Epidémie de coronavirus : revue de presse, sélection d’articles qui ne passeront pas à BFM

Analyses, critiques, infos, perspectives, causes, conséquences... - vendredi 20 mars 2020

vendredi 20 mars 2020, par Auteurs divers.

Une sélection d’articles pour réfléchir plus en profondeur à cette crise monstrueuse hors de la propagande gouvernementale et des dogmes de l’économie capitaliste.

Au travail ! Dans ce système, les profits valent plus que nos vies

  • « Allez bosser les prolos ! » : quand le gouvernement appelle les salariés à sacrifier leur santé sur l’autel de la “Nation” - A quand les affiches de propagande placardées dans les rues ? « Ouvriers, employés : retournez travailler ! ». C’est LE message majeur du gouvernement en ces temps de confinement, et qu’importe que cela entre en profonde contradiction avec son autre message majeur « restez chez vous bande d’imbéciles » (C’est bien ce qu’a dit Castaner, « imbéciles »). Le vrai message est donc « restez chez vous, sauf celles et ceux qui font tourner la machine capitaliste avec leurs corps », pilotés à distance par des hauts cadres en télétravail sur l’Île de Ré. Le week-end dernier le message était « restez chez vous sauf pour aller voter à un scrutin qui n’aura certainement pas de second tour ». Bref, la communication du gouvernement est limpide.
  • Les routiers face à la crise. « On se met en danger et on nous traite comme du bétail ! » - La colère des chauffeurs routiers ne cesse de monter ces derniers jours. Alors qu’ils sillonnent les routes pour réapprovisionner, entre autres, des secteurs de premières nécessités comme la grande distribution, ces derniers font face à des conditions de travail déplorables : absence de masques et d’équipements de protections lors des livraisons, plus d’accès aux toilettes, aux douches, aux restaurants et à des aires pour se reposer.
  • « Le gouvernement veut sauver l’économie avant les gens » - Le projet de loi d’urgence sanitaire a été présenté en Conseil des ministres mercredi 18 mars. Ce texte prévoit « un accroissement exorbitant des pouvoirs » d’un gouvernement, qui agit « surtout à sauver le capitalisme », selon le syndicaliste Éric Beynel.
  • Contre l’épidémie, droit de retrait général ! - Les annonces de Macron puis de Castaner le 16 mars mettent en place un confinement du pays pendant au moins 15 jours. Un confinement vraiment ? Mais non ! Car aller travailler reste obligatoire, même dans les secteurs non essentiels. Cette mesure irresponsable, prise par les soutiens du patronat, n’est pas étonnante. Elle participera à continuer à propager l’épidémie et à surcharger les hôpitaux. En réalité, pour contrer l’épidémie, nous ne pouvons compter que sur notre classe.
Covid-19 et état d’exception
L’autoritarisme d’Etat en profite pour rajouter des couches de mesures « exceptionnelles » qui ensuite seront pérennisées

Divers

  • Coronavirus – Une civilisation entière est en cause - Nous vivons en confinement, mais surtout en plein brouillard. Plusieurs voix et interprétations circulent, se complètent et parfois s’opposent sur la situation actuelle. Ainsi il nous paraît essentiel d’essayer d’y voir plus clair et de prendre le temps, de produire des analyses et de faire des hypothèses sur les conséquences majeures que cette situation va enfanter.
  • Coronavirus et faillite du système - Quatre : Le système est malade, achevons-le ! (...) Revendications immédiates (...)
  • ETAT D’URGENCE SANITAIRE : UN NOM ET DES MESURES PUNITIVES QUI CONVOQUENT L’HISTOIRE COLONIALE - A l’heure ou j’écris, l’Assemblée nationale française est appelée à débattre sur un projet de loi permettant au gouvernement de déclarer “l’état d’urgence sanitaire” pour répondre à la pandémie globale du COVID 19 qui met en danger les plus vulnérables d’entre nous. Ce texte permettrait trois choses : le report légal des élections municipales, les dispositions concernant les entreprises mises à mal par la situation de confinement d’une partie de la population, ainsi que les différentes mesures permises par l’état d’urgence sanitaire lui-même. Je n’ai aucune autorité pour discuter ces deux premiers points, mais peut peut-être partager quelques réflexions tatonantes et incertaines à propos du troisième, étant engagé depuis quatre ans dans un travail (toujours en cours) de recherches et rédaction d’une histoire spatiale de l’état d’urgence français.
  • Nous ne reviendrons pas à la normale - La distanciation sociale devrait durer bien plus que quelques semaines. Cela devrait bouleverser notre mode de vie, à certains égards, pour toujours.
  • Coronavirus : « C’est le début d’une déstabilisation en cours, il n’y aura pas d’après », selon le philosophe Dominique Bourg
Le nouveau visage de la tyrannie étatique
Infos sur la survie du coronavirus sur diverses surfaces
NOTES : ces infos sont encore à l’étude, et peuvent varier fortement suivant la charge virale, la météo, l’hygrométrie... Mais elles donnent quand même un ordre de grandeur

