Drôme : l’énergie Hydrogène se développe, poussée par élus et industriels, simple diversion business ?

Derrière les promesses « vertes » du plan hydrogène, des préoccupations davantage économiques qu’écologiques

samedi 27 février 2021, par Les Indiens du Futur.

En première analyse, on pourrait se dire que la production d’énergie à hydrogène ça pourrait devenir vert, que faire de la production et de l’auto-consommation en zone rurale c’est écologique, mais quand on creuse on retombe sur des impasses énergétiques et sur des hautes technologies liées à la perpétuation de la civilisation industrielle et à ses lobbys techno-capitalistes.

Déplacer ou masquer les problèmes avec l’hydrogène et autres énergies "renouvelables" industrielles sert les intérêts industriels et capitalistes, mais ne permet pas de se sortir de l’engrenage des catastrophes écologiques, sociales et climatiques qui découlent de ce système.

  • Écologique, l’hydrogène ? l’enquête de Reporterre en 3 volets - Utilisé en grandes quantités par l’industrie et espoir de « carburant » pour faire avancer les véhicules, l’hydrogène suscite l’intérêt des pouvoirs publics français et européens, qui ont décidé d’investir massivement dans son « verdissement ». Dans cet article, Reporterre compile les trois volets de son enquête sur ce gaz et l’euphorie qu’il provoque dans les milieux économiques.
  1. L’hydrogène, trop gourmand en énergie pour être écologique - ENQUÊTE 1/3 — Les plans de relance gouvernemental et européen font la part belle à l’hydrogène, qui serait l’énergie « verte » de l’avenir. Pourtant, la production de ce gaz pose de nombreux défis écologiques et l’enjeu de cette conversion paraît davantage économique que climatique.
    Cet article est le premier d’une enquête en trois volets consacrée à l’hydrogène.
  2. Le plan hydrogène français entérine discrètement la relance du nucléaire - ENQUÊTE 2 — Produire toujours plus d’hydrogène « vert », comme le prévoient le « plan » français et la « stratégie » européenne, va nécessiter de grandes quantités d’électricité non fossile. L’industrie nucléaire est sur les rails.
  3. L’hydrogène, un rêve industriel mais pas écologique - L’ambition d’un développement massif de la production hydrogène à grand renfort d’argent public fait peser de nombreux risques sur l’environnement, qu’il s’agisse de transport, de délocalisation de la production dans des pays pauvres ou encore du fantasme du stockage du carbone.
Drôme : l’énergie Hydrogène se développe, poussée par élus et industriels, simple diversion business ?
Image illustrative - fabrication d’hydrogène industriel

- L’Etat et les industriels veulent se servir de l’hydrogène soit-disant « vert » notamment pour la production d’engrais azotés, ce qui nécessiterait une production d’électricité gigantesque. Mais d’autre part les engrais azotés sont déjà un fléau en eux-mêmes.

Mettre en place une production d’hydrogène désastreuse, car gourmande en électricité et en matériaux, pour produire des composants chimiques désastreux, voilà ce que les génies des lobbys et des technocrates veulent nous imposer, pour la santé des profits capitalistes, mais pas pour la santé des écosystèmes et des êtres vivants qui les peuplent.

Dans la Drôme et la vallée de la Drôme, les projets d’énergie hydrogène se développent

Exemples :

- Extrait d’un article du Daubé intitulé "Jean Serret à Barbara Pompili : des trains à l’hydrogène pour la ligne Valence-Gap ?" :
Le président de la communauté de communes du Val de Drôme en Biovallée Jean Serret (...) : « Au nom des présidents des communautés de communes du Diois, du Crestois et du Pays de Saillans et de l’association des acteurs de la Biovallée, je vais lui demander une expérimentation sur notre territoire comme cela se fait en Allemagne. Pourquoi ne pas remplacer les TER au diesel sur la ligne Valence-Gap en trains circulant à l’hydrogène ? »

- Les projets hydrogène sur la vallée de Quint sont portés par l’association Acoprev (Ensemble vers l’énergie et la mobilité vertes)
Une association soutenue par de nombreux partenaires, dont Enedis, Crédit Agricole, Banque Populaire, société EnOTe, tenerrdis (pôle de compétitivité de la transition énergétique, une association créée par une agence de com, dans laquelle on retrouve à la direction Air Liquide, EDF, Engie, GRDF, Schneider Electric, Siemens...), Interreg (un organisme européen pour le bien vivre alpin), AFYPAC (association pro-hydrogène où se trouvent Air Liquide, EDF, Engie, GRTtgaz, Michelin, Vicat, CEA, Areva, Axa, Bouygues, Siemens, Avia, Total..., dirigée par Philippe BOUCLY conseillé pour GRTgaz une société de GDF-Suez), etc.

