La lutte écologiste paie : exemples de victoires locales contre des projets inutiles, de victoires d’étape

Passer de victoires locales circonscrites à des victoires larges et systémiques ?

vendredi 8 janvier 2021, par Auteurs divers.

Rien n’est impossible malgré le rouleau compresseur de la mégamachine qui avance

-  La lutte paie : mine de rien, les écologistes remportent de nombreuses victoires - Pourquoi les militants ont-ils du mal à accepter qu’ils ont gagné ? Incertitudes sur la pérennité des acquis, victoires forcément partielles dans l’hégémonie capitaliste de notre société, volonté d’entretenir la flamme de la conflictualité, Reporterre fait le point sur cette réticence répandue à gauche.
L’abandon de l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes. Du Center Parcs de Roybon en Isère. D’Europacity dans le nord de Paris. Mais aussi d’une porcherie géante à Ossun dans les Pyrénées. D’un surf park à côté de Saint-Jean-de-Luz. D’une carrière de ciment dans les Yvelines... Qu’elles soient célèbres ou pas, les victoires contre les projets inutiles et imposés se multiplient en France.
(...)
« L’idée du bonheur n’appartient pas à la grammaire de la lutte et des autonomes. Les acteurs collectifs sont mus par la conflictualité et l’idée de toujours remettre de la tension. Il y a une suspicion et une méfiance qui font partie d’une stratégie de défense cognitive », analyse la sociologue Sylvaine Bulle. « Il y a toujours une extériorité qui nous fait dire que tout n’est pas gagné. Car la finalité n’est pas atteinte en terme d’émancipation. » Pour résumer, tant que le système de domination capitaliste et patriarcal n’aura pas été abattu, beaucoup de militants estiment qu’ils n’ont pas atteint leur but. « Il existe un pessimisme existentiel dans le milieu autonome, libertaire et révolutionnaire », poursuit Sylvaine Bulle.

La lutte écologiste paie : exemples de victoires locales contre des projets inutiles, de victoires d’étape
Photo de Reporterre - Les Lentillères à Dijon

Cet article a raison de faire ressortir des victoires, des batailles gagnées, des victoires d’étape, tant le système en place tend à les occulter et vu que parfois les militants ne prennent pas assez le temps de les célébrer.

On pourrait distinguer les victoires locales limitées des victoires plus larges et "systémiques".
Par exemple l’abandon d’un projet inutile grâce aux luttes sur un territoire est une victoire locale, tandis que la persistance du Chiapas insurgé serait une victoire plus systémique étant donné que le territoire est largement investi d’autres manières de vivre sur la durée.

Les victoires profondes, systémiques, sont bien sûr nettement plus intéressantes. Il ne s’agit plus de faire reculer la mégamachine sur certains poins à certains endroits, mais de la foutre dehors (ou au moins de la faire franchement reculer), de libérer de grands espaces pour expérimenter autre chose sur tous les plans de la vie, et d’éliminer de fait quantité d’activités et projets nuisibles sur la durée.

Une victoire large et systémique serait de voir reculer significativement et durablement la civilisation industrielle (l’Etat et le capitalisme) sur un pays ou une portion importante de territoire.
Mais ce type de victoire ne s’obtient pas simplement par l’addition de luttes circonscrites, par des mouvement sociaux épisodiques, ça suppose une coalition perpétuellement renouvellée et enrichit, des alliances solides de groupes et de peuples motivés par des stratégies adaptées, sur la durée, dans des domaines très variés (résistance, attaques, alternatives, autre culture...), avec des objectifs communs et une forte détermination.

Dans la plupart des pays, en France aussi, on est loin de cette situation hélas, alors seules des victoires locales, des victoires d’étapes, des victoires sur certains points précis sont possibles pour l’instant (fin d’un projet inutile, retrait d’une loi, report d’une réforme anti-sociale, augmentation de salaire, non-licenciement...).
Ca pourrait peut-être changer assez vite ? Le terreau et certaines circonstances sont là, ils pourraient amener dans les années qui viennent à une telle configuration, surtout si des forces incitent en ce sens, mais ce terreau pourrait aussi déboucher sur des systèmes autoritaires accrus. Le combat risque d’être rude et serré.

