Bretagne : blocage d’un train de marchandise contre l’agro-industrie et l’élevage intensif

Au nom d’écologie, de résilience, de souveraineté alimentaire et d’indépendance, l’Etat veut favoriser l’agri-tech capitaliste

mardi 22 mars 2022, par Echo des luttes écolo-sociales.

Bretagne : blocage d’un train contre l’agro-industrie
L’agro-industrie est le problème, pas la solution pour l’indépendance et la souveraineté

🚂BRETAGNE : BLOCAGE D’UN TRAIN CONTRE L’AGRO-INDUSTRIE

Un train transportant des céréales destinées à la fabrication d’aliments pour bétail a été immobilisé samedi matin près de Pontivy, dans le centre de la Bretagne, par des manifestants écologistes opposés à l’élevage industriel.

Un mur en parpaing a été construit sur la voie ferrée, une banderole déployée, et une partie de la cargaison céréalière déversée. Les membres du collectif opposé au « fermes usines » expliquent : « En déversant ces céréales destinées à l’alimentation d’une partie du cheptel breton, nous symbolisons le lien au sol à recréer dans notre agriculture, le lien à la terre bretonne, cette même terre qui ne peut pas supporter les incidences de l’élevage d’un si grand nombre d’animaux ».

Ce dimanche les parpaings, le train et le blé déversé étaient toujours sur la voie ferrée. le chiffre des pertes financières se porte « à près de deux millions d’euros ». Le train est toujours bloqué. Son dégagement, qui s’annonce compliqué, est prévu lundi. Le train n’allait finalement pas vers l’usine Sanders située à proximité comme l’imaginaient les écologistes, mais vers une autre firme, Saint-Jacques alimentation, qui fabrique elle aussi des aliments pour engraisser le bétail.

L’action coup de poing a provoqué la colère des syndicats d’agriculteurs productivistes, des élus, mais aussi le ministre de l’Agriculture du gouvernement Macron, qui a appelé à la répression. L’élevage est une source majeure de pollution et de destruction des sols dans le monde.

(post Nantes révoltée)

- voir aussi :

Bretagne : blocage d’un train contre l’agro-industrie
Un mur édifié pour arrêter un train de marchandises pour l’élevage industriel !

L’Etat-capitalisme se sert aussi des crises qu’il engendre pour accenter notre dépendance et assoir le modèle techno-productiviste

Au nom de la soi-disant "souveraineté alimentaire", de la dite "indépendance de la France", Etat, lobbys productivistes et industriels veulent accentuer le système agro-industriel productiviste.
Même Le Monde dit que cette voie est absurde :
« Vouloir produire plus au nom de l’indépendance agricole, c’est comme vouloir mettre plus d’automobiles sur les routes au nom des économies d’énergie » - Comme le rappellent près de 200 scientifiques, la guerre en Ukraine montre les limites de nos systèmes productifs actuels, explique dans sa chronique Stéphane Foucart, journaliste au « Monde ».

Après avoir accentué la mondialisation capitaliste, la spécialisation par région des productions agricoles avec exportations énergivores, avoir favorisé partout les instrants chimiques et pesticidés dépendants du gaz et du pétrole, l’Etat et les lobbys productivistes ont le culot de venir parler la bouche en coeur de résilience, de souveraineté alimentaire et d’indépendance !
Au nom d’écologie, de résilience, de souveraineté alimentaire et d’indépendance, ils veulent continuer à favoriser l’agro-industrie capitaliste, les élevages industriels sources des pandémies de zoonoses et d’antibiorésistances, notre dépendance aux technologies et aux énergies fossiles, à flinguer le vivant et les sols.

- voir : Le gouvernement se sert de l’Ukraine pour affaiblir le droit de l’environnement

Evidemment, le capitalisme se contrefout de la réalité, de la santé des sols et du vivant, de la sécurité alimentaire, des multitudes de paysans utilisant peu d’intrants et de mécanisation, ça ne rapporte pas assez aux actionnaires et à la valorisation de la Valeur.
Alors, l’Etat, qui doit quand même maintenir une population productive en vie contre le jusqu’au boutisme du Capital, veut nous imposer l’agri-tech (et ses NBIC) et quelques enfumages pour que « ça tienne » un temps.

Au passage, ça leur permettra de finir d’éradiquer la paysannerie. Ils diront que c’est la guerre, qu’on doit produire à donf pour compenser les pertes de l’Est européen, et que seuls les grosses exploitations industrielles sont capables de relever le défi du « changement climatique » et des tensions sur les marchés internationaux.
Les terres, engrais et fumiers seront donc « réquisitionnés » au profit de l’agro-business intensif, techno-chimique et capitalistique, et donc au détriment des petits payans.

Ces « crises » sont pourtant une nouvelle occasion de rompre radicalement et définitivement avec le modèle en place, ce qu’on aurait du faire depuis longtemps, au lieu de continuer à s’y enfoncer toujours plus loin, comme des drogués au bout du rouleau qui veulent de nouvelles doses des drogues dures, toujours plus fortes, qui causent leur perte.


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