Crest : grève des forains et nouveau festival de policiers au marché du mardi 15 février 2022

Les forains, très soutenus, ont protesté ensemble - La police n’aime toujours pas la chanson sans masque

jeudi 17 février 2022, par Enquêtes libres.

Depuis des semaines (des mois, des années, des dizaines d’années ?), les policiers envoyés par Mr Mariton et ses acolytes pourrissent souvent l’ambiance des marchés de Crest, tout particulièrement les mardis ces derniers temps.

Crest : grève des forains et nouveau festival de policiers au marché du mardi 15 février 2022
Stand en grève

Les forains du mardi et de très nombreux clients (même des maritoniens pur jus, c’est dire) ont ras le bol de cette surprésence de policiers, qui de plus harcèlent tout le monde non-stop sur le port du masque.
De ce fait, des personnes ne viennent plus au marché, d’autres passent rapidement ou viennent tôt expédier leur marché.
Le clan maritonien voudrait-il sourdement faire disparaître ce marché du mardi pour d’obscures raisons ?

Plusieurs correspondants nous ont fait parvenir des photos.
Si les policiers se sont fait plus discrets au début, le sketch tragi-comique, mélange de Benny Hill et du roman 1984, a repris en fin de marché.
On en profitera au passage pour lancer quelques considérations plus générales, car ces événements qui semblent anodins et ridicules révèlent concrètement tout un tas de choses fondamentales.

Crest : grève des forains et nouveau festival de policiers au marché du mardi 15 février 2022
Pancartes protestataires sur le marché de mardi 15 février
Crest : grève des forains et nouveau festival de policiers au marché du mardi 15 février 2022
à mi-marché, la surveillance revient sur le côté

Reportage en absurdistan autoritaire :

- Rappel : Mr Mariton a pondu un arrêté municipal spécial prolongeant le port du masque jusque fin février sur les marchés de Crest alors que le gouvernement a stoppé cette obligation dès le 2 février. Le maire prétexte de rues étroites propices aux regroupements et contaminations virales.
Cet arrêté a été attaqué au tribunal administratif par Louis, un crestois, mais il semble que le jugement n’a pas encore eu lieu pour l’instant. Le journal Le Crestois indiquait que souvent ce type d’arrêté était annulé par les tribunaux car abusif, non justifié.

Crest : grève des forains et nouveau festival de policiers au marché du mardi 15 février 2022
Sur un stand de forain en grève

Au delà du refus ou pas du masque, de savoir s’il est vraiment utile ou pas sur les marchés en ce moment, c’est surtout ce défilé oppressant de flics en arme qui révolte les usagers du marché. Ce qui révolte surtout les forains qui doivent supporter la présence policière toute la matinée, alors que les clients ne font que passer.

Ce qui énerve aussi beaucoup, c’est cette insistance menaçante des policiers à vouloir faire porter un masque aux chanteurs et chanteuses qui exercent parfois sur le marché. Pourtant, les artistes, qui ont été longtemps écarté de la scène durant la pandémie, ont grandement besoin de retrouver du public, et chanter avec un masque est une ineptie. Et puis pour les personnes qui ont peur de l’éventuel « postillonnage » d’un.e chanteureuse, il reste possible de s’éloigner, on n’est pas dans un espace clos.
Mais « LA LOI C’EST LA LOI », elle ne fait pas dans la subtilité ni dans l’humanité, « tout le monde doit la respecter » diront les autorités et les amoureux de l’Ordre. « Si vous ne voulez pas de flics au marché, vous n’avez qu’à mettre le masque », diront d’autres.
Les artistes n’ont qu’à crever et la vie sociale pourra s’exercer en distanciel via internet dans les métavers des GAFAM ?

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Sur un stand de forain en grève
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Sur un stand en grève - Le chien a reniflé un truc...

Grève historique des forains

Ce mardi 15 février en 2022, incroyable, la plupart des forains étaient en grève. Certains proposaient quelques produits à prix libre. Toutes et tous affichaient des pancartes et textes de protestation.

