La science n’est pas neutre - Le scientisme alimente la civilisation industrielle et ses carnages

Les échappatoires et les ruptures vitales ne viendront pas de la science

lundi 28 décembre 2020, par Les Indiens du Futur.

Au 21e siècle, où on voit triompher le technocapitalisme, ça ne se fait pas trop de critiquer le scientisme, le complexe technoscientifique ou l’idéologie qui soutient la science en tout circonstance.
A l’heure où la science est plus que jamais orientée et utilisée par la machine économique pour « innover », disrupter et produire davantage, il est mal vu de dire que la science ne nous aidera pas pour contrer la civilisation industrielle et ses innombrables désastres.
Alors mettons les pieds dans le plat :

LA SCIENCE, FACTEUR MAJEUR DE LA CATASTROPHE SOCIALE ET ECOLOGIQUE EN COURS

Greta Thunberg ne cesse de le répéter :

« Il faut que nous nous contentions de transmettre ce message, sans formuler de demandes, sans formuler aucune demande. Nous n’avons pas l’éducation qu’il faut pour nous permettre de formuler des demandes, il faut laisser cela aux scientifiques. Nous devrions simplement nous concentrer sur le fait de parler au nom des scientifiques, dire aux gens qu’il faut les écouter eux. Et c’est ce que j’essaie de faire. Ne pas avoir d’opinions vous-mêmes, mais toujours vous référer à la science. »

Et aussi : « Écoutez les scientifiques. »
Ou encore : « Ne m’écoutez pas. Écoutez la science. »
Marianne déplore et s’inquiète : « la France se fâche avec la science »
Emmanuel Macron s’inquiète aussi, dans un entretien avec L’Express, « de la “crise d’autorité” qui touche la politique mais aussi la science ».

La science, sur laquelle repose la quasi-totalité de la civilisation industrielle — son infrastructure, sa technologie, etc. —, doit rester l’autorité absolue. Les « antisciences » sont raillés, moqués, dénigrés — et tous mis dans le même panier ; et peu importe qu’il en existe de différentes sortes, et que la plupart de ceux qui sont mis en avant ne critiquent en réalité pas la science du tout (à l’instar des fans de Didier Raoult, ou des « climatosceptiques » à la Claude Allègre, qui se contentent juste de nier certains résultats scientifiques au profit d’autres études ou propositions qui se veulent tout-à-fait scientifiques). Critiquer la science, douter de son autorité ou de son bien-fondé, « cela ne se fait pas : la Science est politiquement neutre, même lorsque quelqu’un la laisse par mégarde tomber sur Hiroshima », ironisait amèrement le mathématicien français Roger Godement.

À l’instar de Roger Godement, un autre mathématicien français, mondialement célèbre, dénonçait en son temps le « rôle de la science et des scientifiques dans l’évolution de la société moderne ». Né d’une mère hambourgeoise et d’un père militant anarchiste ukrainien, déporté et tué à Auschwitz en 1942, alors qu’il n’avait que quatorze ans, Alexandre Grothendieck allait par la suite devenir « le plus grand mathématicien du XXe siècle » (selon Philippe Pajot et Stéphane Foucart, écrivant pour Le Monde).

