Bloquons tout, mouvement social : prochaines dates, changement de stratégies ? Quels objectifs ?

Des illusions à la rage ingouvernable ? - Infos, actus, réflexions...

vendredi 26 septembre 2025

Pour cette rentrée sociale, des dates diverses semblent se multiplier, pour le meilleur (vers des actions diverses et grosses grèves reconductibles ensemble) ou pour le pire (simple empilement sectoriel sans liens et sans succès) ?

Prochaine grosse date, lancée par les syndicats, le jeudi 02 octobre. Qu’est-ce qui en sera fait ? Simple répétition des journées saute-mouton « classiques » et très réformistes vouées à l’échec comme en 2023, ou début d’une conjonction de volontés de ruptures débouchant sur de larges grèves sur plusieurs jours, ou plus encore ?
Des pans de la gauche et des bases syndicales souhaitent la rupture, celà va-t-il s’étendre ?

ll semble que le « mouvement du 10 septembre » « bloquons tout » piétine quelque peu. En bute à la répression féroce qui veut tout empêcher dans l’oeuf, à la difficulté de bloquer l’économie sans fortes grèves reconductibles, à la séparation des classes... il cherche des dates, des mots d’ordre, des appuis...
Ca montre des limites, mais aussi une certaine lucidité sur la situation, avec recherche de solutions collectives pour sortir de la nasse profonde formée par le régime et par l’Etat-capitalisme.
La fin des illusions peut tout autant mener au renoncement déprimant qu’à un regain de combativité et d’inventivité.

🔴Résultats de notre sondage sur les dates à privilégier pour la suite du mouvement « Bloquons-tout » après le 10, le 18 et le 21 septembre (1655 votes)

➡️1 - 42% (710 votes) : Samedi 27 septembre (en mode Gilets Jaunes)
➡️2 - 40% (670 votes) : Mercredi 24 septembre (date de l’ultimatum des syndicats à Lecornu)
➡️3 - 30% (512 votes) : Vendredi 10 octobre (1er mois du mouvement)
➡️4 - 30% (510 votes) : Samedi 4 octobre (anniversaire de la Sécu)
➡️5 - 29% (483 votes) : Jeudi 25 septembre (une semaine après le 18)
➡️6 - 27% (461 votes) : 2, 3 et 4 octobre (proposition AG Place des Fêtes à Paris modifiée depuis en 8, 9 et 10 octobre)
➡️7 - 16% (276 votes) : Aux AG de décider à l’échelle locale
➡️8 - 7% (129 votes) : Le mouvement est mort
➡️9 - 6% (103 votes) : Autre(s) date(s)

Réseaux Grevemanifsblocages10septembre : https://linktr.ee/grevemanifsblocages10septembre

Bloquons tout, mouvement social : prochaines dates, changement de stratégies ? Quels objectifs ?

🔴Des semaines décisives (Liste non exhaustive des prochaines mobilisations)

➡️Jeudi 25 septembre : Journée de mobilisation des lycéens et étudiants

➡️Dimanche 28 septembre : Marches des Résistances pour le climat, la justice et les libertés

➡️Jeudi 2 octobre : Journée de mobilisation intersyndicale et interprofessionnelle

➡️Samedi 4 octobre : Mobilisation pour l’anniversaire de la sécurité sociale

➡️Mercredi 8, jeudi 9 et vendredi 10 octobre : Proposition de l’AG « Bloquons-tout » de Paris Nord et Est pour se mobiliser pendant 3 jours d’affilée

➡️Vendredi 10, samedi 11 et dimanche 12 octobre : Appel européen contre l’empire logistique

➡️Samedi 11 octobre : Grève féministe

➡️Mardi 14 octobre : Mobilisation paysanne nationale contre l’accord UE - Mercosur / Mobilisation européenne contre l’austérité

➡️+ Mobilisations pour la Palestine partout en France régulièrement

Les réseaux de @grevemanifsblocages10septembre : https://linktr.ee/grevemanifsblocages10septembre

- NOTE :
on recommence avec les mobilisations sectorielles et réformistes chacun son tour ? C’est voué à l’échec. Tout perdre chacun son tour ou « tout » gagner en agissnt ensemble ?
Visons plutôt à enchaîner à la suite des jours « toustes ensemble », voir une grève générale, où chaque secteur/classe exprime ses désirs et objectifs sans restrictions et en étant ambitieux ?

