Ce modèle de société a l’impact d’une météorite géante

Ne pas confondre catastrophisme avec exposé lucide et documenté des faits

lundi 24 mai 2021, par Les Indiens du Futur.

A l’échelle géologique, l’action de la civilisation industrielle est comparable à une grosse météorite qui s’écraserait sur Terre. C’est une explosion instantanée et dévastatrice.
On ne peut pas s’adapter à une telle explosion ni faire de la résilience, on peut juste compter grossièrement les morts, soigner les éventuels survivants, essayer de survivre dans le chaos et des conditions d’existence très difficiles où nos moyens de subsistance habituels sont calcinés, rassembler quelques objets et fuir à la recherche d’un endroit moins exposé ou moins dévasté.

La civilisation industrielle semblable à l’impact d’une météorite géante
A l’échelle géologique, le techno-capitalisme crée un impact violent et instantané

Arrêtons de confondre catastrophisme et exposé lucide et documenté des faits. Ce n’est pas parce que la situation est pénible qu’on doit faire l’autruche et traiter les lanceurs d’alerte de pessimistes, de personnes qui exagèrent, qui voient partout des catastrophes et envisagent toujours le pire.

Lisez les derniers rapports scientifiques sur ce qui arrive déjà, sur les catastrophes déjà inévitables, et sur celles qui sont prévisibles si on continue plus ou moins sur la même lancée.
Peut-être que si les lanceurs d’alerte étaient davantage écoutés et entendus, ils auraient moins besoin de répéter les choses et d’insister sur les abominations et catastrophes existantes et à venir.

Depuis l’ère industrielle (environ 1850), les destructions écologiques et les dérèglements climatiques induits par la civilisation industrielle se sont accélérés et aggravés considérablement. Exemples d’articles récents :

Encore aujourd’hui, les autorités et les médias mainstream nous disent souvent que ça va aller, que ce n’est pas si grave et que de nouvelles technologies qui n’existent pas encore nous sauveront, ils parlent (sans faire grand chose) surtout d’adaptations aux changements climatiques (en évacuant souvent les destructions d’animaux, plantes et écosystèmes).
Ils occultent les causes de ces dérèglements, font comme s’ils étaient inéluctables et comme naturels ou tombés du ciel, et ils minimisent le phénomène en parlant de manière faussement neutre de changements au lieu de dérèglements graves ou de catastrophes, ils parlent de disparitions d’espèces comme si elles disparaissent toutes seules par malchance ou à cause des martiens.
Si en effet on doit essayer de s’adapter, pas le choix, aux problèmes déjà là ainsi qu’à ceux à venir dont on est certain, il faudrait surtout réduire pour de bon les causes de ces problèmes produits par le capitalisme, le productivisme, le culte de la Croissance et du progrès par la technologie, pour éviter d’être dans une situation où on ne pourra plus guère s’adapter.

Cette civilisation a « naturalisé », le capitalisme, l’Economie, la Croissance, la techno-industrie... Elle fait mine de croire qu’il est impossible de vivre autrement (TINA, « il n’y a pas d’alternatives » martellent les ultra-capitalistes), elle fait donc comme si les catastrophes que ces systèmes sociaux engendrent étaient naturelles et inévitables, et comme si on ne pouvait rien faire d’autres qu’apporter des corrections à la marge (éoliennes, bagnoles électriques, pistes cyclables...) et tenter de survivre aux désastres.

Avec des dérèglements aussi violents, rapides et globaux (température, taux de CO2, pollutions chimiques variées, fonte des glaces, destruction d’espèces entières...), les écosystèmes et les êtres vivants qui les peuplent, dont les humains, ont énormément de mal à s’adapter, à survivre. Et passés certains seuils, les effectifs s’effondrent, des espèces disparaissent, l’adaptation n’est plus possible.
Ca se passe beaucoup trop brutalement et rapidement pour que la plupart des êtres vivants puissent s’adapter ou que d’autres espèces puissent émerger.
Ce serait donc une réduction drastique de vies, de biodiversité, dans des conditions très douloureuses, dramatiques, épouvantables.

Mais la civilisation industrielle, ses dirigeants et aussi ceux qui les suivent et défendent ce système, font tout pour que rien ne change vraiment, pour qu’on se limite au verbiage, au rafistolage, aux rustines, au changements de technologies pour que le même système perdure. Ils n’hésitent pas à réprimer brutalement, ficher et surveiller les contestations légitimes, et certains membres hauts placés de l’Etat et du capitalisme n’hésiteront pas à provoquer guerre, massacres et guerres civiles plutôt que lâcher pouvoir et puissance.

Les instances dirigeantes sont coupables

Les médias mainstream et les dirigeants politiques sont responsables et coupables de ne pas beaucoup dire la réalité sur l’ampleur et la brutalité des phénomènes, d’occulter les causes civilisationnelles de tout ça.

Avez-vous vu dans vos communes (ou au niveau du pouvoir départemental ou régional) des réunions publiques et débats sur ces sujets, régulièrement, de manière approfondie, avec la volonté d’agir pour limiter la casse et couper court aux causes structurelles ?
Non, rien, nada, que dalle, nothing, juste des discours vagues et conformistes, des promesses électorales, de la récupération, du « green washing », des mesurettes décoratives et communicationnelles, des questionnaires, des tentatives de verdir le techno-capitalisme pour qu’il dure et donc détruise davantage.
Pire, trop souvent, ces élus et autres (ir)responsables ne ratent pas une occasion de dénigrer les écologistes et lanceurs d’alerte, de vanter le progrès technologique et de réclamer la Croissance

Les médias mainstream, les gros capitalistes et la plupart des politiciens sont soit à côté de la plaque, soit hostiles, on n’a pas le temps de les convaincre et s’est souvent mission impossible, il faudra donc faire sans eux, contre eux et les virer tous si possible.

On habite une mince couche sur une fragile planète qui erre au milieu d’un immense vide froid et inhospitalier, et une culture, la civilisation, devenue hégémonique, ne trouve rien de mieux à faire que détruire la vie qui a mis tant de temps et de peines à émerger.
Et il n’y aurait pas assez de monde, pas assez de radicalité adossée à des stratégies pertinentes, pour empêcher ça ?

Dans les films de science fiction grand public les forces armées planétaires dirigées par les USA arrivent à la dernière seconde à écarter les météorites géantes qui menacent la vie sur Terre.
Dans la vraie vie, il faut agir et se révolter avant.

« La météorite » qui nous préoccupe ici provient d’un système social, d’une certaine culture, d’un modèle de société identifiable, d’idéologies et d’infrastructures, elle n’est donc pas une fatalité, une catastrophe naturelle ou une calamité divine.
C’est bien une partie des humains qui la fabrique et la défend, et une trop grande partie des autres humains qui laissent faire ou résiste trop « mollement ».


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