France : les exilés toujours plus réprimés, traqués, humiliés et exclus par l’Etat et sa police

Brutalités, harcèlements, moqueries, menaces... L’extrême droite serait-elle déjà au pouvoir ?

jeudi 19 novembre 2020, par Auteurs divers.

Deux exemples parmi hélas plein d’autres pour bien comprendre comment les forces de l’ordre de l’Etat français traitent, en toute impunité, les exilés en détresse en France, c’est terrifiant, révoltant et très représentatif de la fascisation En Marche :

1. À Calais, un Érythréen gravement blessé au visage par un tir de LBD40 - « Les exilés ont supplié les CRS de les laisser l’emmener à l’hôpital ! » - Le 11 novembre, une intervention de CRS dans un camp de migrants a dégénéré. Un Érythréen a été touché au visage par un tir de LBD 40. Il est encore hospitalisé dans un état, semble-t-il, inquiétant.

France : les exilés toujours plus réprimés, humiliés et exclus par l’Etat et sa police
Brutalités, harcèlements, moqueries, menaces... L’extrême droite serait-elle déjà au pouvoir ? (photo Solidarité migrants Wilson)

2. #ParisInterditAuxExilés. Une scène hallucinante (parmi tant d’autres) hier soir : des CRS qui contrôlent les bus des environs de là où ils ont « lâché » les gens. Après leur avoir fait espérer une évacuation « humanitaire », les avoir traités comme du bétail, les avoir gazés, violentés, les policiers ont pourchassé les exilés jusque dans les transports en commun.

Nous voyons ici que ce sont toutes les personnes « de couleur » qui sont « priées » de descendre. On voit bien que parmi ces « personnes de couleur », certains sont de simples habitants ou travailleurs« (l’un a son sac de livraison sur les épaules par exemple). Ils descendent tous docilement, et comme je les comprends moi qui ai eu si peur hier ! Depuis longtemps nous interpellons Mme #Hidlago entre autres sur ces »chasses au faciès", qui se répètent et nous déshonnorent.
Quelques heures plus tard, un bénévole décrit une scène que qui s’est répété à maints endroits depuis hier :
Exilès les yeux de rouges de fatigue, de détresse, de pleurs et de terreur. Ils demandent : Why why The police Fight us ? We are not criminal. Malchance quelques minutes plus tard des cowboys viennent disperser ce petit groupe alors qu’il tentaient de finir leur gamelle sur une palissade de fortune. Peu de temps, après débarquent les maitre-chien des bâtiments privés alentour et plein d’autres policiers.
Police : Ils doivent dégager d’ici, ils doivent aller vers la bas.
SMW : Mais la bas c’est où ? [des policiers dans toutes les directions, ou se répétera la même scène plus loin]
Police : la bas c’est pas ici …
SMW : Soyez plus clair toute la journée ils ont été repoussés de partout, vous pouvez pas venir à 23 h est leur dire de repartir, ils sont épuisés
Police : je ne suis pas assistant social
SMW : nous non plus, mais on est tous des humains et ce qui se passe là dépasse l’entendement.
Police : je vais pas faire de politique mais on peut pas les accueillir et ce matin on en a pris le maximun ! donc la c’est à eux de comprendre qu’il faut qu’il dégagent ! Et les ordres qu’on a reçus sont clairs, les gens ne doivent pas rester à Paris.

🎥 Merci à Frédérique Le Brun pour ces images lourdes de sens

Post et Vidéo sur Solidarité migrants Wilson
(d’autres témoignages hallucinants sur leur page)

Dans la France de Macron, la police de Darmanin organise une chasse à l’homme...
(Rappel : Poème écrit à Dachau par le Pasteur Martin Niemöller )
Quand ils sont venus chercher les communistes, Je n’ai rien dit ; Je n’étais pas communiste.
Quand ils sont venus chercher les syndicalistes, Je n’ai rien dit ; Je n’étais pas syndicaliste.
Quand ils sont venus chercher les juifs, Je n’ai rien dit ; Je n’étais pas juif.
Quand ils sont venus chercher les catholiques, Je n’ai rien dit ; Je n’étais pas catholique.
Puis ils sont venus me chercher, Et il ne restait plus personne pour protester.