25 septembre

- CE 25 SEPTEMBRE, AUX CRIS DE « GRÈVE GÉNÉRALE » ET « MACRONGAGE », LES ÉTUDIANTS N’ONT PAS ENTENDU LEOCTOBRE POUR CONSTRUIRE LE MOUVEMENT VERS LA GRÈVE GÉNÉRALE
Manifestation à Paris comme dans d’autres villes
https://www.facebook.com/reel/1316127920043031

- L’Université Rennes 2 (Ille-et-Vilaine) est bloquée ce jeudi 25 septembre 2025. Dès l’aube, des étudiants ont empêché l’accès aux bâtiments du campus de Villejean.

Bloquons tout, mouvement social : prochaines dates, changement de stratégies ? Quels objectifs ?

Assemblées ouvertes de Révolution Permanente : rendez-vous dans toute la France & le 27 septembre à Paris

Pour échanger sur la suite du mouvement en cours et le projet de RP, rejoins nos Assemblées ouvertes ! A Paris, RDV le 27 SEPTEMBRE avec Anasse Kazib, Elsa Marcel, des militants de différents secteurs et Frédéric Lordon en invité spécial.

https://www.revolutionpermanente.fr/Assemblees-ouvertes-de-Revolution-Permanente-rendez-vous-dans-toute-la-France-le-27-septembre-a

Alerte 📣 14 octobre- grève européenne en construction.

Un petit message pour avertir que la date du 14 octobre commence à émerger comme une date de mobilisation européenne. Appuyés sur la grève nationale belge, et la récente grève de masse en Italie contre le génocide à Gaza, des appels à la mobilisation commencent à circuler en France.

Si nous réussissons cet exploit de coordonner des grèves de masse sur plusieurs pays nous ouvrons un front que les bourgeoisies européennes n’attendaient pas.

Pour ça nous avons besoin de l’aide de toute le monde pour déposer des préavis de grève au niveau national, mais aussi activer les réseaux militants au niveau européen pour faire déborder la marmite. L’Italie est une cible prioritaire, mais aussi l’Espagne, la Grèce et surtout l’Allemagne le coeur de l’ordolibéralisme (et du soutien au génocide) sur le continent européen.

Un autre 2 octobre est possible

Le 2 octobre, un mot d’ordre : Free Palestine, un rendez vous : 14h devant l’ambassade d’Israël (3 Rue Rabelais, Paris 8e)

Une nouvelle date de mobilisation s’annonce : le jeudi 2 octobre, date appelée par l’intersyndicale.
Nous sommes nombreux.ses à être plus que sceptique quant à cette nouvelle date et plus largement quant à la strategie adoptée par l’intersyndicale. Stratégie de « grève perlée » qui se félicite de mettre plus d’un million de personnes dans la rue à chaque date de mobilisation, stratégie qui comme on a pu le constater lors du dernier mouvement contre la réforme des retraites, s’avère perdante.

Si la journée du 10 n’a pas non plus été une grande réussite, elle a au moins eu le mérite de proposer quelque chose de nouveau, basé sur l’expérience de terrain tirée des mobilisations de ces 10 dernières années.

Alors pour le 2 octobre, plutôt que de marcher une énième fois de République à Nation, pourquoi n’essayons-nous pas quelque chose de nouveau. Quelque chose qui acte une bonne fois pour toute qu’il n’y a rien à attendre d’une manifestation nation-republique, que nous soyons 500 000 ou 1 million de personnes.

La proposition est la suivante : un rendez vous alternatif, non pas avant ni même après la manif intersyndicale, mais bien pendant.
Un rendez vous pour essayer d’être à la hauteur de la situation. Car faut il le rappeler, la situation à laquelle nous faisons face c’est avant tout celle du génocide du peuple Palestinien, avec le soutien de notre gouvernement.
La Palestine doit devenir le cœur de cette mobilisation. Comme en Italie, s’il s’agit aujourdui de tout bloquer, c’est bien pour la Palestine .