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Sur un stand de forain en grève
Crest : grève des forains et nouveau festival de policiers au marché du mardi 15 février 2022
sur un stand

- Les forains ont plusieurs griefs qu’ils ont exposé verbalement et sur des affichettes  : surprésence policière, absence de dialogue (de longue date), pas de bienveillance, leur voix est ignorée par la mairie, solidarité avec le stand des poissonniers exclu pour deux marchés par la police maritonienne, baisse de la fréquentation et du chiffre d’affaire...

A 8h30 ce 15 février, des forains et usagers se sont rendus à la mairie de Crest. Aucun élu de Mariton n’a daigné les recevoir (seule une responsable technique a reçu les forains). Aucun élu de la majorité n’est venu sur le marché.
Courageux ces élus qui se planquent derrière les policiers...

Les élus de la majorité municipale n’osent pas assumer en public face aux personnes concernées les oukases du grand vizir Mariton ?, qui était absent ce jour là.

Crest : grève des forains et nouveau festival de policiers au marché du mardi 15 février 2022
Sur un stand de forain en grève
Crest : grève des forains et nouveau festival de policiers au marché du mardi 15 février 2022
Sur un stand de forain en grève

Ce jour là, il y avait aussi de la décoration humoristique à base de guirlandes de masques et un panneau d’expression libre.

A la place de la vente de légumes, le stand de Ex-cetera a préparé une bonne marmite de soupe, qui fut bien appréciée en fin de marché.

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Carnaval avant l’heure ?
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Expression libre
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La soupe de légumes salement politisés se prépare
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Elire des morts ne serait-il pas une solution ?
Crest : grève des forains et nouveau festival de policiers au marché du mardi 15 février 2022
Crest, l’exception Mariton

Politisé ce marché ?

Dans le Daubé, l’élue Corneille, adjointe à la sécurité de Mariton, justifie l’arrêté spécial de son boss.
Elle rejette sans vergogne les problèmes exclusivement sur les usagers, décris comme « très politisés », ou « ne supportant par les forces de l’ordre ».
C’est un crime d’être « politisé » ? Pourtant ce qu’on voit sur ce marché ce sont juste parfois des musiciens et des chanteurs-chanteuses, parfois des partis politiques qui distribuent des tracts comme sur tous les marchés de France et de Navarre, et, rarement, la vente à la criée du journal Ricochets.
C’est ça que Corneille juge « politisé » ?

Crest : grève des forains et nouveau festival de policiers au marché du mardi 15 février 2022
Article du Daubé du 15 février

Une « bonne démocrate républicaine » (comme ils disent) devrait pourtant se réjouir que plein de personnes soient « politisées », la « politisation » c’est la « vigueur et la santé de la démocratie » comme ils disent non ?
Peut-être qu’elle qualifie de « politisés » les lieux où se trouvent un nombre conséquent de personnes qui ne sont pas de son bord politique ? Il y aurait alors une « bonne politisation » (celle qui conforte ou juste égratigne le système en place) et une « mauvaise politisation » (celle qui le critique et veut autre chose) ?

Quand un nombre conséquent de personnes du bord politique de Mariton (droite extrême) sont dans un lieu donné, est-ce que Corneille qualifiera cet espace de « politisé » ?
Comme les procès en « radicalisation » (ultra-gauche...), les procès en « mauvaise politisation » visent essentiellement les personnes plus ou moins « de gauche ». En revanche, pour les dominants et leur valetaille de province ou de la capitale, les médias de milliardaires type Bolloré qui appuient sans cesse les propagandes d’extrême droite ne sont ni politisés ni militants, ils font juste leur job ?

Les flics « ne font que leur travail », c’est bien ça le problème !