Le 27 janvier 1972, il donnait une conférence au Centre Européen de Recherches Nucléaires (CERN), dont voici quelques extraits :
« En fait, c’est cela la chose remarquable, quand on pose la question : “à quoi sert socialement la science ?”, pratiquement personne n’est capable de répondre. Les activités scientifiques que nous faisons ne servent à remplir directement aucun de nos besoins, aucun des besoins de nos proches, de gens que nous puissions connaître. Il y a aliénation parfaite entre nous-même et notre travail.
Ce n’est pas un phénomène qui soit propre à l’activité scientifique, je pense que c’est une situation propre à presque toutes les activités professionnelles à l’intérieur de la civilisation industrielle. C’est un des très grands vices de cette civilisation industrielle. […]
Au début, nous étions si l’on peut dire [..] écrasés par la multiplicité des problèmes extrêmement enchevêtrés, de telle façon qu’il semblait impossible de toucher à aucun d’eux sans, en même temps, amener tous les autres. Finalement, on se serait laissé aller à une sorte de désespoir, de pessimisme noir, si on n’avait pas fait le changement d’optique suivant : à l’intérieur du système de référence habituel où nous vivons, à l’intérieur du type de civilisation donné, appelons-la civilisation occidentale ou civilisation industrielle, il n’y a pas de solution possible ; l’imbrication des problèmes économiques, politiques, idéologiques et scientifiques, si vous voulez, est telle qu’il n’y a pas d’issues possibles. […]
Lorsqu’il y a près de deux ans, j’envisageai la disparition de la civilisation, j’étais encore trop prisonnier de ses conditionnements : j’identifiais la civilisation, la seule que je connaissais, avec l’humanité. La destruction de cette civilisation m’apparaissait effectivement sous une image apocalyptique de fin de l’espèce humaine. Or, voici une demi-heure ou une heure, j’ai expliqué que cette vision a entièrement changé maintenant. L’écroulement de cette civilisation n’est pas une vision apocalyptique ; c’est, disons, quelque chose qui me semble hautement souhaitable. Je considère même que c’est notre grande chance qu’il existe, disons, une base biologique de la société humaine qui se refuse à suivre la voie de la civilisation industrielle dominante. »

Dans le numéro 9 de la revue Survivre et vivre, qu’il avait participé à fonder, « le plus grand mathématicien du XXe siècle » signait un article intitulé « La nouvelle église universelle », dans lequel il dénonçait « le scientisme, ou l’idéologie scientiste », en commentant les principaux mythes qui le composent

(...)
Lire la suite : La science, facteur majeur de la catastrophe sociale et écologique en cours (par Nicolas Casaux)

(post de Nicolas Casaux)

La science n’est pas neutre - Le scientisme alimente la civilisation industrielle et ses carnages
Les laboratoires de recherche et développement sont généralement au service du technocapitalisme

- Quelques extraits de l’article :

Le sociologue états-unien Stanley Aronowitz le résume ainsi : « Le capitalisme, tel que nous le connaissons, n’existerait pas sans la science. Et la science, telle que nous la connaissons, a été formée et déformée par le capitalisme durant tout son développement. »

L’emploi du qualificatif « neutre », pour caractériser la science, la technologie, ou autre, est toujours une tromperie, un artifice rhétorique, une prétention à la divinité, l’intouchabilité. Les affaires humaines ne sont jamais « neutres ».

Le fait que l’on n’ait d’autre choix que de s’en remettre aux opinions de scientifiques, d’experts et de spécialistes concernant les développements de la civilisation industrielle illustre la dépossession générale, l’impuissance politique dans laquelle nous sommes plongés. S’il y a des experts et des spécialistes, c’est parce que nous n’avons pas de pouvoir décisionnaire sur le cours des choses. Les experts, spécialistes, scientifiques, sont des émanations de la structure hiérarchique de la civilisation. Et plus il y a d’experts et de spécialistes « qui dénient aux individus la capacité de juger et les soumettent à un pouvoir “éclairé” se réclamant de l’intérêt supérieur d’une cause qui dépasse leur entendement » (André Gorz), et plus nous sommes dépossédés.

Le vaccin, merveilleuse invention suivant celle de la maladie, est un autre produit phare de la glorieuse science et du génie civilisé. Le vaccin permet aux « ressources humaines » de prospérer malgré les conditions terriblement propices à l’émergence et la propagation de maladies infectieuses que leur fait le Progrès, à les déposséder de tout pouvoir sur le déroulement de leurs propres existences, et donc de tout contrôle sur la nature et l’horizon dudit Progrès, à les agglutiner dans des espaces toujours plus restreints, dans des complexes toujours plus populeux — villes, métropoles, mégalopoles, mégapoles —, à concentrer pareillement, à leur côté, pléthore d’autres animaux également domestiques — chiens, chats, etc. —, à les faire circuler toujours plus rapidement et massivement de long en large à travers le globe, de même que transite le bétail des animaux dits d’élevage — ressources non humaines cultivées dans d’autres complexes prévus à cet effet —, à perturber toujours plus en profondeur toujours plus de milieux naturels, de biomes, afin d’y exploiter ou d’en extirper de toujours plus nombreuses ressources, libérant au passage toutes sortes d’agents pathogènes possiblement infectieux, etc.

