Néo-fascisme, éco-fascisme, carbo-fascisme... sont hélas des possibilités

Suite aux impasses de la civilisation industrielle et au manque de résistances révolutionnaires

lundi 8 novembre 2021, par No Pasaran.

Plusieurs articles pour analyser les possibilités de venue de néo-fascismes, carbo-fascismes, éco-fascismes, en France et ailleurs. On déplore déjà la présence forte d’idées et actes en ce sens, et peut déceler les racines des fascismes dans les structures politiques et économiques en place qui sont souvent à tendance totalitaire et autoritaire.
On tente aussi quelques remarques complémentaires sur les écueils en cours.

💀LE SAVIEZ VOUS ?

Les 7 pays riches les plus émetteurs de gaz à effet de serre, dont la France fait partie, dépensent 2,3 fois plus d’argent pour repousser les migrants que pour le climat. La situation mondiale ressemble à un véritable mur érigé entre les responsables du chaos climatique et ses victimes.

https://www.youtube.com/watch?v=E1YmqBUiLTM

La tentation éco-fasciste, suite logique du système antidémocratique autoritaire en place ?

La tentation éco-fasciste : migrations et écologie - Alors que la question du « monde d’après » est sur toutes les lèvres et que la crise du capitalisme s’accentue, il nous a semblé important de nous interroger sur ce que pourrait être une politique éco-fasciste. À quoi pourrait ressembler une alliance entre le « vert » et le « brun » ?

- Extraits :
(...)
Avant de plonger plus en détail dans l’interprétation de ces textes et des évolutions dont ils sont le symptôme, revenons brièvement sur la question de la crise structurelle du capitalisme. Pour y faire face, les élites économico-étatiques se sont efforcées, depuis le début des années 1980, de réduire voire même d’abolir les anciens systèmes de redistribution de la richesse, en démantelant l’État-providence et en promouvant des logiques toujours plus compétitives ; c’est ce que l’on nomme généralement le néo-libéralisme. Ce faisant, elles se heurtent de plus en plus à l’insatisfaction et à la résistance de populations dont les conditions de vie et de travail se détériorent d’année en année. Le capitalisme doit donc également affronter une crise de légitimité qui le pousse à répondre aux revendications de justice sociale en recourant de plus en plus à l’usage de la force et en s’affranchissant des contraintes qu’hier encore l’État de droit exerçait sur lui (au moins dans certaines parties du monde), dessinant les contours de ce que l’on pourrait appeler avec d’autres un « libéralisme autoritaire ». Mais aucun pouvoir, aucun « système » ne peut se maintenir par l’usage exclusif de la force, aussi le néo-libéralisme est-il à terme condamné à céder la place à une nouvelle manière d’organiser les rapports sociaux, qui le prolongera sous une forme radicalisée ou qui s’opposera au contraire à lui à tous les niveaux.
(...)
Laissons de côté ici la possibilité proprement révolutionnaire d’une sortie du capitalisme, et intéressons-nous plutôt aux options dont celui-ci dispose pour faire face à cette crise de légitimité. Elles sont, me semble-t-il, au nombre de trois : le capitalisme vert, le carbo-fascisme et l’éco-fascisme. Si le capitalisme vert pourrait s’inscrire dans un cadre néo-libéral, investissant massivement dans la transition écologique tout en poursuivant la destruction des services publics et en exacerbant les inégalités, il pourrait également prendre une forme sociale-démocrate, en essayant de relancer simultanément l’accumulation du Capital – via le développement des énergies renouvelables et la rénovation des infrastructures – et la mécanique grippée de la redistribution des richesses. Il s’agirait en quelque sorte de restaurer l’État-providence déchu en tenant compte des limites de la biosphère. Tel est en tout cas à bien des égards le pari des partisans du Green New Deal, défendu aujourd’hui par une frange du parti démocrate aux États-Unis, ou de la « Planification Écologique » qui était promue en France lors de la dernière élection présidentielle par la France Insoumise.

