France : casser un bout de stèle d’un militaire pétainiste = forte amende et prison - Un flic jette un pavé sur la foule = petit sursis

Chronique de l’Etat policier, de la brutalité du régime et de sa « justice »

vendredi 20 décembre 2019, par Camille Z.

CHRONIQUE DE L’ÉTAT POLICIER

- Injustice de classe - (post et montage photo de Nantes Révoltée)

Deux affaires jugées récemment révèlent la violence inouïe du système judiciaire, qui couvre les violences gravissimes des policiers, mais n’hésite pas à briser la vie d’un simple manifestant accusé de dégradations matérielles.

- Jeudi 19 décembre, un policier est jugé pour avoir jeté de toutes ses forces un énorme pavé dans une foule de manifestants le 1er mai dernier. Alors que le moindre jet de projectile en direction de policiers suréquipés peut vous envoyer un prison, cet agent qui a jeté un caillou sur des personnes vulnérables et non protégées, risquant donc de les tuer, a reçu une sanction presque inexistante. 2 mois de prison avec sursis. Le tribunal, dans sa grande clémence, a même décidé « de ne pas inscrire la peine sur son casier judiciaire ». Le policier caillasseur gardera donc un casier totalement vierge malgré un dossier accablant et des violences filmées et reconnues. Il continue d’ailleurs d’exercer. Et encore, le cas de cet agent est exceptionnel : il s’agit du premier policer jugé pour des violences depuis le début des Gilets Jaunes. Les dizaines de responsables de blessures et de mutilations avec armes, voire de morts, n’ont tout simplement jamais été auditionnés.

- Lundi 16 décembre, le tribunal de Paris juge un manifestant accusé d’avoir commis une dégradation matérielle. Le 16 novembre, après des heures de répression extrême sur la Place d’Italie, la stèle du Maréchal Juin, un militaire raciste et pétainiste, était dégradée. Des morceaux de caillou cassés. Cet événement anecdotique fera pourtant la « une » des médias. Les autorités mettront des moyens délirants pour retrouver l’auteur. Pierre, 31 ans, sera arrêté peu après. Au tribunal, il explique « C’est arrivé à un moment de la journée où j’ai vu rouge. Quand vous avez passé trois heures avec du gaz lacrymogène dans les yeux… J’ai déconné grave, mais je n’ai dégradé qu’une partie de la stèle. » « Ça vous arrive souvent ? » Lui demande la juge. Réponse : « Juste quand je me fais gazer pendant des heures. » La peine est d’une violence extrême : 2 ans de prison dont 1 an ferme ! Le manifestant est aussi condamné à payer 72 519 euros. Pour cet homme en grande précarité, c’est quasiment une condamnation à perpétuité. La justice brise la vie d’un homme pour un dégât matériel.

Ces deux affaires incarnent encore une fois la justice de classe à l’œuvre : dure avec les faibles, et toujours conciliante avec les puissants et leurs chiens de garde.

C’est aussi l’occasion de rappeler que la dégradation de la stèle avait suscité des délires complotistes sur les réseaux sociaux. De nombreux Gilets Jaunes avaient affirmé qu’il s’agissait d’un « policier infiltré », et avaient même massivement diffusé la photo du manifestant suspecté, aidant ainsi la police à le traquer. Aux complotistes, à ceux qui accusent les révoltés d’être des « policiers infiltrés » : non seulement vous commettez une grave erreur, mais vous vous faites collaborateurs de l’État policier.

Sources :

France, casser un bout de stèle d’un militaire pétainiste = forte amende et prison - Un flic jette un pavé sur la foule=petit sursis

Dans un autre domaine, exemples de brutalités policières et étatiques :

- Nord de la France : Les pratiques abusives et l’impunité de la police continuent - Plus de six mois après la publication de notre enquête, la situation des personnes migrantes et réfugiées reste désastreuse et inhumaine à la frontière franco-britannique. Ceux qui leur viennent en aide continuent d’être harcelés, en toute impunité.

- En France, depuis Rémi Fraisse, le gouvernement assume de tuer ses opposants politiques, la démocratie est bien loin - Interview d’un chercheur éborgné par la police, et autres intervenants : il ne s’agit pas de bavures, mais d’un processus de militarisation du maintien de l’ordre

P.-S.

- Pour autant, l’objectif n’est pas de vouloir mettre tous les flics qui mutilent et les affreux en prison. La prison ne peut-être qu’une solution de dernier recours extrême tant elle est néfaste et absurde.
L’objet de cet article est de montrer une fois de plus le deux poids deux mesures.


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