Non au port du masque à l’école

Tribune de parents d’élèves de l’école de Saillans

mercredi 4 novembre 2020, par Non au port du masque à l’école 26.

 
Nous, parents d’élèves de l’école publique de Saillans, tenons tout d’abord à exprimer notre soutien et notre sympathie aux enseignant.es de l’école en ces circonstances particulièrement anxiogènes et inconfortables.

Nous tenons également à faire part de notre colère et notre indignation de parents et de citoyen·nes, quant aux mesures dites sanitaires imposées par le gouvernement, l’obligation faite aux enfants d’école élémentaire de porter le masque, notamment. Si la situation sanitaire nous impose effectivement de mettre en place certaines mesures cela ne devrait pas nous empêcher de penser quelles en sont la pertinence et les limites.

Nous pouvons déjà douter de l’efficacité sanitaire d’une telle mesure. En effet pour que le port du masque soit efficace, cela suppose de nombreuses précautions dans la manière de le mettre, de le manipuler, de le maintenir sur soi (etc.) ce qui nous semble impossible de tenir avec des enfants, à moins que l’essentiel du temps scolaire soit passé à faire respecter cette mesure, et que les corps de nos enfants deviennent suffisamment disciplinés pour tenir ces gestes-là. Tout cela semble compliqué à obtenir sans user de la peur et du dressage quotidien (ce qui, nous en sommes convaincus, ne sera pas l’option retenue par les enseignant·es). Nous ne sommes alors pas loin du théâtre sanitaire : se faire croire par le règne des apparences (une école masquée) que nous sommes dans la maîtrise. Avons-nous à jouer le jeu de cette grande mascarade (c’est le cas de le dire...) qui a lieu en de trop nombreux endroits 

De notre point de vue ce qu’on impose là aux enfants est violent. Nous sommes encore sidéré·es par l’imaginaire de ce que deviendrait l’école si cette mesure est respectée, que tous les visages disparaissent derrière un masque... Cela contribue à alimenter un climat déjà suffisamment anxiogène, et nos enfants méritent mieux que de grandir dans la peur. Quelle est l’ambiance que l’on souhaite cultiver au sein de cette école, au cours de ces années où se jouent tant de choses essentielles ? Au niveau du rapport à l’autre et de la socialisation ; des apprentissages, et de la relation aux savoirs et aux arts ; des questionnements, de la curiosité et des capacités critiques, des possibilités d’expression, de la confiance en la vie, sans parler de la difficulté de mener des apprentissages efficients quand on ne voit ni la bouche ni les expressions du visage de ses camarades, de son enseignant.e. 

Quand cette peur du virus commence à rimer avec la peur de l’autre cela nous effraie dans ce qui s’imprime dans le corps et la conscience de nos enfants, de ce qui s’installe jour après jour, dans ce qui devient des habitudes. Qu’est-ce que cela raconte de la rencontre avec cet autre, de la possibilité de rentrer en interaction avec lui, de se toucher ? Et ce visage est aussi ce qui nous rend humain, et il est la médiation de nombreuses choses essentielles par le langage non-verbal, l’expression du lien, des émotions, de tout ce qui fait aussi qu’un être est singulier et qu’il n’est pas qu’un élément parmi d’autres d’une masse informe.
Et les jeunes générations ont déjà trop pâti de cette crise-là. Comment user chacun·e à notre place de nos forces et de nos vigilances pour ne pas voler cette précieuse enfance dans l’application de ces procédures folles ? Au final, quel monde voulons-nous (sommes-nous en train de) transmettre à nos enfants ?

Nous ne nions pas les problèmes sanitaires qu’il y a actuellement mais, sans minimiser les risques de contagion, cela ne doit pas nous conduire à tout accepter. Face à de telles mesures nous avons chacun.e à jouer notre responsabilité de parent et d’enseignant·e, pour ne pas faire subir aux enfants des mesures insensées (ces enfants qui eux n’ont rien demandé, ni décidé). Et quand l’État déraisonne, cela est de notre point de vue un geste éthique et de responsabilité de désobéir pour que continue à vivre une école humaine.
Nous souhaitons que nos enfants puissent continuer à l’école, qu’ils puissent y aller sans masque, et qu’ils côtoient leurs camarades dans un climat acceptable.

Après un premier temps d’échange collectif qui a réuni une vingtaine de parents ce lundi, nous réfléchissons à des actions spécifiques de sensibilisation et d’alerte, la mise en place d’une pétition par exemple, l’envoi de mail à l’inspection académique de Crest... En outre, nous sommes prêt·es à soutenir toute action des équipes enseignantes allant dans ce sens-là. Notre idée est également de fédérer les nombreuses oppositions au port du masque dans notre vallée.

Des parents d’élèves de l’école de Saillans (N’hésitez pas à nous contacter sur non-au-masque-a-lecole-26 chez riseup.net)


2 Messages

  • Non au port du masque à l’école Le 9 novembre à 08:44, par Bernard Bruyat

    Depuis de trés nombreuses années j’ai travaillé au sein de l’OPDLM et aujourd’hui avec son Université du pas de côté à expliquer que le fonctionnement de nos écoles dans nos zones rurales avec ou sans le masque ressemblé de plus en plus au fonctionnement des prisons dans notre pays.
    Comme dans certains autres pays l’école doit appartenir à son village et être géré par l’ensemble de ces habitants dans un souci de Métissage Culturel des Ages .
    L’enseignement et non la « formation » ne doit pas se faire en lieu clos ou chaque enseignant ferme a clé sa classe aprés son cour et ou le directeur de cet même école a le souci comme dans les prisons de tenir fermé tous les accès , même pas la possibilité de taper dans un ballon ou toutes autres activités avec les copines et copains du village après les cours .
    Renvoyé d’office devant un écran de télévision .
    Masque ou pas masque dans cette période ou l’idée du complot mondial fait son chemin face aux agissements dictatoriaux de nos gouvernants ,l’école doit redevenir un lieux de vie principal au sein de nos villages.

    Répondre à ce message

  • Non au port du masque à l’école Le 8 novembre à 14:44, par Chapuis Séverine

    Je soutiens complètement votre point de vue.
    Qu’en est il de votre municipalité qui avait brillée dans les journaux par ses méthodes de communications alternatives ?

    Répondre à ce message

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