- Autres exemples de victoires locales :

  • La non-concertation citoyenne 5G choque et oppose en Bigorre, efficacement - « Enfin une bonne nouvelle ! » a dit Aude. C’est que l’affaire n’était pas gagnée d’avance. L’est-elle définitivement ? En tout cas, chacun·e aura apporté sa contribution spontanée, mettant en partage ses convictions démocratiques, culturelles, environnementales ou sanitaires. Forme nouvelle de démocratie ou illusion tenace pour tenir le choc ? Boîte à outils pour d’autres ?
  • Roybon : le projet Center Parcs de Pierre et Vacance abandonné ! - Un projet inutile anti-écologique et anti-social en moins ! Un peu de vacances pour les milieux naturels de Chambaran
  • Hérault : cinquante ans après, le village de Celles va repeupler sa commune - « Nous avons bâti ce projet de réhabilitation sur quatre principes essentiels : pas de spéculation foncière, une mixité sociale, une habitation pour un emploi et la préservation de l’environnement et du paysage. Nous avons reçu deux cents dossiers de candidature et nous en avons retenu quatre. » explique Joëlle Goudal, maire de Celles depuis 1996

4 Messages

  • La lutte écologiste paie : exemples de victoires locales contre des projets inutiles, de victoires d’étape Le 19 janvier à 12:02, par Parti des oiseaux

    Choisir, le parti des oiseaux ou celui des cravates

    Il aura fallu braver le vent et la pluie, la peur et les longues veilles dans les nuits froides. Il aura fallu ériger des barricades et faire sortir des cabanes de la terre jusqu’aux plus hautes branches pour se mettre à l’abri. Pour se mettre à hauteur d’oiseau, pour se réfugier dans un terrier. Se serrer les coudes, se reconnaître, se rencontrer ou faire avec. Tout un peuple qui est accouru pour faire pays dans le pays, pour devenir forêt. Des charpentières, des cuisiniers, des paysans, des artistes et des bons vivants, des infirmiers, des gens perdus, des résistantes et des gilets jaunes, des bardes et des poètes… toutes un peu guerrières, tous un peu apprenti. Résolument vivants et fermement résolus à tenir ce territoire arraché à la promesse d’un énième saccage. Un feu de joie défiant la noirceur du cours tragique de l’époque. Pour que le hululement du grand duc continue à emplir la forêt au crépuscule et que les orchidées continuent à fleurir au printemps pour attirer les papillons. Parce qu’on en pouvait plus de faire le deuil de tant de choses à force d’attendre et d’espérer. Il restait des formes de vie à défendre, des mondes à faire, des territoires à habiter. À notre mesure et selon nos moyens, pour peu qu’on en ait la volonté.

    Il fallait choisir, le parti des oiseaux ou celui des cravates. Défendre la forêt ou l’engloutir sous le béton. Risquer de vivre ou mourir engraissé de tristesse. On ne remplace pas le chant des oiseaux, ni le temps payé qui ne reviens plus. Maintenant les camions de police sont là. C’est l’offensive d’une société qui ne tolère rien d’autre que son désastre marchand. Il va falloir qu’on résiste si on veut défendre toute cette vie qui grouille ici comme nulle part ailleurs. Bien sûr, on a tous peur. On est pas des automates. On a peur mais on peut encore se donner du courage si on lutte ensemble. Chacun peut y trouver sa place, sa petite mission, sa manière de défendre ce territoire. On ne se laissera pas faire non, on ne les laissera pas tout saccager gratuitement après tant d’efforts. On ne les laissera pas défaire nos mondes tranquillement. Plutôt affronter cette terrible journée que de regretter toute une vie de n’avoir rien tenté pour la défendre. On sait qu’on peut aussi gagner cette bataille si on rassemble toutes nos forces. Rien n’est perdu d’avance, cœurs vaillants !

