Est-ce encore possible ?

Série « Déconstruire – Construire » #1

vendredi 13 novembre 2020, par Amédée T..

Harmonie, équitabilité, justice, amour, partage, respect, confiance, humilité… est-ce encore d’actualité ?

Oyez, oyez braves gens ! L’humanité vit un tournant de plus en ce troisième millénaire, déjà, depuis que Christ Roi fut, brailla puis mourra puis revit puis disparut sauf en nos cœurs transis et idolâtres. Un tournant ? Peut être bien qu’il est perpétuel, qu’il est constant, alors sûrement est-ce une vrille en salto... et certains peut-être tournent ils plus que d’autres ?

Les groupes humains semblent fractalisés sur un même territoire, regroupés s’il en est par leurs communautés, leurs origines, leurs langues, tel le Babel légendaire. Les principes de races, de classes, d’appartenance religieuse, de clubs, de goûts, de quartiers, etc., nous définissent, nous cajolent. Cette facilité objective, respective, souvent se cristallise et alors tout semble bon pour pourrir quelqu’un d’autre, quelque part, que ce soit de part sa méfiance, son habit, voir son charisme ou son physique... Et alors sauf exception il apparaît que l’humanité peine à se définir conjointement comme une entité unie.

Pourtant oui partout des exceptions existent. Des petits cœurs innocents, purs, qui se cherchent, et se trouvent. Des Roméos et Juliettes, ou juste des sympathies naissantes, voir alimentées, soutenues voir immortelles. Harmonie, équitabilité, justice, amour, partage, respect, confiance, humilité… est-ce encore d’actualité ? Pourquoi le prisme de nos unions semble t il si flou en ce 11 novembre 2020 alors que nous célébrons tristement l’inconnu ? Et une question annexe, une, et malgré tout fondamentale : y-a t il des personnes au pouvoir qui ne vrillent pas ?

1. NON : Un paragraphe à charge pour l’humanité voir la planète.

Le désir biologique de perfectionnement, ou simplement de survie, nous pousse à la compétition, c’est la fatalité. Mes enfants d’abord ! Mon confort, mon économie valent mieux que des paix « abstraites » sur des territoires éloignés aux mœurs éloignées, etc. Et ainsi un cas concret de « miroir noir » où des chiens de faïences s’opposent concrètement car ils partagent les même lignes de conduite de part et d’autre d’une frontière quelconque, historique, réelle, souvent géographique, culturelle, etc.

Je fais référence ici à la série dystopique « black mirror » certains l’auront noté. De fait ici du moins nous cultivons l’angoisse naissante issue des scénarios pessimistes sur notre présent et futur proche. Dans un climat de guerres des religions qui se perpétuent, de racisme, et d’incivilités, de violence policière voir étatique banalisées, ou plus simplement de distanciation et de sentiment d’abandon (ne rayez pas les mentions inutiles, elles correspondent simplement à différents spectres de la sensibilité voir de l’expérience, et peuvent correspondre à d’autres si tel n’était pas votre cas), où puisez la force et le courage de l’amour ? Les médias fictionnels ou narratifs « d’un fil des actualités » ne préfèrent ils pas toujours nous confronter à nos peurs et à nos failles ?

Le pont d’achoppement typique de notre époque est le résultat de ces états de faits dans la conscience d’une personne lambda, je cite un proche : « je reste septique et inactif ». Car pourquoi tenter le Bien là où le chemin se ferait seul et le résultat douloureux ?

Je voudrais également rajouter à l’atroce marche du monde en citant cet exemple de panurgisation de la démence bien connu des sociologues : l’expérience de la fausse prison de Stanford où des sociologues y ont émis le fondement de l’équation pouvoir = perversion.

De fait nous confions "facilement" le pouvoir à certains politiques pour nous dédouaner individuellement de la responsabilité vis à vis de nos maux... Mais ceux là se confrontent au miroir aux reflets obscurs que l’on nomme Pouvoir...

2. OUI : Soyons Optimistes !

C’est encore possible ? Et pourquoi pas ? L’individu a le choix de se battre pour ses systèmes de valeurs, on ne peux pas tout relayer à notre manque de responsabilité. La première partie ci-dessus a, j’estime, démontré que notre propre système de croyance influait sur le réel. Par exemple, si on considère que l’humain est consommateur, que le système marchand l’y pousse, et que cela nuit à notre rapport harmonieux et juste avec le monde (proches, étrangers, nature), faisons en sorte qu’il le soit moins, déjà à notre échelle.

Et si couper court à la morosité veut dire se battre alors battons nous mais au moins en sachant où nous voulons aller. Les perspectives heureuses viennent de nous aujourd’hui, et demain peut être aussi. L’effort en soi est la récompense, la satisfaction, le bien-être, le cercle vertueux. Sortons nous les doigts de la bouche !

Toute notre motivation déplacera une montagne. Chaque goutte d’eau de colibri participe à une masse critique désirable. Le problème se situe en partie dans le désespoir, ou le sentiment d’échec : alors oui, soyons bornés et insatisfaits quand nous œuvrons pour le bien. Car il n’est pire que le contentement à l’heure où la maison s’écroule.

Si des pièges existent dans notre psyché, déconstruisons la ! Sortons de « la logique du désespoir ». J’ai considéré en abordant cet article que la parole était en partie stérile, quand elle ne s’accompagne pas d’actes par la suite. Encore ceux-ci peuvent être long à germer. Gageons que c’est l’effort de chaque instant, et ce sur le long terme qui garantit un changement. Mais la joie est instantanée.