- Variante :
"Quand ils sont venus flashballer les jeunes de cités, ils n’ont rien dit, ils pensaient que c’était des dealers et des terroristes.
Quand ils sont venus enfermer et mutiler les Gilets jaunes, ils n’ont rien dit, ils pensaient que c’était des casseurs et des antisémites.
Quand ils ont tué en pleine rue un père de famille lors d’un banal contrôle routier, ils n’ont rien dit, ils pensaient que c’était un fait divers regrettable.
Quand ils sont venus mettre en garde à vue les journalistes indépendants, ils n’ont rien dit, ils pensaient que c’était des militants, des trafiquants de fake news.
Quand ils sont venus les chercher, eux, les journalistes à carte de presse, il n’y avait plus personne pour vouloir ou pouvoir encore protester.« L’édito d’Aude Lancelin sur la loi »Sécurité Globale" en ligne ce soir sur QG


- Désormais, quand on dit « la france pays des droits de l’homme », c’est pour faire de l’ironie, pour se moquer, pour évoquer d’un lointain passé révolu.

Le premier qui dit « vous ralez sur la France, mais allez voir en Chine la dictature » je lui met une baffe virtuelle.

Le premier qui dit « restons positifs, voyons plutôt les bonnes nouvelles », ce sera un coup de pied au cul, virtuel.

P.-S.

- Voir aussi : Hier, l’innommable s’est produit à Paris. De l’opération de mise à l’abri “humanitaire” à la chasse à l’homme - Hier, l’innommable s’est produit. Charges violentes, gazages, humiliations, évacuation de la rue vers la rue : l’opération de mise à l’abri "humanitaire" s’est vite transformée en chasse à l’homme. Toute la nuit, les persécutions ont continué, ne laissant aucun répit à ces centaines de personnes qui n’ont pas dormi depuis 48h. Et ce matin encore la police continuait ses violentes persécutions, en tentant de disperser les "restants". MAIS ILS N’ONT NULLE PARTALLER ! Partout où ils vont on leur dit dégagez !

« […] Quand il a été avéré qu’il n’y aurait pas de place pour tous, les 500 à 1000 exilés restés sur place, ainsi que les associatifs qui les accompagnaient, ont été nassés par la police au mépris de toute mesure de distanciation physique. Pendant de longues heures, tout mouvement leur a été interdit, y compris la satisfaction des besoins élémentaires d’accès à l’eau et à des sanitaires.
Enfin tous ces oubliés de l’évacuation ont été sommés de se rassembler en un cortège impressionnant, lancé à pied sous escorte policière en direction de la Porte de la Chapelle. Tout au long de l’avenue du Président Wilson à Saint-Denis, un dispositif policier implacable a procédé à la dispersion du cortège à grand renfort de gaz lacrymogènes et de “sommations avant usage de la force”.
Des habitants, choqués, ont décrit des "scènes de guerre" se prolongeant dans toutes les rues voisines. L’objectif ? ce que la sous-préfète appelle une “évacuation du camp vers la voie publique”. Très clairement, il s’agissait d’éparpiller toutes les personnes que l’action publique n’avait pu évacuer.
Les charges successives ont fini par disperser les exilés démunis, désorientés et choqués dans le quartier de la Plaine et autour de la place du Front Populaire à Saint-Denis, et Porte de la Chapelle à l’entrée de Paris, à l’Ile Saint-Denis et Aubervilliers. Il y a eu des blessés (perte de connaissance, contusions, fractures, etc.) Beaucoup de personnes ont perdu leurs effets personnels ainsi que tous leurs papiers dans les charges successives.
Des exilés qui avaient pu monter dans des bus affrêtés par la Préfecture nous ont informés en avoir été débarqués quelques centaines de mètres plus loin et refoulés sans plus d’explications ni de ménagement vers la Porte de la Chapelle.
Les policiers ont continué à intervenir jusqu’au soir, pour repousser les petits groupes déjà éparpillés. De l’autre côté du périphérique, des policiers parisiens interdisaient aux exilés l’accès à la capitale ; sur Saint Denis d’autres policiers leur enjoignaient au contraire de partir vers Paris, leur suggérant même de prendre le métro pour éviter les barrages de leurs confrères.
Nombre de ces hommes attendaient depuis mi-août cette évacuation. Sur le campement de Saint-Denis, la plupart des gens ne pouvaient se rendre à Paris, à leurs rendez-vous médicaux et administratifs ni aux maraudes alimentaires et ont de ce fait connu la faim. Plusieurs exilés sont décédés dont deux au cours des 10 derniers jours (un au moins n’avait pas mangé depuis 2 jours). […] »


