Deux journalistes portent plainte contre des abus policiers entravant leur travail

+ Une ado brutalisée, insultée, blessée, humiliée par la police à Marseille

jeudi 24 décembre 2020, par Auteurs divers.

Pour visibiliser et essayer de limiter les brutalités et abus policiers qui entravent volontairement l’exercice de leur métier, deux journalistes portent plainte.

A Marseille, une adolescente de 15 ans été gravement blessée lors d’une manif, arrêtée, insultée, et mise en garde à vue !

Les bandes armées policières sont liées intrinsèquement à l’Etat et au capitalisme, leurs exactions et leurs répressions pour empêcher toute contestation un tant soit peu conséquente continueront jusqu’à ce q’un jour d’autres types de sociétés arrivent à s’imposer, ou pas.

« Il faut montrer que l’on ne se laisse pas faire »
Les journalistes Gaspard Glanz et Hannah Nelson-Gabin portent plainte contre la police

Les journalistes du média Taranis News, Gaspard Glanz et Hannah Nelson-Gabin, interpellés à de multiples reprises en manif, portent plainte pour « atteinte arbitraire à la liberté individuelle par personne dépositaire de l’autorité publique ».
« En 2020, dans 80% des manifs que j’ai couvert, je me suis retrouvé en garde à vue ! », lance remonté le journaliste Gaspard Glanz. Ras-le-bol ! Il porte plainte pour « atteinte arbitraire à la liberté individuelle par personne dépositaire de l’autorité publique », « abstention volontaire de mettre fin à une privation de liberté illégale » et « entrave à la liberté d’expression et du travail ».
Le journaliste dénonce plusieurs interpellations et gardes à vue « pour rien » et « aux prétextes toujours ubuesques ». « Cette plainte c’est pour qu’on me foute la paix et que je puisse enfin faire mon travail », explique le journaliste. « Il y a un véritable harcèlement depuis trop longtemps, peut-être que maintenant qu’il y a une instruction en cours, ils feront plus attention à ce qu’ils font », déclare Gaspard Glanz.
Sa collègue, Hannah Nelson-Gabin, porte aussi plainte pour « atteinte arbitraire à la liberté individuelle par personne dépositaire de l’autorité publique », mais également pour « abus de confiance, destruction de biens privés, violences volontaires par personnes dépositaires de l’autorité publique, et extorsion par personne porteuse d’une arme et en bande organisée ».

Deux journalistes portent plainte contre des abus policiers
Le système policier continue ses brutalités en tout genre

ANASTASIA*, 15 ANS : GRAVEMENT BLESSÉE LORS D’UNE MANIF, ARRÊTÉE, INSULTÉE, ET MISE EN GARDE À VUE

– En fin de manif contre la Loi de sécurité globale à Marseille : « j’ai été traitée de petite pute, de salope tout le long du trajet suivant mon interpellation » –

➡️C’était le samedi 12 décembre, des centaines de milliers de personnes étaient dans les rues pour défendre les libertés. A Marseille aussi, une manifestation avait lieu. En fin d’après-midi, la police charge. Anastasia, une adolescente de 15 ans, mesurant 1 mètre 60, court « sans voir qu’un policier l’avait rattrapée ». L’agent lui donne un coup derrière la tête, puis pratique une clé de bras et un étranglement pour l’immobiliser. Anastasia perd connaissance. Lors de l’interpellation, l’adolescente s’est fracassée la machoire au sol, abimant gravement ses incisives. Les passants choqués filment la scène. On voit la mineure sonnée, titubant, le regard hébété et le visage couvert de sang.

➡️Anastasia raconte sa garde à vue : « J’ai été traitée de petite pute, de salope tout le long du trajet suivant mon interpellation » alors qu’elle est gravement blessée. Sur les vidéos on entend les policiers mettre des coups de matraque dans une voiture ou dire clairement aux manifestants qui filment : « Casse-toi, arrache-toi ». Une fois au commissariat, elle demande de l’eau ou des mouchoirs pour s’essuyer la bouche et les cheveux en sang. Réponse des agents ? « Ta gueule » puis « essaye de ne pas en foutre partout ». Des propos étayés par l’amie d’Anastasia, elle aussi au commissariat. Elle subit aussi des remarques comme « t’as une belle tête de Grecque toi », et d’autres allusions à ses origines. Les policiers, tous masculins, tiennent à la mineure des propos à connotation sexuelles à propos de « fouilles au corps ». Au vu de ses blessures, les urgences confirment que son état de santé n’est « pas compatible avec une garde à vue » . Elle est relâchée. Et porte plainte ultérieurement « pour les violences et humiliations policières ».

