Grève pour les retraites : la base des syndiqués SNCF-RATP veut s’autonomiser des directions syndicales, les alliances avec gilets jaunes vont se renforcer

Refus total des négociations et de toute forme de trêve, et établissement d’un plan de bataille

dimanche 22 décembre 2019, par Auteurs divers.

N’écoutez plus les merdias du régime et des capitalistes, la base des syndiqués SNCF et RATP veut se battre sans trêve ni pauses.
Ces grévistes veulent se battre contre tout un système qui précarise, réprime et trahit les travailleurs. Ils veulent aller beaucoup plus loin que juste contrer la réforme des retraites, ils sont prêts à se giletjauniser.

- Lire Refus des négociations et d’une trêve à noël ! - Réunion SNCF-RATP : les grévistes à la base établissent un plan de bataille pour une semaine noire ! - Au lendemain des annonces d’E. Philippe et des directions syndicales, sorties de la réunion multilatérale du 19 décembre, se tenait ce vendredi une réunion d’urgence des grévistes de la SNCF et RATP, fers de lance du mouvement, à Paris. Ce qui en ressort est clair : refus total des négociations et de toute forme de trêve, et l’établissement d’un plan de bataille pensé par la base pour une « semaine noire » après 15 jours de mobilisation.

Extraits :

Ce n’est pas une pause mais un durcissement de la grève qui s’impose. Dans ce sens, c’est autour de la prévision d’actions fortes pour la semaine à venir que s’oriente la discussion. Alors que les blocages des dépôts de bus, principales actions locales du mouvement depuis son commencement, sont depuis quelques jours très réprimés par la police, qui matraquent, gazent et interpellent les grévistes et leurs soutiens pour casser la grève à sa base, la question se pose de reprendre le rapport de force et durcir le trait des actions. « Eux ils n’hésitent pas a éborgner, arracher des mains, arracher des jambes. Nous on a notre outil, c’est la grève ! » lance ainsi Malek, du centre bus de Nanterre « Ça suffit la gentillesse, il faut se faire respecter ! »

Radicalisés par les premières trahisons des directions syndicales, c’est contre tout un système qui précarise, réprime et trahit les travailleurs qu’entendent se battre – et jusqu’à la victoire ! - les grévistes présents. C’est ce qu’exprime Clément, cheminot du technicentre de Châtillon en parlant de la nécessité de gagner tous ensemble contre cette réforme des retraites, pour renverser le rapport de force qui enlève un par un leurs acquis aux travailleurs dans un monde qui leur permet à peine de survivre : Si ce combat là on le gagne, derrière, on sera à l’offensive ! »

Et dans cette lutte contre la précarité et la société dans laquelle on détruit chaque jour plus les classes populaires, impossible de ne pas évoquer le mouvement des Gilets jaunes, dont le point le plus fort a littéralement fait trembler le gouvernement il y a un an, un combat radical duquel les directions syndicales s’étaient désolidarisées. « On est en train de se giletjauniser. C’est quoi la réponse qu’on va donner en termes de radicalité aux directions syndicales qui sont en train de nous lâcher ? » demande Anthony, cheminot sur le Bourget, région de Paris Nord, « Est ce qu’on veut marquer l’histoire ou être un détail de l’histoire ? Il faut aller beaucoup plus loin que la réforme des retraites, on en est tous conscients, et c’est pour ça que se battent les Gilets jaunes depuis un an. »

En plus de revendiquer ce combat des Gilets jaunes et d’appeler à converger avec eux le samedi, les interventions réfléchissent aussi au dépassement des obstacles qui ont malgré tout empêché ce mouvement long et radical de faire tomber le gouvernement. C’est ainsi que poursuit Anthony « Il nous faut du concret, avec un vrai outil de coordination » dans une véritable discussion stratégique sur la centralité et la nécessité de l’auto-organisation qui s’engage au cœur de la discussion.

la ferme décision de la part des grévistes d’eux-mêmes diriger la grève et de ne plus attendre des directions syndicales qu’elles donnent le rythme de la mobilisation. « La question c’est comment entre la détermination et la gagne, on met un plan de bataille ! On ne gagne pas avec de la détermination, mais avec une stratégie. On doit avoir un plan de bataille. » Voilà l’une des leçons tirées du mouvement des Gilets jaunes, et un début de chemin pour le dépasser et enfin faire de cette lutte une victoire.

Ainsi, l’assemblée se termine sur cette résolution, celle de faire des grévistes eux-mêmes les seuls acteurs et décideurs de cette grève, et de se doter d’un véritable plan de bataille, que se clôture l’assemblée avec le vote d’un communiqué qui affirme cette volonté et annonce les grandes dates de la semaine à venir.

Grève pour les retraites : la base des syndiqués SNCF-RATP veut s’autonomiser des directions syndicales

On ne peut que se réjouir de ces perspectives et de cette détermination. Soutenons les grévistes SNCF et RATP, giletjaunisation générale !
Autonomie des luttes, les bases ne veulent plus des sommets.

Et invitons gilets jaunes et syndiqués à remettre en cause le système du travail et l’économie, pour des raisons sociales et écologiques : Grève et contre-réforme retraite : l’occasion de faire la critique du travail et de l’économie, et de pousser la lutte plus loin - Prendre le gouvernement à contre pied, pour s’offrir d’autres futurs que le retour à la normalité de l’exploitation des travailleurs et de la destruction du vivant

Fin du monde, fin du mois, même combat contre le capitalisme et son monde !

- Voir aussi : Les vertus climatiques de la grève générale

P.-S.

- Caisses de grève : besoin de millions ! - À propos de l’urgence de constituer des caisses de grèves millionnaires et de la responsabilité de l’intersyndicale dans l’organisation de la solidarité financière.
+ Ancrer la lutte dans la durée : recensement des caisses de grève - « Ça ne sert à rien que je fasse grève, je ne bloque rien »… Avec celle-ci, il y a mille raisons pour lesquelles on peut ne pas souhaiter se mettre en grève. Pendant ce temps, les secteurs à forte capacité de blocage sont en première ligne : visibles, stigmatisés, et portant par ailleurs le poids financier de la grève. Financer les caisses de grève des secteurs mobilisés permet d’ancrer la lutte dans la durée, seule perspective à même de contrer les assauts dirigés contre tous et toutes.


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