France : le processus de fascisation en marche est-il encore stoppable ?

Point sur la fascisation en cours - Des résistances et contre-projets avant la nuit ?

mercredi 26 mai 2021, par No Pasaran.

Depuis le régime macroniste, on évoque plus souvent la fascisation qui monte, le durcissement du régime policier, la volatilisation croissante du paravent de la fausse démocratie..., à présent ça se précise.
Une fois la situation clarifiée, que faire pour empêcher que le processus de fascisation en cours aille à son terme ?
Le 12 juin, début d’une prise de conscience générale et d’une résistance tout azimut ? Ca devient assez urgent...

France : le processus de fascisation en marche est-il encore stoppable ?
Le néo-fascisme s’étend, laissant une terre brûlée. Quels contrefeux ?

Quelques exemples récents d’attaques d’extrême droite, puis quelques articles sur la situation socio-politique (voir aussi les chroniques du régime policier et de la technopolice) :

☠️ ATTAQUES D’EXTRÊME DROITE : EN MARCHE VERS LE FASCISME

- Multiplication des violences en France
Hier, des néo-nazis diffusaient la vidéo du passage à tabac d’une jeune homme seul dans une rue de Nantes. En France, en 2021, les néo-fascistes se savent impunis et même protégés par le pouvoir en place. Retour sur 4 semaines de violences d’extrême droite :

➡️ 21 avril - à Dole, un retraité raciste agresse une famille d’origine maghrébine. Il crie au père de famille : « Bicot, tu passes sous le capot aujourd’hui ». Et lui fonce dessus avec sa voiture. Interpellé, il sera relâché quelques heures après cette tentative d’homicide.

➡️ 21 avril - des dizaines de militaires d’extrême droite publient, le jour anniversaire du Putsch d’Alger, un appel à un coup d’Etat fasciste en France. D’autres tribunes suivront.

➡️ 24 avril - Lyon : une cinquantaine d’individus d’extrême droite attaque une Marche lesbienne. Quelques semaines plus tôt, c’est à coups de marteau et de chaînes de vélo que des néo-nazis avaient chargé la gay pride dans la même ville.

➡️ 30 avril - Rennes, des tags racistes et islamophobes sont découverts sur la mosquée Avicennes. La deuxième attaque en trois semaines.

➡️ 1er mai - Montpellier, 6 militants d’extrême droite agresse étudiantes et étudiants du syndicat étudiant du SCUM. Ils sont roués de coups et volés peu avant une manifestation.

➡️ 4 mai - Des membres d’un groupe néonazi « Honneur et Nation » sont interpellés alors qu’ils préparaient un attentat.

➡️ 4 mai - Albertville, tentative d’incendie de la mosquée Millî Görüş. Un homme a mis le feu en utilisant un bidon d’essence.

➡️ 4 mai - trois militants d’extrême droite arrêtés dans le cadre d’une enquête sur un trafic d’armes. 150 armes de guerre saisies

➡️ 6 mai - un syndicat policier exige l’autorisation de « tirer » sur les « fuyards », d’envoyer l’armée dans les quartiers et de s’inspirer de l’apartheid Israélien et des escadrons de la mort Philippin et Brésilien pour la répression.

➡️ 8 mai - Orléans : des néo-nazis paradent lors d’un « hommage » à Jeanne d’Arc. Le soir, 5 d’entre eux surgissent dans le théâtre occupé par les intermittents en lutte. Ils ont rouent de coup l’agent de sécurité, puis agressent les occupant·e·s.

➡️ 13 mai - Clermont-Ferrand, le militant Jean Hugon subit une agression d’extrême droite : « ils m’ont coincé dans une ruelle, m’ont poussé au sol et roué de coups. J’ai actuellement une partie de ma mâchoire en sang, et l’autre qui me fait souffrir. Tout ça parce que je portais un t-shirt pro-palestine. »

➡️ 21 mai - Angers, des néo-nazis qui traînent dans leur local, en centre-ville, passent à tabac des jeunes qui ont collé un autocollant. Les blessures sont gravissimes, notamment une fracture du plancher orbital ou de la mâchoire. Les agresseurs, connus de longue date pour de multiples attaques racistes, revendiquent leur geste. Fils de notable, ils avaient été couverts par la justice.

➡️ 15 mai - le gouvernement français interdit les manifestations de soutien au peuple Palestinien. Cas unique dans les démocraties occidentales. Plusieurs blessés graves par la police.

➡️ 18 mai - une candidate du Rassemblement National, Danielle Delavaud, est épinglée pour ses propos en ligne : « Flash Ball, ne vous gênez pas les CRS, bimbardez-les (sic) », « Qu’on arrête de construire des mosquées, je suis ok pour les faire sauter » ou encore « retour au bled, il fait beau et bon ».

➡️ 19 mai - une manifestation policière d’extrême droite appelle à « faire céder les digues de la Constitution ». Le ministre de l’Intérieur et une partie de la classe politique défile avec les fascistes.

➡️ 24 mai - un groupe néo-nazi diffuse les images du tabassage d’un jeune homme qui portait le T-Shirt d’un club de foot anti-raciste, à Nantes.

Cette liste n’est pas exhaustive. Et pendant que l’extrême droite, qu’elle soit en uniforme, en costard ou au crane rasé fait régner la terreur et impose ses idées, les contre-pouvoirs sont plus faibles que jamais. Construisons la résistance.