Alors le 2 octobre, imposons un mot d’ordre : FREE PALESTINE, et un rendez vous : 14h devant l’ambassade d’Israël.

À jeudi

- source : https://paris-luttes.info/un-autre-2-octobre-est-possible-19949

La Débâcle - Éléments pour une analyse matérialiste du mouvement du 10 septembre

Étant donné la situation dans laquelle elles se trouvent, les classes moyennes d’encadrement sont poussées à la radicalisation et émettent régulièrement des appels incantatoires qui n’engagent que ceux qui ont encore de bonnes raisons d’y croire. Les réponses organisationnelles toutes faites apportées suite à la séquence ratée du 10 septembre réduisent le problème à de pures considérations tactiques. Or, les questions tactiques sont surdéterminées par des rapports de classe ; ce qui s’est passé dans les assemblées et dans la rue n’est que l’expression d’une lutte de classes : celle des classes d’encadrement pour la reconquête d’une hégémonie politique.

Si le mouvement du 10 septembre risque d’entrer rapidement dans l’oubli, il nous semble néanmoins utile d’y revenir parce qu’il permet d’observer à l’œil nu certaines des contradictions les plus frappantes de notre époque. En l’espèce, la journée du 10 semble présenter sous une forme ramassée et pour ainsi dire dramatisée les impasses d’une partie des luttes récentes. Cette journée fut pour nous surprenante à deux égards. Premièrement, par la quantité de préparation qu’elle a suscitée. Des dizaines de milliers de personnes se sont engagées dans des formes d’organisation diverses et ont donné de leur personne pour préparer un mouvement qu’elles espéraient massif. Rarement un mouvement politique n’avait suscité un tel effort de structuration, qui plus est en dehors des organes politiques et syndicaux. Pour autant, malgré les efforts engagés en amont, les réussites tactiques de la journée du 10 ont été très limitées, voire nulles. De plus, cette journée semble n’avoir produit aucun effet d’entraînement, peinant à se renouveler après une unique journée de mobilisation. Pire encore, le mouvement n’est pas parvenu à peser d’un quelconque poids sur la crise politique en cours puisqu’il a échoué à conjurer la perspective d’un budget austéritaire. Ce qui nous frappe, c’est l’écart entre la masse d’organisation engagée pour cette journée, et le résultat concret sur lequel elle a débouché : un relatif néant.

Pour le comprendre, une simple analyse tactique et organisationnelle de la journée et de sa préparation nous semble très largement insuffisante. On pourra probablement se demander éternellement ce qui a manqué, ce qui n’allait pas, ci dans les slogans, ci dans les modes d’organisation… Mais en se limitant à cela, on manque l’essentiel selon nous, à savoir la situation sociale et historique déterminée dans laquelle tout événement politique prend place, et qui le conditionne. Pour expliquer notre démarche théorique, il nous semble important de dresser rapidement quelques principes d’analyse généraux. Nous avons parlé de « situation sociale et historique ». Qu’est-ce que cela signifie concrètement ? Que toute activité politique doit s’analyser non pas isolément, mais comme l’activité spécifique d’une classe sociale spécifique2 (c’est l’aspect social), et que les modalités de son activité dépendent de la dynamique historique dans laquelle elle se situe : quel est son devenir, quelles sont les contradictions qu’elle doit résoudre (c’est l’aspect historique).

Pour comprendre ce qui s’est joué le 10 septembre et avant, on doit répondre à une série de questions. La première concerne la composition sociale du mouvement : qui, au juste, s’est mobilisé ce mercredi 10 septembre ? À cette question, on répond habituellement que c’est « le public de gauche », mais qui est ce public ? Quelle place a-t-il dans les rapports de production, quel est son rapport avec les autres classes ? On peut répondre provisoirement à cette première question : le peuple de gauche est très largement composé de ce que l’on pourrait appeler les classes moyennes d’encadrement (professeurs, éducateurs spécialisés, travailleurs des secteurs culturel et associatif, etc, et bien sûr les étudiants qui se destinent à ces professions). Précisons dès maintenant que cette définition ne dit pas grand chose en tant que telle, et qu’il sera nécessaire de l’affiner plus tard.
(...)
Dès lors, il faut prendre acte de l’incompatibilité entre les luttes des classes d’encadrement et celles des travailleurs déqualifiés. Cette incompatibilité implique selon nous de faire un choix. Ou bien continuer à penser qu’on peut ménager la chèvre et le chou en rêvant à une hypothétique convergence interclassiste, ou bien prendre acte de l’antagonisme fondamental entre deux lignes de développement de la lutte de classe.

