L’écoterrorisme, c’est la brutalité quotidienne des Etats et du capitalisme, c’est le réchauffement climatique et les destructions du vivant

Défendre l’environnement vigoureusement est de la légitime défense face aux ravages planifiés de la civilisation industrielle

mardi 1er novembre 2022, par Camille Z.

Le terrorisme de l’Etat-capitalisme s’exerce quotidiennement dans la banalité froide du contrôle social, des inégalités sociales, des vies brisées par le travail, les pollutions, le désespoir, les canicules récurrentes, les violences d’Etat...
Et parfois, souvent même, ce terrorisme institutionnel et armé éclate encore plus crûment dans une répression brutale et absurde pour protéger des projets et politiques criminels caricaturaux ; à Sainte Soline pour protéger l’agro-industrie ce week-end, ou dans le passé à Sivens, lors des manifs Gilets jaunes ou à Notre Dame les Landes.

A part les extrêmes droites et les autres adorateurs de l’Ordre et du Capital, personne n’est dupe, tout le monde constate (sans forcément oser se l’avouer) que la contre-violence et l’auto-défense sont légitimes et sont une partie indispensable de la résistance face au terrorisme borné et légalisé de l’Etat-capitalisme qui se justifie, se glorifie et s’auto-absout en se drappant bruyamment des oripeaux sanglants des institutions anti-démocratiques et écocidaires en vigueur.

L’écoterreorisme, c’est l’action quotidienne des Etats et du capitalisme
Une politique de la terreur et de la terre brûlée est menée cyniquement par l’Etat-capitalisme

QUI SONT LES ECO-TERRORISTES ?

Dimanche 30 octobre, Gérald Darmanin a qualifié d’« éco-terrorisme » la mobilisation contre les mégabassines, dans les Deux-Sèvres, ajoutant : « il y a des fichés S, radicalisés à l’ultra-gauche, qui veulent s’en prendre à l’ordre républicain ».

Après l’accusation « d’islamo-gauchisme », le gouvernement lance donc un autre épouvantail, « l’éco-terroriste ». Absolument rien ne différencie le régime de Macron d’un gouvernement d’extrême droite, ni dans les mots, ni dans les pratiques. Mais de quoi parle-t-on ? La définition du terrorisme est : « gouvernement par la terreur » ou « emploi systématique de la violence pour atteindre un but », avec l’idée de semer délibérément l’effroi dans la population. Ajoutons-donc le préfixe « éco », pour « écologie ».

Si les mots ont un sens, « l’écoterrorisme », le vrai, ce sont les multinationales comme Total qui dévastent la planète, et les gouvernants qui les protègent.

L’écoterrorisme, ce sont les milices d’entreprises privées qui tuent des écologistes dans les pays du sud. 200 militants ont été assassinés en 2021 pour avoir protégé l’environnement, dont 54 au Mexique et 26 au Brésil, en particulier dans l’Amazonie.

L’écoterrorisme, c’est l’usage massif d’un produit chimique par l’armée américaine contre la population civile durant la guerre du Vietnam. L’agent orange, fabriqué par Bayer, a empoisonné 4,8 millions de Vietnamiens, durablement intoxiqué les sols, et provoque encore aujourd’hui des maladies infantiles et des déformations.

L’écoterrorisme, c’est la fracturation de la couche terrestre pour extraire du gaz de Schiste, qui rend l’eau du robinet dangereuse et inflammable.

L’écoterrorisme, c’est quand l’Etat français envoie des milliers d’hommes armés détruire une ZAD ou tirer des grenades contre celles et ceux qui défendent l’eau.

L’écoterrorisme, c’est quand l’Etat français fait sauter un bateau de Greenpeace en 1985, tuant un passager, pour empêcher d’aller documenter les essais nucléaires dans le Pacifique.

L’écoterrorisme, ce sont les sols et les habitants des Antilles françaises intoxiqués au Chlordécone.

L’écoterrorisme, c’est le chantage nucléaire, les marées noires et la géo-ingénierie.

L’écoterrorisme, c’est lorsqu’on apprend que « l’acidification des océans provoquée par la pollution pourrait entraîner la fin de l’humanité », et qu’il y aura bientôt plus de plastique que de poissons dans la mer.

L’écoterrorisme, ce sont les gouvernants qui n’ont rien fait pour empêcher le réchauffement climatique, les sécheresses, les pénuries.