➡️Mais au lieu de voir ses agresseurs poursuivis, Anastasia est convoquée au commissariat mercredi 22 décembre, 10 jours après la manifestation, et placée en garde à vue, pour un « affrontement » supposé avec les forces de l’ordre. Les autorités prétendent qu’elle « était au sein d’un groupe sauvage composé de gilets jaunes et de membres de l’ultra-gauche » et qu’elle se serait « rebellée ». « C’est très étonnant parce que les images et les coups à l’arrière du crâne ne disent pas ça du tout » explique l’avocate de la mineure. « C’est même malsain et affligeant de tenter de défendre ces brutalités policières sans même attendre l’enquête de l’IGPN. En plus, même si ma cliente avait braqué une banque, rien ne justifierait les violences, les insultes et les humiliations [...] je trouve scandaleux de convoquer une adolescente traumatisée, apeurée et qui a des pertes de mémoire. »

Nantes, Toulouse, Marseille, Rennes, Paris ou Lille, il n’y a plus de grande ville en France qui ne compte pas de violences barbares, de mutilations voire de vies volées par l’intervention des forces de l’ordre.

* Prénom modifié

(post et visuel de Nantes Révoltée)

Une ado brutalisée, insultée, blessée, humiliée par la police à Marseille

2 Messages

  • Deux journalistes portent plainte contre des abus policiers entravant leur travail Le 26 décembre 2020 à 20:37, par Auteur Divers

    CADEAU DE NOËL : 89 NOUVEAUX BLINDES POUR LAPRESSION, POUR 65 MILLIONS D’EUROS

    Nous évoquions ce projet d’achat massif de nouveaux blindés pour la gendarmerie il y a quelques semaines. L’appel d’offre est officiellement paru juste avant Noël. Publié ce 22 décembre, il porte sur « l’acquisition de véhicules blindés maintien de l’ordre et sa maintenance associée au profit de la gendarmerie nationale ». Dans un rapport rédigé par le célèbre Benjamin Griveaux, l’estimation évoque une dépense de 65 millions d’euros pour 89 blindés.

    Le député En Marche Xavier Batut justifie ainsi cette dépense : « depuis près de trois ans, une accélération et une multiplication de situations de crises variées ont nécessité le recours accru aux VBRG, outre-mer mais également, pour la première fois depuis des décennies, sur le territoire métropolitain. […] Ces engagements aujourd’hui réguliers ont mis en évidence l’urgence de procéder au remplacement du parc blindé ». En d’autres termes : on cogne de plus en plus fort et on compte bien continuer, il faut du matériel flambant neuf.

    Évidemment, chez les gendarmes, on se félicite de ces nouveaux jouets, surtout que la commande est plus élevée qu’espérée. Un colonel de gendarmerie explique avec gourmandise dans la presse que le nouveau Véhicule Blindé de Maintien de l’Ordre « doit être en mesure de transporter un groupe de maintien de l’ordre, d’intervention ou de combat de 8 à 10 gendarmes » qu’il doit être « compatible avec le combat, rustique et facile à entretenir ». L’engin sera armé d’un dispositif de lance-grenades et de contre-tir téléopéré ou sous tourelle (lance-grenades, arme collective et/ou de précision) ; il devrait aussi être équipé d’une lame ou à défaut d’un treuil très puissant. « Ce futur blindé devra plus particulièrement être doté d’un blindage sérieux, c’est-à-dire protégeant des armes légères d’infanterie et des engins explosifs improvisés (IED) simples. ». Parmi les candidats déjà pressentis, le véhicule Sherpa APC de la firme Arquus et la variante « Gendarmerie » du blindé militaire léger Serval de Nexter – sur la photo.

