LA CRISE ? QUELLE CRISE ? Records de dividendes en France pour les actionnaires

Subir l’austérité et la précarité, les destructions écologiques et sociales, ou lutter pour se construire un avenir vivable ?

dimanche 29 mars 2020, par Camille Pierrette.

Voici plusieurs articles qui montrent que la crise économique, c’est pas pour tout le monde...

💲RECORD DE DIVIDENDES

Alors que la pandémie frappe les plus précaires et les plus fragiles, ce n’est pas la crise pour tout le monde. Les puissants du monde se partagent des richesses inimaginables.

359 Milliards de dividendes dans le monde, et 60 milliards rien que pour les spéculateurs français ! Malgré les crises sanitaire et boursière, les entreprises européennes ont commencé à distribuer à leurs actionnaires les quelque 359 milliards d’euros de dividendes — soit 12 milliards de plus que l’an passé. C’est un record absolu ! Selon le site Boursorama, la France est encore sur le podium : le volume de dividendes a bondi de 12 % par rapport à 2018, les actionnaires du CAC 40 se voient actuellement répartir une enveloppe d’environ 60 milliards d’euros ! Alors que dans plusieurs pays, les entreprises qui versent des dividendes ne recevront pas d’argent public supplémentaire pendant la crise du Coronavirus, le ministre de l’Économie, Bruno Le Maire, a juste demandé aux patrons français de « faire preuve de la plus grande modération sur le versement de dividendes. » Pitoyable.

💲 EXONÉRATIONS FISCALES : 110 MILLIARDS AUX PATRONS.

En 2013, François Hollande lançait le « CICE », un plan visant à offrir des cadeaux pharaoniques aux grands patrons pour, soi-disant, les aider à résorber le chômage. Le coût de la mesure est astronomique : 111,6 milliards d’euros au total ont été accordés aux entreprises sous forme de créances fiscales entre 2013 et 2018. Soit environ 1 % du produit intérieur brut (PIB) chaque année. Pour un résultat pire que nul, puisque le nombre de chômeurs et de précaires n’a absolument pas baissé. A titre de comparaison, cette somme représente presque 4 fois plus que la dette hospitalière ! Imaginez le nombre de lits, d’équipements et de personnels qui pourraient être payés avec tous ces milliards dilapidés.

💲5000 MILLIARDS POUR L’ÉCONOMIE MONDIALE.

Le chiffre donne le tournis. Par visioconférence, les pays membres du G20 ont annoncé leur intention d’injecter « plus de 5000 milliards de dollars » dans l’économie mondiale pour « contrer les répercussions sociales, économiques et financières de la pandémie ». Une somme colossale, trouvée en quelques jours, pour aider l’économie et rassurer les marchés. Pour rappel, il suffirait de beaucoup moins d’argent pour éliminer à tout jamais la faim dans le monde, ou pour supprimer la dette des pays pauvres.

Il n’y a pas de « crise », mais une véritable guerre sociale mondiale. L’humanité n’a jamais produit autant de richesses, et un pays comme la France n’a jamais été aussi riche. L’absence de réponse sérieuse à l’épidémie de Coronavirus, comme aux autres catastrophes, est donc un choix : le choix politique d’avoir privilégié les possédants plutôt que la santé de toutes et tous. Dans un monde en proie au désastre écologique et à des inégalités brutales, le système se maintient par une répression toujours plus forte et un contrôle de plus en plus total. Le virus le plus dangereux, c’est le capitalisme.

