Octobre 2022 bat tous les records de chaleur jamais enregistrés en France pour octobre - Déni ou luttes offensives ?

2022, l’année la plus chaude jamais mesurée - Déni et dissonance cognitive ou révolte organisée ?

mardi 1er novembre 2022, par Auteurs divers.

Le réchauffement climatique s’accélère et ses effets néfastes s’installent. En moyenne +3.5°C pour octobre 2022 !
Mais plus la situation s’aggrave moins les médias dominants et le Pouvoir discutent des problèmes de fond.

Ils nous enfument avec d’autres sujets ou avec leur solutionnisme techno-industriel, en se gardant bien de nommer la civilisation industrielle comme cause des désastres.
Est-ce que les saines réactions de révolte organisée vont se multiplier afin qu’une offensive puisse s’affirmer, où la plupart des gens vont continuer à être dans le déni, la fuite, la distraction, l’attentisme, la résignation, la soumission, le réformisme pour 2050, le rêve d’absurdes solutions miracles, ou pire, tenter de verdir et faire durer le système qui nous tue ?

L’anomalie thermique d’octobre 2022 va se situer entre +3,3 & +3,5°C. C’est :
▶️de loin, le mois d’octobre le plus chaud jamais mesuré
▶️de loin, l’anomalie la plus importante de l’année largement devant toutes les anomalies de l’été
▶️le 9e mois consécutif d’anomalie positive.

- Pourquoi les anomalies de températures d’octobre pourraient être les pires de l’année 2022
32,5 °C en Corse ou 29,6 °C à Toulouse dimanche, 25 °C attendus à Nantes jeudi… On se croirait en plein mois de juin au beau milieu des vacances de La Toussaint. Pire, même si notre ressenti n’est pas le même que lors des vagues de chaleur de cet été, jamais les anomalies de températures n’ont été aussi fortes, cette année, qu’en ce mois d’octobre. Depuis le début du mois, Météo France a recensé six jours où les températures dépassaient de 5 °C la moyenne normale. On vous explique le phénomène.

Octobre 2022 bat tous les reccords de chaleur jamais enregistrés en France pour octobre - Déni ou luttes ?
Plus les choses s’aggravent, moins les médias dominants et le Pouvoir discutent des problèmes de fond

🌡️ OCTOBRE : RECORD DE CHALEUR ETNIDIATIQUE

- Anomalie thermique de +3,5°C, « un air de vacances » selon les journaux télévisés

➡️ Samedi 29 octobre, en pleines vacances de la Toussaint, il a fait des températures estivales sur toute la France. 21°C en Normandie, 23°C en altitude en Auvergne, 25°C au bord d’un lac près de Reims, autour de 30°C dans le Sud-Ouest et au bord de la Méditerranéee. Il a fait jusqu’à 33°C à Lomné, au pied des Pyrénées ! Une température jadis qualifiée de caniculaire, aujourd’hui devenue banale en été. Mais pas à la veille du mois de novembre. L’eau de la Méditerranée est encore mesurée jusqu’à 5°C plus chaude que la normale par l’institut européen Copernicus.

➡️ Le mois d’octobre que nous venons de vivre a battu des records : c’est le mois d’octobre le plus chaud mesuré depuis 1900. En moyenne, il a été 3,5°C au dessus des normales. Une anomalie climatique énorme, plus importante que les canicules du mois de juillet et août, même si elle paraissait moins spectaculaire car nous sommes en automne. Ce mois d’octobre fait suite à 8 mois d’anomalies positives d’affilée.

➡️ D’après une étude du CNRS la France se réchauffe beaucoup plus vite que la moyenne planétaire. Et la planète se réchauffe plus vite que les précédentes études l’imaginaient. Les scientifiques font plusieurs scénarios. Avec une réduction « modérée » des gaz à effets de serre, les températures dans l’Hexagone pourraient augmenter en 2100 de 3,8 degrés en moyenne par rapport au début du XXe siècle. Dans le pire des scénarios, celui où on continuerait à avoir un recours massif aux énergies fossiles – pétrole, gaz, charbon – ce qui est actuellement le cas, les températures moyennes pourraient grimper de 6,7 degrés. On a du mal à se le représenter, mais cela signifie un changement de pays dans les prochaines décennies : le paysage entièrement modifié, des espèces qui disparaissent, des conflits majeurs autour de l’eau, une crise agricole durable, et donc des pénuries, des morts…