Parmi toutes les options capitalistes, celle-ci est évidemment la mieux intentionnée et la moins monstrueuse, même si rien ne permet d’assurer à ce jour qu’elle soit viable d’un point de vue économique comme d’un point de vue écologique (c’est une autre question que je n’aborderai pas ici). Mais plutôt que de chercher à restaurer sous une forme renouvelée et reverdie la sociale-démocratie moribonde, le capitalisme pourrait également s’acheminer – c’est la voie que nous suivons aujourd’hui dans de nombreux pays, comme la France, même si cette issue n’a encore rien d’inéluctable – vers une forme de néo-fascisme qui s’emploierait par tous les moyens à occulter la question sociale (ou tout au moins à la déplacer) en plaçant au centre du jeu politique la question nationale et identitaire. Ce qu’explique très bien le sociologue Ugo Palheta :

« Le nationalisme blanc, xénophobe et raciste, se développe dans le champ politique en raison inverse de la capacité des forces politiques dominantes et des gouvernements à apparaître légitimes. Ne pouvant obtenir sur le terrain économique et social le consentement à leur domination politique – et comment le pourraient-ils puisque leurs politiques néolibérales ne peuvent que dégrader les conditions de travail et d’existence d’une frange large et croissante de la population ? – les élites tentent de le conquérir en bâtissant le mythe d’une communauté nationale mutilée, menacée, submergée voire colonisée par des populations qui seraient étrangères à son identité profonde et traitées à ce titre – même quand elles sont françaises – comme de perpétuels invitées. Autrement dit, elles cherchent à dresser la majorité blanche contre des populations d’ores et déjà persécutées : musulmans, Roms, migrants, noirs, en s’efforçant de créer un bloc blanc sous domination bourgeoise, une alliance de classe contre l’étranger »

