La civilisation industrielle franchit de nouvelles lignes rouges vitales pour la biosphère

En cinquante ans, perte de 82 % de biomasse des animaux sauvages - La polution chimique hors de contrôle

dimanche 23 janvier 2022, par Groupe écolo.

La civilisation industrielle franchit allégrement les limites de la viabilité de la biosphère.
Sur les neufs lignes rouges répertoriées, le système techno-industriel productiviste et étatique en avait déjà franchit tranquillement 4 :

  1. le dérèglement climatique
  2. la destruction de la biodiversité
  3. la perturbation des cycles biochimiques de l’azote et du phosphore
  4. les changements d’usage des sols (urbanisation, monocultures...)
La civilisation industrielle franchit de nouvelles lignes rouges vitales
Pas grave, on survivra reclus dans des cellules, alimentés par métavers et livraisons par robots

A prèsent, il faut ajouter le franchissement de la ligne rouge par la pollution chimique et plastique, qui est totalement hors de contrôle d’après l’article plus bas.
Plus que 4 limites mortelles à franchir, parions que la civilisation industrielle et ses ardents défenseurs criminels ultra-médiatisés adeptes de la croissance, du développement économique, du progrès et de la technologie, y parviendront rapidement, car tout s’accélère et le système est gonflé à bloc, prêt à battre de nouveaux records de destructions.
- Les autres limites mortelles à ne pas franchir sont donc en sursis :

  • l’acidification des océans (c’est en bonne voie, à force d’absorber le CO2 émis par le système industriel...)
  • l’utilisation mondiale de l’eau (en bonne voie aussi, à force de destruction de zones humides, de canicules et de pollutions)
  • l’appauvrissement de l’ozone stratosphérique (vivement un nouveau produit ravageur type CFC, à moins que les futurs délires de la géo-ingénierie ne parviennent à flinguer la couche d’ozone ?)
La civilisation industrielle franchit de nouvelles lignes rouges vitales pour la biosphère
Schéma simplifié des limites planétaires et de leur franchissement suicidaire

La mégamachine poursuit inalassablement sa route vers une planète rendue totalement ou en grande partie inhabitable, ce ne sont pas les sociopathes au pouvoir et leurs politiques criminelles et écocidaires qui l’arrêteront, bien au contraire ils la gaveront de carburants et de sang jusqu’au bout.
A moins que des mouvements écologiques radicaux et déterminés ne se lèvent à temps...

La civilisation industrielle franchit de nouvelles lignes rouges vitales pour la biosphère
Les pollutions chimiques et plastiques totalement hors de contrôle

- Pollution chimique : la planète a franchi la ligne rouge - L’humanité a atteint le seuil de pollution chimique et plastique à ne pas dépasser, sous peine de conséquences brutales et imprévisibles, alerte une étude. Ses auteurs appellent à des mesures rapides.
(...) Ce concept de limites planétaires a été proposé en 2009 par une équipe internationale de recherche menée par le Suédois Johan Rockström, directeur de l’Institut de recherche de Potsdam (Allemagne) sur les effets du changement climatique. Ces lignes rouges, au-delà desquelles l’humanité s’expose à des modifications brutales, imprévisibles et potentiellement catastrophiques de son environnement, sont au nombre de neuf : le changement climatique, l’érosion de la biodiversité, la perturbation des cycles biogéochimiques de l’azote et du phosphore, les changements d’utilisation des sols, l’acidification des océans, l’utilisation mondiale de l’eau, l’appauvrissement de l’ozone stratosphérique, l’augmentation des aérosols dans l’atmosphère et l’introduction d’« entités nouvelles » dans la biosphère (dit simplement, la pollution chimique). Trois de ces limites, le changement climatique, l’érosion de la biodiversité et la perturbation des cycles biochimiques de l’azote et du phosphore, étaient alors dépassées, selon l’équipe de M. Rockström. En janvier 2015, les chercheurs y ajoutaient les changements d’usage des sols.
Deux des limites, la concentration des aérosols atmosphériques et la pollution chimique, n’avaient cependant jamais été quantifiées. D’où cette étude publiée dans Environmental Science & Technology, qui propose des réponses à deux questions : quel seuil fixer pour le niveau de pollution chimique à ne pas dépasser ? Ce seuil a-t-il déjà été franchi ?
(...) « La production et les rejets annuels augmentent à un rythme qui dépasse la capacité mondiale d’évaluation et de surveillance »
(...) « Entre 75 et 80 % des produits qui entrent dans l’Union européenne ne font pas l’objet de contrôles sur les perturbateurs endocriniens et sur les produits chimiques qu’ils contiennent, faute de moyens humains suffisants, alerte-t-elle. Il existe aussi des cas de substitution regrettables, comme lorsque le bisphénol A a été remplacé par les bisphénols F et S, tout aussi dangereux pour le système endocrinien. »
(...)