En l’espèce, les conclusions qu’un tel texte impose sont nécessairement situées. Autrement dit, il n’existe pas de point de vue universel et extérieur sur la lutte de classes, uniquement des points de vue de classe. Il faut donc essayer de neutraliser le point de vue des classes d’encadrement sur le 10 septembre. Si l’on regarde les événements du point de vue des travailleurs déqualifiés, une première donnée saute aux yeux : ces derniers ont refusé, une fois encore, de s’engager dans une mobilisation avec laquelle ils ne partageaient rien, ni les mots d’ordre, ni les modalités d’organisation : ils ont préféré regarder le mouvement mourir de lui-même, plutôt que de s’y investir, ne serait-ce que minimalement. De plus en plus, leur autonomie politique constitue pour eux une condition incontournable pour passer à l’action. De fait, chacune de leurs mobilisations spécifiques s’accompagne de la tentative d’affirmation d’une activité de classe résolument anti-interclassiste.

De ce point de vue, la neutralisation politique des classes d’encadrement constitue un objectif impondérable à moyen terme. Partout, celles-ci agissent comme un vecteur de confusion, et de désagrégation politique. Le 10 septembre en est l’illustration la plus éclatante. Pour passer à l’action les travailleurs déqualifiés devront donc créer des formes politiques qui permettent de mener des luttes de classe indépendamment des segments de classe qui leur font constamment des appels du pied, voire contre eux.

- Texte complet : https://sans-treve.org/la-debacle-elements-pour-une-analyse-materialiste-du-mouvement-du-10-septembre/#fn:1

- NOTE :
Ce texte sur "Sans trêve" est intéressant. Je trouve juste qu’il est un peu dur, un peu simpliste. Car une part des "classes d’encadrement" (jeunes et moins jeunes) aspirent à autre chose qu’à (re)prendre hypothétiquement leur place dans la "gestion" des travailleurs en galère et la pacification sociale, et d’autre part il y a aussi autour du mouvement du 10 septembre des franges de classes ouvrières et de syndiqués combatifs (certes pas les classes de non qualifiés).
On voit qu’on ne peut pas se dépêtrer de la domination étatico-capitaliste en continuant à dresser des classes de prolétaires (ayant des intérêts, priorités et modalités d’action divergents/différents) les unes contre les autres (ici, "classes d’encadrement" versus "travailleurs déqualifiés"), il faudrait plutôt viser la destruction des classes par la destruction du capitalisme et de toutes les catégories/pratiques qui vont avec.
Les syndicats défendent davantage les intérêts catégorielles des classes de prolétaires que l’objectif d’abolition des classes et du capitalisme : impasse.
Tandis que les partis de gauche, pris de surcroît dans les filets gluants institutionnels, voudraient unir des classes via des objectifs communs, mais là aussi sans viser la destruction des idéologies et structures qui fragmentent et empêchent des objectifs révolutionnaires communs : impasse également.
Un jour, les prolétaires de toutes sortes vont-ils réussir à déborder et dépasser tout ça pour enfin renouer avec des objectifs et pratiques révolutionnaires communs ?
Et que feront la masse croissante des sans emplois, ou sans emplois fixes, les chômeurs, RSAistes ?
Il est triste que ces sujets de réflexions stratégiques et politiques soient souvent absentes des mouvements sociaux en cours.
Car il semble qu’on piétine en se limitant à ressasser des "mantras" (Macron dégage, grève générale, tous ensemble, démocratie réelle...) sans se préoccuper outre mesure des séparations en différentes classes et sans chercher des propositions et perspectives élaborées (matérielles, politiques...) à même d’embarquer tous les prolétaires vers leur émancipation et des modèles des société vivables et désirables.