Dans un contexte d’intensification de la crise écologique, cette dérive autoritaire néo-fasciste, et l’alliance de classe contre l’étranger qu’elle entend promouvoir, pourrait elle-même se décliner en « carbo-fascisme » ou en « éco-fascisme ». Le « carbo-fascisme » implique une fuite en avant à tous les niveaux. Accro aux combustibles fossiles, totalement indifférent aux conditions écologiques de sa survie, il est disposé à emporter dans sa tombe le legs de plusieurs milliards d’années d’évolution. C’est d’ailleurs lui, à l’heure actuelle, qui a le vent en poupe, car l’on ne peut pas vraiment dire que les mouvements politiques d’extrême droite se signalent par leur engagement en faveur de l’écologie, pas même à des fins instrumentales.
(...)
Tout indique que dans leur esprit, la vocation des êtres humains à dominer la nature est indissociable de la vocation de certains groupes humains à en dominer d’autres, et que les hiérarchies de classe, de race et de genre qui structurent leurs sociétés ne peuvent être perpétuées qu’à condition de préserver cette autre grande hiérarchie, anthropocentrée, qui place l’être humain au sommet du Cosmos et lui octroie le droit d’en faire usage comme bon lui semble.
(...)
Elle pourrait à terme conduire, au nom de « l’intérêt général » et de la préservation des équilibres de la biosphère ou des écosystèmes nationaux, au sacrifice des groupes placés en bas de l’échelle sociale, restreignant dans un premier temps drastiquement leur accès aux ressources et aux richesses, et remettant finalement en cause leur droit à l’existence. Par éco-fascisme, il faudrait alors entendre une politique désireuse de préserver les conditions de la vie sur Terre, mais au profit exclusif d’une minorité.
(...)
Or désormais, comme en attestent par exemple de nombreux sondages en France, la protection de l’environnement et l’immigration font partie des principales inquiétudes des citoyens. Dans un tel contexte, nous pensons que l’extrême droite ne pourra parvenir au pouvoir ou à minima imposer son agenda idéologique qu’à condition d’articuler de façon cohérente le rejet de l’immigration (et la stigmatisation des groupes construits comme « étrangers ») qui la définit traditionnellement et le souci de l’environnement. Elle aurait par exemple tout à gagner à présenter « l’invasion » supposée des migrants et le saccage avéré de la nature comme deux expressions distinctes mais convergentes d’une même logique : celle d’une intensification symétrique des flux de marchandises et de capitaux d’un côté, et des flux d’êtres humains de l’autre. Faute de pouvoir articuler ainsi le « brun » et le « vert », elle ne saurait s’imposer durablement – au moins dans certains pays, comme le nôtre – auprès d’un électorat toujours plus inquiet face à la détérioration des conditions de vie sur Terre. Ou pour le dire autrement, elle ne parviendrait pas à mettre en place le « bloc blanc sous domination bourgeoise » et à créer « l’alliance de classe contre l’étranger » que nous évoquions plus haut.
(...)
L’éco-fascisme serait alors le nom d’une politique qui ménagerait le milieu de vie non pas en réduisant l’empreinte écologique des nations et des classes qui tirent profit des rapport sociaux capitalistes, mais en perpétuant au contraire les conditions socio-écologiques de leur accès privilégié à l’abondance matérielle et énergétique, notamment par la marginalisation ou l’élimination des groupes et des individus perçus comme surnuméraires. L’illimitation absolue propre au carbo-fascisme céderait alors la place à une politique des limites, mais ces limites n’auraient pas grand-chose à voir avec celles que prônent par exemple les partisans de la décroissance soucieux de justice sociale.
(...)
Dans un contexte de ralentissement de la croissance mondiale, la réaffirmation ou le renforcement des hiérarchies sociales permettrait de déterminer quelles catégories de la population pourraient accéder aux plus belles parts d’un gâteau appelé à diminuer, et quelles catégories devraient au contraire se contenter de miettes, exacerbant ainsi des tendances déjà à l’œuvre à l’heure actuelle. Elle pourrait également conduire, le temps passant, à l’adoption de pratiques eugénistes visant à limiter la reproduction des groupes « subalternes ». En dernière instance, elle pourrait même promouvoir leur élimination ; la gestion des conséquences de l’effondrement écologique prendrait alors tout simplement la forme du crime de masse. À terme, cette épuration socio-écologique pourrait toucher des franges sans cesse croissantes de la population mondiale, mais si cette dynamique éco-fasciste venait à éclore, elle affecterait manifestement dans un premier temps les plus vulnérables d’entre nous : les migrants, qui sont d’ores et déjà dans les pays riches la cible privilégiée non seulement des partis et des leaders d’extrême-droite, mais aussi des politiques sécuritaires de la plupart des États.
(...)
Tout comme la biodiversité, l’ethno-diversité devrait être protégée, et à l’image des écosystèmes, les cultures seraient des entités fragiles dont il faudrait préserver les équilibres lorsque ceux-ci sont menacés par des perturbations extérieures. Ce réseau d’analogies perverses qui réintroduit un naturalisme fort au cœur du dispositif ethno-différentialiste permet aujourd’hui à Marine le Pen de défendre ce que l’on pourrait appeler un « souverainisme éco-fasciste », en affirmant notamment qu’il faut protéger « les écosystèmes, à commencer par les écosystèmes humains que sont les nations » Il autorise aussi un auteur comme Hervé Juvin, nouveau « Monsieur écologie » du Rassemblement National, à comparer les migrants à des « espèces invasives », face auxquelles « l’homme doit défendre son biotope ». Les amateurs d’histoire apprécieront et se souviendront du concept de Lebensraum cher aux idéologues du IIIe Reich, qui fut justement forgé pour traduire et germaniser le terme de biotope.
(...)
Tous les voyants sont au rouge pour que cette écologie de l’arche de Noé gagne du terrain. La compétition pour l’accès aux ressources et aux richesses en voie de raréfaction que nous avons décrite au début de ce texte va s’exacerber d’autant plus que la croissance démographique ne connaît de son côté aucune crise : l’on estime que 9,7 milliards d’humains peupleront la Terre en 2050. Pour ne rien arranger, c’est bien souvent dans les pays du Sud que non seulement l’augmentation de la population va être la plus soutenue, mais que les effets du réchauffement climatique vont être les plus vifs.
(...)
Dans un tel contexte, le triomphe de cet éco-fascisme que nous avons décrit dans ses grandes lignes, s’il n’a rien d’inéluctable, semble malheureusement tout sauf improbable. Non seulement les Patrick Crusius et les Brenton Tarrant pourraient se multiplier, mais l’excroissance des idées qui les ont poussés à tuer pourrait à terme revêtir la forme monstrueuse d’une violence d’État, provoquant des crimes de masse dont les justifications idéologiques mêleraient motifs identitaires et écologiques. Cette alliance criminelle entre le « brun » et le « vert », nous ne sommes pas suffisamment préparés à la combattre, ni conceptuellement ni politiquement. Quels arguments lui opposer ? J’essaierai ici d’en esquisser quelques uns pour conclure ce texte, mais il me semble que seul un effort intellectuel collectif réunissant chercheurs et militants pourra nous permettre d’avancer véritablement sur ce sujet crucial. Davantage qu’une conclusion, ces paragraphes finaux sont donc avant tout une invitation à poursuivre et à approfondir la réflexion.
(...)
Pour autant, il est indéniable que l’impact écologique d’une société, quand bien même elle serait gagnée par des idéaux de simplicité volontaire, sera plus difficile à gérer dans un monde à 9 milliards d’individus que dans un monde à 2 milliards (la population mondiale au début du XXe siècle), a fortiori si les fonctions écologiques élémentaires de la biosphère y sont endommagées. Et il ne semble pas exagéré de dire que, couplée aux dynamiques du capitalisme, la croissance démographique joue également un rôle dans la prolifération des plastiques, la déforestation, l’étalement urbain, les besoins accrus d’énergie et de terres arables, etc.