Cyril Dion, réalisateur du film « Demain » qui prône un éveil des consciences en ce sens appelle carrément à une « légende » commune qui serait inspirante, un peu comme Gébé a pu innover avec son volet artistique prophétique et utopique « l’an 01 » où, je cite : on arrête tout, on recommence, et c’est pas triste.

Photo An 01

Localement en Drome, des jeunes et des moins jeunes ont pu lancer il y a dix ans un espace éphémère de rencontres : « le village des possibles », où la convivialité et l’apprentissage de nos valeurs différentes et communes étaient de mise. Avant eux, les hippies de la vallée ont pu faire valoir le rêve fou d’une bio-vallée, lequel a gagné les consciences, et a su devenir aujourd’hui un label politique pour notre territoire, pour lequel encore une fois, il faut persévérer et ne pas déléguer aveuglement, innocemment. Dans la même veine, l’Université de l’Avenir se lance dans l’aventure du « possible » (voir désiré !), les maisons d’Elise à Vercheny, et celle de Marguerite à Crest s’offrent comme des espaces de vies dédiés à accueillir ceux dans le besoin. Les initiatives pullulent elles assez sur notre territoire malgré le marasme quotidien ? Le « tissu » s’étoffe maille par maille avant de devenir une « couverture » digne de ce nom ! « Persévérance fait loi ».

3. Un cas concret de mon expérience personnelle.

Maintenant pour une expérience personnelle récente et un plan d’action utopique applicable, et non-encore appliqué concrètement. Des jeunes lascars de la banlieue valentinoise nous ont caillassé alors que nous descendions la rivière Drome pendant le printemps 2020. Ils étaient 20, apparemment une tête, un bras droit et 18 gardes en caleçon à fleurs à s’occuper du barbeuk. Nous étions 2 en kway sur des bouées géantes. Les pierres, canettes pleines, citrons ont volé. Vu leurs tailles, les pierres auraient pu me tuer, la canette aussi d’ailleurs. Quelques jours plus tard, une jeune s’est précisément pris une pierre au visage dans des circonstances similaires (et n’en est pas morte). De fait plusieurs groupes de jeunes issus de l’immigration africaine jouaient à la guerre des pierres le long de la Drome ce jour là, et l’événement est récurrent depuis plusieurs années. Un bus a même été détourné pour aller précisément sur ces berges là, en 2018 je crois ?!

Le jour D de ma descente en bouée, les plus jeunes, vers les dix ans, jouaient à viser des grottes à un bon 20 mètres de haut (mais une route y passait-elle ?). Leur éducateur était au téléphone, certainement et hélas dépassé, mais l’était il vraiment ? Plus loin, un groupe de trois se visait réciproquement de plein « fouet » mais avec, pareillement, de plus petits calibres que ceux utilisés par nos agresseurs. Le groupe de trois nous a salué amicalement ! Nous avions croisé les relous en premier, et je gardais jalousement mes trophées (une Heineken et un citron). Le soir même ou le lendemain je suis tombé sur un récit similaire de jeunes européens se livrant à des guerres de cailloux quelques 50 à cent ans plus tôt.

Après notre descente, j’ai voulu chercher du renfort pour régler ça à l’ancienne mais ne trouvant que des justifications et des prétextes, et pas de renfort, j’ai vite abandonné. Je suis passé devant la gendarmerie le lendemain, soulagé de la trouver fermée car je ne voulais pas me sentir dépendant de balourds assermentés qui n’hésitent jamais à me faire souffrir dans d’autres circonstances (type manifestation), mais j’avais quand même envie de faire appel à une justice.

J’ai appris pour la fille en kayak qui a reçu un projectile. J’étais mal à l’aise de ne pas avoir su tirer la sonnette d’alarme, me sentant en parti responsable. Je suis allé à la mairie, y ait trouvé le maire et le policier rural qui m’a expliqué que seul il n’allait pas au casse-pipe, mais que des « actions » étaient en cours avec d’autres services, notamment dans la ville d’où venaient certainement ces racailles. Le fait que ces agissements soient connus depuis quelques temps a soulagé ma conscience de ne pas avoir alerté plus vite sur le danger des sports fluviaux.

Je suggère depuis à d’autres artistes, de m’accompagner faire un concert à Fontbarlettes, puisque c’est leur ville, afin d’entamer un dialogue sur le thème : pourquoi me caillasses tu ? Je ne désespère pas mais pour l’instant les musiciens ont dit : sans moi. Un ancien de ce quartier m’a dit que je pouvais trouver des responsables associatifs sur place qui m’aideraient mais il n’avait pas de contact, et je suis encore seul, apparemment, à vouloir trouver une issue la plus heureuse possible à cet état de fait violent et agressif. Mon comparse de bouée a trouvé bon d’insulter les mères des agresseurs ou le livre du Coran en arabe, sur le fait, afin de marquer sa déception, et ne projette peut être pas de venir avec moi. Mais qui sait ? Si seul, j’arrive à déplacer ma propre inertie vers une action, alors le soutien se manifestera.

4. Conclusion.

Vous serez bien gentils de penser à une conclusion tout seul, ou à plusieurs, et de me les faire connaître à mon mail par messagerie privée sur ce site.

Pour ma part je passe du coq à l’âne en disant que les forces politiques s’affrontent, si seulement elles pouvaient travailler ensemble (cochant ainsi la case "répondre aux questions posées en introduction" - voir premier article écrit par mes soins).

P.-S.

Keep on Groovin’
A.T.


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