Le gouvernement ne cédera rien : pour dégager Lecornu et Macron, il faut imposer une autre stratégie !

Déçue par Lecornu, l’Intersyndicale appelle à la mobilisation le 2 octobre mais sans rompre avec sa stratégie de pression et de dialogue. Pour arracher nos revendications et dégager Macron, il faut construire la mobilisation à la base et lutter pour une autre stratégie !
(...)
Alors que l’Intersyndicale maintient intacte sa stratégie, qui a déjà mené la bataille des retraites dans le mur, il faut construire la mobilisation à la base et défendre un autre plan : la construction d’un véritable rapport de force, par une grève massive et reconductible, structurée à la base par des AGs sur les lieux de travail et d’étude.
(...)
Cette perspective est d’autant plus importante que le gouvernement est en grande difficultés. Durant le rendez-vous, Sébastien Lecornu a ainsi assumé être l’un des Premiers ministres « les plus fragiles de la Ve République ». Dans ce cadre, l’heure n’est pas à s’étonner de la participation de trois ministres démissionnaires au rendez-vous comme l’a fait Sophie Binet, mais à refuser de dialoguer avec un gouvernement illégitime et impopulaire, en cherchant à construire un mouvement qui permette d’arracher nos revendications par les seules méthodes qui permettent de faire plier le patronat et le gouvernement, celles de la lutte de classes.

Plutôt que d’esquiver la crise politique en cherchant à reproduire les méthodes de dialogue social habituelles, la grève à construire doit assumer de se situer aussi sur ce terrain, en articulant revendications sociales et politiques, à commencer par la démission de Macron, pas pour propulser au pouvoir un nouveau Président, mais comme une première étape pour en finir avec la Ve République et imposer à la place une Assemblée unique dont les élus soient révocables et payés comme des infirmier·es.

- article complet : https://www.revolutionpermanente.fr/Le-gouvernement-ne-cedera-rien-pour-degager-Lecornu-et-Macron-il-faut-imposer-une-autre-strategie

Taxe Zucman : la fausse audace qui cache une vraie capitulation

Il fallait s’y attendre. Le 18 septembre, le cortège parisien était constellé de pancartes, brandies fièrement par toutes sortes de manifestants : militants chevronnés, jeunes participant à l’une de leurs premières manifestations, etc. « Génération Zucman », « Taxer les riches », ou même « Taxer les ultra-riches » (et pourquoi pas les ultra-méga-milliardaires, tant qu’on y est ?). La popularité de la taxe Zucman est, au fond, l’aveu d’une défaite politique. Dans le sillage des revendications inoffensives sur les « superprofits » (pourquoi ne pas plutôt taxer davantage l’ensemble des profits, tout simplement ?), la taxe Zucman s’est imposée dans le débat public. Sans doute plus fun qu’un rétablissement de l’ISF, car portée par l’attrait de la nouveauté, elle n’en demeure pas moins très inoffensive. Son promoteur le dit d’ailleurs lui-même : il ne s’agit pas de faire contribuer davantage les milliardaires, mais de les amener à contribuer autant que l’ensemble des Français, en proportion de leurs revenus. Que cette taxe soit devenue l’alpha et l’oméga de la prétendue radicalité politique consacre des décennies d’effondrement de la pensée socialiste, dont l’ambition historique était le renversement de l’ordre social et non la supplication de quelques miettes auprès de nos maîtres.

La gauche a peur de faire peur. Elle veut apparaître absolument crédible. Même la FI veut à tout prix montrer que son programme profite aux petits patrons, comme si ces derniers étaient portés par une vertu intrinsèque qui les distinguerait des dirigeants des grands groupes, alors que la moindre discussion avec un salarié d’une TPE démontre le contraire. La mode actuelle c’est « attention on ne s’attaque qu’un tout petit peu aux milliardaires, notre programme est vraiment indolore ». Cette stratégie politique vient sans doute d’une crainte de perdre une partie de l’électorat avec des mesures plus radicales, et également de l’espoir de gagner des miettes pour pouvoir s’en vanter ensuite. Cette manière de faire est vouée à l’échec. Car même les miettes nous seront toujours refusées. La pauvre taxe de Zucman de 2% déclenche une avalanche de réactions néfastes des médias et du patronat. Si elle se concrétise, elle sera vidée de toute manière de sa substance. Suite au barrage du patronat, il est question en ce moment de l’appliquer, mais pas sur le patrimoine professionnel.
(...)

