L’emprise numérique n’a rien d’écologique ni de désirable

Les « avancées » prétendues sont vite balayées par les inconvénients et l’accentuation des désastres

dimanche 30 août 2020, par Les Indiens du Futur.

MISE EN ABYME

La crise en cours du covid19 permet à l’empire et donc à l’emprise numérique de coloniser encore davantage nos vies à tous. Elle renforce les dynamiques délétères et aliénantes du « progrès technique ». Publié en 2013, ce livre de Cédric Biagini (fondateur de la très bonne maison d’édition L’Échappée) n’a donc rien perdu de son actualité. Au contraire. Etant donné lesdites dynamiques, c’est un ouvrage qui ne fera que gagner en pertinence avec le temps.

Dans l’ensemble, il s’agit d’un très bon livre, qui expose bien les problèmes majeurs que pose le système technologique sur les plans humain, social et environnemental (dépossession, aliénation, déshumanisation, destruction du monde, etc.). Système technologique qui est encensé dans les médias de masse, dans l’industrie culturelle, par les partis politiques, de l’extrême-droite à l’extrême-gauche en passant par les écologistes, et qui constitue, avec l’industrialisme, le point sur lequel s’accordent (que prennent pour acquis) tous ceux qui ont voix au chapitre. Y compris ceux que l’on présente à tort (mais très logiquement) comme faisant partie d’une sorte d’opposition au développement actuel des choses.
Cyril Dion promeut l’économie symbiotique et donc « l’écologie » hypertechnologique et industrielle d’une Isabelle Delannoy ; le « parti pirate » est ultracapitaliste et ultra-technologiste ; le Gael Giraud et ses semblables de la « gauche d’après » [sic] promeuvent une réindustrialisation verte de la France ; etc.

D’où le désastre en cours. Et d’où l’importance de diffuser la perspective anti-industrielle, anti-technologique.

(*Entre autres détails, je lui reprocherais une certaine ambiguïté concernant, par exemple, son apologie du livre — comme si le capitalisme pré-livre électronique était un bon capitalisme, ou comme si le livre papier en tant que moyen technique était nécessairement synonyme de société juste, soutenable et bonne. Et aussi concernant sa perspective sur le travail, et sur l’exceptionnalisme humain. Mais encore une fois, il s’agit de détails. )

Post de Nicolas Casaux

L’emprise numérique n’a rien d’écologique ni de désirable

- Articles sur ce livre important :

et aussi :

  • Il n’y a pas de « continuité pédagogique » : éteignez les tablettes !, 2020 - Confinement oblige, l’Éducation nationale invite à la « continuité pédagogique », possible grâce au numérique. Or, selon les auteurs de cette tribune, « la pédagogie virtuelle n’existe pas », et « seuls les élèves éveillés, enfermés avec des parents désœuvrés au fort niveau d’études vont bénéficier d’une pédagogie efficace : l’instruction en famille ». + L’école confinée, laboratoire du monde numérique

1 Message

  • L’emprise numérique n’a rien d’écologique ni de désirable Le 8 septembre à 19:51, par Indiens du Futur

    L’emballement tech­no-indus­triel a trans­for­mé les hommes, et ses effets sont irré­ver­sibles.

    Dans la « guerre » contre le virus, c’est la Machine qui gagne. Mère Machine nous main­tient en état de marche et s’occupe de nous. Quel coup d’accélérateur pour la « pla­nète intel­li­gente » (alias monde-machine) et ses smart cities (alias villes-machines). L’épidémie pas­sée, les Smar­tiens se seront pliés à des habi­tudes qu’ils ne per­dront plus. Les machins veulent une machine. Ceux à qui la liber­té pèse trop lourd aspirent à leur prise en charge machi­nale. La sécu­ri­té plu­tôt que la liber­té. L’assignation à rési­dence, la traque élec­tro­nique, le fonc­tion­ne­ment vir­tuel sans contact dans un « état d’urgence » diri­gé par les experts scien­ti­flics, plu­tôt qu’une vie libre, auto­nome et res­pon­sable. Mais la pré­ser­va­tion sous « pro­tec­tion » d’une espèce mena­cée n’est pas la vie. Un « parc humain » n’est qu’une pri­son à ciel ouvert.
    (...)
    Il faut dis­tin­guer ceux qui ont peu ou prou les moyens de leurs volon­tés (les puis­sants, les tech­no­crates) et ceux qui n’ayant pas ces moyens (les subis­sants, les acrates), subissent les volon­tés des pre­miers, mais espèrent béné­fi­cier d’un ruis­sel­le­ment de la puis­sance (smart­phone, gad­gets connec­tés, « applis »). Ni les uns ni les autres n’ont jamais assez de puis­sance, et tous dési­rent ce qui les perd. Voyez la fas­ci­na­tion pour les créa­tions supé­rieures à leurs créa­teurs (l’ordinateur sacré cham­pion de go), puis le désir d’auto­ma­chi­na­tion pour res­ter les égaux de ces super­ma­chines et deve­nir des sur­hommes-machines.
    (...)
    Quand toute l’organisation sociale se fonde sur le pri­mat de l’efficacité et de la ratio­na­li­té tech­ni­cienne, la « tyran­nie de la logique » (Arendt) — la logique inhé­rente à l’expansion de la puis­sance machi­nale — nous empêche de pen­ser libre­ment. Échap­per à cette contrainte exige un ima­gi­naire de révolte hors de por­tée de l’homme des masses, sou­mis à la pres­sion du groupe, au matra­quage publi­ci­taire et à l’hypnose des écrans.

    (extraits de l’article Contre l’organisation scientifique du monde : Entretien de PMO avec La Décroissance)

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