Résistances - Auto-organisation - Préparer la suite

  • Survivre au virus - une méthode anarchiste - La pandémie ne va pas passer dans les prochaines semaines. Même si des mesures de confinement strictes parviennent à ramener le nombre d’infections à ce qu’il était il y a un mois, le virus pourrait recommencer à se propager de manière exponentielle dès que les mesures seront suspendues. La situation actuelle devrait se poursuivre pendant des mois - couvre-feux soudains, quarantaines incohérentes, conditions de plus en plus désespérées - même si elle changera presque certainement de forme à un moment donné, lorsque les tensions en son sein se résorberont. Pour nous préparer à ce moment, protégeons-nous et protégeons-nous les un.es les autres contre la menace que représente le virus, réfléchissons aux questions de risque et de sécurité que pose la pandémie et affrontons les conséquences désastreuses d’un ordre social qui n’a jamais été conçu pour préserver notre bien-être en premier lieu. - "Des communautés fortes rendent la police et les politicien.nes obsolètes" - Tout comme l’isolement total n’est pas plus sûr pour les personnes âgées, essayer d’éviter totalement le risque ne nous protègera pas. Si nous restons strictement entre nous lorsque nos proches tombent malades, que nos voisins meurent et que l’État policier nous enlève tout vestige de notre autonomie, nous ne serons pas plus en sécurité. Il existe de nombreux types de risques différents. Le temps viendra probablement où nous devrons repenser les risques que nous sommes prêt.es à prendre pour vivre dans la dignité. - Tout comme le virus nous montre la vérité sur la façon dont nous vivions déjà - sur nos relations et nos foyers - il nous montre aussi que nous vivions déjà dans une société autoritaire. L’arrivée de la pandémie ne fait que la rendre formelle. La France met 100 000 policiers dans les rues, soit 20 000 de plus que ce qui avait été déployé au plus fort des manifestations de gilets jaunes. Les réfugié.es ayant besoin d’asile sont refoulé.es le long des frontières entre les États-Unis et le Mexique et entre la Grèce et la Turquie. En Italie et en Espagne, des bandes de policiers attaquent les joggeur.ses dans les rues désertes. (...)
    Au fur et à mesure que la situation s’intensifie, nous verrons probablement la police et l’armée employer une force de plus en plus meurtrière. Dans de nombreuses régions du monde, ils sont les seuls à pouvoir se rassembler librement en grand nombre. Lorsque la police constitue le seul corps social capable de se rassembler en masse, il n’y a pas d’autre mot que "État policier" pour décrire la forme de société dans laquelle nous vivons. (...)
    En fait, l’État lui-même est la chose la plus dangereuse pour nous, car il applique la distribution radicalement inégale des ressources qui nous oblige à faire face à une répartition déséquilibrée des risques. Si nous voulons survivre, nous ne pouvons pas nous contenter d’exiger des politiques plus équitables - nous devons également délégitimer et saper le pouvoir de l’État. (...)
    Pour qu’une grève des loyers soit couronnée de succès à l’échelle nationale, au moins une de ces initiatives devra prendre suffisamment d’ampleur pour qu’un grand nombre de personnes soient certaines de ne pas être laissées pour compte si elles s’engagent à participer (...)
    Plutôt que de chercher à améliorer la situation individuelle de certain.es employé.es par des augmentations de salaire, nous pensons que le plus important est de construire des réseaux qui peuvent interrompre le cours normal des affaires, perturber le système dans son ensemble et orienter vers l’introduction révolutionnaire de modes de vie et de relations alternatifs. À ce stade, il est plus facile d’imaginer l’abolition du capitalisme que d’imaginer que, même dans ces circonstances, il pourrait être réformé pour répondre à tous nos besoins de manière juste et équitable.
En finir avec l’agro-business - Des paysans et de l’agriculture locale respectueuse du vivant

Répressions

Les gouvernements trouvent plus facilement des moyens pour la guerre et la répression policière que pour la santé et le bien des gens.

