Lettre ouverte d’un cheminot de Drôme-Ardèche aux non-grévistes à quelques entreprises qu’ils appartiennent

Rejoignons-nous dans la lutte... Pour un avenir pour tous !

mercredi 8 janvier 2020, par Claude.

Lettre ouverte d’un cheminot de Drôme-Ardèche aux non-grévistes à quelques entreprises qu’ils appartiennent.

« Tant que la modernité se choisira comme seule et unique valeur l’Efficacité et le Résultat...elle nous conduira aux mêmes catastrophes » Albert Camus 1946

« L’efficacité pousse à des décisions inhumaines, c’est le contraire de l’homme » Christian Bobin

Dans ce conflit qui oppose un gouvernement contre son peuple, parce qu’il a trop duré pour tous et qu’au delà de ce point le risque de dislocation sociétale, de rupture du pacte républicain et de fracture irréparable est plus grand qu’il n’a jamais été, il nous faut procéder à un rappel de nos responsabilités :

N’oubliez pas et comprenez ce qu’en ne manifestant pas, ce qu’en étant pas en grève vous cautionnez...
D’une part le passage de la sécurité au risque calculé dans ce qui s’appelle la réforme du ferroviaire.
D’autre part la fin des solidarités dans notre société en ce qui concerne la réforme des retraites, le chacun pour soi qui au final sera la misère pour tous.
Les philosophes grecs nous avertissaient déjà : A ne pas vouloir nous mêler de politique vous prendrez le très grand risque que des gens pires que vous gouvernent vos quotidiens, vos avenir...et du coup les nôtres aussi.
Les poètes eux aussi nous prévenaient qu’avant d’être les victimes de tyrannies, nous en auront trop souvent été les complices zélés.
Il va falloir assumer nos responsabilités devant ceux qui nous ont transmis l’héritage qui nous a permis de vivre dans un pays tel qu’ensemble nous avons su bâtir et vis-à-vis des générations à qui nous devons un avenir et non une société dystopique, faite de portes fermées.
Il va donc falloir en finir avec l’idée qu’individuellement on peut toujours passer entre les gouttes... , d’autant qu’il y a donc pour nous dans le transport ferroviaire, cheminots et intervenants extérieurs, un double enjeu à cette grève.

Lettre ouverte d’un cheminot de Drôme-Ardèche aux non-grévistes à quelques entreprises qu’ils appartiennent

La réforme du ferroviaire et les retraites

La réforme ferroviaire un rêve de banquier. Cette Réforme c’est graver dans les textes et imposer le passage d’une haute exigence de sécurité à une politique de risques calculés.

C’est choisir d’indemniser les victimes de catastrophes que ce type de politique produit plutôt que de maintenir les moyens nécessaire à la sécurité pour plus de profit, car hors dettes de l’état liées aux grands travaux dont elle nous a laissé la charge financière, le ferroviaire est une activité qui engendre des bénéfices.

L’exemple de l’accident avec « l’agent seul sur le train » est là pour nous le rappeler.
Les augmentations « proposés » de rallongement de temps de conduite, alors même qu’on regarde à supprimer les régimes spéciaux, et à verrouiller les négociations sur les pénibilités, ne sont pas là pour ré-instaurer le minimum de confiance que notre ancien président avait fini par brader en choisissant d’être la courroie de transmission des politiques de casse de l’entreprise, de démantèlement des services publiques qu’il avait pourtant pour mission initiale de développer.

Les agents voies sont excédés par l’obligation qui leur est désormais faite, en raison de la politique de casse des services et les déficits de plus en plus criants en personnels, du manque d’attractivité de nos métiers pour espérer un recrutement, de passer par des entreprises privées pour réaliser des travaux dont ils avaient jusqu’alors la charge et dont parfois ils ont conservé la capacité de réalisation, alors même que l’entreprise a été condamné pour ne pas avoir respecté le fait que si tel était le cas les travaux réalisés par du privé devaient coûter moins cher que réalisé par la SNCF, hors tel n’est pas le cas...
Où est le réalisme, le pragmatisme économique avec lequel on ne cesse de nous rabattre les oreilles ?!!

Les agents voies ne veulent plus être juste une signature sur procès verbal de restitution « conformes » des voies alors qu’ils n’ont pas forcément les moyens du contrôle et subissent la pression d’une hiérarchie soucieuse elle d’empocher ses primes, de soigner son déroulement de carrière, parce qu’elle en a encore un.
Ils ne veulent plus être complice de ce gaspillage d’argent publique, qui confinent trop aux détournements comme certains procès nous l’ont révélé.

Bizarrement, là, l’entreprise et le gouvernement ne sont pas pressé de faire ces économies et de redonner ce travail aux brigades qu’ils préfèrent démanteler et voir remplacer par des entreprises moins regardantes quand aux conditions de sécurité et de travail.