➡️ Concrètement, cet automne, certains arbres sont verts voire en fleurs. C’est le résultat d’un climat anormalement chaud en automne après des sécheresses prolongées cet été. Les arbres se sont mis en « veille » et se réveillent comme s’ils étaient au printemps. Dans les vignobles, au Pic St Loup, certaines parcelles débourrent, c’est-à-dire que des bourgeons apparaissent et s’ouvrent. La plante est déboussolée et imagine un faux printemps. Dans le Sud, les cigales chantent encore, certains oiseaux ne migrent pas comme ils le font chaque automne vers l’Afrique, ou alors différemment, perdus. Les cultures d’hiver comme le blé ou le colza subissent un développement accéléré et passeront sûrement l’hiver dans un stade plus avancé, donc plus sensible.

➡️ Face à ces bouleversements évidents, sous nos yeux, tout le débat public devrait être consacré à l’écologie, aux moyens de s’adapter, de conserver un environnement vivable dans les prochaines années. Mais non. Certains médias se réjouissent même du réchauffement climatique. Vendredi soir sur TF1, un sujet expliquait que la chaleur du mois d’octobre n’était « que du bonheur », avec des familles qui mangent une glace en T-Shirt. La voix off parlait d’un « air de vacances », les personnes interrogées expliquaient « c’est génial » et prolongeaient leur séjour, les commerçants sont contents. Un déni alarmant. Plus le changement climatique s’accélère, plus ses effets sont décrits comme positifs par les médias dominants. C’est « Don’t Look Up », en pire. La dissonance cognitive généralisée.

(post de Contre Attaque)

- Emma Haziza : “Octobre 2022 nous raconte un nouveau niveau atteint dans le changement climatique”
À l’occasion du 3e Forum Sécurité & Résilience organisé par WE DEMAIN, l’hydrologue Emma Haziza est revenu sur les effets du dérèglement climatique en France en 2022.
(...)
“Il faut vraiment qu’aujourd’hui on prenne conscience que, à l’heure du mois d’octobre 2022, on est vraiment sur une bifurcation dans une nouvelle ère. On est sur quelque chose d’absolument nouveau, à laquelle la France n’était absolument pas prête. La France a toujours vécu des variabilités naturelles du climat. On a toujours connu de grandes sécheresses, de grandes crues. Des crues bien plus importantes que celle de Paris en 1910. En 1303, on traversait le Rhin à pieds secs. On a eu des petits âges glaciaires et des périodes très chaudes au Moyen-Âge. La Révolution française a elle-même été initiée par un phénomène de sécheresse. Dans l’Histoire, la France s’est donc toujours adaptée.