8 Messages

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  • France : les exilés toujours plus réprimés, traqués, humiliés et exclus par l’Etat et sa police Le 25 novembre à 20:44, par Auteurs divers

    Il n’y a malheureusement rien de surprenant dans les images de la chasse aux hommes qui tournent en boucle depuis hier.

    Ca fait des années que c’est comme ça.
    Ca n’a toujours été que ça.
    Ca fait des années que la flicaille chasse dans les cités, mutile des gamins juste pour le plaisir.

    Concernant les femmes et les hommes venues de pays exploités par des démocratie comme la france, de pays où les guerres se font avec les armes fabriquées par des démocraties comme la france, il suffit de tendre l’oreille et d’écouter ce que certain.e.s d’entre elles nous racontent.
    A la frontière avec l’italie, tous les soirs depuis des années c’est ce même spectacle qui se joue. Une chasse dans les rues de montgenèvre, la ville-station frontalière. On a vu les flics chasser quand les touristes sont rentrés, aux chaud, manger leur raclette et que plus personnes n’est dans les rues pour voir et entendre, on les a vu courser des femmes et des hommes frigorifié.e.s, apeuré.e.s, ont les a entendus hurler de joie quand la chasse était bonne.
    On nous a racontés comment une fois ils l’ont rattrapé parce qu’elle ne courait pas assez vite, parce qu’elle est malade, dans cette neige glaciale à 1800 m d’altitude, dans la nuit, comment ils lui ont tapé la gueule contre la voiture, comment ils l’ont frappés.
    C’est pas des violences policières ou des bavures, c’est pas un dysfonctionnement d’un supposé état de droit ou d’une démocratie. C’est pas des gouvernants incompétent. C’est pas une question de droit de l’homme.

    C’est tout ce que ce système a à proposer. Et il fonctionne plutot bien pour ceux qui le dirigent. Voilà à quoi ça ressemble une société au 21e siècle, voilà à quoi ressemble une démocratie des plus puissantes de la planète. Voilà l’exact définition de l’état : la soumission à ceux qui gouvernent.

    via EMDT

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  • France : les exilés toujours plus réprimés, traqués, humiliés et exclus par l’Etat et sa police Le 24 novembre à 17:09, par Camille Z

    ⚫️ LA NUIT DE LA HONTE ⚫️

    Il est 21h ce lundi 23 novembre, place de la République.
    Des centaines d’exilé.e.s sans solution de logement depuis leur expulsion d’un camp à Saint Denis la semaine passée occupent la place de la République. Une action de visibilisation menée par l’association Utopia 56 invitant l’État a prendre ses responsabilités.