Les apologistes de la science et de la vaccination ont bien raison. Si l’on souhaite que ce merveilleux état de choses perdure, si l’on souhaite perpétuer la magnifique aventure humaine que constitue la civilisation industrielle, il se pourrait que la vaccination soit essentielle. Sans vaccination, les « ressources humaines » risqueraient de se dégrader sous le coup de diverses maladies infectieuses (de même que sans vaccination, ou a minima sans médicaments pharmaco-industriels — antibiotiques, etc. —, les autres animaux d’élevage, porcs, poulets, etc., ne survivraient pas à leur agglutination), ce qui menacerait d’enrayer tout le fonctionnement de la mégamachine.

La science louangée par Greta Thunberg aussi bien que par Emmanuel Macron ou Étienne Klein (directeur de recherches au CEA et un des plus médiatiques défenseurs de la Science) est un instrument du pouvoir, reposant tout entier sur les hiérarchies sociales qui structurent la civilisation industrielle. C’est pourquoi les institutions et les scientifiques de premier plan préconisent des solutions aux problèmes dominants qui obéissent aux logiques dominantes, capitalistes et industrialistes. Il ne s’agit jamais de désindustrialiser le monde, de le démarchandiser, de défaire la civilisation industrielle — ce qui signerait la fin du complexe industrielle scientifique —, il s’agit de développer de nouvelles industries de stockage et capture du carbone, de production d’énergie dite « renouvelable », « verte », « neutre en carbone » (centrales solaires, parcs éoliens, fusion nucléaire, etc.).

Le constat du philosophe Edmund Husserl n’a rien perdu de sa justesse : « Dans la détresse de notre vie […], cette science n’a rien à nous dire. Les questions qu’elle exclut par principe sont précisément les questions qui sont les plus brûlantes à notre époque malheureuse pour une humanité abandonnée aux bouleversements du destin : ce sont les questions qui portent sur le sens ou l’absence de sens de toute cette existence humaine. »

Dans les laboratoires de R&D, les instruments de la domestication, de l’oppression, de la répression et de la surveillance de demain, pire encore que celles d’aujourd’hui, sont en gestation ; aux côtés de ceux qui permettront une exploitation et une dévastation toujours plus poussée du monde naturel.

- voir aussi :

https://youtu.be/4dV5YXwb7zg

Remarques complémentaires

Avec à présent une forme de sacralisation de la Science et avec le remplacement de l’agir et des décisions humaines par l’action de machines et de procédés cybernétiques complexes (« intelligence artificielle »), on a tendance à oublier que les problèmes sociaux et écologiques ne peuvent se résoudre que par des voies politiques, philosophiques, morales, spirituelles, culturelles, et pas du tout par un surcroit de science, de croissance, de technologies complexes et de numérique.

On doit donc viser une rupture culturelle profonde, un basculement radical, et pas un accroissement des méthodes, pensées et applications (sciences et technologies complexes liées) qui ont fortement contribué aux catastrophes en cours.

Et si un jour la civilisation industrielle est démolie, on pourra alors considérer prudemment les sciences, ce qu’on veut en faire, dans quelle culture elles s’inscrivent, à quoi elles peuvent servir, ou pas.


8 Messages

  • La science n’est pas neutre - Le scientisme alimente la civilisation industrielle et ses carnages Le 4 janvier à 13:46, par Indiens du Futur

    Un très bon résumé du grave problème de la technoscience :

    Avis aux chercheurs, aux professeurs, aux ingénieurs - Dix thèses sur la technoscience