La civilisation industrielle franchit de nouvelles lignes rouges vitales pour la biosphère
Pollutions minières - L’extravisme qui alimente les énergies dites « vertes » ne sera jamais vert

Survivre reclus comme dans des capsules spatiales ?

Mais pas d’inquiétudes nous dirons ces saloperies d’élus mainstream et de techno-idolâtres de tous bords, l’innovation NBIC disruptive trouvera des solutions géniales, ou on se téléportera dans une autre galaxie, ou une fée numérique viendra nettoyer tout ça en un clic.

Plus sérieusement, les catastrophes nous obligeront à tenter de survivre de manière très dégradée et temporaire dans des sortes de bulles techno, un peu comme dans des navettes spatiales à la dérive, tellement le milieu naturel sera dégradé.
Pour les personnes qui auront survécues aux incendies géants et tornades, les canicules extrêmes et la pandémie nous montrent un petit peu à quoi pourraient ressembler ce magnifique avenir que nous mitonne avec amour l’Etat-capitalisme : se calfeutrer dans des domiciles (ou des caves, des salles climatisées) avec sorties réduites sous contrôle policier total, sous-vie virtuelle via numérique haut débit et métavers, et livraisons par robots Amazon de sous-bouffe industrielle type « soleil vert » issues de serres avec cultures OGM hydroponiques contrôlées.

Allez, un petit coup de massue supplémentaire, histoire de bien comprendre la gravité du problème, qui s’auto-alimente (ce qui rend caduc et ridicules les fantasmes d’adaptation et de résilience) :
- Avec la disparition des animaux, la mort des plantes - Les plantes ont perdu 60% de leur capacité à s’adapter au changement climatique, révèle une étude. En cause : la disparition d’oiseaux et de mammifères, qui disséminent les graines vers des zones plus adaptées aux plantes.

Mais bien sûr, le techno-capitalisme fabriquera des robots pour disséminer les graines à la place des animaux, ou chargera des esclaves humains de le faire ?

P.-S.

Extrait d’un texte sur les merveilles de la chimie moderne

& d’ailleurs si l’on y réfléchit. Si l’on dispose devant soi ces bilans des activités expansives du dernier demi-siècle. Si l’on collige ces prédictions démonstratives qui s’en infèrent à nous placer en compagnie de la « biosphère » à la veille d’une bascule abrupte et irréversible, ces oracles motivés d’une « transition brutale » de celle-ci vers un état inconnu à l’homme depuis qu’il est ici à s’y reproduire, vers des conditions climatiques « entièrement inédites » et sans doute peu propices à la prospérité des espèces actuellement survivantes ; si l’on additionne ces rapports dont les termes pesés concluent à un effondrement prochain de la productivité océanique « sans précédent depuis 300 millions d’années », à l’extinction des grands cycles hydrauliques que génèrent les massifs de forêts pluviales, ceux-ci une fois convertis en grumes, à l’étiolement partout de reste des peuplements forestiers impuissants à s’adapter au nouveau régime de sécheresses à répétition et dont les embrasements incontrôlables laisseront plus de latitude d’expression à ces « pire vague de chaleur jamais connue » et à ce que s’en hâtera l’effondrement consécutif de la productivité agricole, à estimer fatale une multiplication tout à côté de ces « épisodes de précipitations intenses », de pluviométries annuelles réalisées en quelques heures de flot irrésistible, et prévisible la récurrence de ces « tempête la plus violente du siècle » à s’installer en normale saisonnière angoissante, et non loin d’ici l’intensification des cyclones, ouragans et typhons sortant de leurs routes usuelles — auxquels il faut dès aujourd’hui ajouter un niveau d’échelle passés les 390 km/h, comme déjà on doit prêter aux cartes météo une nouvelle couleur pour les températures à plus de 50 °C (violet) —, et que sur ces entrefaites la fonte entière de la banquise arctique en 2035 (10 ans avant la Parousie) relâchera dans le délabrement climatique et ses fastidieux « événements extrêmes », les 50 milliards de tonnes de méthane que stocke le permafrost, qu’on en sera à l’épuisement non substituable des mines de phosphate d’où se tiraient les super-rendements qui étaient la solution idéale de nourrir les 9 milliards d’occupants à cette date engorgeant les amas urbains ; et qu’à cette date d’aujourd’hui c’est déjà « la moitié des populations d’espèces sauvages — animales et végétales — qui a disparu de l’écosystème mondial depuis les années 70 », qu’à cette date de maintenant les dépenses de consommation courante de l’espèce humaine outrepassent les facultés de régénération de la nature, qu’en conséquence elle en est à faire son ordinaire non pas des prodigalités de celle-ci, mais de celle-ci directement : à soutenir son train de besoins à être confortable en puisant au vif du patrimoine, en ponctionnant directement par carte le capital, pour le dire ainsi. Et si l’on y réfléchit, qu’il est peut-être en soi significatif que ce mot d’effondrement s’impose ainsi partout à examiner l’état de ce monde — un monde dont nous n’avons aucun moyen de partir.