    Dans le projet de finances pour l’année qui vient, la mission « Sécurités » doit être dotée d’une enveloppe de 13,9 milliards d’euros, augmentée d’un milliard d’euros au titre du plan de relance pour le ministère de l’Intérieur. Forcément, entre les achats de drones, de grenades, les nouvelles voitures de police et les primes, il faut sortir le carnet de chèque avec l’argent public. Et pour la santé et l’éducation ? Rien. Nous sommes en guerre.

    (post de Nantes Révoltée)

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  • Deux journalistes portent plainte contre des abus policiers Le 26 décembre 2020 à 20:01, par Auteur Divers

    🔴 UN MANIFESTANT BELGE ARRÊTÉ À PARIS EST ENTENTION DEPUIS 13 JOURS

    - Michael passe Noël en centre de rétention en attendant son expulsion

    Il s’appelle Michael, il est de nationalité belge, et il passe les fêtes de fin d’année enfermé dans un Centre de rétention en périphérie de Paris. Le motif ? Il participait à la manifestation du 12 décembre à Paris, contre la « Loi de sécurité globale ». Interpellé, il a été placé dans un Centre de Rétention Administrative alors qu’il n’avait pas commis d’infraction. Il se trouve dans une de ces prisons qui servent à enfermer les exilées en attente d’expulsion, et qui permettent de priver de liberté des personnes qui n’ont commis aucun délit. Pour sa participation à une manifestation en France, Michael, est visé par une procédure d’expulsion, et doit, en attendant, rester enfermé. Depuis quasiment deux semaines. Une privation de liberté extrêmement grave.

    Son avocat explique : « le tribunal administratif a refusé de le libérer. Les mots « menace suffisamment grave » et « intérêt fondamental » [utilisés par les magistrats pour désigner Michael] n’ont donc plus aucun sens. Il n’avait rien fait d’illégal. Voici donc un homme enfermé depuis 12 jours aux frais de l’État alors qu’il devrait être chez lui en Belgique pour passer Noël. Didier Lallement, non content de violer la loi et de mépriser l’État de droit enferme autant qu’il peut nos concitoyens européens qui font le choix d’exercer une liberté démocratique fondamentale : celle de manifester. »

    Ce n’est pas la première fois que ces mesures d’enfermement sans condamnation sont utilisées pour cibler des manifestants ou des militants supposés. Jessica et André, deux belges, avaient été arrêtés à Paris le samedi 16 novembre 2019 lors d’une manif de Gilets Jaunes. Coincés par les charges policières, ils avaient été roués de coups insultés par les policiers, qui les ont accusé d’avoir « mis en place une barricade ». Garde à vue pendant 24H, comparution immédiate, et relaxe car ils n’avaient rien fait, et ont été violentés par des policiers déchaînés. Mais le préfet de Paris les avait tout de même placé en centre de rétention pour les expulser. Ils ont passer plus de deux semaines enfermés.
    En mai 2019, une jeune femme enceinte, d’origine espagnole mais vivant en France depuis 17 ans était placée en centre de rétention et menacée d’expulsion. Elle avait été arrêtée à l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière lors de la manifestation du 1er mai. Sa nationalité étrangère avait permis aux autorités de la mettre en centre de rétention. Après le G7, trois allemands soupçonnés de se rendre à Biarritz étaient jetés en prison sans avoir commis aucune infraction. Une fois sorti de cellule, l’un d’entre eux était placé immédiatement en rétention pour être expulsé vers l’Allemagne, sans avoir le droit de contacter ses proches.

    Cette politique de terreur est symptomatique du durcissement accéléré du régime de Macron, qui ne cesse d’intimider en frappant les chairs et en privant de libertés quiconque cherche à résister. Elle est aussi symptomatique de la fuite en avant raciste des institutions, qui enferment chaque année des dizaines de milliers d’étrangers, privés de liberté pour avoir commis le crime de ne pas être français. Cette enfermement « administratif » vise de plus en plus fréquemment des opposants politiques de pays frontaliers européens – donc de l’espace Schengen –, dont le seul tort est d’avoir manifesté en France. L’enfermement administratif est donc une punition para-légale pour terroriser et briser toute solidarité internationale.

    (post de Nantes Révoltée)

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