    Très vite, la police aux ordres du préfet Lallement arrive sur place. Les visages sont cagoulés, les RIO absents. La matraque en main.
    Les premiers regards s’échangent. Tout le monde sent que ça va mal tourner.
    On entend le bruit des bottes passer autour des tentes, les arracher du sol alors que des personnes se réchauffent encore à l’intérieur.
    Les exilé.e.s, avocat.e.s, député.e.s, journalistes, présent sur place sont soumis au régime de la matraque dans un premier temps, puis de la chasse dans les rues de Paris. Une chasse à l’homme de plusieurs longues heures, jusqu’à la mairie de Paris où les exilé.e.s se dirigaient pour trouver un peu de répit.
    L’objectif des policiers saute aux yeux. Faire mal, gratuitement, sans états d’âme. Tel un monstre froid, frapper fort, sans retenue, faire peur.
    Sur les réseaux sociaux, cette nuit, les images ont défilé. Les vidéos non-floutées de policier.e.s commettant des violences se sont accumulées.
    Remi Buisine, journaliste chez BRUT est frappé à 3 reprises. « Jamais deux sans trois » lui répond le policier.
    Sur d’autres images, on observe un même policier s’en prendre violement à trois personnes sur différentes scènes. Un policier déchaîné, à l’image des ordres d’évacuation donnés par la préfecture.
    Sur certaines images nous assistons à une nasse de plusieurs heures, sur d’autres à la chasse en direct des exilé.e.s par la flicaille. Et il y a ce croche pied, vu des centaines de milliers de fois sur twitter. Ce croche pied gratuit, inhumain, à l’encontre d’un jeune qui essayait seulement de trouver une issue.
    Sur les réseaux sociaux, grâce aux multiples vidéos, nous avons vu la nuit de la honte.

    Tellement d’images, tellement de violence que Darmanin n’a pu passer à côté. Le ministre a réagi alors que l’opération de police n’était même pas complétement terminé. Sur twitter, il affirme que devant les « images choquantes » qu’il avait vu, il avait demandé au préfet de police un « rapport circonstancié » sur « la réalité des faits ».
    Quel aveu d’échec. Que des images de violences policières, non floutées, diffusées sur les réseaux sociaux, viennent entâcher le ministère et sa police deux heures seulement après la réunion entre le ministre, les représentant.e.s des journalistes et des organisations de luttes pour les droits de l’homme.
    Quel aveu d’échec, que Darmanin soit obligé de réagir suite à des vidéos qu’il essaye parallèlement d’empêcher avec la loi sécurité globale.

    Chaque jour, chaque nuit, nous sombrons un peu plus. Le pays des droits de l’homme - pour ceux qui osent encore l’appeler ainsi - n’est qu’un amoncellement de ruines. Un bateau à la dérive. Une dérive froide, autoritaire, policière que personne ne semble pouvoir arrêter.
    Face à l’horreur policière, il faut une réponse à la hauteur. Être unis et solidaire. Le pouvoir franchit chaque jour un nouveau cap. Nous devons l’arrêter dans sa frénésie fascisante.

    Rendez-vous ce soir, à 18h place de la République.

    Post de Cerveaux non Disponibles

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  • France : les exilés toujours plus réprimés, traqués, humiliés et exclus par l’Etat et sa police Le 24 novembre à 13:21, par Camille Z

    Une nuit sous l’Etat policier, place de la République

    Ce soir je n’arrive pas à trouver le sommeil. J’en ai fait des manifestations dans ma vie, mais ce que j’ai vu ce soir place de la République et dans les rues de Paris, dépasse l’imaginable.
    Nous avons lancé le direct de l’insoumission avec Danielle Simonnet aux alentours de 19 heures. La police était tout juste en train d’arriver sur la place. Les tentes étaient disposées en longueur au pied de la statue de la République. Des exilés, essentiellement des gamins à l’intérieur et à l’extérieur. Puis très vite, les lumières se sont éteintes.
    Les CRS ont commencé à charger par un côté (boulevard du Temple) et ont commencé à faire une percée en marchant sur les tentes. Ils ont été vite stoppé, face à eux, militants, avocats, journalistes, élus, citoyens, ont fait bloc. Puis tout est allé très très vite.