& si l’on y ajoute ce qui aux pages voisines apparaît en dévoilement informatif des secrets de l’abondance, comme la divulgation de tout ce qu’il fallait absolument que les gens ne sachent pas, de tous les maléfices qui se dissimulaient depuis tout ce temps sous les emballages engageants de la vie plus gaie et mieux soignée ; de toutes ces malversations moléculaires s’occultant sous les publicités de la vie heureuse et plus facile, plus souple, plus onctueuse, plus brillante et douce au toucher, plus fluide, moins salissante, mieux désinfectée, mieux conservée et à meilleur marché, sans odeur sous les bras et toute parfumée, à effet plus rapide et plus efficace comme ça, avec davantage de contentement et dénuée d’angoisse avec moins d’insomnie ; ce qui apparaît en solution de ces mystères épidémiologiques qui entrent en contradiction manifeste au programme de la vie meilleure et plus longtemps, de ces courbes ascensionnelles dans les graphiques de la morbidité ; de cette génération spontanée de tumeurs glandulaires, déconcertantes à embarrasser de la sorte les couloirs d’oncologie, de cette horrifiante décomposition cérébrale aux prodromes si discrets, si peu remarquables, d’apparence si quelconque — « C’est normal à notre âge, moi aussi cela m’arrive de plus en plus souvent » —, de ces projections de diabète encombrant dès à présent les statistiques à venir, de ce taux inflationniste en obésité, de ces poussées mammaires à des fillettes de 7-8 ans — « C’est normal on mange de mieux en mieux », « Les enfants d’aujourd’hui sont beaucoup en avance et mieux éveillés par les stimulations à l’écran » ; de ces phénoménologies significatives de malformations utérines, de néoplasmes gynécologiques douloureux, d’infertilités sévères, de génitoires un peu étonnants à la naissance, d’effondrement de la spermatogénèse ; d’allergies, d’hypersensibilités, d’intolérances à toutes sortes de consommations courantes ; de poussées inflammatoires, d’altérations immunitaires, de toute cette épidémie de maladies chroniques d’étiologie jusque-là incertaine, évasive, en syndromes confus de grande fatigue (difficulté à suivre passé la deuxième virgule), de polyalgie musculaire ou articulaire, de migraine, troubles digestifs, atteintes hépatiques et cardiaques, d’oppression respiratoire et de démangeaisons, d’allure dépressive, et qu’on classait en troubles imaginatifs de l’hypocondrie, en somatisations décompensant l’anxiété chez des sujets faibles, peu adaptés au mouvement d’enthousiasme collectif animant l’Âge dynamique ; et puis encore de ces anomalies du système nerveux central constatés chez les enfants nés sous le dôme (hyperactivité, déficit d’attention, scores cognitifs à la baisse, incapacité à tirer profit de l’expérience ou à anticiper les conséquences, agressivité sans motifs éligibles en société, conformisme décourageant), de leurs dents hypominéralisées comme une nouvelle espèce n’en n’ayant plus besoin.