Si la décroissance et l’abolition des rapports sociaux capitalistes doivent demeurer des objectifs prioritaires, il serait donc malencontreux d’abandonner la question démographique aux idéologues d’extrême droite, qui en feront toujours un usage nauséabond et l’inscriront systématiquement dans le cadre de politiques autoritaires, eugénistes et racistes allant de la stérilisation forcée des femmes issues des populations subalternes à leur élimination pure et simple. Il vaudrait au contraire la peine de se demander dans quelles conditions une politique de décroissance démographique pourrait s’articuler à une visée émancipatrice. De ce point de vue, la pionnière française de l’éco-féminisme, Françoise d’Eaubonne, offre des perspectives intéressantes.
(...)
il était selon elle possible de faire coup double : promouvoir la liberté des femmes tout en réduisant les taux de natalité sans soulever le spectre de mesures coercitives. Dans cette perspective, il s’agirait en quelque sorte de dénaturaliser la croissance démographique et de montrer que celle-ci, loin d’être un phénomène purement biologique, est également la résultante du pouvoir exercé sur le corps des femmes par diverses institutions : la famille, l’Église ou encore l’État
(...)
Les migrants ne sont donc pas les « complices » du Capital, comme le voudrait le raisonnement odieux des anti-immigrationnistes « verts ». Ils font au contraire partie des principales victimes de la division internationale, intrinsèquement hiérarchique, de l’accès au travail, aux richesses et aux ressources, mais aussi de l’exposition aux nuisances. En tant qu’écologistes anti-capitalistes, notre place est par conséquent à leurs côtés, pour des raisons éthiques bien sûr, en raison de la valeur incommensurable de chaque vie, mais aussi pour des raisons politiques ; les accueillir et leur offrir la possibilité de poursuivre leur existence sous des cieux plus cléments, c’est réparer en partie les injustices qu’ils ont eu à subir.

Nos remarques

En l’absence, dans nos pays occidentalisés de basculements révolutionnaires, de fortes résistances à teneur émancipatrice et écologiste, si le modèle en place techno-capitaliste reste dominant et essaie d’éviter le néo-fascisme, deux écueils surgissent inévitablement :

1. Soit la civilisation industrielle fuit en avant dans la croissance et les fossiles sans changer grand chose et alors elle va se heurter violemment aux limites terrestres et aux catastrophes climatiques/écologiques dans un futur assez proche, provoquant des effondrements plus ou moins complets/rapides de structures politico-économiques, laissant la plupart des gens démunis, sans alternatives, et alors le risque de néo-fascismes est très fort.
2. Soit la civilisation industrielle essaie d’instaurer le « green new deal », une forme ou une autre de capitalisme « vert » à base de pseudo « transitions énergétiques » techno-numériques et de redistributions de miettes aux classes dominées. Mais ça ne fait au « mieux » que déplacer ou retarder les problèmes, là aussi le crash est inévitable au final et mènerait aussi à un fort risque de néo-fascismes. L’avantage par rapport à la première option, c’est que ça laisserait, peut-être, davantage de temps aux éventuelles forces révolutionnaires émancipatrices de se mettre en place.

Si des néo-fascismes arrivent à s’installer et que la situation se dégrade encore, l’émergence ici ou là de mondes fragmentés, émiettés, souvent en conflit (surtout au départ), à la « Mad Max », est possible.

En tout cas, dans ces deux hypothèses, le capitalisme et la civilisation industrielle seraient de plus en plus discrédités et rejetés, les partis politiques de droite ou de gauche n’auraient plus rien à proposer et deviendraient inaudibles.
Au moment des effondrements plus ou moins prononcés des structures politico-économiques, il ne resterait donc en présence, avec des affrontements, que des forces néo-fascistes plus ou moins alliées avec les restes du capitalisme et des plus riches, et des forces (coalisées ou pas) révolutionnaires communistes, libertaires et d’écologie radicale anticapitaliste. Avec entre pas mal de personnes et groupes indécis, qui basculeraient d’un côté ou de l’autre suivant les intérêts locaux ou se rangeant par opportunisme avec le camp considéré comme le plus fort.