    « Un jour peut venir où le courage des hommes faillira, où nous abandonnerons nos amis et briserons tout lien ! Mais ce jour n’est pas arrivé ! Ce sera l’heure des loups et des boucliers fracassés lorsque l’âge des hommes s’effondrera ! Mais ce jour n’est pas arrivé ! Aujourd’hui nous combattrons ! Pour tout ce qui vous est cher sur cette bonne terre, je vous ordonne de tenir ! »

    post de Zablière - Zad d’Arlon

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  • La écologiste lutte paie : exemples de victoires locales contre des projets inutiles, de victoires d’étape Le 8 janvier à 21:35, par Tara Taggle

    E.T. téléphone maison

    la écologiste lutte ? sérieux ?

    Passent encore les fautes de frappe, d’accords -en nombre et en genre, de conjugaison, d’orthographe qui tiennent souvent de l’approximation phonétique et qui émaillent très/trop régulièrement les articles ici présentés, mais là franchement on semble avoir atteint le degré zéro en matière de respect de la langue commune - le français ; serions-nous donc mûrs, jusqu’au pourrissement, pour sacrifier les fondements de notre culture sur l’autel du globish (sabir artificiel basé essentiellement sur l’anglais technocratique qui s’insinue perfidement depuis une bonne quinzaine d’années dans le discours politique, scientifique, publicitaire, médiatique et, partant, dans le langage courant) ?

    Merci de bien vouloir corriger et votre titre et la didascalie de l’illustration (gracieusement offert par l’IA au service de Google Translate ?) par ce qui, en bon français, donnerait plutôt ’La lutte écologiste paie’.

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    • La lutte écologiste paie : exemples de victoires locales contre des projets inutiles, de victoires d’étape Le 9 janvier à 08:49, par rutabaga

      Bonjour Tara Taggle

      Je suis d’accord avec vous.Les personnes qui font des fautes d’orthographe ou de grammaire n’ont pas à écrire dans ricochets.
      Il vaut mieux écrire des conneries en bon français que d’écrire des choses intelligentes en mauvais français.lol

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      • La lutte écologiste paie : exemples de victoires locales contre des projets inutiles, de victoires d’étape Le 9 janvier à 16:22, par Tara Taggle

        Non, je ne suis pas d’accord avec vous (je trouve que vous avez l’esprit tordu).
        Chacun est libre d’écrire dans Ricochets, à la mesure de ses possibilités.
        Je tiens toutefois à rappeler quelques fondamentaux :
        tout média est un canal de transmission d’information, information qui n’est intelligible que lorsqu’elle s’appuie sur un référentiel commun.
        Quand on s’exprime, c’est tout de même dans le but d’être compris, non ?
        Il convient d’adapter le langage aux récepteurs du message.
        Quand j’écris dans un journal public français, je m’évertue à m’en tenir le plus possible aux règles -bases communes- de la langue française, afin que mon message puisse être compris par le plus grand nombre. Si le message ne vise qu’un groupe particulier de personnes, le langage sera différent (argot, termes techniques, plaisanteries internes) et par nature exclusif (ceux qui ne possèdent pas le même référentiel ne comprendront ce message que partiellement, voire pas du tout).
        Que vous le compreniez ou non, la langue (le sens que nous donnons aux mots) qui nous sert à échanger est un bien précieux, que le pouvoir n’a de cesse d’attaquer.
        Il n’est que d’écouter les discours délibérément abscons tant du PDR que des membres du gvt, sans parler des media mainstream : qui a imposé le mot ’cluster’ en lieu et place de ’foyer’, pourquoi parle-t-on d’éclairage ’LED’ au lieu de ’DEL ?
        Combien de langues ont-elles disparu depuis l’instauration de la République ? Et au rythme où vont les choses, combien en restera-t-il d’ici à dix ans ?

        Trêve de digressions, je remercie les auteurs de l’article d’avoir corrigé le titre et la légende. Cela étant fait, rien ne justifiait plus le maintien de mon commentaire (pas davantage, d’ailleurs, que de celui-ci). La prochaine fois, je recourrai aux messages personnels

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