L’écologie qui n’abolit pas les inégalités et le capitalisme c’est du greenwashing

Les mairies de la soi-disant « vague verte » dans les grandes villes sont-elles vraiment écologistes ?

mardi 30 juin 2020, par Camille Pierrette.

Voici un article pertinent de Cerveaux Non Disponibles, suivi de quelques remarques complémentaires :

L’écologie qui n’abolit pas les inégalités c’est du greenwashing

Le parti des Verts a remporté plusieurs grosses villes aux municipales hier dans un contexte d’abstention historique : Marseille, Bordeaux, Strasbourg, Grenoble, Besançon ou Lyon (avec souvent quelques alliances)… N’oublions pas que les Verts, ce sont aussi beaucoup de Nicolas Hulot et autres charlatans pratiquant une écologie à l’idéologie néolibérale qui arrange la progression destructrice de la nature et du peu qu’il nous reste dans les villes.

« Il y a une écologie qui est un art d’habiter et de défendre les milieux vivants, et une écologie qui se présente comme un gouvernement de la nature et des sociétés. » C’est ainsi que commence le livre “Ecologie sans transition” de Désobéissance Ecolo Paris.

L’écologie qu’on veut, c’est celle des habitants des métropoles qui veulent respirer sans s’intoxiquer et reconquérir l’espace que le monde de l’argent leur a volé. On veut des logements dignes, de la bonne bouffe et pouvoir utiliser l’espace urbain sans que des flics viennent semer le chaos.

Est-ce que Michèle Rubirola par exemple, en tête à Marseille, va redonner la Plaine à ses habitants et expulser les promoteurs véreux d’un haut lieu de vie populaire ? Sa liste va t’elle rénover les immeubles vétustes des quartiers pauvres pour éviter un autre drame comme celui de la rue d’Aubagne ?

Ou est-ce que Pierre Hurmic par exemple, va arrêter d’expulser les squats à tire larigot comme le faisait son sinistre prédécesseur à Bordeaux ? Idem pour Lyon où des militants ont coupé hier soir le discours du Vert Bruno Bernard pour que cesse les expulsions…

L’écologie qu’on veut, c’est celle du partage de la terre et de l’abolition des inégalités avant toute chose, que ce soit à la ville ou à la campagne. A quoi bon vivre dans un environnement “Haute Qualité Environnementale” si c’est pour vivre barricadé ? Si tout autour il y a de la misère ? Si c’est l’apartheid social ?

L’écologie qu’on veut, ce n’est pas celle des startups, pas celle de la FNSEA, ni celle des bars branchés qui vendent des bières bio hors de prix pour une élite bien intégrée. Ce n’est pas celle non plus des champs d’éoliennes et de panneaux solaires qui sert de bonne conscience à un monde concurrentiel bâti sur l’exploitation et l’aménagement de chaque mètre carré de planète.

Notre écologie, c’est celle des gilets jaunes, celle qui postule que sans abolir les inégalités, ce n’est que du greenwashing.

(source - Photo de CND également)

L’écologie qui n’abolit pas les inégalités et le capitalisme c’est du greenwashing

Remarques persos

Plus d’écolos de parti dans des mairies c’est peut-être une avancée, encore faut-il que ça se traduise par de vrais engagements écologiques, c’est à dire pour la justice sociale, pour l’arrêt des destructions du vivant, et pour la disparition du capitalisme et de la civilisation industrielle.
Sans ça ces écolos seront coincés par les impératifs de la Croissance, du développement économique et de la création d’emploi, par la gestion technocratique, et d’autres part se limiteront souvent à une « écologie bourgeoise ».

Là pour l’instant on est plutôt dans le greenwashing, la com, les illusions néfastes des énergies renouvelables industrielles, la folie du tout numérique, le capitalisme « vert » et les mesurettes, donc tout dépend si les habitant.e.s vont continuer à vraiment pousser vers l’écologie ou s’ils vont rester passifs et/ou se contenter d’un rafistolage du système pourrave en place afin qu’il puisse perdurer davantage (et donc continuer à détruire le vivant et à creuser les inégalités sociales).

L’écologie sans volonté d’abolir le capitalisme et la civilisation industrielle c’est du greenwashing.

Ils diront peut-être qu’on ne peut pas tout faire d’un coup, qu’on doit réformer progressivement, que les gens ne sont pas prêts et qu’on ne peut pas les forcer, etc.
C’est vrai que c’est pas simple vu à quel point la gangrène du capitalisme et de la civilisation industrielle est profonde, seulement :

  1. La destruction du monde vivant augmentent, et les risques d’auto-emballement catastrophique du climat aussi - On n’a pas 1000 ans devant nous
  2. Mieux vaudrait dire la réalité plutôt que de laisser planer des illusions (du genre qu’on pourrait s’en tirer avec des écogestes individuels, du numérique et du renouvelable) ou pire : croire qu’on peut concilier capitalisme et civilisation industrielle avec l’écologie
  3. Mieux vaudrait affirmer des vrais objectifs écologistes et de justice sociale, radicaux, quitte à dire qu’ils sont durs à atteindre, surtout si des tas de gens ne poussent pas à une culture de résistance et à des transformations radicales.

A force de mettre de l’eau dans leur vin et de jouer les jeux institutionnels, nombre d’écolos se retrouvent piégés et contraints de faire des petits pas minuscules.
Faute de tenter de s’en prendre aux causes des désastres, on se condamne à les subir dramatiquement, à juste mettre des cautères sur des jambes de bois.

P.-S.

Complément concernant Lyon :

  • Des Verts à moitié vides. Portraits des gagnants des élections à la Métropole et à la Ville de Lyon - Des listes « ni de droite, ni de gauche », menées par des cadres et des chefs d’entreprises et comptant surtout des candidat·es « issu·es de la société civile », ça ne vous rappelle rien ? C’était exactement le pitch d’En Marche en 2017. C’est aussi le mantra des écolos qui prennent le pouvoir à la fois à la Ville de Lyon et à la Métropole. Vu leurs profils et leurs idées, l’après-Collomb ne devrait pas trop chambouler le ronron bourgeois de la cité des gones. (...) Comme nous avons la prétention d’être un peu moins bêtes que des chefs d’entreprise pro-Collomb, nous savons lire entre les lignes et l’on comprend bien que ce que Doucet, Bernard et leurs copin·es nous préparent n’a rien de radical. Collomb est peut-être mort (politiquement), mais la continuité de sa gestion néolibérale sera assurée par ses "pragmatiques" successeurs. À nous de ne pas nous laisser berner par leur teint mentholé.

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