Je suis contre la violence (la jour­née type d’un-e non-violent-e)

Mise en perspective des concepts de violence/non-violence

samedi 25 avril 2020, par Les Indiens du Futur.

Je suis contre la violence, et ce matin, après m’être levé-e, et avoir pris une douche d’eau bien chaude (très certai­ne­ment chauf­fée à l’aide de combus­tibles fossiles, qui impliquent diffé­rents proces­sus d’ex­trac­tions et de trai­te­ments, mais nous y revien­drons plus tard), je me suis servi-e un verre de jus d’orange — très proba­ble­ment en prove­nance du Brésil, le premier expor­ta­teur mondial d’oranges, où poussent plus de 60 % des oranges consom­mées sur la planète & où des “milliers d’ou­vriers travaillent dans des condi­tions indignes et noyées de pesti­cides” — qui, lui aussi, à travers ses diverses étapes de trans­ports et d’em­bal­lage, aura néces­sité des extrac­tions de combus­tibles fossiles, et entrainé les émis­sions de gaz à effet de serre qui s’en­suivent.

Le lait qui accom­pagne mes céréales (céréales issues de mono­cul­tures indus­trielles, ayant elles aussi néces­sité des extrac­tions et l’uti­li­sa­tion de combus­tibles fossiles, et l’épan­dage de produits chimiques toxiques dans l’air, dans les cours d’eau et dans l’at­mo­sphère) provient proba­ble­ment d’un élevage indus­triel, en effet plus de 70% des vaches laitières subissent l’in­hu­ma­nité de cette indus­trie : entas­sées dans des hangars, elles sont trai­tées pendant toute leur (courte) vie comme de véri­tables machines à lait (gros­sesses forcées, autre­ment dit, des viols  ; traite inten­sive  ; souf­frances physiques et émotion­nelles  ; les veaux femelle sont utili­sées pour rempla­cer les vaches laitières qu’on envoie à l’abat­toir tandis que les veaux mâle repartent dans le circuit de la viande  ; sachant qu’il ne s’agit là que d’un trop bref résumé de l’atro­cité de cette indus­trie).

Mon café, qui a traversé les océans du globe en bateau, a ensuite été trans­porté en poids lourd, pour finir dans un des rayons de l’épi­ce­rie de mon quar­tier, a donc, lui aussi, néces­sité des extrac­tions et l’uti­li­sa­tion de combus­tibles fossiles & a donc lui aussi entraîné des émis­sions de gaz à effet de serre, parti­ci­pant ainsi au réchauf­fe­ment clima­tique global. Il provient peut-être lui aussi du Brésil, qui en est le premier produc­teur  ; peut-être même de l’État de São Paulo où se situe le premier port caféier du monde. Les cultures vivrières des peuples de ces zones produc­trices ont été rempla­cées, à cause du capi­ta­lisme mondia­lisé, par des cultures d’ex­por­ta­tions (donc polluantes, et parti­ci­pant du réchauf­fe­ment global) dont dépendent leurs maigres salaires (les pays indus­tria­li­sés consomment envi­ron 70 % du café produit dans le monde).

Je suis contre la violence, et je suis contre la guerre, même si mon pays est le deuxième plus gros vendeur d’armes du monde, comme me l’ap­prennent les présen­ta­teurs d’une émis­sion de radio que j’écoute tranquille­ment ce matin, dans ma voiture, en me rendant sur mon lieu de travail.
(...)

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Je suis contre la violence (la jour­née type d’un-e non-violent-e)

NOTE : Ajoutons que pour se sortir de cette folie suicidaire les actions purement individuelles de consommation différente n’auront qu’un impact très limité, pour changer réellement de modèle, des actions collectives fortes sont nécessaires, des engagements et actes politiques pour quitter la civilisation industrielle et construire des mondes vivables.

…je me dis que je travaille dur pour obte­nir un salaire qui me permette d’être un rouage utile à la machine destruc­trice qu’est la civi­li­sa­tion indus­trielle, dont une mince partie du fonc­tion­ne­ment a été résumé ci-dessus, et que je ne supporte pas ces jeunes, et moins jeunes, qui osent parler de sabo­tages, de déso­béis­sance civile, d’af­fron­te­ments, de blocages, d’oc­cu­pa­tions, de fauchages, de ZAD, de grèves, de barri­cades  ; que ce n’est pas ainsi qu’on change les choses, qu’ils se trompent, qu’il faut voter si l’on n’est pas satis­fait, car j’aime à croire que nous vivons en démo­cra­tie, même si la réalité est tout autre…

https://youtu.be/KVW5ogGDlts

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