Au cas où certaines personnes pensaient encore que les gendarmes étaient moins pires que les policiers, qu’au moins ils avaient plus de discipline et de retenue, voici à nouveau des faits qui démontrent que quand il s’agit de réprimer les contestations assimilées à la gauche ce sont tous des brutes au service des pouvoirs et des intérêts privés. Et c’est encore bien pire quand il s’agit des quartiers populaires.
Enormément de flics sont dangereux, et surtout une grosse part de leur hiérarchie l’est aussi.
(revue de presse choisie plus bas)
A Sainte Soline, Ces gendarmes sont tellement sûrs de leur impunité et tellement surexcités par leur ultra-violence et leur pouvoir de tuer qu’ils n’essaient même pas de dissimuler leurs actes criminels pourtant enregistrés par les caméras qu’ils portent !
Cette fois ci encore plus que d’habitude, on voit bien qu’il s’agit d’un problème structurel, de violence d’Etat planifiées, acceptées et couvertes pour toute la chaîne de commandement. Rien à voir avec les dérives ou les erreurs de quelques « brebis galeuses » qui auraient dévié malencontreusement de la norme et qu’il suffirait de châtier, très légèrement la plupart du temps.
En réalité, la norme c’est l’illégalité systématique légitimée au plus haut niveau de l’Etat, l’ultra-violence volontaire d’Etat, la joie pour les flics de mutiler, de blesser et humilier des opposants politiques considérés vulgairement comme des résidus insignifiants à éliminer.
La norme ce sont les idées et pratiques autoritaires et brutales, c’est le néofascisme.
Et avec plus de la moitié des flics qui penchent à l’extrême droite, ils ne peuvent que s’éclater sans scrupules quand le pouvoir leur offre l’occasion de se défouler, légalement ou pas, sur des contestataires de gauche.
Ce système antidémocratique qui ne tolère aucune contestation de gauche un peu consistante ne peut que continuer à être ultra-violent et à s’enfoncer dans le néofascisme.
A moins qu’on se soulève franchement pour stopper tout ça.
Les ministres et au dessus un certain Macron, l’IGGN, les préfets et gradés liés à ces exactions criantes et à leur tentative d’escamotage vont-ils être limogés, traduits en justice et condamnés ? On en doute quand on voit l’empressement fébrile du ministres de l’intérieur Nunez à satisfaire le moindre petit caprice des milices policières extrême-droitisées.
D’ailleurs, le sinistre Nunez défend déjà le sinistre Darmanin de l’époque ainsi que les gendarmes : Gérald Darmanin, avait eu « parfaitement raison » d’affirmer que l’usage de la force avait été proportionné. Mais, a poursuivi Laurent Nuñez, « je ne laisserai jamais critiquer les forces de sécurité intérieure et vous savez très bien que ce genre de faits qui sont graves, j’en conviens, (…) permettent toujours à certains de critiquer d’une manière générale l’institution policière ou la gendarmerie ». Laurent Nuñez a demandé qu’une enquête administrative soit confiée à l’inspection générale de la gendarmerie nationale (NOTE : celle là qui a tenté d’étouffer l’affaire...), mais n’a pas manifesté d’intention de saisir le procureur de la République – l’article 40 du code de procédure pénale oblige tout fonctionnaire ayant connaissance de faits délictuels à s’y atteler.
Cette fois, ça va être plus difficile pour l’Etat et ses sbires de s’en sortir sans encombre. Mais ils invoqueront sans doute le fait que les gendarmes étaient visés par des manifestants énervés leur lançant pierres et cocktails molotovs, et que les pratiques légales étaient insuffisantes pour les repousser. Et alors ils demanderont une évolution de la législation pour ne plus avoir à recourir à des pratiques illégales leur causant potentiellement quelques petits problèmes juridiques ?! Ils demanderont le droit de tirer à balles réelles peut-être ?! Concernant les propos affligeants de gendarmes, ils diront que ce sont des cas isolés, et puis que ce sont juste des "expressions viriles" et imagées sous le coup de la tension, qui bien sûr ne reflétaient pas la pensée réelle de ceux qui les ont prononcés, et blabla. Comme d’habitude, il y aura légalisation des pratiques illégales pour aller toujours plus loin dans le pire.
Pour l’Etat, plutôt tuer que de battre en retraite en laissant une "victoire" purement symbolique aux contestaires. Et surtout, l’occasion était trop bonne de massacrer et terroriser des rebelles, pour tenter de les renvoyer à la soumission et à la sidération.