    C’est aux alentours de la 25e minute sur le direct. La police effectue une charge sourde, matraque et bouclier en avant, écrasant tout sur leur passage, y compris les gamins dans les tentes. Je me prends une patate dans le ventre de la part d’un CRS au crâne rasé. Je perds carte bleue, passe navigo et carte vitale dans la charge, mais l’essentiel est ailleurs : face à la résistance pacifique mais déterminée de notre côté, les gendarmes et les CRS chargent de l’autre côté. Et les coups pleuvent. Les tentes sont arrachées les unes après les autres. Des gamins sont à l’intérieur, terrorisés. Je vois une poussette entre les tentes. Puis un CRS qui tire une fille de mon âge par les cheveux.

    Nous commençons à former une chaîne humaine pour tenter de protéger les dernières tentes restantes. Deux militantes associatives nous racontent l’évacuation du campement de Saint Denis la semaine dernière, et les exilés pourchassés dans les rues pendant près de 48 heures sous les pluies de lacrymogènes. C’est à ce moment là que la police charge de nouveau. Elle nous arrache un par un et nous pousse violemment hors de la chaîne humaine. Peu à peu, le groupe se restreint et la police se replace en ligne au pied de la statue.

    Un setting se fait alors sur la place, dont les tentes ont disparu, gardées au pied de la statue par une autre compagnie de CRS. Quand la camion arrive pour les récupérer, la police adresse la première sommation. Puis charge à nouveau. Une mêlée de rugby géante, jusqu’à pousser en touche les exilés, militants, avocats, élus et journalistes restants. C’est alors que le mot d’ordre « Hôtel de ville » est lancé : la troupe commence à avancer. Les CRS se mettent à courir pour nous empêcher de sortir de la place. La nouvelle charge s’effectue à l’entrée du boulevard du temple. Un policier fracasse un jeune exilé contre un feu rouge. Sa tête tape, le policier lui assène des coups de matraques sur le crane, le gosse essaie de se protéger comme il peut, je le perds de vu. On continue à faire le tour de la place, pour s’engouffrer boulevard saint martin.

    La marche commence, les slogans antifascistes et anticapitalistes fleurissent, « solidarité avec les sans papiers » revient en coeur. On marche comme ça jusqu’à Beaubourg. Là, CRS et gendarmes nous attendent, et dans une grande confusion on se disperse, les gaz lacrymogènes sont tirés. On se retrouve alors avec un petit groupe qui dépasse le métro Rambuteau, rue de Beaubourg. Et là, symbole de la soirée.

    Rémy Buisine, journaliste de Brut, se fait plaquer et roué de coup au sol. On crie aux policiers qu’il est journaliste. Rémy se relève, et crie au policier « c’est la troisième fois que vous me frappez ». Ce à quoi, le policier, répond, goguenard : « jamais deux sans trois ». Voilà où on en est : la police ne cache même plus sa violence. La liberté de la presse est en grand danger.

    Alors que la PPL Sécurité Globale et son article 24, sont en train de passer à l’Assemblée, la police tabasse un journaliste au sol et fait passer un message : oui, vous allez arrêter de diffuser les violences policières. La soirée a été remplie de symboles. Des exilés, des citoyens et des élus de la nation arrachés place de la République. Des journalistes et un député de la République nassés, empêchés de circuler, au pied de l’Hôtel de Ville. La dérive autoritaire se déroule sous nos yeux.

    L’Assemblée nationale a voté l’article 24 : ainsi s’éteint la liberté... sous une pluie d’applaudissements.

    (témoignage FB de Pierre Joigneaux)

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  • France : les exilés toujours plus réprimés, traqués, humiliés et exclus par l’Etat et sa police Le 24 novembre à 13:06, par Camille Z

    ⏰ 31 HEURES DANS MA VIE DE MILITANT. ⏰ LES POUVOIRS PUBLICSPRIMENT, VIOLENTENT ET HARCÈLENT EN TOUTE IMPUNITÉ

    Evacuation du camp de réfugiés de la porte Saint Denis, Paris.
    Ce 23 novembre, une occupation de la place de la République s’est déroulé, initié par des collectifs de défense des exilé.es, pour dénoncer le manque de solutions d’hébergement.
    Il a fini en véritable chasse à l’homme.