Il est bien naturel que pas mal de monde « ne supporte pas les forces de l’ordre », car de plus en plus de personnes comprennent qui les keufs servent, quel système ils défendent et par quels moyens brutaux et ultra-répressifs ils le font.
De plus, leur attidude, leurs armes et leurs uniformes sont concus pour faire peur, impressionner, ce qui crée de fait une ambiance pourrie.
Pour les autorités, les gens « ordinaires » ne sont que des sujets, des irresponsables à mater, des moins que rien à canaliser par la force et les directives.f

Les flics obéissent à leurs chefs (maire, ministres, préfets...) et aux lois produites d’en haut par les institutions anti-démocratiques en place, ils font effectivement leur travail, un travail qui consiste, dès que le besoin s’en fait sentir, à réprimer par la force toute velléité d’émancipation sociale et de changement conséquents vers la démocratie réelle (par exemple).
Si plein de personnes n’aiment pas la flicaille, c’est parce qu’elles savent que leur travail c’est, notamment, ça.
Et les flics commes les élus savent très bien que c’est principalement pour cette raison que les forces de l’ordre ne sont pas aimées.

Crest : grève des forains et nouveau festival de policiers au marché du mardi 15 février 2022
Police partout, démocratie nulle part !

Les bleus « ne font que leur travail », c’est bien ça le problème, qu’ils le fassent, comme les financeurs des énergies fossiles ou les suppôts du nucléaire, comme les vendeurs de pesticides ou les fabriquants d’armes, ils ne font que leur travail. Le problème est leur travail, le système qui fabrique et nécessite ce type de travail, le système du travail et de l’économie qui va avec.

Mais les keufs ont un rôle particulièrement néfaste et important puisqu’ils sont là pour empêcher les transformations radicales, pour réprimer et empêcher celles et ceux qui veulent stopper les pesticides, les fabrications d’armes, toutes les pestes techno-industrielles et les tyranies légales...
Flics de base et dominants locaux ou nationaux marchent ensemble pour maintenir le hideux et destructeur système dominant, ils ont conclu un pacte « diabolique » : du fric et de l’impunité, un travail garanti, un petit prestige d’autorité et des médailles métalliques contre l’obéissance absolue et la défense sans limites par les armes d’un modèle social dévastateur sur les plans politiques, sociaux et écologiques.
Comme nombre de keufs ont adopté la même idéologie politique que leurs maîtres, ça facilite aussi leur enthousiasme à obéir.

Les « bons démocrates républicains » diront alors : « ah mais non on est en démocratie, les élus et les lois sont légitimes, les FDO sont là pour vous protéger, et puis vous pouvez vous faire élire pour changer les lois ».
Si on n’est pas, encore, dans un régime de dictature de type chinois, on n’est pas pour autant dans une démocratie, donc ni les élus ni les lois ni les forces de l’ordre ne sont légitimes.
Et puis, la démocratie, par définition, ce ne peut-être l’Etat, le gouvernement, la technocratie, la grande échelle, la représentation, le capitalisme, c’est forcément des assemblées directes locales, de l’auto-organisation, une sortie du capitalisme... On en est très loin.

Ces petits conflits de marché, l’air de rien, font ressortir les problèmes de fond de l’absence de démocratie, des décisions prises d’en haut de manière unilatérale (et souvent en secret), des menées autoritaires et policières, de l’infantilisation des gens...
Ces problèmes sont les mêmes localement et nationalement.
Le système en place (techno-capitalisme et Etat) ôte tout pouvoir aux habitants et les traite de haut, leur ment et les réprime en permanence, les manipule, les exploite et les opprime, détruit leur santé et leur milieu de vie, fabrique des catastrophes climatiques et pandémiques, et ensuite les dirigeants se permettent de leur reprocher la défiance, la méfiance, la rébellion.

Crest : grève des forains et nouveau festival de policiers au marché du mardi 15 février 2022

Les forces de l’Ordre ne servent pas qu’à faire les mickeys sur les marchés, à réguler la circulation automobile ou à tenter de faire appliquer les directives débiles d’un grand vizir.
Comme on subit un système non-démocratique centralisé, les moyens d’améliorer les choses dans le cadre légal sont entravés, ignorés, très limités alors, fatalement, des personnes se voient obligées de sortir des clous, d’agir parfois illégalement, et c’est là que les flics de toute catégorie interviennent par leur travail pour essayer de bloquer les poussées vers des sociétés vivables.

