Logements de faits

mardi 21 avril 2020, par Seb26.

Il.les sont une dizaine à vivre sur un lieu à l’abandon. Lieu sur lequel il.les doivent trouver les moyens de cohabiter dans ces conditions honteuses : pas d’eau, pas d’électricité, pas de toit. Assigné.es ici, dans cet endroit où seule une vieille dame passe car « il y a de jolies fleurs par chez nous » raconte un habitant du lieu, il leur a été demandé de se confiner sur ce terrain. S’il.les sortent, il.les doivent justifier via les attestations, les motifs de leurs sorties.

Les associations locales sont restées ouvertes tant bien que mal, en créant un quotidien dans ce moment extraordinaire. Elles continuent leurs actions pour maintenir du lien. Ce lien est plus que nécessaire en ces temps où on nous proscrit les visites aux ami.es, famille… Plus les jours passent et plus nous saisissons la valeur de ce lien.

Il.les sont ainsi seul.es dans cet espace, n’ayant pas d’autres alternatives proposées. Cette colocation de fait leur a été imposée. Il.les se débrouillent pour se partager les lieux… Chacun.e crée autour de sa tente son espace vital. Il faut couper du bois, arranger le terrain, gérer le voisinage de sa tente. Garder l’eau potable, l’apporter sur le terrain. Gérer les stocks et l’hygiène de la nourriture. Se chauffer. Se réchauffer. Dormir. Ne pas avoir peur de l’insécurité... Se soigner, avoir accès à ses traitements. Ne pas les oublier car il faut penser à tout. Penser à gérer ses documents administratifs quand on aura accès à internet, trouver une imprimante pour les attestations. Et aussi faire sa lessive. Surtout, ne pas se blesser car aux urgences on sait qu’on ne sera pas prioritaire… Et puis, se désinfecter les mains, porter un masque…

Si leur « logement » est reconnu, si leur existence apparaît légitime aux yeux de tou.tes, s’il devient logique que ces personnes doivent se confiner, quand ce qui était invisible devient visible,
Alors :

Comment est-ce possible de demander à des personnes de rester sur un terrain pendant des semaines, sans accès à tous les besoins primaires, en leur demandant de ne pas sortir ?
Comment pouvons-nous laisser des personnes, livrées à leurs problématiques de sans-logement, pendant des semaines et espérer que tout se passe bien ?
Comment pouvons-nous les assigner à résidence, pour qu’après on leur demande de partir ?
Comment pouvons-nous accepter depuis des années qu’aucune structure adaptée ne soit mise en place pour eux ?
Comment pouvons-nous laisser une mairie silencieuse sur la question de la sécurité de ses concitoyens ?

Pourquoi ne serait-il pas envisageable de construire des habitats décents pour ces crestois.es. Il.les ne sont qu’une quinzaine. Au lieu de construire un pont onéreux qui n’est pas aux normes, faisons le logement pour tou.tes une nouvelle norme !

C D, J F, L D, G C et bien d’autres


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