    Revenons un instant en arrière, au 16 novembre 2020.
    Voici des extraits d’un témoignage, celui de de Emile Rabreau sur l’évacuation de la porte St Denis, à Paris.
    Emile est étudiant et bénévole chez Utopia, association qui vient en aide aux exilé.e.s et gère principalement des situations d’urgence.

    Une journée de 31h, de 14h le 16 novembre 2020 à 21h le lendemain.
    « ...14h. Alors que je dois, ce lundi après-midi, venir en aide à des mineur.e.s isolé.e.s, je reçois un appel d’Ali, père de deux enfants, à qui l’association a prêté ainsi qu’à sa famille un appartement depuis une semaine et dont je suis le référent. Quelques jours de répit, qui leur ont permis de se reposer au chaud sous un toit et de se balader dans le square du quartier. C’est la troisième fois que je vais voir la famille depuis qu’elle s’est installée, elle était auparavant à la rue. Ali me demande de venir car son fils de cinq ans, Mustafa, vomit depuis le début de la matinée. J’annule ma mission auprès des mineur.e.s ; vingt minutes plus tard je toque à la porte du logement, temporaire, de la famille soudanaise. Ali m’ouvre avec le sourire. Amro, petit garçon de huit mois, vient me dire bonjour à quatre pattes, tandis que Tagwa, mère des deux petits, prépare à manger. Mustafa va mieux, nous n’allons finalement pas devoir l’emmener aux urgences mais nous ferons simplement un tour en pharmacie. Cela permet de souffler, la famille me propose de partager un repas soudanais avec eux en guise de remerciement. J’accepte avec plaisir et mange donc en l’honneur de mes amies, locataires de l’appartement qui l’ont prêté pour le confinement, et de l’association. Nous oublions pendant quelques instants la situation difficile dans laquelle ils se trouvent, la faute à un Etat qui ne dote très largement pas ses services d’assez de moyens pour leur venir en aide... »

    « ...Mardi matin très tôt doit avoir lieu à Saint Denis le démantèlement du camp de la Porte de Paris (plus de trois mille exilé.e.s y vivent depuis des mois), opéré conjointement par les services de la préfecture de la région Île-de-France, la préfecture de Police et celle de Seine-Saint-Denis. Chaque personne qui se trouvera sur le camp à ce moment devra être légalement prise en charge par les pouvoirs publics. Tout d’abord, les occupant.e.s devront être amené.e.s en car et hébergé.e.s plusieurs jours (ou semaines) dans des gymnases en Île-de-France puis, pour presque 50% d’entre eux, obtenir une solution d’hébergement stable, n’importe où dans le pays. L’autre moitié sera jetée à la rue... »
    « ...2h du matin. Je plie mon duvet et me ré-habille ; nous partons à cinq en voiture pour revenir à la Porte de Paris. Quatre heures se sont écoulées depuis mon départ, il fait plus froid mais il y a toujours autant de monde présent sur l’esplanade. Nous relayons les bénévoles resté.e.s depuis 20h sur place, et assistons à des spectacles de danse afghane qui s’improvisent à côté du campement des familles. Encouragé.e.s par des exilé.e.s, nous entrons à l’intérieur du cercle de danse et prenons part avec entrain à la fête. Cependant, cette instant de ‘’liesse’’ s’estompe vite car beaucoup d’exilé.e.s, perdu.e.s et inquiet.e.s, viennent nous poser des questions à propos du démantèlement et de la manière dont ils seront par la suite pris en charge. Malheureusement, nous ne leur répondons que partiellement, car nous faisons comme eux face à une opération préfectorale opaque et brutale... »
    "...9h le lendemain. La situation commence à se tendre malgré la non-violence de la foule qui fait face avec ténacité aux forces de l’ordre. La police se joue des contestataires, commençant à gazer et à tirer des bombes de désencerclement sur la foule. Les explosions font sursauter bon nombre de personnes, on entend parfois crier ; provoquer la peur est une méthode de censure.
    En lien avec ( une) proposition de loi révoltante, les forces de l’ordre sous l’autorité du ministère de l’intérieur, opèrent à nouveau une atteinte profonde à la liberté d’expression et d’opinion, à l’intégrité physique et psychologique des individus.
    Atteinte au droit même de manifester. Ce type d’opération répressive a déjà été de nombreuses fois observé ; plus récemment à l’égard du mouvement des gilets jaunes, des grèves contre la réformes des retraites ou bien des manifestations de soignant.e.s dénonçant l’inaction et l’hypocrisie du gouvernement dans sa gestion de la crise sanitaire.
    Un des seuls contrepouvoirs restants face à cela reste la mobilisation citoyenne, notamment à travers la diffusion d’images et autres témoignages sur les réseaux sociaux : de nombreux téléphones portables filment cette scène abjecte.