    À l’apparence de calme élégiaque des universités et campus, où bourgeonne sur l’arbre de la connaissance les cerveaux de demain, correspond en réalité une machinerie infernale pompant nerfs, force de travail et ressources terrestres, avec rigueur et discipline, dans des laboratoires et des instituts où l’on transforme et désagrège plus que l’on étudie. Ces nouveaux temples, où les prêtres-experts propagent les mantras de la Vérité sous le nom de « connaissance scientifique », sont en liaison avec les autres arcanes du pouvoir que sont les militaires et les industriels et tout ceci forme la religion de notre époque. Cette religion, c’est la technoscience.
    - SUITE

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  • La science n’est pas neutre - Le scientisme alimente la civilisation industrielle et ses carnages Le 31 décembre 2020 à 10:45, par Heska

    J’avais lu cet article de Reporterre quand il a été publié. Mais pour que ce soit clair pour tous les lecteurs, il me faut rectifier ceci : il n’est pas exact de présenter les visons d’élevage comme le « chaînon manquant » entre le sars-cov-2 et l’humain. Ce que d’ailleurs l’article ne dit pas. Cette expression laisse entendre pour qui lit trop vite que le virus serait dans ces élevages. Il est possible et même (très) probable, au vu des données présentées par Reporterre, que ces élevages aient joué le rôle d’incubateur géant. Mais je rappelle que PMO donnent de nombreuses informations sur l’origine potentielle du sars-cov-2. Ils parlent de la maladie pulmonaire et vasculaire qui a touché 6 mineurs du Yunnan en 2012, du rôle étrange de Shi Lingzi (directrice de recherches au P4 de Wuhan) dans cette affaire, des financements de recherche autour des « gains de fonction » d’un virus (c’est-à-dire sa manipulation dans le but de permettre ou faciliter son installation dans un hôte)... Je ne vais pas résumer l’article donc je mets fin à mon énumération et j’invite tout le monde à le lire dans son intégralité. Dans cette hypothèse de sortie accidentelle du labo (et, à côté de la contamination d’un chercheur, je place aussi dans la catégorie de l’accident la très peu probable fuite délibérée par un membre du personnel), les élevages de visons européens n’auraient été qu’une caisse de résonance ou un lieu de brassage génétique accélérant l’émergence de plusieurs souches. Jusqu’à ce que de nouveaux éléments nous parviennent je pense que cette pandémie née à Wuhan résulte d’une intervention humaine à tous les niveaux. Le schéma que je propose est celui-ci : pénétration de l’homme dans des territoires sauvages dans le cadre de l’industrie extractive (mineurs du Yunan)-manipulations génétiques non officielles pour accroître la performance du virus dans le P4 de Wuhan probablement en lien avec la recherche militaire-fuite accidentelle-propagation mondiale excessivement rapide par le transport aérien et la quantité des échanges internationaux-accélération des mutations et création rapide de nouvelles souches dans des élevages concentrationnaires-incapacité de donner une réponse hospitalière à la hauteur des enjeux en raison de la marchandisation de cette fonction du soin. Ce sont tous les éléments de l’industrie, de la technologie, de l’exploitation, de la malveillance étatique, de la « modernité » qui sont impliqués dans cette affaire.

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  • La science n’est pas neutre - Le scientisme alimente la civilisation industrielle et ses carnages Le 29 décembre 2020 à 10:14, par Heska

