Je suis venu mettre à l’arrêt la machine dont vous ne trouviez pas le frein d’urgence

Monologue du virus - un texte incisif pour saisir l’opportunité d’une bifurcation radicale, l’an 01 version 21e siècle ?

lundi 16 mars 2020, par Camille Pierrette.

Monologue du virus - un texte incisif pour saisir l’opportunité d’une bifurcation radicale, l’an 01 version 21e siècle ?
On arrête tout, on réfléchit, et c’est pas triste !

A lire et partager : Monologue du virus - « Je suis venu mettre à l’arrêt la machine dont vous ne trouviez pas le frein d’urgence. » - Faites taire, chers humains, tous vos ridicules appels à la guerre. Baissez les regards de vengeance que vous portez sur moi. Éteignez le halo de terreur dont vous entourez mon nom. Nous autres, virus, depuis le fond bactériel du monde, sommes le véritable continuum de la vie sur Terre. Sans nous, vous n’auriez jamais vu le jour, non plus que la première cellule.

- Synopsis du film l’an 01, de 1973 :
Un mardi, à quinze heures, la population, lasse de la toute-puissance du capitalisme et des contraintes d’un mode de vie entièrement dévolu au profit et à la production, décide de déposer les armes de la guerre industrielle. Le mot d’ordre est lancé : « On arrête tout, on réfléchit », et les travailleurs de tous les corps de métier confondus abandonnent leurs occupations professionnelles pour, dans la rue, commencer une nouvelle vie. Bon enfant, ils chantent, flânent, s’aiment et se nourrissent des légumes qu’ils font pousser sur les trottoirs. Fermes, pourtant, ils bannissent la propriété, valeur suprême des nantis et des hommes d’affaires qu’ils décrient avec tant d’ardeur. Lesquels, affolés par la paralysie générale, se suicident en masse, tandis que s’étend à l’Amérique, à l’Afrique et au monde entier le mouvement de rébellion pacifique...

Et si on transformait cette sorte d’an 01 (la vie « normale » s’arrête) forcé et anxiogène en un AN 01 choisi, assumé, approfondi, libérateur, salvateur ? Un AN 01 version 21e siècle ?
Puisque la vie sociale et économique va, de gré ou de force, s’arrêter, ralentir fortement à cause de l’épidémie au Coronavirus, profitons-en pour continuer le mouvement, pour réfléchir, et ensuite pour laisser s’écrouler ce dont on ne veut plus, pour faire vivre et croître ce qu’on désire vraiment, pour muter dans une autre direction.
Le virus détruit temporairement la normalité, cette normalité étant le problème, libérons-nous pour de bon du problème, définitivement.

Une fois l’épidémie tassée, au lieu de retourner à cette normalité mortifère qui engraisse les riches, affame les pauvres, nourrit le capitalisme destructeur de tout, asservit aux régimes autoritaires, renforce la domination étatique, ses flics et ses dispositifs de surveillance, perpétue cette civilisation industrielle omnicidaire qui détruit humains, climat, nature, animaux, sols, forêts, eau, air, écosystèmes, espèces..., au lieu de retourner s’enchaîner au soutien suicidaire à ce système cancéreux et viral, achevons-le, construisons autre chose, vivons, crions à plein poumon, libérons-nous !

Profitons de notre confinement pour attiser les germes de la révolte, d’une rébellion irrépressible et durable qui éclatera tel un bourgeon de printemps.

Il n’y aura pas de retour à la normale car la normalité était le problème

PS : l’article sur Lundi.am, le Monologue du virus, a suscité une réaction critique, voir ici, et mes remarques.

P.-S.

Et aussi :

Plus que jamais on doit comprendre que ce système (capitalisme, civilisation industrielle, Etats, institutions non-démocratiques malgré certains droits et apparences) est un avion fou (défendu par des polices brutales et des lobbies cyniques) piloté par des sociopathes (grands élus et grands patrons/actionnaires) qui ne peut que se crasher violemment à un moment ou à un autre, d’une manière ou d’une autre. Et donc, plutôt que de rester passif et laisser les fous aux commandes, on doit lutter collectivement pour imposer un atterrissage d’urgence avant le crash. On doit atterrir au plus vite même si on n’a déjà plus de train d’atterrissage ni de parachute pour ralentir l’avion au sol. Car il n’y a pas d’avion (de planète) de secours.
Plus on attend, plus on laisse faire les institutions en place et le capitalisme, plus l’avion et les divers passagers seront « endommagés », et plus l’atterrissage d’urgence sera dur, brutal et difficile à effectuer.

La situation :
- Dans l’avion, 80% des passagers dorment, regardent un écran ou ferment les yeux. Qu’ils soient contents ou pas du voyage, ils ne font rien, ou pas grand chose.
- Quelques pourcentages de sociopathes pilotent à fond les manettes dans la mauvaise direction.
- Quelques pourcentages de flics surarmés défendent par la force les sociopathes pilotes.
- Et quelques pourcentages de révolté.e.s essayent d’atteindre le poste de pilotage pour forcer l’avion à un salvateur atterrissage d’urgence.

Si l’avion ralentit du fait de l’épidémie de coronavirus, il sera plus évident qu’on peut le faire atterrir d’urgence.
Si davantage de passagers se réveillent, du fait de l’épidémie (ou de tout autre catastrophe écologique ou sociale en cours ou à venir), alors la prise du poste de pilotage est davantage possible malgré les flics, les merdias de propagande de la cause des pilotes, les caméras et les lois faites par/pour les pilotes.

Quel.le.s passagers et passagères voulez-vous être ?


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