Mais l’objectif de Darmanin et de tous les flics de la planète est de faire taire ceux veulent protéger le vivant. Aux États-Unis, le FBI considère l’écologie radicale comme « la deuxième menace terroriste la plus importante », alors qu’en Russie un journaliste qui enquêtait sur la destruction d’une forêt par l’entreprise Vinci a subi en 2008 une agression qui le laisse lourdement handicapé. En France, Manuel Valls disait surveiller autant la « radicalisation religieuse » que les mouvements de défense de l’environnement et a tenté d’écraser les ZAD. Le 21 septembre 2019, une grande « marche pour le climat » à Paris était bloquée par un dispositif agressif de milliers d’agents appuyés par des blindés. La France de Macron était le seul pays du monde occidental à interdire par la force ce défilé. Peu après, le Ministère de l’intérieur français a créé au sein de la Gendarmerie nationale la Cellule Déméter – du nom de la déesse grecque des moissons –, spécialement dédiée à la répression des écologistes et opposants au productivisme.

Les écoterroristes, c’est eux. Le désastre est là. Défendre l’environnement est de la légitime défense.

L’écoterrorisme, c’est l’action quotidienne des Etats et du capitalisme
La milice du Capital toujours au service du terrorisme

🎥 MÉGABASSINES : L’ÉTAT EN GUERRE CONTRE LA POPULATION

- Un document à diffuser pour contrer les mensonges des médias aux ordres

Vous ne verrez pas ces images sur les chaînes de désinformation en continu, il est donc important de les faire circuler. Elles ont été prises par le reporter Adcazz à Sainte-Soline, le 29 octobre 2022.

Gendarmes par centaines, hélicoptères et drones, déluge de grenades lacrymogènes, explosions et cratères dans les champs, blessé-es... Un chantier de terre battue préfigurant un projet monstrueux, vidé à coup de LBD et de gaz. Des lignes de gendarmes bien protégées, qui envoient tranquillement des dizaines de munitions explosives sur une foule sans protection au milieu des champs, jeunes comme personnes âgées.

À Sainte-Soline le 29 octobre 2022, la gendarmerie avait l’autorisation de tuer pour protéger une mégabassine. Il faut voir et faire voir ces images pour comprendre l’étendue de la folie répressive, et le gouffre qui sépare les discours du pouvoir sur le climat et la réalité de la répression contre ceux qui défendent l’environnement. Ces gens sont en guerre contre le vivant, dont nous faisons partie.

Un document important de Adcazz, à retrouver en intégralité ici :

DANS LA GUERRE DUSASTRE ÉCOLOGIQUE DESGA BASSINES
par [AdcaZz->https://www.youtube.com/c/AdcaZz]
https://www.youtube.com/watch?v=Htj-zfB-UCQ

(posts de Contre Attaque)

« Écoterrorisme », un mot prétexte contre la lutte écologique

- sur Reporterre : « Écoterrorisme », un mot prétexte contre la lutte écologique - En traitant les opposants aux mégabassines d’« écoterroristes », Gérald Darmanin privilégie la communication à toute forme de réalité. Il criminalise les militants politiques pour minimiser les crimes climatiques.

Méga-bassines : « Si écoterrorisme il y a, il est du côté de l’État »

La mobilisation contre les « méga-bassines » de Sainte-Soline a été émaillée de heurts violents entre les manifestants et des gendarmes mobiles déployés en force dans ce village des Deux-Sèvres. Blessés de part et d’autre et déclaration choc de Gérald Darmanin. Le ministre de l’Intérieur parle d’ultragauche, de fichés S et d’écoterrorisme pour définir les manifestants. Bien commode pour évincer le vrai débat sur l’usage de l’eau. Rencontre avec Mélissa Gingreau, porte-parole du collectif « Bassines Non Merci ! » pour évoquer les vrais enjeux de cette bataille de l’eau.

Quel bilan peut-on tirer de ce week-end de mobilisation ? La violence plutôt que la compréhension des véritables enjeux ?

Parler de la violence est bien pratique pour ne pas évoquer le fond du problème. Il faut revenir sur le déploiement incroyable des forces de l’ordre. Plus de 1 700 gardes mobiles pour protéger le site de Sainte-Soline alors que nous avions comme seule ambition de pénétrer dessus pour manifester et donner à voir l’aberration écologique que représente ce type de réservoir d’eau. Dans le cortège où j’étais, il y avait des familles, on faisait des farandoles, il n’y avait aucune violence. Il n’y avait aucune justification à avoir ce niveau de surveillance puis de violence de la part de l’État. Il y a eu jusqu’à sept hélicoptères au-dessus des manifestants, des tirs de LBD, de grenades de désencerclement lors de distribution de cookies à des enfants en fin de cortège. En tout, il y a au moins 50 blessés dont 15 blessures ouvertes chez les manifestants. Julien Le Guet, l’un des porte-parole du mouvement « Bassines non merci ! » a été tabassé par quatre gardes mobiles. Il y a une volonté flagrante de répression de la manifestation. Penser que ça peut stopper la mobilisation est un leurre. Notre collectif rassemble quelque 150 organisations, des gens sont venus de partout pour défendre l’eau comme un bien commun. La manifestation était interdite par la préfète des Deux-Sèvres et malgré ça, plus de 7 000 personnes sont passées outre cette interdiction. Ça signifie bien quelque chose.

