Désobéissance festive - Nous danserons sur les ruines du capitalisme

Nous sommes les affranchis de la République

vendredi 5 février 2021, par Auteurs divers.

https://youtu.be/zIEKOIBCfxU

Le texte intégral de la tribune :

Une célébration radicale

Nous ne sommes pas de la même espèce. Vous nous regardez à travers vos
baies vitrées comme l’on se balade au zoo pour observer les bêtes
sauvages. Vous vous goinfrez et crachez vos miettes du haut de vos
châteaux dorés sur nos esprits meurtris, et vous pensez que l’on s’en
contentera.
Vous escroquez le peuple par millions et dansez libres dans la rue.
Notre rue. Car vous n’êtes pas des nôtres : cuillère dorée, ENA,
Sciences Politiques, directeur de cabinet, député, ministre, président.
Voilà votre parcours classique, sans anicroche, plat comme devrait
l’être votre électrocardiogramme. La luxure dans laquelle se noie votre
arbre généalogique vous interdit la compréhension de nos vies
combatives.

Vous fracassez les classes les plus solidaires : racisé.es, étudiant.es,
pompiers, soignant.es, professeur.es, exilé.es… Car vous chérissez
l’ordre du chaos, celui là qui plonge des milliards d’êtres humains dans
la misère, étranglés par une infime minorité qui dort sur des lits de
billets colorés. La République du LBD et des grenades déchire les chairs
de nos soeurs, de nos enfants, de nos voisins, de nos grand-mères. Vos
milices s’improvisent justice en assassinant impunément des innocent.es.
Et vous pensez qu’on l’acceptera.
L’ingratitude manifeste dont vous faites preuve à notre égard prouve que
vous n’avez pas saisi le lien de subordination qui vous lie à nous :
vous nous êtes assujettis. Les vraies reines et les rois sont dans le
peuple alors que vous n’êtes qu’une bouillie informe au service de notre
cause. Tout ce qui vous appartient est nôtre.
Vos cerveaux vides vomissent de la merde sur des chaînes racistes
d’infos en continu pendant que nous produisons la richesse avec nos
mains, et nos savoirs faire. Si vous l’avez oublié, nous nous chargerons
de replacer la vérité dans son berceau.

Et nous voilà ensauvagés.

Votre armure bleue ne vous sera d’aucune aide lorsque nous battrons le
pavé, celui-ci même qui noircira le ciel en vous retombant dessus.
Qu’importe que vous la rafistoliez à l’aide de financements
supplémentaires, de légitime violence, d’impunité généralisée : elle ne
sera jamais qu’un vase fragilisé que vous tentez de recoller.
L’histoire se réécrira dans le brasier de votre ultra-libéralisme. Qu’il
brûle lui et ses symboles, vous inclus. Car nous répondrons à la
violence légitime de l’Etat par une légitime défense, celle que vous
nommez rébellion. Les mots n’ont plus de sens lorsqu’ils fuient vos
bouches dégueulasses.

Nous sommes l’art qui reprend son devoir car vous l’avez relégué au
cachot des souvenirs. Cette fête appartient à toutes celles et ceux qui
ont ramé dans la tristesse de cette année, les abimés du COVID, les
étranglés de la politique gouvernementale répressive et les laissés pour
compte de la magie de Noël.
Qu’importe votre origine, votre couleur de peau, votre orientation
sexuelle ou vos croyances. Nous briserons les barrières érigées entre
les êtres humains par une élite dont on ne veut plus.

Nous sommes les affranchis de la République, préférant la chaleur
prohibée d’un hangar sombre rempli d’hommes et de femmes à la pâleur de
vos centre commerciaux autorisés à se remplir de plusieurs milliers
d’automates. Si nous devons être en contact avec le virus ce sera dans
une célébration remplie d’amour plutôt que dans une compulsivité
marchande individualiste.
Vous détruisez votre jeunesse et vous vous étonnez ensuite qu’après une
année de privations elle se donne tous les moyens pour parvenir à faire
une simple fête.
Celle-ci était un message revendicatif, puisque la classe dirigeante a
décidé de donner à nos bacchanales une aspiration politique. Elle est
une insurrection non violente, belle et solidaire face aux épreuves de
cette triste année.
Qu’importe que votre pitoyable milice vienne balancer son arsenal de
guerre, vous n’atteindrez pas notre détermination, vous n’éteindrez pas
nos idées puisque cette nuit en aura fait naitre de nouvelles. Balancez
nous en taule, prenez nos sonos, la fête resurgira toujours car elle est
nécessaire aux êtres humains.

Les seules larmes qui ont coulées sur nos joues furent des larmes de
bonheur, nos corps tournés vers les lumières stroboscopiques qui faisait
scintiller nos visages, plongeant la foule dans un nuage d’étoiles.

Nous danserons sur les ruines du capitalisme, et l’on dansera jusqu’à en
crever si cela s’avère nécessaire. Et lorsque vous aurez payé pour vos
actions, peut être que du fond de vos geôles, vous pourrez entendre le
chant de nos sonos se glisser dans vos oreilles.

Désobéissance festive.

- Texte publié sur Hiya : Exclusif : « La fête est une insurrection non-violente face aux épreuves de cette triste année » : la tribune vidéo des organisateurs de la free-party de Lieuron

Désobéissance festive - Nous danserons sur les ruines du capitalisme

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