Tant de faits vraiment étonnants dont on découvre aux mêmes pages de Science & Médecine la clef haruspique, la solution-en-dessous à ce rébus pathologique : qu’ils sont en séquelle de la contamination ubiquiste du milieu terrestre — de toutes les formes du phénomène vivant et de ses substrats — par les molécules innumérables du miracle pétrochimique et les micropolluants de la production lourde. De leur imprégnation dans ce vase clos où l’on découvre toujours en bout de chaîne alimentaire l’être humain à table, occupé à mastiquer — à ingurgiter ces réactifs qui viennent célébrer en lui leurs silencieuses noces chymiques. Et que de la sorte ces affections en rivalité de progrès exponentiels font la publicité de ce qui était le coût réel, non mentionné à l’achat, le véritable prix à payer pour tous de l’usage de la vie allégée ; le débours exorbitant en fin de compte de ces procédés de magie quotidienne dont les additifs secrets s’insinuent dans les fonctions de la vie organisée et l’abusent de leurs similitudes pour se glisser aux commandes endocriniennes, ou en perturber la distribution nerveuse, le renouvellement cellulaire, pour en ronger la protection immunitaire.

(& qui sont aussi indiscernables à l’aveugle qu’une combinaison de fongicides en goûtant le vin, ou que des oxydats d’herbicide dans l’air matinal, que ces antibiotiques et facteurs de croissance s’associant à la chimie de synthèse dans les tranches de jambon ; aussi invisibles à l’œil nu que des organochlorés ajoutés aux dioxines, furanes et métaux lourds dans le saumon nordique ; et invraisemblables que ces tonnages de principes actifs versés au courant des eaux de surface par les urines du bien-être public (anti-inflammatoires, œstrogènes de synthèse, hypotenseurs, anxiolytiques, antalgiques, bêtabloquants, vasodilatateurs, anticancéreux mutagènes, antidépresseurs, etc.) et jusque dans l’eau du robinet avec du trihalométhane en mélange des traitements agricoles, et jusque dans celle en bouteille des captages profonds ; aussi inimaginables a priori que de l’ignifugeant bromé dans le lait maternel, ou qu’un hépatotoxique-reprotoxique par contact dans les lingettes pour bébé, ou que ces phytosanitaires « à effet négatif sur le développement cognitif et moteur » qu’on leur donne à la cuillère ; aussi insoupçonnables en texture que ces nanoparticules de dioxyde de titane dans le parabène de la crème solaire en application répétée, ou que ces nanotubes de carbone (aberrant chromosomique) dans le dentifrice au triclosan (altérateur de la fonction cardiaque) ; aussi peu signalés en notice que la démence sénile offerte avec l’inducteur de sommeil et d’humeur égale ; aussi subreptices qu’un neurotoxique en résidu prosaïque sur les fruits et légumes des recommandations journalières ; aussi profus que ces 4 000 substances susceptibles de provoquer un eczéma de contact ; et protéiformes et obsessifs que ces bisphénols et phtalates des travées Alimentation-Hygiène et Soins cosmétiques-Entretien de la maison, à s’introduire de toutes parts en nous pour y mystifier la thyroïde, la perturber dès l’origine dans l’élaboration des structures cérébrales complexes, qui sont la raison effective de cette érosion des capacités cognitives chez les générations récemment exposées à ces formules dès l’embryogenèse et dont l’accroissement des « troubles du spectre autistique » — 20 à 30 fois davantage que dans les années 70 — constitue en somme un marqueur.)
& qu’à étaler ces liasses sur la table, à juxtaposer ces aperçus hétéroclites de ce qu’il en est, on obtient devant soi en composition de titraille éloquente une Révélation très complète de tous les vices cachés sous les abords avenants de la civilisation et de beaucoup de singularités dont elle est sur le point d’accoucher, qui font ensemble une Apocalypse de notre temps sans obscurités de lecture, sans difficultés à gloser, sans nul besoin de cabalistique : elle est là, devant nous, déployant ses fresques expressives d’un dérangement universel, d’une métamorphose de ce monde en une machinerie exclusivement de calamités pour le désarroi du pullulement humain. Et pour ne pas la voir, il faut être bien distrait.

— Baudouin de Bodinat, Au fond de la couche gazeuse (2015).


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