Des chanteurs à nouveau empêchés d’exercer par la flicaille !

Au début du marché du 15 février, les policiers étaient absents ou se faisaient discrets, puis petit à petit ils sont revenus..., pour obliger à porter le masque, y compris pour les chanteurs qui ont fait des tours de chants.
On remarque au passage que l’élue Corneille et les policiers ne sont pas raccords, car elle indique dans le Daubé que le masque n’est pas obligatoire pour chanter...
A quel saint et bonne parole se vouer ?

Corneille indique aussi qu’une autorisation de la mairie pour jouer de la musique dans la rue est obligatoire.
Et pour respirer ou péter, il faut aussi une autorisation ??
Ca aussi ça agace à la longue, ces autorisations et déclarations dès qu’on veut faire le moindre truc dans l’espace dit publique. Le prétexte de la sécurité masque de plus en plus mal l’intention autoritaire, l’infantilisation permanente, l’obsession sécuritaire, la priorité à la marchandise, la volonté de contrôler et réprimer tout ce qui dérange l’ordre établi.
Des autorisations et déclarations pour tout qui tuent la vie, la spontanéité, la liberté, pour que ce monde de mort continue à nous enfoncer dans les eaux glacées de la déraison économique et de l’autoritarisme politico-étatique.

Crest : grève des forains et nouveau festival de policiers au marché du mardi 15 février 2022
Orchestre improvisé et chansons populaires

Donc, à la reprise du tour de chant les policiers municipaux ont à nouveau encerclé les chanteurs pour les intimider et les forcer à porter un masque sous peine de sanctions.
Il y eut aussi quelques danses « carnavalesques » en intermède.

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Des flics encerclent les chanteurs

Les postures martiales et impavides des uniformes faisaient face au chant lyrique.
C’était à la fois drôle, ridicule, dérisoire, tragique, dramatique, terrifiant.

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Les fans de chanson se mettent au premier rang
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Des fans un peu trop pressants
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Fans oppressants

Mais ce n’est pas finit, après de longues postures d’intimidations policières, des parlementations absconses, et des chants d’encouragement du « public », les chanteurs sont finalement partis, « pourchassés » au pas de course par les flics, et derrière eux des usagers du marché !
Un vrai sketch on vous dit.

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Marche poursuite vers l’Etincelle
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La troupe arrive à l’Etincelle

L’ensemble de la troupe est allée jusque devant le magasin l’Etincelle, où les musiciens se sont réfugiés, ils ont demandé « l’asile politique » ?
Tragi-comique on vous dit.
Les flics ont fait le guet dehors, avec des « discussions » plus ou moins animées avec des habitant.e.s. Certains policiers, un peu gênés peut-être par le ridicule de la situation, restaient un peu à l’écart.
Une jeune stagiaire flic et un jeune en service policier SNU étaient là également, ils ont pu apprécier in situ toute la grandeur de leurs missions policières ainsi que les conséquences pratiques de la non-démocratie.

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Animation devant l’Etincelle, devenu « refuge politique » pour chanteurs

- Au bout d’un moment, 4 gendarmes sont arrivés sur place, pour constater qu’il ne se passait pas grand chose.

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4 gendarmes arrivent à la rescousse
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Les mickeys se regroupent devant l’Etincelle

Fin du marché, tournée générale de soupe faite de légumes très gravement « politisés » !

- Rdv au marché de samedi 19 février et de mardi 22 février pour de nouvelles animations politico-légumières ?

A Crest, on doit même se battre pour avoir un marché « normal » et quelques animations de rue, quelle tristesse, quelle régression.
Alors qu’il y aurait tant d’autres choses à faire, comme critiquer et attaquer l’agro-industrie, les élevages industriels nids à zoonoses, les entreprises pesticidaires, les machins techno-industriels, l’étalement urbain, les systèmes politiques autocratiques, ou pour développer de l’autonomie collective émancipatrice, etc.

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Dessin d’humour de Rhodoïd

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