    Cela est d’autant plus vrai que notre problème du moment, le Covid-19, pourrait bien être le résultat de manipulations en laboratoire. Je n’y croyais pas jusqu’il y a peu car tout cela n’étaient que rumeurs associées à d’autres rumeurs grotesques (les Illuminati, la terre creuse, la 5G liée au vaccins ou que sais-je encore). J’ai changé d’avis suite à un article de Pièce et Main d’Oeuvre, le groupe technocritique grenoblois. Cette association fait depuis des années un remarquable travail sur les techniques et la technlogie : nanoparticules, Linky, transhumanisme, néo-luddisme, homme augmenté, histoire de la force hydraulique... En avril 2020, comme ils l’expliquent, ils n’y croyaient pas non plus à cette histoire de virus Frankenstein issu du P4 de Wuhan. Puis ils prennent connaissance d’éléments troublants, de nouvelles informations, des résultats de recherches d’historique de la zoonose qui se révèlent négatifs (où sont les traces des mutations du virus en réservoir naturel qui lui ont permis de s’adapter à notre organisme pour y faire son nid ?), et en juin 2020, ils écrivent cet article : http://www.piecesetmaindoeuvre.com/spip.php?page=resume&id_article=1304 (cliquer sur le lien pdf en bas de l’introduction). Le 22 décembre 2020, le journal Le Monde, sous la plume de Stéphane Foucart, pond un long papier qui reprend l’argumentation de PMO. Nos amis grenoblois sourient et se demandent malicieux si Le Monde devient complotiste ! ( http://www.piecesetmaindoeuvre.com/spip.php?page=resume&id_article=1437). Voilà l’article du journal de référence de la presse française : http://www.piecesetmaindoeuvre.com/IMG/pdf/a_l_origine_de_la_pande_mie_le_monde_22_de_c_2020-2.pdf
    Alors ? La Science nous sauve-t-elle partiellement de ce que la Science nous inflige ? N’est-elle pas au mieux capable de résoudre certains des problèmes qu’elles crée par ses activités troubles au service de l’Etat et de la Marchandise ?
    Comment dans ce contexte s’étonner de la méfiance des populations vis-à-vis de tout type d’autorité ? Car si PMO a compris, il est évident que nos gouvernants informés par leurs services d’espionnage savent parfaitement ce qu’il s’est passé. D’ailleurs cet imbécile de Trump n’a jamais arrêté de parler de « chinese virus », vendant un peu maladroitement la mèche.

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    • La science n’est pas neutre - Le scientisme alimente la civilisation industrielle et ses carnages Le 30 décembre 2020 à 19:47, par Indiens du Futur

      Oui tant qu’on n’a pas trouvé l’origine du coronavirus par les voies animales, l’hypothèse d’une « fuite » d’un laboratoire reste tout à fait plausible.
      Reporterre évoque la piste des élevages de visons comme « chaînon manquant » dans la transmission vers l’humain, mais pour l’instant y a rien de complètement sûr apparemment, juste de fortes présomptions :

      EXCLUSIF - Les élevages de visons sont-ils la source du Covid en Europe ? - Des analyses génétiques révèlent que les deux lignées du Sars-CoV-2 à l’origine des deux vagues épidémiques qui ont ravagé l’Europe sont nées tout près, voire au cœur, d’élevages intensifs de visons. Elles suscitent des questions vertigineuses sur l’histoire de la pandémie, et soulignent l’incompréhensible passivité des autorités sanitaires et vétérinaires.

      La civilisation industrielle mutliplie les dispositifs (traitements antibiotiques, isolement, dépressurisation...) compliqués pour tenter de réduire les effets délétères et pandémies produits en série par les élevages industriels, lesquels continuent pourtant de s’étendre et de grossir partout dans le monde.
      Ces élevages industriels sont des nids à virus et bactéries pas cool, des nids à antibio-résistance, ils ne peuvent pas êtres contrôlés complètement, mais le système continue là-dedans.
      C’est la même chose que la Norvège qui s’autorise les recherches de pétrole en arctique.
      Ce système est fondamentalement délétère et irréformable, on pourrait développer toute les meilleures sciences éthiques du monde ça n’y changerait rien.

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    • La science n’est pas neutre - Le scientisme alimente la civilisation industrielle et ses carnages Le 31 décembre 2020 à 13:45, par Indiens du Futur

      Merci pour ces précisions.
      Néanmoins, la conclusion de l’article de Reporterre évoque diverses hypothèses, dont la possibilité que le vison soit le chaînon manquant entre la chauve souris et l’humain (ce qui validerait une origine « sauvage » du virus) :

      En définitive, bien que les soupçons s’accumulent, le rôle exact du vison reste à déterminer précisément. Simple victime collatérale de la pandémie de Covid ? Accélérateur et propagateur actif ? Chaînon manquant entre la chauve-souris et l’humain ? Les scientifiques parviendront peut-être à le dire, si on les laisse travailler. Une chose est d’ores et déjà certaine : à l’ère des pandémies, l’existence d’élevages où des millions d’animaux au système respiratoire voisin du nôtre s’entassent dans des conditions sanitaires épouvantables est une bombe à désamorcer d’urgence.

