Guerre en Ukraine, Zaporijia : alerte rouge. Débranchez les réacteurs nucléaires !

La guerre se poursuit dans et autour de la grande centrale nucléaire de Zaporijjia

mardi 9 août 2022, par Auteurs divers.

Depuis début mars, les troupes russes tiennent la plus grande centrale nucléaire d’Europe, à Zaporijjia en Ukraine. La ville de Zaporijjia elle-même n’est pas occupée (et accueille des réfugiés), mais est sur la ligne de front. En mars, la population d’Enerhodar avait affronté les soldats russes en voulant éviter qu’ils s’installent dans la centrale. Ce qu’ils ont fait.

Guerre en Ukraine, Zaporijia : alerte rouge. Débranchez les réacteurs !
Des combats reprennent dans et autour de l’énorme centrale nucléaire

Actuellement, une contre-offensive ukrainienne grignote les positions russes dans la région de Kherson produisant des réactions désordonnées (redditions, pillages, transferts de troupes) du côté russe. La centrale nucléaire devient un élément décisif du rapport de force : un otage. Plusieurs villes, depuis une dizaine de jours, sont pilonnées depuis la centrale nucléaire.

Russie et Ukraine s’accusent mutuellement d’avoir envoyé des missiles à l’intérieur de la centrale, endommageant des structures et conduisant à l’arrêt de l’un des 7 réacteurs. On comprend mal pourquoi les troupes russes auraient bombardé leur propre camp de retranchement ; il est vraisemblable que des opérations militaires cruciales sont en train d’avoir lieu avec la centrale pour enjeu.

Les troupes russes semblent avoir, ces deux derniers jours, jouxté des explosifs aux réacteurs. De source ukrainienne, le général de division Vasilyev, présenté comme commandant de la garnison stationnée à l’usine, a annoncé qu’il était prêt à faire sauter l’usine, entraînant une catastrophe nucléaire : « Soit la terre russe, soit la terre brûlée. Peu importe la difficulté des ordres à exécuter, les libérateurs les exécuteront avec honneur ! »

Ces deux dernières informations (les explosifs et les propos du général), possibles, sont à confirmer. Il est par contre certain que l’armée russe a détruit certaines des lignes à haute tension partant de la centrale.

Selon la compagnie d’État ukrainienne Energoatom, les détecteurs de surveillance des radiations autour de la centrale sont endommagés, de sorte qu’une hausse de radio-activité n’est plus détectable à proximité.

S’il est clair que la responsabilité première de cette situation abominable et inadmissible incombe à Poutine, il doit aussi être dit que la préoccupation première, d’une part de l’AIEA (Agence Internationale de l’Énergie Atomique), d’autre part du gouvernement ukrainien de Zelenski, devrait être la mise à l’arrêt de tous les réacteurs, première mesure pour atténuer quelque peu, certes pas complétement loin s’en faut, le risque immédiat et massif d’une catastrophe pire que Tchernobyl, voire d’une ou plusieurs explosions nucléaires, menaçant l’Ukraine, l’Europe, la Russie et le monde. La destruction de lignes électriques est à cet égard inquiétante, car en cas d’arrêt des réacteurs elle empêcherait le refroidissement du combustible : a-t-elle été faite dans cette intention ?
(...)
La remarquable discrétion médiatique jusqu’à ce jour sur cette situation ahurissante mais explicable, tient certes à la tendance à vouloir « oublier » la guerre majeure la plus grande et la plus grave ouverte en Europe depuis 1945, mais aussi à ne pas trop commenter cette illustration accablante du danger inhérent à cette technologie mal contrôlée. Ce péril majeur n’intervient-il pas alors même que le parc nucléaire français est frappé, comme prévu et annoncé depuis des décennies, d’un début d’obsolescence, et alors que s’il n’y pas plus d’eau dans la Loire à son estuaire, c’est certes à cause de la sécheresse induite par le réchauffement capitaliste du climat, mais aussi, directement, parce que les centrales pompent l’eau restante ?
(...)