  • Corona d’exception : la vie entre Covid-19 et état d’exception – Réflexions sur (et sous) le confinement policier - Il y a maintenant plus de 18 mois nous étions des dizaines de milliers à nous retrouver et enfiler le gilet jaune et parfois le masque à gaz. Aujourd’hui, nous nous demandons s’il faut mettre un masque de protection pour sortir dans la rue et nous hésitons à toucher de trop près les rares amis que nous croisons encore. La situation est tout aussi folle et tout aussi inédite mais elle est infiniment triste. Ce n’est pas une forme de puissance collective que nous expérimentons, mais une totale dépossession qui nous commande de rester chez soi, seul, en coloc ou en famille, coupés de ce qui faisait notre vie d’avant. Celle d’il y a quelques jours à peine. Et c’est comme si nous ne pouvions plus que subir. (...) Nul doute que ceux qui nous gouvernent n’auront de cesse de remettre en route cette maudite machine quand la crise sera passée. Nous saurons plus que jamais qu’il faut tout faire pour la mettre définitivement hors d’état de nuire.
    Prenez-soin de vous et de vos proches.
    Les jours meilleurs viendront.
    Nous reviendrons et nous serons des millions.
  • Contre le COVID-19, la géolocalisation déjà autorisée
  • En prison sous COVID-19 : « C’est comme si il n’y avait pas de virus… » - Alors que les habitant-e-s du pays sont appelé-e-s à rester chez elleux pour endiguer la propagation du coronavirus, les prisonnier-e-s -entassé-es dans des prisons surpeuplées- vivent déjà dans une situation sanitaire alarmante. En dépit des mesures annoncées par Nicole Belloubet, Ministre de la Justice, un détenu évoque un quotidien où personne ne semble avoir pris conscience de la gravité des événements : manque d’information, manque de protection, manque de tout… Avec le confinement des familles, et la suppression des visites aux parloirs, i-els sont désormais plus seul-e-s qu’i-els ne l’ont jamais été.
  • Le pire des virus... l’autorité - À propos de COVID-19, délires autoritaires et le monde de merde dans lequel on vit...
  • Vidéo. La Poste envoie la police réprimer des agents en droit de retrait - Des postiers du centre de tri postal de Croissy sur Seine (78), en première ligne face au coronavirus, ont décidé d’exercer leur droit de retrait. La direction du centre a envoyé la police les menacer, montrant une fois de plus que pour les patrons nos vies valent moins que leurs profits.
  • Confinement : le gouvernement envisage le recours aux militaires de Sentinelle - Selon nos informations, les 7000 soldats de l’opération Sentinelle pourraient être mis à contribution pour se substituer aux policiers et gendarmes appelés à contrôler les restrictions de circulation.
  • L’acharnement sur la population de Seine Saint Denis en temps d’épidemie - Un article particulièrement servile du Parisien nous apprends que 10% des amendes en France ont été dressées en Seine Saint-Denis. Il semble évident qu’il s’agit d’un contrôle accru plutôt que d’une « indiscipline » des habitants confinés.
Epidémie de coronavirus : les animaux en voie d’être détruit par la civilisation capitaliste respirent un peu

Les ratages criminels du système et du gouvernement

Est-il envisageable de continuer à subir de tels régimes politiques autoritaires vu qu’ils sont incapables de remplir correctement les missions qui servent à les justifier ?
Il ne suffira pas de faire sauter quelques têtes, nous devrons tout revoir autrement, radicalement.