      Donc, pour l’instant on ne sait toujours pas d’où provient exactement ce coronavirus.
      Le saura-t-on un jour de manière claire ? Pas sûr, vu l’omerta qui règne en Chine et partout ailleurs...

      En tout cas ce qui est sûr c’est l’extrême nocivité de l’élevage industriel, la folie de détruire les milieux naturels et d’étendre la civilisation partout, la dangerosité des moyens de transports rapides type avions, la dangerosité des concentrations urbaines d’humains, la nocivité délirante des recherches militaires en labo sur des virus pour créer des versions encore pires, et le fait que la science n’est pas neutre.

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      • La science n’est pas neutre - Le scientisme alimente la civilisation industrielle et ses carnages Le 31 décembre 2020 à 15:22, par Heska

        "Néanmoins, la conclusion de l’article de Reporterre évoque diverses hypothèses, dont la possibilité que le vison soit le chaînon manquant entre la chauve souris et l’humain (ce qui validerait une origine « sauvage » du virus)" disent les Indiens du Futur.
        Ce n’est qu’une hypothèse, ce qui apparait clairement dans l’extrait que vous citez, et qui devra être confirmée par la définition d’un mode et d’un lieu de contamination chauve-souris-vison à Wuhan, qui est de manière certaine le point de départ de l’épidémie même. Or on sait aujourd’hui que aucune chauve-souris n’était vendue sur le fameux marché de Wuhan et que tous les animaux qui y ont été testés étaient négatifs. Je sais que il y a quelque chose de séduisant dans l’idée d’une nature "vengeresse" mais je pense que tout cela n’est qu’une histoire d’humains et qu’on ne rejouera pas, cette fois-ci en tout cas, la pièce de l’invention de l’élevage et des dizaines de vilaines zoonoses qu’elle a engendrées, sans réussir à mettre à mal la prolifération de notre espèce d’ailleurs. On ne vit pas dans l’anthropocène pour rien, non ? ;) L’homme est la mesure de toutes choses, disait Protagoras...
        En tout cas, il est agréable d’échanger des points de vue.

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        • La science n’est pas neutre - Le scientisme alimente la civilisation industrielle et ses carnages Le 31 décembre 2020 à 17:43, par Indiens du Futur

          Oui, le « chaînon manquant Vison » depuis la chauve-souris n’est qu’une hypothèse parmi d’autres.

          Mais en fait on ne voulait pas parler d’une nature « vengeresse » en évoquant l’hypothèse chauve-souris/vison/humain, juste distinguer origine labo et origine réservoir naturel.
          Car en effet, que l’épidémie vienne de la chauve souris via des élevages de visons ou d’un labo, dans tous les cas c’est bien la civilisation humaine et ses réalisations qui est en cause, pas la nature.

          Et on précise qu’on préfère parler de la responsabilité de la forme culturelle « civilisation » plutôt que de l’espèce humaine, car les humains ont créé d’autres formes de sociétés que la civilisation, énormément moins nocives, insérées dans le monde vivant.
          C’est la forme de société, la culture, qui pose problème, pas l’humain en tant que tel qui serait irrémédiablement « pourri et voué à faire de la merde à une échelle galactique ».

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          • La science n’est pas neutre - Le scientisme alimente la civilisation industrielle et ses carnages Le 31 décembre 2020 à 21:08, par Heska

            Loin de moi l’idée que l’humain soit voué à faire de la merde à une échelle galactique, encore que, blague à part, si on y arrivait à cette échelle, c’est vraiment qu’on aura fait de la grosse merde. J’ai eu beau me relire, je n’ai rien vu qui laisserait penser que c’est mon opinion ou une opinion que je vous aurais prêtée. On est d’accord, c’est juste un truc qui colle à la culture dominante, bien que, c’est inévitable, les choses vont changer, trop lentement cependant et paradoxalement trop brusquement par ailleurs. C’est même pour ça que j’évoquais le néolitihique, berceau de la civilisation et étape importante dans la construction de nos problèmes.

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