Au cas où on manquerait de raisons pour se soulever :

- Gendarmes à Ste Soline : le plaisir de mutiler, la volonté de tuer, en toute illégalité et impunité
Sainte-Soline : les preuves d’une volonté de massacrer les manifestant·es
« Je ne compte plus les mecs qu’on a éborgné ! Un vrai kiff ! »
Les images dévoilées ce mercredi 5 novembre par Médiapart et Libération donnent envie de tout brûler, et confirment ce que toutes les personnes présentes à Sainte-Soline le 25 mars 2023 ont ressenti : la volonté de la part de l’État de tuer, de traumatiser, de briser mentalement et psychiquement tout une dynamique écologiste, au beau milieu d’un grand mouvement social pour les retraites.
Les deux médias ont eu accès aux caméras-piétons des gendarmes présents autour de la mégabassine contestée ce jour-là. Les militaires savent qu’ils sont filmés et enregistrés, et pourtant ils se lâchent. On peut entendre des dizaines d’insultes, d’appels à commettre des assassinats voire de propos ouvertement fascistes. Surtout, ces vidéos et ces échanges constituent des preuves accablantes de faits criminels relevant de la cour d’assises.
Parmi les échanges enregistrés, cette discussion entre deux gendarmes qui tirent des grenades vers la foule : « Je compte plus les mecs qu’on a éborgné ! » Son collègue lui répond : « J’espère bien que t’en as éborgné ! » Le premier crie de joie : « Un vrai kiff ! »
On entend aussi de manière répétée des consignes données par les gradés, pour tuer ou mutiler des manifestants. Par exemple cet ordre : « Mets leur une GM2L dans la gueule ». Une « GM2L » est une grenade explosive, potentiellement mortelle, contenant du C4. Ces armes de guerre peuvent arracher des membres et ont déjà pulvérisé des mains ou des pieds. Tirée à hauteur de visage, une telle grenade peut arracher une tête. D’autres officiers crient à leurs hommes : « En tendu, en tendu ! Baisse ton canon ! » Un autre crie : « Bien joué, en pleine gueule ». Un gendarme demande à ses collègues tireurs : « Encore plus bas, plus bas ». Un chef exige : « Sur le groupe, devant, tendu ! Devant, tendu ! Vous balancez en tendu ! » Un autre dit à un tireur : « En tendu, en tendu, baisse ton canon, putain dépêche-toi ».
Ces ordres montrent une volonté délibérée de frapper les corps, dans une illégalité généralisée. L’arme qui envoie les munitions de maintien de l’ordre se nomme « lanceur Cougar », c’est une arme à feu, considérée comme du matériel de guerre, projetant des munitions de 56 millimètres de circonférence en plastique dur, à pleine vitesse, jusqu’à 200 mètres. Il est catégoriquement interdit d’utiliser ces « lanceurs » en tir tendu, au risque de tuer.
Les tirs doivent toujours se faire en cloche pour que les grenades aient le temps de se déclencher en l’air. Les lanceurs Cougar sont d’ailleurs spécifiquement coudés pour empêcher un usage illégal. Afin d’effectuer un tir tendu, les gendarmes doivent donc incliner ou retourner leur arme, c’est un geste nécessairement volontaire. À Sainte-Soline, la consigne de la hiérarchie a été d’utiliser systématiquement les armes de la manière la plus dangereuse et dévastatrice possible, en violation assumée de la loi et des règles internes à la gendarmerie.
Dans les enregistrements, les militaires traient aussi les manifestants de « fils de pute », d’« enculés », de « pue-la-pisse »… Ils se réjouissent d’avoir commis des dégâts irréversibles en temps réel : par exemple d’avoir frappé « en pleine tête ». Ils rigolent de « faire mal », disent qu’il « faut les tuer ».
En deux heures, autour d’un trou au milieu de la campagne, sans aucun enjeu matériel, aucun objectif de maintien de l’ordre, un dispositif de 3000 militaires, appuyés par des drones, des hélicoptères et des blindés, a ainsi tiré plus de 5000 grenades sur une foule de civil·es. Ce moment a été un sommet de lâcheté : les gendarmes sont lourdement protégés par leurs casques, leurs cuirasses et leurs boucliers. Ce jour-là, ils étaient aussi en surplomb, en rang sur des buttes de terre, et toujours à distance des manifestant·es qui n’ont jamais pu atteindre la bassine. Celle-ci était ceinturée par plusieurs rangées de grilles.
Il faut donc imaginer d’immenses lâches en uniforme, payés et lourdement équipés par l’État, qui déversent en ricanant un déluge de munitions mortelles alors qu’ils ne courent pas le moindre risque, sur des personnes qui défendent le bien commun.
La veille de la manifestation de Saint-Soline, Darmanin intervenait sur Cnews pour annoncer : « Les français vont voir des nouvelles images extrêmement violentes ». Le ministre de l’Intérieur savait exactement ce qui était prévu le lendemain à Sainte-Soline : une partie de ball trap destinée à briser les réseaux écologistes et anticapitalistes, en plein mouvement social. Tout était prévu, scénarisé, du haut en bas de la chaîne de répression.