  • « La France n’est pas prête » pour une épidémie : en 2016, le Pr Salomon avertissait le candidat Macron - L’actuel Directeur général de la santé prévenait le futur président dans une note confidentielle, publiée dans les MacronLeaks
  • Coronavirus : les hôpitaux se préparent à la « priorisation » de l’accès aux soins en cas de saturation des services - Un texte doit guider les médecins, en s’appuyant sur le « score de fragilité », qui classe les patients selon leur état de santé préalable à la maladie, et l’adapte aux spécificités du Covid-19.
  • « Ici on meurt comme des mouches » : Témoignage depuis Bergame (Italie) - Un témoignage d’une habitante de Bergame, en Lombardie, désormais considérée comme épicentre du coronavirus dans le monde, et alors que le pic de contamination semble s’éloigner dans le temps. S’il est proposé ici, c’est que l’on sait que ce qu’il se passe en Italie a un décalage d’une grosse semaine avec ce qu’il se passe en France, pour des mesures semblables et des retards conséquents dans les prises de conscience et de décision. Avoir donc un regard depuis l’intérieur peut peut-être aider à réaliser le caractère sérieux de la situation. (...) Parce qu’en deux semaines de temps perdu, par incapacité, irresponsabilité, manque de préparation et probablement parce que d’énormes intérêts économiques sont en jeu, NOUS SOMMES TOUS TOMBES MALADES.
    A tout le monde : ce qu’il se passe n’est pas une blague : c’est précisément parce que ce n’est pas une grippe banale et précisément parce que des milliers de personnes vont mourir que nous nous préoccupons. (...) Les choses ne vont pas bien du tout et « tout n’ira pas bien ».
    Ce n’est que si nous nous en rendons comptes, mais vraiment, que nous pourrons limiter les dégâts et que nous pourrons en faire quelque chose de différent lorsque l’on en sortira.
    Parce qu’on en sortira, et qu’il ne faudra faire aucune concession à ce moment-là.
  • Lettre d’un soignant à ceux qui nous gouvernent - Nous avons reçu hier soir cette belle lettre adressée à ceux qui nous gouvernent par un soignant travaillant à l’AP-HP (CHU de Paris). (...) La politique s’inscrit dans les corps et, de même qu’une baisse de 5 euros d’APL a pour conséquence la faim et la dénutrition, de même les réformes de l’hôpital public ont pour conséquence les cadavres. (...) Car votre monde est un crime organisé : le travail casse et tue, les patrons encaissent, les flics jouent les hommes de main, les politiques entérinent ça en droit. Et, tout en écrasant le secteur de la santé (coupes budgétaires, gestion managériale, objectifs de rentabilité, suppressions de poste et de matériel), vous nous confiez la précieuse mission d’agir en recycleur du capitalisme : assurer la reproduction de la force de travail en réparant les corps broyés pour les remettre à votre disposition sur le marché du travail. (...) Pas « plus de moyens pour l’hôpital public » — aussi étrange que cela puisse paraître, je n’apprécie pas particulièrement qu’un bourreau m’oblige à le supplier de m’achever un peu plus lentement. Pas de revendications, pas de demandes, pas de supplication. L’heure est venue d’imposer : réquisitions, expropriations, réappropriations (...) Nous sommes en guerre, ça, nous le savions déjà. Les gilets jaunes qui y ont laissé une main, un œil ou la vie le savent. Les femmes de la nuit du 8 mars dernier le savent. Les familles entières en centre de rétention le savent. Les cheminots qui n’ont vu pour seule réponse à leur grève historique qu’un 49.3 le savent. La jeunesse prolétaire, contrôlée, frappée et enfermée depuis des décennies le sait. À dire vrai, cela fait maintenant 3 ans que nous sommes en guerre contre vous, 4 décennies que nous sommes en guerre contre le néolibéralisme, et près de 2 siècles que nous sommes en guerre contre le capitalisme. Nous sommes en guerre, et vous êtes nos ennemis. Vous qui n’avez jamais hésité à nous porter des coups fatals, il faudra bien un jour que nous venions vraiment vous chercher, une bonne fois pour toutes.
https://www.youtube.com/watch?v=-FHBgWZ3IU0

Pendant ce temps, la folie de la civilisation capitaliste continue

Il ne suffira pas de quelques mesurettes et nationalisations, nous devrons imposer au plus vite une bifurcation radicale salvatrice. Au lieu de sauver la finance et l’économie capitaliste, achevons-les.


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