toutes les marmites !
Faisons-le en même temps et embrasons la cuisine, la maison et le quartier !
Rallumons-les toutes tant qu’elles ont en commun l’idée de créer en co-existence ces mondes de demain et qu’elles partagent quelques ingrédients de base non négociables comme le féminisme, l’anti-autoritarisme, la solidarité, l’anti-racisme, la remise en question du fonctionnement économique et politique actuel et la volonté de vivre en harmonie sur une planète préservée tant au niveau de son environnement, de ses êtres vivants et de la justice sociale et climatique qu’elle propose à ses habitants humains.
Tant qu’elles saupoudrent dans leur mixture une pincée de créativité et d’ouverture, qu’elles acceptent d’y rajouter un soupçon non négligeable de tolérance entre les différents moyens d’action afin de pousser dans le même sens de la manière que l’on trouve la plus appropriée sans imposer à l’autre sa finalité ni sa façon d’y parvenir.

Rallumons toutes ces révoltes simultanément et créons, facilitons et construisons les mondes de demain !
Tout est bon à inventer, et à décider collectivement mais voici quelques pistes :
- Ré-investissons les places, les ronds-points, l’espace public et faisons-en des refuges.
Refuges pour celles et ceux qui souhaitent sortir durablement ou temporairement de leur quotidien subi.
Refuges pour celles et ceux qui vont lutter et qui luttent déjà de la manière qui leur semble la plus appropriée.
Refuges pour toutes celles et ceux qui subissent en premier lieu les effets du système et quelque soit la forme de précarité ou de pauvreté qu’elles rencontrent.
Refuges à défendre, lieux de transition et de formation pour les mondes d’après !
- Faisons de ces refuges des gares à partir desquelles partent les trains pour les mondes d’après et dans lesquelles on s’y forme, on construit et on s’y prépare.
Faisons de ces gares des lieux de transition où le système s’arrête et où la créativité, l’amour et la vie reprennent.
- Pas de retour à l’anormal, pause générale, construisons les mondes d’après, le leur on le connaît, on n’en veut pas !

« Les pas de noms », membre du collectif le monde d’après
- Pour que vivent les mondes d’après (source)

Les naufragés filmeront-ils le naufrage de leur Titanic jusqu’au bout ?
...ou à un moment ils vont se révolter pour de bon ?

- Voir aussi, ce texte d’il y a quelques mois :

À toutes celles et ceux qui ne veulent pas moraliser le système mais le mettre à terre

À celles et ceux qui s’activent sincèrement, depuis des semaines ou plus d’un an, pour en finir avec les mensonges et l’arrogance des puissants et établir la solidarité et la justice ;

À celles et ceux qui n’ont pas compris les gilets jaunes, ou n’ont pas cru aux illusions des manifestations encadrées, mais qui continuent de ronger leur frein en attendant le moment.

Donnons-nous ce moment…
Donnons-nous ce moment. Préparons-nous à mettre vraiment ce monde à l’arrêt

- - À toutes celles et ceux qui ne veulent pas moraliser le système mais le mettre à terre (texte complet)

https://vimeo.com/394034153
Les patrons ne comprennent qu’un langage : grève, blocage et sabotage

P.-S.

- Arrêtons tout, sauf ce qui est vital - En obligeant des millions de salarié-es à se rendre au travail pour des activités qui n’ont aucun sens ni aucune utilité face à la maladie, l’État et les patrons se conduisent en criminels. Ce qui est essentiel et ce qui est vital, c’est aux travailleuses et aux travailleurs d’en décider.
En obligeant des millions de salarié-es à se rendre au travail pour des activités qui n’ont aucun sens ni aucune utilité face à la maladie, l’État et les patrons se conduisent en criminels.

Ils cherchent à faire croire que les « mauvais comportements » individuels sont responsables de l’épidémie.

Oser dire que les malades d’aujourd’hui étaient celles et ceux qui n’avaient pas « respecté » le confinement comme l’a fait le préfet Lallement… alors que la ministre du travail ne mène pour seule guerre que celle au service de la bourgeoisie en forçant les chantiers du BTP à reprendre, alors que les transports des grandes agglomérations urbaines deviennent des autoroutes pour le virus avec le flot de fréquentation qu’entraîne la reprise du travail dans de nombreux secteurs.

Ces propos nous ont donné envie de vomir, la morgue et le mépris du préfet Lallement ont été une insulte pour toutes celles et ceux qui ont perdu la vie, pour toutes celles et ceux qui luttent contre la maladie, patient·es comme soignant·es. Mais ils ne sont que l’odieuse caricature d’un système politique et économique meurtrier.
(...)


1 Message

  • Pour que vivent les mondes d’après Le 23 avril à 11:51, par Gilet

    complément :

    Au moment où on lit et entend un paquet de niaiseries, d’indignations naïves et d’incantations stériles sur « le monde d’après » qui se profile plutôt comme étant pire que celui d’avant, un petit conseil de lecture fort à propos sur « la lutte » contre un appareil d’Etat qui s’affirme de plus en plus autoritaire.
    - Livre « l’échec de la non-violence »

    Petit passage qui devrait donner envie de se plonger dans cette lecture éclairante et passionnante qui n’est pas, comme son titre pourrait l’indiquer, une apologie de la violence (concept par ailleurs insaisissable et très dépendant de la vision du monde de chacun) : « la pluralité des méthodes est indispensable à nos luttes puisque personne ne sait répondre à la question : Quelle est LA bonne stratégie pour mener une révolution ? En matière d’organisation de la lutte, il n’existe pas de taille unique convenant à chacun d’entre nous. Nous devons avoir la possibilité de développer des formes particulières de lutte correspondant à notre propre situation. Surtout, les mouvements sont plus difficiles à réprimer lorsqu’on replace une ligne de conduite unanime par une vaste solidarité, et que l’attaque se fait en essaim et non en un seul bloc. Qu’elle soit pacifique ou combative, une armée contraignant les activistes à adopter des tactiques préétablies et excluant ceux qui ne respectent pas les règles serait autoritaire. Dans un tel combat, peu importe qui du gouvernement ou du mouvement l’emporterait, c’est de toute façon l’Etat qui triompherait.

    Un manque d’unité n’induit pas un manque de communication. Nous apprenons de nos différences dont le dépassement par la critique réciproque et l’entraide respectueuse rend plus forts. [...] Il y a une place pour ceux qui veulent raconter des histoires, ceux qui résolvent les conflits et ceux qui les cherchent. Nous pouvons tous travailler à rendre nos luttes plus efficaces. »

    (post de Jean-Marc Gancille)

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