Là, on est en train de vivre quelque chose d’absolument nouveau, déjà en termes de rythme. Et ce qui doit le plus nous inquiéter, ce n’est absolument pas l’été qu’on vient de vivre. Qui pourtant a permis une prise de conscience. Mais c’est l’automne qu’on est en train de vivre. Parce que le mois d’octobre 2022, qui devrait s’avérer le mois d’octobre le plus chaud jamais enregistré dans l’histoire de la France nous raconte un nouveau niveau atteint dans le dérèglement climatique. La ville de Toulouse a atteint les 29 degrés. En Corse, il a fait 31-32 degrés. On est sur une anormalité sur le plan climatique. On a quasiment 10 degrés d’écart avec la normale saisonnière. Et 10 degrés, ça change tout.”
(...)
On a trop eu cette image d’une France qui allait se transformer tranquillement, sereinement. Où le changement climatique viendrait du Maroc, traverserait l’Espagne. Que le Bordelais, on finirait par le faire en Champagne. Et on ferait sans doute du champagne en Grande-Bretagne. Certains étaient déjà en train d’investir dans les terres. Sauf que cette année, on a eu plus de 40 degrés outre-Manche. Tous ceux qui, en prévision du dérèglement climatique, ont acheté leur lopin de terre en Bretagne déchantent. La Bretagne a dépassé les 40 degrés cet été. Donc il faut changer et avoir un cerveau agile. On n’a pas le choix, c’est quelque chose d’essentiel.
(...)
“La Chine vient de connaître une sécheresse historique. Les géants mondiaux de l’eau que sont le Canada et le Brésil viennent de vivre des sécheresses historiques. Au Brésil, 71 % de son énergie est fournie par ses barrages hydroélectriques. En Chine, on a des territoires comme le Sichuan où on monte à plus de 90 % d’énergie fournie par ces barrages hydroélectriques. Or, ces barrages sont vides. Résultat : en Chine, on a un arrêt des usines de 2 jours par semaine dans un premier temps, parfois complètement. Car, là-bas, si on n’a plus d’eau, bien souvent il n’y a plus d’énergie derrière.
(...)
Prenons l’exemple de la Californie, premier État exportateur agricole aux États-Unis. Toute son infrastructure (chemins, voies ferrées) ont été construites et pensées pour ça et exporter cette nourriture vers le reste du pays. 80 % de l’Américain moyen mange à partir de ce qui est produit en Californie. Mais si on a une chute drastique des rendements en Californie, il va aller se servir sur le marché international. En effet, l’eau est un bien qui a beaucoup de mal pour pouvoir bouger mais qui se balade très bien dans les libre-échanges. Donc il faut comprendre que pour construire une stratégie de résilience, cela passe par la plus grande indépendance possible. Il faut pouvoir se nourrir majoritairement à partir de produits locaux. Il faut s’habiller avec des vêtements made in France, etc. C’est toute notre économie que l’on doit repenser en prenant conscience de cette eau qui est cachée dès qu’on importe quelque chose.”

🍁 UN AUTOMNE DÉRÉGLÉ

La vague de chaleur et de sécheresse qui frappe une partie de l’Europe depuis plusieurs mois a déjà des conséquences inquiétantes.

Dans plusieurs régions, on constate que des arbres fruitiers de types rosacés refleurissent (cerisiers, poiriers, pommiers, pruniers etc.), c’est également le cas pour certaines fleurs. Ces végétaux agissent comme si nous étions au printemps.

Le facteur de la luminosité est à prendre en compte car celle-ci est similaire pour les deux saisons qui s’achèvent par un équinoxe, en prenant évidemment en compte que les journées raccourcissent en Automne et s’allongent au printemps.
Ce qui est anormal, ce sont les températures bien trop chaudes pour la saison au point que des végétaux bourgeonnent à un mois et demi de l’hiver.

Ces phénomènes ne semblent pour le moment pas se produire sur la flore sauvage sauf à de très rares exceptions.

Concernant la faune, les échelons de différentes chaînes alimentaires sont gravement perturbés par la sécheresse. Beaucoup de rivières et de plans d’eaux ont perdu leurs poissons et les batraciens ont fui.

Autre fait récurrent, le cycle migratoire des oiseaux est de plus en plus bouleversé.
Le journal Libération rapporte à titre d’exemple qu’environ 1000 cigognes passent dorénavant l’hiver sur le pourtour méditerranéen plutôt que l’Afrique. Il est possible que certaines espèces d’oiseaux se sédentarisent définitivement.

Le rapport de la chaleur à l’humidité d’automne risque également de voir proliférer les insectes et certains champignons nuisibles jusqu’à une période tardive, les insectes sont encore omniprésents (enfin façon de parler sachant que 75% d’entre eux ont disparu en dix ans).

Dans tous les cas, la biosphère prépare généralement l’hiver au compte-goutte.
L’automne est une saison transitoire durant laquelle les températures baissent progressivement en étant douces voire chaudes en début de saison et finissent par être fraîches voir froides au mois de décembre.

Un gel soudain pourrait avoir des conséquences lourdes. Ce passage brutal d’une saison à l’autre est malheureusement envisageable.

Il est impossible de prédire la réaction animale ou végétale face à ce phénomène nouveau que nous découvrons nous aussi.

Néanmoins nous avons toutes les raisons d’être inquiets sachant que nous ne sommes qu’au début de ce grand chamboulement.

(post de CND)


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