Être écologiste aujourd’hui, c’est se débattre sur deux fronts : celui, épuisant mais prévisible, des climatosceptiques, et celui, plus inattendu, des récupérations politiques qui brouillent le message jusqu’à parfois le vider de sa substance.
Faire face aux climatosceptiques : un combat qui n’en finit pas
Malgré les preuves scientifiques accumulées, malgré les catastrophes climatiques qui se succèdent, il faut encore se justifier, encore expliquer, encore convaincre. On pourrait croire que la bataille intellectuelle est gagnée, mais elle ne l’est jamais vraiment : les doutes entretenus, volontairement ou non, continuent d’entraver l’action.
Quand l’écologie politique perd son cap
Ce qui attriste et désoriente de nombreux écologistes, c’est que même au sein des forces politiques qui devraient défendre la transition écologique, les choix opérés s’éloignent de l’esprit fondateur de l’écologie politique.
Ainsi, certains militants dénoncent des alliances locales jugées incohérentes avec les valeurs environnementales.
À Valence par exemple, la présence du collaborateur parlementaire du co-signataire de la loi Duplomb dans une alliance soutenue par EELV derrière le PS suscite de nombreuses critiques, elle est même injustifiable.
La loi Duplomb perçue par les écologistes comme contraire aux combats historiques de protection de l’environnement.
Ces éléments, pour beaucoup de militants, constituent un signal d’alarme : celui d’un parti qui, en cherchant à se positionner électoralement, a complètement perdu ses fondamentaux.
Toulouse et l’A69 : l’incompréhension totale
Le malaise est similaire à Toulouse, où l’alliance avec un PS favorable à l’autoroute A69 a laissé perplexes — ou en colère — nombre d’écologistes.
Comment concilier un discours de lutte contre l’artificialisation des sols avec une alliance politique soutenant un projet autoroutier largement contesté par les défenseurs de l’environnement ?
Rester écologiste malgré les contradictions
Pourtant, malgré ces contradictions, la lutte pour l’écologie demeure indispensable.
Être écologiste aujourd’hui, c’est accepter de naviguer dans un paysage brouillé, où les adversaires ne sont pas toujours ceux que l’on croit.
C’’est surtout refuser de laisser les compromissions politiques ou les négations climatiques étouffer l’urgence écologique.
Parce qu’au fond, si être écologiste est devenu si difficile, c’est bien que l’écologie est devenue essentielle.