(post de Nantes Révoltée)

France : le processus de fascisation en marche est-il encore stoppable ?
Comme les flics, l’extrême droite se lâche, se sâchant couverte, soutenue ou laissée libre par les pouvoirs

4 articles à lire :

1. Fury room, par Frédéric Lordon
(...) Si nous voulons avoir la moindre chance d’y échapper, il y a intérêt à produire un peu d’analyse. En revenant sur ce qui fait la puissance motrice du front tsunamique fasciste, à savoir d’être une proposition politique de violence. Où les deux mots comptent. Violence d’abord, car, il faut bien l’admettre, l’extrême droite, quand elle fait cette offre pulsionnelle en temps de crise organique, y trouve un avantage compétitif redoutable : raccourcissement drastique des détours de médiation exigés de la pensée, focalisation sur une cause unique aisément identifiable, si elle est entièrement fantasmatique, présentation d’une solution réactionnelle immédiate – c’est, par excellence, le service de la pulsion qui, toujours, cherche ses voies au plus simple. Mais l’extrême droite tire aussi sa force d’articuler une proposition politique – sommaire, autoritaire, raciste, mais une catharsis à cette échelle est suffisante à faire une proposition. Par-là nous voyons au moins que ce qui nous précipite dans la fury-room nous indique également la seule voie pour en sortir : la voie de la proposition – d’une autre proposition. Mais de portée semblable : une proposition d’ensemble.

2. LA POSSIBILITÉ DU FASCISME – France, la trajectoire du désastre

3. L’appel pour les libertés, contre les idées d’extrêmes droite - Avec quelques remarques sur comment on pourrait sortir de l’ornière brune

4. À la notion d’effondrement qui dépolitise, préférons des basculements orientés par les luttes politiques - Jérôme Baschet & Jacques Philipponneau, des réflexions pour sortir de la société industrielle

France : le processus de fascisation en marche est-il encore stoppable ?
Quelques pompiers isolés ne peuvent arrêter un incendie qui prend de l’ampleur

Contrer la fascisation rampante qui monte en puissance, poussée par les dures conditions socio-politiques du capitalisme, du régime macroniste et de l’anti-démocratie en vigueur, ne va pas être facile.
Tout est lié, si on veut se dépêtrer du néo-fascisme en marche, il va falloir peser pour faire grandir de vraies démocraties, sortir pour de bon du capitalisme et de son monde, réduire très fortement les inégalités sociales, construire un projet radical qui tienne la route, le diffuser et lutter pour qu’il s’applique...

Pour sortir de l’ornière profonde où on se trouve, les gauches sociales et populaires vont devoir quitter le cadre référenciel actuel (la-sécurité, pas d’alternatives au capitalisme, soumission à l’agenda médiatique...), se libérer du piège de la croissance, de la compétitivité et de la « valeur travail », proposer franchement autre chose que le capitalisme, dénoncer l’absence de démocratie au lieu de laisser dire aux droites que le système actuel serait une démocratie, qu’il a échoué et qu’il devrait se durcir vers des formes de dictature.
Il faudrait montrer par là que les droites extrêmes n’ont comme « solutions que la poursuite du capitalisme (durcit) » et la fabrique de boucs émissaires fantasmés (immigrés, musulmans, juifs, gauche...).
Les droites n’ont comme solutions que la poursuite du même système (capitalisme, concurrence partout, Etat, autoritarisme, hiérarchies, inégalités sociales, destruction du vivant et du climat...), où les plus pauvres continueront de morfler. Aux gauches dignes de ce nom de proposer et construire autre chose au lieu de courir derrière les thèmes portés par les médias militants des milliardaires et des pouvoirs.

France : le processus de fascisation en marche est-il encore stoppable ?
Le capitalisme réduit tout en cendres, sur lesquelles peut pousser l’extrême droite et le néo-fascisme, mais aussi d’autres pousses ?
France : le processus de fascisation en marche est-il encore stoppable ?
Le néo-fascisme est soutenu ou attisé depuis le sommet de l’Etat macroniste : ministres et président en tête
France : le processus de fascisation en marche est-il encore stoppable ?
Les fumées noires montent, s’étendent, jusqu’à obscurcir tout horizon ?

P.-S.

Compléments

Le néo-fascisme en route est aussi propulsé par les médias dominants, notamment les médias militants des capitalistes milliardaires :
- Manifestation de la police : les chaînes d’info co-écrivent l’histoire avec les syndicats de police - Le 19 mai, comme cela n’aura échappé à personne, les syndicats de police organisaient une manifestation devant l’Assemblée nationale à grands renforts de moyens (camion-tribune, écran géant, etc.) afin de commémorer la mémoire de leurs collègues morts en service au cours de dernières semaines, mais surtout de dénoncer un supposé laxisme judiciaire, tout en réclamant un énième durcissement du droit pénal. Une mobilisation très politique par ses mots d’ordre donc, bien peu respectueuse des coutumes « républicaines » [1], largement inspirée et soutenue par l’extrême droite, et ralliée par le ministre de l’Intérieur, mais également par des figures issues de « partis de gouvernement » – y compris « de gauche » (PCF, EELV, PS). Malgré la portée symbolique et politique peu commune de cette manifestation, le récit en continu et en direct qu’en firent les chaines d’information fut d’une complaisance, d’une bienveillance et d’une empathie qui tranchaient pour le moins avec le ton réservé aux mobilisations populaires. Rien de surprenant puisqu’en réalité, la couverture de cette manifestation de colère policière fit l’objet d’une co-écriture entre journalistes et syndicalistes policiers.


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