Quelques mots pour nous rappeler ce qu’est la méga-bassine de Sainte-Soline ?

Ce projet de bassine c’est 720 000 mètres cubes d’eau, soit l’équivalent de 360 piscines olympiques, et une emprise au sol sur 16 hectares. Sainte-Soline est révélateur de ce qu’il va se passer car des projets de méga-bassines il y en a dans les Deux-Sèvres, dans la Vienne, dans le Berry…
Pour quels usages en fait ?
Là est bien le problème. Elles sont destinées à une petite centaine d’agro-industriels, dont pas un n’a renoncé aux pesticides. Le réservoir consommerait en une année, 36 ans de consommation de la population de Sainte-Soline. Les 16 bassines des Deux-Sèvres vont concerner une centaine d’exploitations d’agro-industrie seulement, mais vont coûter quelque 60 millions d’euros d’argent public. C’est une dépense publique colossale pour une minorité d’agriculteurs, des irrigants qui font pousser du maïs fourrager pour l’export, autrement dit pour nourrir du bétail dans les fermes-usines. Voilà le modèle agricole défendu par l’État lorsqu’il réprime les manifestations citoyennes. C’est ce système agro-industriel que l’on remet en question. Et dont on veut, au moins, pouvoir débattre démocratiquement.

C’est ce que vous demandez, un débat démocratique sur les méga-bassines ?

Bien sûr. Il n’y en a pas eu. Actuellement on demande un moratoire sur les méga-bassines pour stopper leur construction. En 2017, lors de la consultation de l’enquête publique 70 % des avis émis étaient contre le projet de 19 bassines. Malgré ça, le commissaire enquêteur a donné un avis favorable. Rien que ça, c’est un déni de démocratie. Puis, alors que le rassemblement du 29 octobre à Sainte-Soline était prévu de longue date et dûment déclaré, la préfecture décide d’un coup de prendre un arrêté d’interdiction de manifestation et de circulation. La police convoque des responsables associatifs au commissariat, l’État envoie la cellule Demeter, réprime violemment les manifestants…

Gérald Darmanin parle d’écoterrorisme et craint plus que tout la constitution d’une Zad à Sainte-Soline…

On nous traite d’écoterroriste lorsque l’on essaie de défendre l’eau comme bien commun ainsi que d’empêcher son pillage et son détournement au profit de quelques-uns. Si écoterrorisme il y a, il est du côté de l’État. Après tout, c’est lui qui est condamné pour inaction climatique ! On sait que ce modèle agro-industriel n’est pas durable. Les scientifiques, les hydrologues le disent. La sécheresse historique de cet été qui se prolonge encore devrait sonner comme un avertissement. Le cycle de l’eau, on apprend ça en CM1. Il faut laisser les nappes phréatiques se recharger à l’automne, en hiver et au printemps pour qu’il y ait des rivières l’été. Les bassines font l’inverse. Il n’y a aucune volonté de réduire les consommations d’eau, de pesticides, de plantes gourmandes en arrosage comme le maïs… Bref, aucune volonté de changer de modèle agricole. Quels autres choix avons-nous que d’entrer en désobéissance civile ?

La justice peut-être ?

Bien sûr. Et nous avons déposé de nombreux recours contre le projet de méga-bassine. Mais malheureusement rien n’est suspensif et les travaux continuent. Il faut savoir qu’en Charente-Maritime, la cour administrative d’appel de Bordeaux a confirmé, après 14 ans de combat judiciaire, l’annulation de l’autorisation pour cinq réserves de substitution – l’autre nom des bassines. Le problème c’est que les ouvrages sont construits et que, même jugés illégaux, des gros trous bâchés demeurent en place.

Quel est le calendrier de cette bataille de l’eau ? La balle est dans le camp du gouvernement. Qu’il accepte de nous écouter et d’apaiser la situation par le dialogue et en prenant un moratoire. Sinon, il faut savoir qu’il y aura de nouvelles dates de mobilisation. L’un de nos slogans est No Bassaran, ça donne une idée de la mobilisation. Elle est joyeuse mais déterminée.

Source : Charlie Hebdo : https://charliehebdo.fr/2022/10/ecologie/agriculture/mega-bassines-si-ecoterrorisme-il-y-a-il-est-du-cote-de-letat/

Humour vert

🔴Éco-terrorisme : Gérald Darmanin annonce la création d’un numéro vert pour signaler les comportements suspects : « Un voisin qui propose l’installation d’un composteur collectif ou un enfant qui coupe l’eau quand il se brosse les dents sont des signes de radicalisation »

(post FB)


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