Gestion privée : le centre aquatique Diabolo à Bourg-de-Péage fermé, et l’Epervière à Valence ?

L’entreprise Vert Marine ne veut pas assumer les coûts de l’énergie pour « ses » piscines

vendredi 9 septembre 2022, par Les Potins de la Vallée.

Dans les médias, on apprend qu’au moins 30 piscines ou centres aqualudiques ont été fermés brutalement par le groupe privé Vert Marine.

C’est le cas ainsi à Bourg-de-Péage en Drôme, où le centre aquatique Diabolo a été fermé sans prévenir par la société Vert Marine à cause disent-ils de l’augmentation importantes des coûts de l’énergie due au fonctionnement normal du libre marché.

Gestion privée : le centre aquatique Dabolo à Bourg-de-Péage fermé, et l’Epervière à Valence ?
Mot d’explication publié par Vert Marine en guise de justification

Les délégations de services publics au privé révèlent ainsi leurs limites.
L’agglo Valence-Romans doit se mordre les doigts...

Vert Marine dit "nous nous retrouvons dans l’obligation de fermer temporairement votre équipement".
Mais s’ils peuvent le fermer sans prévenir et sans demander notre avis, c’est que c’est SON équipement, et pas le nôtre.

- Le magazine FRUSTRATION a enquêté un peu sur Vert Marine et ses dirigeants, sur le traitement médiatique de cette affaire et sur la situation :
Piscines municipales fermées : le chantage d’un groupe privé
Depuis le début de la semaine, l’ensemble des rédactions web et radio nous ont informé de la fermeture d’une trentaine de piscines municipales en France en raison de l’inflation des prix de l’électricité et du gaz : « Crise énergétique : une trentaine de piscines publiques fermées depuis lundi en France » titre aujourd’hui le Monde. « Inflation : une trentaine de piscines contraintes de fermer en France en raison de l’explosion des prix de l’énergie » a choisi France Info pour intituler son article sur le sujet. « Quand des piscines jettent l’éponge », titre le 20h de France 2.

Le récit de la majorité des médias a été le même : une trentaine de piscines municipales à Limoges, Montauban, Nîmes, Meudon… ont été fermées “pour une durée indéterminée » par le groupe privé qui les gère, Vert Marine. Ces piscines n’ont rien de la petite piscine municipale classique. Il s’agit le plus souvent de complexes aquatiques, avec des noms mi-marketing, mi-ringards (centre aquatique Nemausa à Nîmes, Océabul à Saint-Jean-de-Monts, etc.). Ce groupe est en délégation de service public avec des communes et des intercommunalités : ces dernières confient la gestion d’un équipement public à un prestataire privé. Malgré ce dispositif contractuel, qui comporte un cahier des charges, des horaires d’ouvertures et des tarifs négociés avec les autorités locales, sa direction a fermé les portes des installations municipales, sans prévenir personne, mettant fin, de fait, à un service public.
(...)
L’affaire des fermetures des piscines municipales de Vert Marine n’interroge pas seulement notre modèle médiatique, bien prompt à relayer le point de vue patronal. Il met surtout en lumière le caractère hasardeux du modèle de délégation de service public : peut-on attendre d’un opérateur privé qu’il mène à bien sa mission ? Quand tout va bien et que cela rapporte, peut-être – les patrons de Vert Marine étaient bien contents d’afficher leurs millions annuels de bénéfices – mais quand les choses se gâtent, décidément, non. Le secteur privé n’assume aucun risque, et fait appel au contribuable à la moindre petite secousse. Alors à quoi nous sert-il ? Il est grand temps de changer de modèle.
(...)

Gestion privée : le centre aquatique Diabolo à Bourg-de-Péage fermé, et l’Epervière à Valence ?
Bientôt de nouvelles friches industrielles ?

A Valence, le centre aqualudique l’Epervière est aussi sous gestion privée, va-t-il aussi fermer pour les mêmes raisons ?

- Le site de l’Epervière indique en effet :
Le Centre Aqualudique de l’Epervière à Valence est géré par la société Espacéo Valence Romans, elle-même filiale du Groupe Associatif UCPA, engagé pour le sport pour tous.
Espacéo intervient depuis plus de 10 ans dans le cadre de délégation de service public auprès des collectivités territoriales, en tant qu’expert et interlocuteur unique pour la conception, le financement, la construction et la gestion de centres aquatiques.

(SPIE Batignolles est aussi dans l’affaire)

Malgré une part d’énergie dite renouvelable et de géothermie, les entreprises privées qui gèrent l’Epervière vont-elles décider elles aussi de ne pas assumer les surcoûts inhérents au risque de l’économie de marché ?

- Au delà des question de coûts, de la répartition du financement et de la gestion, multiplier d’importants centres aquatiques ne semble pas raisonnable vu l’énergie et les matériaux nécessaires à leur construction (émissions de CO2), et les dépenses énergétiques importantes pour leur fonctionnement. Les désastres climatiques sont là et on continue à fond dans le même système avec toujours les mêmes équipements et infrastructures industriels ?!

- A Crest, la vallée de la Drôme a heureusement échappé au centre aquatique de Mr Mariton (non sans avoir perdu du temps et avec au moins un million d’euros gaspillés par la 3CPS dans ce naufrage) prévu sans doute en DSP avec gestion privée...


Forum de l’article

  • Gestion privée : le centre aquatique Diabolo à Bourg-de-Péage fermé, et l’Epervière à Valence ? Le 20 septembre à 12:45, par Les Potins de la Vallée

    Le centre aquatique Diabolo va-t-il réouvrir ?
    Les élus vont-ils mettre fin au contrat de gestion privée pour mauvaise gestion ?