Votée à l’Assemblée le 20 février 2025 puis rejetée au Sénat en juin, la taxe Zucman, même si elle était appliquée telle quelle, serait en grande partie inoffensive. La mesure vise les patrimoines supérieurs à 100 millions d’euros, soit potentiellement jusqu’à 1800 contribuables, ce qui représente environ 0,01 % des foyers fiscaux. Seraient assujettis à cet impôt sur la fortune (IPF) uniquement les contribuables dont la contribution fiscale totale (incluant l’impôt sur le revenu, la CSG, la CRDS, la contribution exceptionnelle sur les hauts revenus et l’IFI) reste inférieure à 2 % de la valeur de leur patrimoine. C’est donc une mesure de très faible portée. Rappelons que l’impôt de solidarité sur la fortune (ISF), supprimé par Macron en 2017 s’appliquait à partir de 1,3 million d’euros de patrimoine… Défendre la taxe Zucman, c’est donc d’une certaine manière légitimer le recul considérable de la fiscalité des riches depuis 2017. Comme j’ai déjà eu l’occasion de l’écrire, pour que la taxe Zucman rapporte sur un temps long, il faudrait que les ultra-riches continuent d’être… ultra riches. C’est toute la limite de ce genre de mesurettes. Elles nous rendent dépendants de l’existence des riches. Elles sont les plus limitées possibles pour avoir une chance d’être adoptées, mais elles ne le sont quand même pas de toute manière. Pourquoi ne pas alors changer de perspective et mettre sur la table la question de la propriété des entreprises et du pouvoir qu’elle confère aux actionnaires ? Puisque toute proposition de gauche, même la plus inoffensive, est jugée trop radicale, autant l’être réellement, non ?
(...)
Non plus taxer les riches et dépendre de leur fortune mais mettre fin à la constitution de celle-ci sur notre dos.

- Article complet : https://frustrationmagazine.fr/taxe-zucman

- Oui : exproprier les plus riches et prendre le contrôle de leurs entreprises au lieu de juste les taxer légèrement plus qu’avant.

CGT-CFDP - « Il nous ont bien niqué, y’a pas à dire. »

Après un 10 septembre en demi-teinte, la mobilisation syndicale du 18 devait permettre aux différentes modalités de mobilisation et de contestation d’entrer en résonance. Ce ne fut pas vraiment le cas, Bruno Retailleau a d’ailleurs pu se féliciter dès midi du peu de blocages matinaux. Du point de vue de l’inter-syndicale, ce fut aussi une réussite, les rues étaient pleines et les camions sono ont pu cracher leurs tubes des années 80. Comme après chaque première journée de mobilisation, chacun a pu scruter la stratégie syndicale : une nouvelle date proche serait le signe d’une grande détermination, une date un mois plus tard démontrerait une plus grande frilosité. Finalement, tous les pronostics ont été déjoués puisque l’inter-syndicale a choisi de ne pas choisir de date. Un « enragé » nous a transmis ce billet de mauvaise humeur qui traduit parfaitement la déception ressentie par de nombreux manifestants.

Les syndicats rien que leurs noms ils puent l’ennui : CGT-CFDT-CFTC-UNSA-SUD... Vous kiffez tant que ça les lettres, bande de lâches ? Un mot complet, ça vous arracherait la bouche ? Ouais je sais, y’a Solidaires, ça prouve l’inspiration. Après on s’étonne que ça défile derrière des ballons, des grosses couilles avec des micros des sonos qui crachent les pires slogans, la pire musique de la terre. Même pour ça ils inventent rien ils récupèrent ils sont toujours en retard. Tu peux être sûr que quand les syndicats ils passent un son, le reste du monde il est passé à autre chose.