Mais rien n’est écrit, on pourrait aussi voir l’émergence assez tôt (ce qui est très souhaitable pour s’épargner les pires dégradations dans tous les domaines) de forts basculements révolutionnaires porteurs d’émancipation sociale, de démocratie directe et d’écologie populaire, animés par la solidarité, l’anticapitalisme radical, la critique de la civilisation industrielle, le partage et l’internationalisme, un mélange de communalisme et de blocs de résistance organisée à grande échelle.
D’autant plus si dès maintenant les populations font l’effort déterminé et constant de bâtir des cultures de résistance solides et de passer à l’offensive dans ce sens.

A l’heure actuelle, tout paraît bien bloqué et déprimant, avec l’ultra-capitalisme anti-social et écocidaire triomphant, le défaitisme des forces à gauche, l’individualisme, et l’autoritarisme étatique à fond aux manettes qui blinde son système répressif, mais la croyance dans la gestion capitaliste et la confiance dans les institutions/gouvernements s’est déjà considérablement érodée. Cette défiance légitime ne peut aller qu’en s’accentuant. Alors des retournements de situation peuvent être rapides et profonds, préparons-les, hâtons-les, tenons-nous prêts.

Compléments :

  • Le retour de l’écofascisme - Un peu partout dans le monde, on voit grandir chez les suprémacistes blancs un discours qui lie les théories du grand remplacement à la défense de l’environnement. (...) L’opinion publique considère que l’écologisme est l’affaire des libéraux, si ce n’est de la gauche, avec ses engagements en faveur de la justice environnementale et de la neutralité carbone.
    Pourtant, l’omniprésence des préoccupations environnementales chez les suprémacistes blancs montre que la distinction entre libéraux et conservateurs n’est pas nécessairement pertinente pour comprendre et appréhender les idéologies d’extrême droite aujourd’hui.
    Si les tendances actuelles se maintiennent, l’avenir sera marqué par une intensification du réchauffement planétaire et des phénomènes météorologiques extrêmes. Il y aura une augmentation du nombre de réfugiés climatiques, souvent à la recherche d’un répit dans le nord du globe. Dans ce contexte, je pense que les suprémacistes blancs associeront la perspective des catastrophes climatiques à leurs craintes d’extinction des Blancs.
  • Article d’une revue d’orientation libérale pro techno-industrie : Les origines historiques de l’écofascisme en Europe - Pour comprendre ce qu’est l’écofascisme, Carlo de Nuzzo et Clémence Pèlegrin proposent une histoire qui dépasse le strict cadre politique.
  • Spectacle fasciste - Le retour de violents affects identitaires nourris de nationalisme, de racisme et de fanatisme religieux laisse entendre que le fascisme représenterait bien plus qu’un ensemble d’ennemis que l’on saurait identifier et combattre. S’agit-il d’une sorte de maladie se lovant dans les replis psychiques de la subjectivité « néolibérale » mutilée ? L’absence de partis de masse qui s’en revendiquent explicitement, exception faite du Bharatiya Janata Party indien, ne nous autorise pas à supposer que le fascisme serait disparu. Il est revenu de toute évidence, mais sous une forme curieusement évaporée, étalée sur les réseaux sociaux et incarnée par des chefs pops médiocres qui lui donnent une apparence encore plus contradictoire et rétrograde que dans les années 1930. (...) La leçon des luttes actuelles contre l’État mène donc au même paradoxe que le fascisme propre au capitalisme avancé, où les conflits politiques sont toujours transposés en termes identitaires. Nous faisons face à un désordre objectif dont l’expression subjective passe par des types de refus divergents, incluant le retour fasciste à un passé proche, mais rencontrant tous une même limite objective. Le salaire de la blancheur – qui va s’érodant – ne retrouvera pas son ancienne gloire en érigeant des murs aux frontières, en interdisant d’entrée les Musulmans, en réindustrialisant le pays ou en blâmant des ennemis racisés. Mais il parviendra sans doute pour un temps à conjurer les vrais défis qui s’imposent, remplissant ainsi la véritable fonction du fascisme.

- D’autres articles sur Ricochets :

P.-S.

- VIDEO sur CND
Quand la pseudo gauche en vient à tenir le même discours que l’extrême droite, on comprend ce que signifiait la lepenisation des esprits. Et on comprend pourquoi tant de personne n’ont plus envie d’avoir affaire à cette gauche moisie, bourgeoise et réactionnaire.
Montage Caisses de grève


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