Vous constaterez que ça fait pas mal d’entreprises qui participent à fond au système techno-industriel, et donc aux pollutions, émissions à effet de serre, destruction d’écosystème et de milieux naturels en général.
Avec cynisme pur ou naïveté faussement ingénue, ces puissants lobbies industriels flairent le bon filon pour se donner une belle image et ramasser le pactole aux frais du contribuable.
Le techno-capitalisme ne veut pas crever, ni s’écrouler, ni baisser ses profits, et encore moins laisser la place aux anarcho-décroissants tendance démocratie directe autogestionnaire, alors il lui faut se « réinventer », transformer ses business plan, faire durer la poule mécanique aux oeufs d’or, enfumer l’opinion publique avec des rêves inaccessibles.

Pour cette grande entreprise de prestidigitation lucrative, les industriels trouvent toujours des tas d’élus de tout bord pour vendre leur soupe au bon peuple. Ces élus sont experts dans l’art de mentir et de manipuler, de faire des promesses bien foireuses recouvertes de doux vocables tels que « circuit court », « autoconsommation collective », « production d’électricité renouvelable locale », « mobilité hydrogène » (ça plane pour moi, ça décolle - avant le grand BOUM ?), « Zero Emission Valley », « trajet ZERT Zero Emission Rural Territory Grenoble-Valence », « mobilité décarbonée », « COCONSTRUIRE avec les habitants », « créer du commun et des liens sociaux », « oser expérimenter une gouvernance citoyenne partagée », « transition énergétique et solidaire », « une société de projets », « une dynamique des territoires ruraux », « faciliter la résilience humaine et énergétique ».
C’est-y pas beau tout ça ? On aurait envie d’y croire.
La réalité est plus trash : « Un partenariat public/privé est à construire autour de major et de start up du territoire »

Pourtant, si on lit les articles du dossier de Reporterre, on voit qu’il y a un peu d’eau dans le gaz (hydrogène)...
Les promesses de « vertitude locale mobile citoyenne solidaire résiliente et transitionneuse » sonnent un peu comme une grosse arnaque.
Mais une arnaque subtile, douce, lucrative, valorisante, que même les dits « citoyens » sont ravis d’entendre et de mettre en oeuvre, tant, eux aussi, brûlent de croire à cette promesse rassurante d’une société techno-industrielle capitaliste durable et solidaire.
Ils préfèrent de pas voir la contradiction fondamentale du concept.
Ils ont tellement envie d’y croire qu’ils sont prêts à dépenser beaucoup de leur argent (l’argent publique magique) pour ce faire. Bon, il faut dire que les élus et les lobbies industriels ne leur laisse pas tellement le choix non plus, démocrature oblige.

Drôme : l’énergie Hydrogène se développe, poussée par élus et industriels, simple diversion business ?
Les voitures restent des voitures, et l’hydrogène il vient d’où ? (image illustrative)

Les expérimentations technologiques (hydrogène, navette autonome...) en territoire rural répondent à deux objectifs :

  • Faire financer les tests par l’argent public
  • Se donner une belle image de solidarité avec des territoires « reculés » et ainsi augmenter le taux d’acceptabilité de ces « innovations » juteuses auprès de gens souvent réticents aux nouveautés (des cons d’Amish forcément ;-) )

Pour satisfaire les gigantesques besoins en électricité avec les doux rêves de l’énergie hydrogène, on pourra empiler des centrales (nucléaires de préférence, c’est plus « propre » parait-il) jusqu’à la lune, génial, ça fera du taf pour des siècles pour le BTP et les ingénieurs, et des tas d’employés pourront payer leurs crédits grâce à tout ça.

Dans cette société techno-industrielle capitaliste, il n’y a pas de solutions vivables, ni le bois-énergie, ni la biomasse, ni le nucléaire, ni le solaire, ni l’éolien, ni l’hydrogène, ni les méthaniseurs, ni la poudre de perlimpinpin ne pourront satisfaire les besoins de l’ogre insatiable. Les énergies fossiles continueront, et toutes ces énergies alimentent un système industriel et commercial lui-même insoutenable, totalitaire et trop gourmand en matières premières.

Sortons des rêves qui font perdurer de vrais cauchermars, mettons fin à temps à la civilisation techno-industrielle au lieu de la renforcer et d’aggraver notre dépendance à son égard, remplaçons là par des société vivables.


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