- Article complet : https://aplutsoc.org/2022/08/08/zaporijia-alerte-rouge-debranchez-les-reacteurs/


Forum de l’article

  • Guerre en Ukraine, Zaporijia : alerte rouge. Débranchez les réacteurs nucléaires ! Le 10 août à 11:01, par Sandrine

    « ...réaliser ce que voulait faire Hitler en avril 45, — tout faire disparaître avec lui. » A ma connaissance, vous faite référence à un ouvrage du psychanalyste Erich Fromm, qui conseillait une analyse psychologique de tout dirigeant d’importance. Erich Fromm indiquait effectivement que pour Hitler et dans la conception nazie, un pays devait se ranger dans son entier derrière un seul homme. L’Allemagne c’était Hitler. L’Allemagne devait donc disparaître avec son incarnation, et Hitler avait semble-t-il donné un tel ordre en cas de défaite. A noter qu’une telle conception - la Nation se confond avec son dirigeant - fut celle de Hegel sur la fin de sa vie, Hegel inspirateur de tous les communismes. Une telle conception est reprise explicitement par Xi Jinping et n’est pas si éloignée de la conception au moins implicite que se fait Mélenchon de la direction politique, même si nombre des militants de la LFI n’ont pas une claire conscience de ce à quoi nous emmène leur utopie. Il est clair que M. Mélenchon, sous certaines circonstances et par une forme de mécanique politique fatale et tragique, serait amené à adopter les comportements de Poutine ou de Xi. Mais c’est comme le réchauffement climatique, on ne prend la mesure du danger que lorsqu’on est dans la panade jusqu’au cou (dérèglement dont XI, Vladimir, ou leur prolongateur putatif Macron, se soucient comme de leur première chemise). Il est vrai que nombre d’entre eux, beaucoup vieillissant et l’esprit rigidifié, vivent encore dans un paradigme failli et périmé, qu’ils n’ont pas actualisé. Rappelons que la LFI a refusé de prendre part au vote condamnant le génocide ouïghour, alors qu’il passe notamment par les stérilisations et avortements forcés, les viols visant à métisser la population de force. Mention spéciale à Mme Autain, qui se dit féministe. Rappelons encore la sortie de M. Mélenchon sur Taïwan, qui bien sûr est chinoise, et qui réintégrera le giron continental soit de force - c’est la version Mélenchon - soit lorsque la Chine, bouleversée par sa population aspirant à la démocratie, sera devenue démocrate. Rappelons encore les errances de certaines franges proches de la LFI, ou de certains pays d’Afrique dont la haine des impérialismes Français ou étatsuniens, les poussent à admettre les impérialismes chinois ou russes, tout en se croyant encore de gauche voire libertaires. Bizarrement, les franges qui refusèrent de se plier à la discipline collective du vaccin pour des raisons fumeuses, qui tombèrent dans tous les panneaux de la désinformation/réinformation/vérités alternatives sont celles-là même qui préfèrent, sous prétexte de paix, l’esclavage collectif à la lutte pour l’émancipation, ces milieux bizarrement se recrutent à l’extrême droite et à l’extrême gauche « historique » comme libertarienne (Trump) selon la thèse que l’Etat - en fait toute forme de contrainte collective (porter la ceinture de sécurité, limiter la vitesse sur les routes), c’est caca. On a pu voir, sur des sites proches de la sensibilité LFI Le Grand soir ») des jugements assimilant le mouvement des parapluies de Hong Kong de Maïdan, ou encore l’expulsion récente du dirigeant Sri Lankais, à des complots ourdis par l’Occident. La volonté des peuples bien sûr, puérils et manipulés, n’aurait rien à faire dans de tels soulèvements. A quoi s’ajoutent les woke et les pseudo LGBTQIA+WXYZ qui, ayant infiltré et noyauté le féminisme de libération, suggèrent aujourd’hui que la présomption de vérité l’emporte sur la présomption d’innocence. Du miel pour les fascismes de toutes couleurs, et la légitimation anticipée de tous les pogroms ! Il existe d’ailleurs des suspicions que les services Russes ont fait en sorte d’enflammer la division du corps politique à l’occasion de la crise du Covid et qu’ils soient encore à la manoeuvre avec les QGBTNZIXYZ+ dans l’idée d’accélérer la décomposition de l’Occident. Avec Fromm et en suivant également Arendt, il faut considérer que Poutine (qui est un dictateur seul et isolé, Xi ayant malgré tout la restriction collective d’un parti aux options diversifiées de 88 millions de membres), Poutine donc préférera probablement que sa disparition entraine conjointement celle de la Russie et de « l’Occident collectif ». Nous sommes désormais en guerre et les collabos sont parmi nous.