    - Voir post de Frustration Magazine sur ce sujet :

    PISCINES FERMÉES : LE FIN MOT DE L’HISTOIRE
    Vous vous souvenez de la fermeture des 30 piscines municipales en délégation de service public, gérées par le groupe privé Vert Marine ?

    Au moment de l’annonce de la fermeture, au début du mois, nous dénoncions dans un article (en commentaire de ce post) le fait que quasi aucun média n’interroge les motifs de l’entreprise. A l’époque, tous les articles relayaient le motif de la direction de Vert Marine « l’électricité est trop chère ». Au point que personne n’était allé regardé si la direction disait vrai. Grâce à ce coup de chantage, le groupe avait obtenu la prise en charge d’une partie de ses frais par certaines mairies comme celle de Rivesaltes.

    Fun fact, cet article avait tellement circulé sur les réseaux sociaux que plusieurs journalistes nous ont contacté, dont le JT de France dont la journaliste a posé un lapin @NicolasFramont après lui avoir dit « je vous rappelle dans 5 minutes ».

    Depuis, on a appris via le journal Le Monde que le groupe disait vrai : son électricité était effectivement devenu trop chère. Mais pourquoi ? Parce que ce groupe privé qui gère des piscines publiques avait jugé astucieux d’acheter son électricité sur le marché de gros : Plutôt que de souscrire à des contrats qui assurent une certaine stabilité tarifaire, Vert Marine jouait sur le marché l’argent du contribuable, en prenant de gros risques. Et forcément, dans le contexte actuel, le marché de gros est devenu la pire façon de se fournir.

    En effet, les prix y sont beaucoup plus affectés par l’inflation que dans le cadre d’un contrat avec un fournisseur d’énergie. Vert Marine a joué... et a perdu. Et plutôt que d’avouer sa faute de gestion, a fait chanter les municipalités pour obtenir plus d’argent public. Plutôt que de vendre le château qui lui sert de siège social ou fait payer son patron ou ses actionnaires pour réparer cette erreur monumentale, cette entreprise privée est venu chouiner, avec la complaisance des grands médias.

    Aujourd’hui, on apprend que les piscines vont rouvrir. Des accords ont été trouvés avec les élus locaux, notamment dans les Yvelines où la communauté d’agglomération va faire bénéficier à Vert Marine de son contrat à tarif régulé. Le modèle de la délégation de service public, qui a montré dans cette histoire ses énormes limites, n’a pas été remis en cause...

    Sauf à Montauban, où la mairie a réagi rapidement en réquisitionnant les salariés de son prestataire pour organiser la réouverture de sa piscine. Elle a décidé de dégager Vert Marine et de reprendre la gestion directe de sa piscine. Pourquoi une décision aussi basique et responsable n’a pas été prise ailleurs ?

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  • Gestion privée : le centre aquatique Diabolo à Bourg-de-Péage fermé, et l’Epervière à Valence ? Le 15 septembre à 11:53, par Heska

    Et ma grand-mère, née à Liège en Belgique en 1921, a appris à nager dans la Meuse. Des bouées délimitaient dans le fleuve un espace de natation. Effectivement on peut apprendre à nager sans piscine couverte chauffée, sinon on aurait découvert la natation au XXe siècle.

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  • Gestion privée : le centre aquatique Diabolo à Bourg-de-Péage fermé, et l’Epervière à Valence ? Le 11 septembre à 09:30, par luce

    Il vaut mieux des piscines collectives (publiques) que des piscines individuelles privées (qui ne cessent de se multiplier dans la vallée !). Ici il n’y a pas de piscine couverte et résultat, de nombreux parents emmènent leurs enfants à Diabolo ou à Valence. L’impact de ces déplacements, réalisés en voiture, en émissions de CO2 est bien pire que les problématiques liées au chauffage de l’eau. Le projet de Mr Mariton était très excessif, mais Crest a bel et bien besoin d’une piscine couverte ! De nombreux enfants des écoles de la vallée ne sont pas en mesure de réaliser la partie du programme scolaire qui consiste à apprendre à nager... Oui nous avons la rivière, mais elle est dangereuse en hiver et sèche en été ! L’écologie doit se soucier du service public plutôt que de diaboliser des équipements collectifs quand les équipements individuels sont complètement dérégulés (par exemple, il coûte moins cher à un particulier qui profite du bouclier tarifaire de l’Etat de chauffer sa propre piscine perso, qu’à une collectivité, qui n’en bénéficie pas, d’exploiter un équipement collectif...)

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    • Gestion privée : le centre aquatique Diabolo à Bourg-de-Péage fermé, et l’Epervière à Valence ? Le 14 septembre à 11:38, par serge

      Bonjour,

      A force de vivre dans l’opulence depuis les Trente Glorieuses, on finit par prendre de détestables habitudes de luxe. Ainsi il faudrait nécessairement une piscine couverte pour apprendre à nager. M’enfin : dans ma ville natale, on se baignait aux « bains municipaux », un complexe de deux bassins avec cabines et plongeoirs directement alimentés par la rivière. Certes, on ne se baignait qu’en été, dans une eau pas toujours super chaude, ce qui est excellent pour la santé et désintoxique de la chaleur (20°C, c’est une intoxication qui affaiblit l’organisme en modifiant le rapport graisse blanche/graisse grise). Pourquoi n’irions nous pas vers ces solutions de progrès, qui imposent une rivière propre (nécessité vertueuse) ? Le luxe et le confort sont des dangers et des infirmités, qui légitiment le « notre mode de vie n’est pas négociable » et dont de ne rien changer.

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