Crise sanitaire, économique, écologique... : la civilisation capitaliste mène une guerre au vivant

Crise des subprimes, pandémie de coronavirus..., les puissants veulent toujours faire payer les peuples et engranger les profits

lundi 13 avril 2020, par Camille Pierrette.

- Nous ne paierons pas une deuxième fois (...) Il y a une décennie, après la crise financière dite des “subprimes”, nous avions exactement eu droit au même type de discours. Les gouvernements successifs nous ont fait payer cher le prix du rétablissement des banques et de l’économie financière mondiale. (...) Si nous payons à nouveau ce coup-ci, nous serons encore plus pauvres, affaiblis et exposés quand arrivera la prochaine crise du capitalisme. Dans une décennie ou moins, quand les catastrophes climatiques s’enchaîneront au point que même leur système ne pourra plus tenir, ils nous demanderont A NOUVEAU de payer, par notre travail, par nos impôts, les sacrifices de nos services publics et droits sociaux.
Refusons de payer, laissons leur système crever, leur profits s’effondrer. En parallèle, construisons l’économie collective que nous voulons !

La civilisation capitaliste et ses valets (patrons, ministres, éditorialistes de cour...) jouent leur petite musique de "va falloir bosser dur", "faut relancer l’économie", "l’austérité pour les peuples sera incontournable pour rembourser les dettes", etc.
Le système délétère qui a créé ce type de pandémie, qui a rogné sur la prévention et qui a fait une gestion de crise merdique, voudrait à présent qu’on se sacrifie pour le sauver ? (voir articles et liens en rapport)

Et si maintenant c’était aux riches et aux puissants de payer, et de dégager ?!
Et si on arrêtait le système qui cause ces désastres croissants au lieu de juste tenter de résister à certaines de ses conséquences ?
Et si on créait des sociétés qui d’une part permettent à tout le monde vivre bien mieux tout en respectant le vivant, et d’autre part empêchent aux tyrans de tout poil de revenir sur la scène ?

- Il n’y aura pas de « retour à la normale » - Le président va parler ce soir. Il va essayer de nous calmer, ne nous tranquilliser. Il va nous dire de ne pas avoir peur. Mais c’est lui qui a peur. Peur pour « après ». Et il a bien raison. « les agents du service central du renseignement territorial alertent sur le risque d’embrasement de la contestation sociale à la sortie du confinement » (le Parisien). Comment peut-il en être autrement ?

Crise sanitaire, économique, écologique... : la civilisation capitaliste veut socialiser les pertes et privatiser les profits
Sauvons les vies, pas l’économie

En temps de guerre, la meilleure défense c’est l’attaque

Comme le dit Nantes Révoltée et d’autres, on a 3 grandes directions de scénarios possibles :

Trois scénarios sont possibles après le confinement :

- Une austérité militarisée, avec l’utilisation des moyens de contrôles et de répression de pointe expérimentés pendant le confinement pour imposer des reculs sociaux inouïs. C’est ce qui semble se tramer en France.

- Un « new deal » keynesien, c’est à dire quelques aides et une politique d’emplois publics pour soutenir la production, comme dans les années 30 aux USA ou après guerre en Europe. Une solution réclamée par la gauche, mais qui ne résout rien aux différents cataclysmes en cours, notamment écologiques, et qui ne met pas fin au capitalisme.

- Un soulèvement généralisé qui mettrait en échec ces pouvoirs mortifères, et tenterait d’en finir avec les logiques marchandes et autoritaires, en développant les solidarités locales et l’autonomie

Le régime macroniste tentera sans doute une synthèse des deux premières, mais ça n’arrêtera en rien les désastres et leurs causes.
On voit bien que seule la 3e option est vivable, soutenable.
Elle implique de dépasser l’Etat et d’arrêter le capitalisme. Elle n’adviendra que par des luttes acharnées et coordonnées.

Elle implique que tous les révoltés luttent en même temps, soient complices et solidaires, en utilisant des moyens efficaces qui pèsent vraiment (donc ne pas se contenter de manifs standards, de grèves perlées sectorielles, de petites réformes ou primes que le gouvernement apeuré lâchera comme des susucres, ne pas se faire embarquer dans les éternels grands débats et les conventions citoyennes, ne pas se faire enfumer par des élections anticipées ou une promesse de nouvelle constitution, etc.). Il y aura de la place pour toutes les énergies dans cet objectif, des 1res lignes jusqu’à l’intendance ou la logistique.

Le système capitalise, la civilisation industrielle, ses structures et ses serviteurs zélés nous mènent la guerre, mènent une guerre au vivant dans son ensemble.
En temps de guerre, la meilleure défense c’est l’attaque, c’est bien connu.
Arrêtons de juste tenter d’empêcher des reculs sociaux, des projets de retraites privatisées, etc.

On n’a plus le choix, la civilisation capitaliste va trop loin, elle est trop cohérente, soudée, irréformable. On va devoir l’attaquer au coeur, autogérer les entreprises à garder, exproprier les plus riches, décider directement de la production et de la politique, tout remettre en cause, que ça nous plaise ou pas, y a pas d’autres solutions.

La voie d’une bifurcation radicale salvatrice est étroite, entre les risques de guerre, de néo-fascisme, de régimes autoritaires renforcés par la surveillance et la répression, entre l’accablement et la résignation séculaire maquillée en sagesse, entre le simple changement de gouvernement ou l’illusion d’un capitalisme à visage humain contrôlé par l’autre monstre qu’est l’Etat.
Mais la voie vers des sociétés vivables est plus ouverte que jamais...
L’idéologie capitaliste est morte, périmée, obsolète, néfaste, définitivement discréditée, terminée. Au lieu de la relever de ses cendres afin qu’elle continue à tout vampiriser, portons-lui le coup de grâce, plantons profondément un pieu dans son coeur glacé.
Pour achever cette hydre séculaire, lui couper quelques têtes ne marchera pas, il faudra être suffisamment nombreux, déterminés, et ne pas trembler pour frapper ses organes vitaux.


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