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  • Guerre en Ukraine, Zaporijia : alerte rouge. Débranchez les réacteurs ! Le 9 août à 12:12, par Auteurs divers

    "Toute centrale nucléaire est une bombe",

    Précision : 1) les sources sur les propos (et l’existence) du général sont ukrainiennes et incertaines, ainsi que sur le cablage des réacteurs. 2) la certitude est la destruction d’une partie les lignes électriques, qui pourrait avoir pour but d’empécher l’arrêt des réacteurs en le rendant trop dangereux.

    - Néanmoins :

    "Toute centrale nucléaire est une bombe", écrivait Gunther Anders. Poutine et les Russes le savent très bien. A lire absolument ce texte effrayant d’André Markowicz :
    " Le chantage atomique
    Les Russes ont miné la centrale atomique de Zapirijia. Et ils le revendiquent.
    — Ils le revendiquent au point qu’au début, en découvrant ça, j’ai cru que c’était un fake. Mais non, — aujourd’hui des dizaines de sites crédibles reprennent cette information. Un journal en ligne, Focus, (que je ne connaissais pas), a publié un extrait de la harangue adressée par le général Valéry Vassiliev à ses troupes, lesquelles occupent la centrale atomique de Zaporijia (la plus grande en Europe). — Le général Vassiliev, j’ai regardé qui il était : il est le commandant en second de « l’Académie militaire de radiation chimique et de défense biologique de la Fédération de Russie ». C’est donc quelqu’un de très sérieux, et de très haut placé. Et voilà ce qu’il dit :
    « Vous comprenez tous qu’il s’agit dans cette guerre du droit à l’existence du peuple russe. De notre droit de vivre dans ce monde en concorde avec tous. Mais si l’Occident collectif nous refuse ce droit, si l’armement américain, ses mercenaires et ses instructeurs sont utilisés pour l’invasion des territoires que nous avons déjà été capables de libérer, nous sommes prêts aux scénarios les plus divers.
    Cette centrale a été construite par des Russes pour leurs frères slaves. Aujourd’hui, les nazis ont décidé de décommuniser (sic) notre passé commun. C’est pourquoi soit il y aura ici une terre russe soit un désert de cendres ! Et vous, soldats de la grande armée russe, vous devez être prêts à obéir à un ordre très grave.
    Comme vous le savez, nous avons miné les sites les plus importants de la centrale atomique de Zaporijia. Et nous ne le cachons pas à l’ennemi. Nous les avons prévenus. L’ennemi sait que la centrale sera soit russe soit à personne. Nous sommes prêts aux conséquences de cet acte.
    Et vous, guerriers libérateurs, vous devez comprendre que nous n’avons pas d’autre issue. Si nous recevons l’ordre le plus impitoyable, nous devons y obéir avec honneur. »
    *
    Tu lis ça, et, réellement, tu n’y crois pas. — D’abord, c’est la première fois que je vois un général russe parler de « guerre » (oui, au bout de quasiment six mois). Et je passe sur la « décommunisation » — parce qu’il s’agit à la fois de ne plus, visiblement, « rendre commun », et « rendre communiste », le passé soviétique. Non, c’est la première fois, je pèse mes mots, à ma connaissance, dans l’histoire de la planète, qu’un Etat fait peser sur le monde tout entier un chantage nucléaire. C’est comme une réponse aux hésitations américaines sur le fait de savoir s’il faut classer la Russie de Poutine parmi les « Etats sponsors du terrorisme ». Et Poutine, comme d’habitude, répond par une surenchère : pas sponsor, non : terroriste.