Source : https://nantes-revoltee.com/la-crise-quelle-crise/

Quelle crise ? Records de dividendes en France et dans le monde

- voir aussi :

- Et un article pour analyser le parasitisme néfaste de l’Etat, qui récupère et édulcore les initiatives populaires afin d’éviter une remise en cause des structures capitalistes. L’Etat, comme le capitalisme, veut des populations soumises et dépendantes : “Etat-Providence”, ou ce que la bourgeoisie daigne vous accorder (si vous êtes sages) (...) Autant dire qu’à l’époque, être socialiste ce n’était pas être favorable à « l’Etat-Providence », mais bien favorable à l’organisation par les travailleurs eux-mêmes de leurs entreprises mais aussi de leur protection sociale et services publics. (...) Bizarrement (ou pas), les bourgeois se sont mis à parler d’Etat-Providence quand il a fallu remettre en cause ce modèle alliant protection sociale et services publics (...) tout ce qui était lié aux objectifs initiaux de l’après-guerre – la socialisation de l’économie capitaliste et le contrôle du travail et de la sécu par les travailleuses et travailleurs eux-mêmes – a été effacé au profit d’une vision compassionnelle du « social ». Le tout a été repris en main par l’Etat, ses technocrates et ses députés, notamment parce que le financement de la protection sociale par les cotisations a été peu à peu remplacé par le financement par l’impôt – sous l’égide de l’Etat donc –, ou par les deniers de chacun – sous l’égide des mutuelles et assurances privées. (...) L’Etat-Providence, c’est ce qu’on veut bien vous donner (sous conditions) d’en haut. Le socialisme, c’est ce qu’on va aller prendre aux possédants pour le gérer nous-mêmes et, ce faisant, réorganiser l’ensemble de la société. En réduisant le “social” à l’Etat-Providence, la bourgeoisie a puisé dans son fond catholique pour effacer de nos mémoires et de nos rêves l’idéal originel des classes laborieuses aux commandes et imposer, une fois encore, une vision “providentielle” du monde… à son profit.

Remarques

En temps de crise, les ultra-riches et les multinationales trouvent toujours des moyens de s’enrichir, pendant et/ou après la crise. Tandis que les coûts et dégâts sont surtout supportés par les classes moyennes et les pauvres (austérité, baisses des salaires et pensions, voir ce qui s’est passé pour la Grèce).

On voit en ce moment que des multinationales et start-up profitent de l’opportunité d’accentuer leurs activités numériques (vente en ligne, services numériques) et de continuer la destruction des petits (commerçants, paysans) qui leur est profitable.
Même chose pour les grandes surfaces.

Comme avec les guerres armées, la baisse d’activités et la destruction d’entreprises permet au capitalisme de relancer ensuite le business avec de nouveaux marchés, ...et avec l’aide de l’argent public.

Mais on n’est pas obligé de subir cette situation, de rester sidérer dans le cadre mortelle des dogmes ultra-libéraux, les peuples pourraient au contraire se rebiffer et en profiter pour reprendre leurs vies en main, et imposer leurs choix sociaux et écologiques à l’économie de marché, comme : expropriations, collectivisations, fermeture des activités néfastes, redistribution des richesses disponibles, diminuer la production et le temps de travail, ralentir et sobriété, prise en compte réelle des questions climatiques et écologiques, actions de restauration de milieux naturels, etc. Ce qui nécessiterait de grands bouleversements dans les têtes et les pratiques.

De même, au lieu de subir l’Etat autoritaire et le gouvernement, même qualifiés à nouveau « d’Etat-providence », au lieu de juste changer les têtes, les peuples pourraient, comme des gilets jaunes l’ont vaillamment entamé, se rebiffer et imposer des formes de démocraties directes et d’autonomie politique à même de construire de meilleures formes d’organisations sociales, à la fois plus robustes, plus justes, plus solidaires, et écologiques.

Ainsi, à l’issu du confinement strict, une fois l’épidémie tassée, il ne faudrait pas retourner au taf comme avant, mais plutôt organiser des grèves reconductibles fortes et dures dans les secteurs clés de l’économie, afin d’imposer un rapport de force favorable, tout en multipliant les initiatives locales d’entraide, d’autonomie matérielle et politique.
Pour ça il faudra faire fi du futur « état d’urgence économique » et déborder les directions syndicales, il faudra ne pas se faire avoir par les appels guerriers à « l’unité nationale » pour « sauver » l’économie (capitaliste) et les emplois qui engraissent les déjà riches, mais rester solidaires et déterminés dans les luttes, notre survie et notre avenir dans un monde vivable en dépend.


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