Dans les enregistrements du 25 mars 2023 qui viennent d’être rendus publics les militaire n’éprouvent pas le moindre remord, et disent même qu’ils ont adoré faire couler le sang. Un tireur dit à son collègue : « Celle-là, elle va leur claquer dans le nez regarde ». Réponse : « bien », suivie d’une observation enthousiaste : « Il l’a prise dans les couilles ».
Un gendarme nommé Eduardo multiplie les tirs criminels. On entend ses collègues enthousiastes : « Celle d’Edouardo là, il l’a mis en pleine tête », « Le tir d’Edouardo, il était magnifique […] c’est ce qu’ils auraient dû tous faire, comme ça tu peux identifier personne gros ». Un autre se remémore : « On en reparle du tir tendu de tout à l’heure là, j’ai cru que le mec n’allait jamais se relever » !
Les criminels en uniforme jouissent de leur propre violence. Un gradé de l’escadron de Grenoble prend l’accent allemand et déclare : « À tous les pilotes de Panzer, en avant ». Il mime un nazi, et il en est fier. Les militaires expriment leur plaisir après la boucherie : « C’est magnifique là », ou encore : « J’ai signé pour ça mec, j’ai attendu dix ans de gendarmerie pour vivre ça ». Un autre se vante : « J’ai tiré 7 LBD, j’en ai couché au moins quatre des mecs ».
Souvenez-vous, en mars 2023, tous les médias nous avaient fait croire que les gendarmes étaient « traumatisés » par « l’ultra-violence des manifestants », que certains étaient « gravement blessés ». On avait entendu pendant des jours des mensonges à n’en plus finir sur ces pauvres agents exposés à des écologistes dangereux. Ils avaient tenté d’apitoyer la population et créé un récit totalement mensonger. La réalité, et les gendarmes le disent eux-mêmes, c’est qu’ils ont « kiffé ».
Plus de deux ans ont passé depuis cette manifestation qui a traumatisé une génération de militant·es. Plus de 400 personnes ont été gravement blessées ce jour-là, deux avaient été placées dans le coma, et un grand nombre mutilées à vie. Plusieurs kilos de matière explosive ont labouré les champs, des cratères ont été creusés par les détonations, comme dans une scène de guerre.
Et malgré les preuves accablantes, les images, les témoignages et les enregistrements des gendarmes eux-mêmes, il ne s’est rien passé. L’Inspection Générale de la Gendarmerie Nationale – l’IGPN version gendarme – dit qu’elle n’a « identifié » aucun auteur de violence. Alors même qu’il suffit de relier les enregistrements vidéo au porteur de la caméra, que des noms sont cités et des donneurs d’ordre identifiés ! L’IGGN n’a même pas fait semblant d’enquêter : Mediapart explique qu’aucun gendarme n’a été interrogé sur le contenu des images. Et même que trois escadrons de gendarmerie ont refusé de donner leurs enregistrements aux enquêteurs, sans que cela ne provoque la moindre réaction.
Après cette manifestation Serge, qui était venu manifester, est resté plusieurs semaines dans le coma. Un tir tendu dans sa tête lui a fracturé la boite crânienne, provoquant des lésions irréversibles dans son cerveau. Alors qu’il était entre la vie et la mort, les gendarmes ont empêché les secours de venir le prendre en charge. Il a frôlé le pire, et se bat toujours pour retrouver ses capacités.
Mickaël, visé par un tir de balle en caoutchouc dans le cou, a lui aussi été plongé dans le coma. Il aurait pu mourir suite à l’hématome cérébral provoqué par la munition. Alix a reçu une grenade en tir tendu dans la mâchoire, fracassant les os de son visage. La munition a ensuite explosé dans ses jambes.
Des dizaines d’autres personnes, qui ont préféré garder l’anonymat, ont reçu des tirs mutilants dans les yeux, les pommettes, le crane, des explosions dans les jambes ou les pieds, ont eu des tympans perforés par les détonations. Des milliers d’autres restent traumatisées.