    Non, l’Etat ne pourra pas voir sans être vu."

    Post sur Cerveaux non disponibles

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  • France : les exilés toujours plus réprimés, traqués, humiliés et exclus par l’Etat et sa police Le 24 novembre à 13:02, par Camille Z

    🇨🇵FRANCE - LA LONGUE DESCENTE AUX ENFERS🇨🇵

    Hier, l’Etat a pris la décision d’envoyer ses petits soldats faire la chasse aux migrants qui étaient venus faire une action coup de poing Place de la République en montant un camp en plein coeur de la capitale alors qu’ils dorment toutes les nuits dehors aux portes de la ville.
    Paris, capitale de la 6e puissance mondiale, avec 230 000 logements vides en 2015 selon l’INSEE, n’a pas été capable d’ouvrir la porte d’un seul logement, pas d’un seul gymnase pour mettre des gens qui dorment dans le froid à l’abris. Comble de l’horreur, la police a même saisi les tentes.

    Bienvenu en République, avec ses frontières, sa police et son racisme d’Etat. Bienvenu dans une longue descente aux enfers.

    Images : Remy Buisine, Clément Lanot, Anth_Yn, Nour Durand-Raucher

    VIDEO et post sur Cerveaux non disponibles

    EXILÉS : LAPUBLIQUE À LA LISIÈRE DU FASCISME

    Tentes vidées de leurs occupants comme s’il s’agissait de bétail, coups, insultes, grenades, vol massif de tentes, et errance sans solution.
    Tout cela s’est passé hier, 23 novembre, en plein Paris, Place de la République. Dans la nuit glaciale, l’Etat français a envoyé la police terroriser des centaines d’exilés qui dorment dans la rue et qui se sont rassemblés sur la Place pour donner à voir leur situation insoutenable. La réponse de la police : voler leurs tentes, bien maigres protections face au froid, et frapper. C’est aujourd’hui le sort au quotidien de milliers de personnes sans papiers en France.

    Cette expulsion inhumaine s’est accompagnée de violences et d’humiliations jusqu’à 1H du matin, y compris contre les journalistes et des élus. Au terme d’une soirée terrible, les exilés, hommes, femmes, enfants, erraient autour d’Aubervilliers, en banlieue parisienne, toujours suivis par des dizaines de policiers. Le journaliste Rémy Buisine, habitué des situations tendues, écrit sur twitter : « En 5 ans de journalisme, c’est probablement l’une des soirées les plus difficiles émotionnellement. Pas pour moi,mais pour eux. La situation des réfugiés a Paris est horrible, la gestion de la situation est tellement inhumaine ce soir. Choquant. »

    La République française est à la lisière du fascisme. Macron, c’est Le Pen, mais sans les contre-pouvoirs.

    🎥 Remy Buisine, Shahzad Abdul, Clément Lanot, Xenia Sputnik

    VIDEO et post sur Nantes Révoltée

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