La réforme des retraites Jackpot pour les fond de placement et la bourse

Cette « réforme » des retraites c’est amputer et démembrer nos systèmes de solidarité seulement pour répondre aux normes néolibérales imposées par des instances non-élues, non-représentatives des populations quelles gouvernent dans leurs quotidiens. Car ne nous y trompons pas ils s’agit pour se gouvernement de se mettre en conformité avec des directives européennes et leurs calendriers. C’est abdiquer le peu de souveraineté que nous conservions. C’est un régal pour la finance internationale et des groupes financiers comme BlackRock (6000 Milliards de $ d’actifs). Ce sont ces derniers qui sont les vrais promoteurs de cette réforme, car rappelons avec Michel Onfray que l’Europe n’a plus le courage de ses valeur, ni l’audace de ses vertus. Elle est l’ombre d’elle-même, peureuse et couarde, lâche et veule, avachie et communiant dans la religion de l’argent. L’euro agit en sinistre accélérateur du processus libéral dominant. Il précipite la mort de l’Etat nation. Donne les plein pouvoir à l’argent, abolissant l’état comme machine à réguler les contradictions de la vie sociale pour n’en faire plus qu’une courroie de transmission et le garant de l’application de l’idéologie mortifère néolibérales. L’Europe prépare et annonce l’inéluctable gouvernement planétaire. Pour lui, à terme, le libéralisme vise l’empire sur la totalité des terres et des peuples de la planète. Nous sommes à l’aube d’un nouveau colonialisme.
Ce gouvernement restera dans l’histoire comme le fossoyeur de nos droits et idéaux, le liquidateur de nos biens, de notre nation et ces particularismes qu’on nous envié.

Mais le sens commun et la sagesse populaire ne sont pas mort, même si tout contribue à l’affaiblir, en premier la perte des médias de masse comme garant de la démocratie puisque devenus garant d’un ordre néolibérales, comme la police, ex gardienne de la paix devenue force de ce même ordre du tout économique régnant, de l’argent roi.
Il faudra là d’urgence établir un distinguo radicale entre la notion de démocratie et celle de démocratie néolibérales, qui sont celles soutenues en Europe, en Afrique par le FMI et en Amérique latine, centrale, au moyen et proche orient par la CIA avec les conséquences sur les peuples qu’on connait ...parce que ce sont les modèles auxquels nos politiques veulent nous faire adhérer, vers lesquels, sans la résistance de tous, nous tendrons.

Les gouvernements qui ce sont récemment succédés ont se point commun d’être des antithèses des modèles sociaux plébiscités par les populations ayant connus les horreurs des guerres engendrées par la crise de 29, ayant réussi à secouer le joug des asservissements aux industries et échappées à leur modèle d’ « homme nouveau » fasciste ou nazi qui leur était proposé et Muriel Pénicaud, à ce titre, a gagner dans cette crise-ci son surnom de « l’anti Ambroise Croizat ». La perspective de vies entièrement précarisées devrait donc nous inquiéter, au delà même des problèmes de retraites, puisqu’elle apparaît comme une redite de l’histoire porteuse de catastrophes humaines planétaires.

- Concrètement voilà les 3 choix qu’il nous resteraient après la réforme  :

  1. Choisir d’avoir cotisé toute sa vie et, faisant le choix de partir avant d’être foutu, partir avec une décote qui rognera nos beaux projets, amputera nos moyens et pèsera sur nos quotidiens.
  2. Choisir de travailler plus longtemps...pour ceux qui pourront, puisque rappelons le : l’âge de départ en bonne santé régresse pour nos métiers et ce situe aujourd’hui hasard-hasard à 64 ans..âge pivot dira-t-on..
  3. S’aventurer dans les placements financiers pour ceux qui en ont les moyens ...et ne l’oublions pas éventuellement devoir soutenir les pertes du marché, de la bourse.

De toute façon il va nous falloir compter avec des retraites forcément mécaniquement en baisse :

  • Avec des recettes que le gouvernement fait baisser par ses politiques d’exonérations et d’incitations en faveur des systèmes privés de capitalisation.
  • Par la décroissance de la pension moyenne de l’ensemble des retraités par rapport au revenu moyen d’activité.
  • Par la chute du pouvoir d’achat amputé de la part nécessaire pour se constituer une épargne et rien de tout ça ne sera investit dans la recherche ou la production. Ont peut compter sur le fait que les problèmes de chômage persistent et que les problèmes ne fassent que s’amplifier.

Pour conclure je reprendrais cette question issue d’une revue chrétienne, prouvant ainsi que la défense des retraites dépasse tous clivage :

« Pourquoi remplacer un système de retraite qui fonctionne ? La retraite par répartition à la française permet de mieux protéger les anciens de la pauvreté, à l’issue d’une vie de travail. Grâce à un mode de calcul qui fonctionne comme une protection collective, il permet de gommer une partie des aléas de carrière. Comme il est financé par les cotisations sociales issue du travail, au moment même où les pensions sont payées, il est immunisé contre les folies des marchés financiers. »

Avec eux demandons aux employés de Lehman Brother dont les pensions étaient constituées d’actions de leurs entreprises, qui ont donc tout perdu en une nuit, s’ils préfèrent toujours les systèmes de retraites par capitalisation, les dérégulations et la fins des solidarités ?

Faisons notre cette réponse des danseuses et danseurs de l’opéra de Paris :

« Il nous est proposé d’échapper personnellement aux mesures, pour ne les voir appliquées qu’aux générations suivantes.[...] nous ne pouvons pas être la génération qui aura sacrifié les suivantes ».

De la même manière
Nous ne serons pas non plus la génération qui aura trahi, renoncé, dilapidé et perdu l’héritage des anciens, ce qu’ils nous avaient légué à nous et aux générations futures.

alors le vœux que je vous adresse pour cette année sera que si cette année pouvait voir triompher, contrairement à tous pronostics, quelques causes justes, qu’une victoire soit accordée au peuple contre un néolibéralisme tyrannique, son idéologie déshumanisante, des pouvoirs en place mutilateurs pour une fois qu’elle récompense par là même nos combats...

Rejoignons-nous dans la lutte...
Pour un avenir pour tous !
CG


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