Sainte-Soline a été la démonstration du fascisme déjà là : pendant deux heures, dans un champ, l’État français a ordonné à ses soudards de massacrer une marche écologistes. Et notre riposte se fait toujours attendre. Ces révélations, même si elles arrivent tard, mériteraient à elles seules provoquer un soulèvement.
source, avec liens complémentaires : https://contre-attaque.net/2025/11/05/sainte-soline-les-preuves-dune-volonte-de-massacrer-les-manifestant%c2%b7es/
voir aussi :
- Mediapart et « Libération » révèlent des images inédites du 25 mars 2023, filmées par les caméras-piétons des gendarmes. Elles montrent des consignes prohibées et dangereuses données par la hiérarchie… + https://l.mediapart.fr/rga
- CND : « Faut leur tirer dans la gueule ! Je compte plus les mecs qu’on a borgné. Un vrai kiff ! ». Mediapart a réussi à se procurer 84h d’enregistrement des caméras embarquées des gendarmes lors de la manifestation contre les méga bassines à Sainte Soline en 2023. On y voit des gendarmes venus clairement pour blesser voir tuer, et qui sont encouragés par leur hiérarchie à faire du sale. Enquête à retrouver sur Mediapart - vidéo : https://www.facebook.com/share/r/16PTmYcvgH/
- Gendarmes violents à Sainte-Soline : « On est effarés par la jouissance qu’ils semblent ressentir » - Les vidéos des caméras-piétons des gendarmes sur la manifestation de Sainte-Soline montrent une « violence extrême », dit Hélène, membre d’un collectif de manifestants. Ils « sentent qu’ils ne risquent pas grand-chose ». (...) À un moment, l’un d’entre eux dit : « Faut qu’on les tue » ; un autre qu’il faut nous « massacrer ». Il y a un contraste immense entre la légèreté avec laquelle ces mots sont prononcés, et leurs effets dans le réel. Des manifestants ont failli être tués. La vie de beaucoup d’entre eux a été fracassée. Des chairs ont été arrachées, des projectiles retrouvés à l’intérieur de corps. Certains manifestants ont toujours des séquelles de cette journée, et en auront toute leur vie. (...) Je crois que cela montre que les forces de l’ordre ne sont pas faites pour protéger la population, contrairement à l’idée que l’on peut en avoir. Elles sont faites pour protéger des intérêts, en l’occurrence privés, puisque la mégabassine n’était pas construite par l’État.
Les forces de l’ordre n’ont pas du tout agi dans l’intérêt général. Un tel mépris à l’égard d’une partie de la population pose également un problème démocratique. Ces vidéos donnent l’impression que nous n’existons pas, à leurs yeux, en tant que citoyens et citoyennes ; que notre parole n’a pas à être entendue, puisque nous serions des « fils de pute », des « chiens ». La contestation n’est pas tolérée. Nous sommes réduits à des ennemis, à des adversaires, qui doivent être punis suffisamment fort pour ne plus jamais avoir envie de revenir manifester.
La mobilisation de Sainte-Soline a été exceptionnelle en nombre de grenades lancées, mais il faut rappeler que la violence de la police n’est pas exceptionnelle. Dans les quartiers populaires, elle s’exerce depuis de nombreuses années. La plupart des personnes qui meurent de crimes policiers sont des personnes racisées.
(...) La contestation ne semble plus tolérée. Tout ce qui ne veut pas rentrer dans le rang est considéré illégitime et criminalisé. (...) - Violence des gendarmes à Sainte-Soline : quelles suites politiques et juridiques ? - Après la révélation de vidéos de violences policières à Sainte-Soline, des députés présents à la manifestation réclament une enquête complète et des sanctions « exemplaires ». Mais l’impunité pourrait perdurer, craignent-ils. (...) les gendarmes ont multiplié volontairement les « tirs tendus » de grenades (parfois sur ordre de leurs supérieurs hiérarchiques), ce qui est contraire à la réglementation car potentiellement létal pour les manifestants. Les vidéos ont également révélé des insultes à l’encontre des militants et une jubilation des gendarmes à l’idée de leur faire du mal. (...) « Nous n’attendons rien de cette enquête administrative : l’IGGN disposait des 84 heures de vidéos visionnées par “Mediapart” [et “Libération”], mais n’a fait aucun signalement au parquet, regrette Clémence Guetté. Cette inaction interroge sur le déroulement des enquêtes internes et le climat d’omerta qui entoure les violences policières. » (...) « Loin d’être un événement ponctuel, le 25 mars 2023 à Sainte-Soline s’inscrit dans un processus visant depuis de nombreuses années à banaliser une répression toujours plus violente »
- « Faut qu’on les tue » : les vidéos des gendarmes à Sainte-Soline révélées par Mediapart et Libération : Les vidéos sont accablantes et donnent la mesure de la violence de l’institution policière à l’encontre des militants écologistes. Dans une très forte enquête, Mediapart et Libération révèlent les méthodes illégales des gendarmes mobiles pour réprimer la manifestation de Sainte-Soline de mars 2023 qui avait occasionné dans les rangs des manifestants plus de 200 blessés. (...) « J’ai signé pour ça mec, j’ai attendu dix ans de gendarmerie pour vivre ça. » — « J’ai tiré sept LBD, j’en ai couché au moins quatre des mecs. » — « Mec, j’ai mis une pleine tête avec une grenade 100 mètres, je l’ai bien vu. »