    *
    Les commentateurs que j’ai entendus hier après-midi étaient plutôt rassurants, disant que, non, ils ne peuvent pas faire sauter la centrale, — pour deux raisons. D’abord, parce qu’ils ont besoin de la centrale en état de marche, parce qu’ils sont en train de la détourner : vers la Crimée (et plus vers l’Ukraine— de telle sorte qu’il ait une crise énergétique majeure dans le pays dès cet automne). Et puis, — et surtout, — comme les vents qui soufflent là sont plutôt des vents qui vont du nord au sud, le nuage atomique, majeur, qui en résulterait toucherait non seulement le sud de l’Ukraine, mais aussi la Roumanie, la Bulgarie, la Turquie, et, avant la Turquie, la Crimée (territoire qu’ils considèrent comme ancestralement russe). Bref, ils ne peuvent pas faire ça.
    *
    Je suis persuadé du contraire. Parce que je crois que personne ne commente un autre aspect de cette déclaration : le fait que ce général admette que la Russie est en train de perdre la guerre (à cause des armes américaines), et qu’ils peuvent, réellement, se trouver dans la situation de devoir évacuer les territoires qu’ils ont occupés et qu’ils ravagent.
    Je rappelle, si besoin est, que l’Agence atomique mondiale n’a aucun accès à la centrale, et qu’elle alerte, en vain, depuis des semaines sur la situation.Et que la Russie y a placé des pièces d’artillerie, qui bombardent, depuis la centrale, l’armée ukrainienne. Il y a eu un bombardement, ces derniers jours, sur des bâtiments de la centrale — bombardements attribués aux Ukrainiens par les Russes selon la même technique que celui d’Olinivka. Ces bombardements étaient un avertissement très clair : il suffit de rien pour que ce soit irréversible.
    Il s’agit donc d’un chantage à la contre-offensive en cours dans la région de Kherson. Si la Russie se trouve en situation de devoir battre en retraite, si la Russie est battue militairement, elle fera ça, — elle fera tout sauter. Et oui, elle le fera. — La centrale de Zaporijia est autrement plus importante que l’était celle de Tchernobyl. Et oui, ce sont des centaines de kilomètres, au bas mots, qui seront un désert radioactif.
    La menace atomique de Poutine est là. Pas dans l’envoi d’une bombe atomique (ou pas seulement), mais aussi là : réaliser ce que voulait faire Hitler en avril 45, — tout faire disparaître avec lui.
    Je suis absolument sérieux.
    Ces gens sont des criminels contre l’humanité — au sens le plus strict de ce terme.
    — Et si l’on prend en compte, dans le même temps, la folie chinoise face à Taïwan, folie belliqueuse dont le but est de masquer une crise systémique majeure de toute l’économie, nous sommes mal. Vraiment mal. Imaginez que les deux folies se déclenchent en même temps."

    (via Pierre Madelin)

    - et aussi : L’improbable et l’imprévu. À propos des centrales nucléaires en temps de guerre - Et si avec la guerre en Ukraine, le nucléaire vivait une épreuve de vérité décisive ? Cette technologie a été conçue pour être développée dans un temps de paix et de stabilité sociale. Or, l’évènement ukrainien souligne qu’un tel postulat est non seulement illusoire, mais moralement inconséquent. L’imprévisibilité historique nous oblige à réexaminer les conditions de possibilité du nucléaire.

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