Il nous ont bien niqué, y’a pas à dire. Macron il fait tomber son guignol le 8 et eux ils enchaînent le 18. Résultat le 10, c’est quoi ? C’est le gamin du milieu, tout le monde s’en bat les couilles. Mais voilà, le 10 c’était nous. Le 18 c’était eux. Résultat, l’État il souffle et Le Monde ils peuvent dire : les syndicats au centre, acteurs incontournables de la Rèpublique Fronçaise, tout ça. Ils ont bien surfé sur la vague ces FDP, leur planche de merde elle a bien pris toute la force, toute la colère des gens. Les centrales syndicales elles se sont mises dessus et ça y est c’est elles qui parlent, et c’est elles qui décident.

Bastille-République-Nation mais pitié faites un truc. Ah c’est sûr, Concorde la pref’ elle voulait pas. Il faudrait pas froisser les porcs. Nous on est les gentils tu comprends, nous on s’indigne avec les keufs devant. Indignons-nous quand on est de gauche, c’est la réponse à tout. La guerre elle arrive on s’indigne, un génocide on s’indigne, la Terre qui flambe on s’indigne, le Capital qui te fait charbonner toute ta vie, il fait pleuvoir du plastique dans ta tête, il nique le climat et le cycle de l’eau – le cycle de l’eau putain ! – il empoisonne tes sapes, ta bouffe, l’air et tout, il te fait crever la dalle on s’indigne. Ils sont où mes révolutionnaires, mes gilets-jaunes-totos véner, mes confus- conspis de province qui viennent pour tout casser ?

Bah non, ça préfère taguer TAXER LES RICHES. Et pourquoi pas + DE PISTES CYCLABLES ? RETRAITE A 60 ANS ? Ça prend le risque de se faire péter pour un mot d’ordre LFI. À la limite tague RP LÂCHE LE MIC. (En vrai, les trotskistes, ils ont quoi avec les micros ? Déjà que toute leur vie ils sucent un mort, ça peut être que du sale.)

Là les syndicats même plus ils se mobilisent, juste ils menacent de le faire. Quand je te dis que c’est la deuxième ligne des porcs, qu’ils organisent la défaite. Là ils disent : « Attention, on va réfléchir à faire grève si après le 24 septembre le gouvernement répond pas. » Mais on a rien demandé. Le gouvernement on lui parle pas. D’ailleurs il existe pas. Par contre, eux ils donnent du temps au Cornu pour en fabriquer un.

Après, tant mieux si ils font rien : c’est maintenant qu’on doit poser une date. Y’avait des trucs le 21, mais pourquoi pas le 10 octobre ? Ça laisse du temps pour les guydéborder. Tant qu’on fait pas peur au pouvoir il se passera jamais rien. Si t’aimes pas les manifs, y’a même rien besoin de faire. En vrai il suffit juste de pas aller au taf. En 68 ils ont fait ça, ils étaient 10 millions. Après la CGT elle a dit à tout le monde de retourner travailler. Moi je dis en 2025, le 10 octobre, on recommence. Et si la cégète vient, cette fois on l’envoie chier.

Un enragé (sous le seuil de pauvreté)

- source : https://lundi.am/CGT-CFDP

Après le succès de 18 septembre, ni supplique, ni routine, construire un mouvement conquérant

Le 18 septembre a déjoué beaucoup de pronostics et a été un grand succès. Contrairement à ce que nous aurions pu imaginer, il a été davantage suivi que le 10, malgré le peu d’entrain des directions syndicales. Il a rassemblé jusqu’à un million de manifestants et paralysé des secteurs clés comme les transports parisiens, à un niveau qu’on n’avait plus vu depuis 2019. Cette réussite est surtout celle des bases qui ont poussé à l’action. C’est déjà une leçon.

Le mouvement qui a débuté le 10 septembre n’a rien d’anecdotique. Il n’est ni une réplique des Gilets jaunes, ni un simple copier-coller de 2023. Il conjugue la massivité du mouvement de 2023 mais avec des formes d’action plus radicales : blocages, appel à des grèves régulières et reconductibles plutôt que des simples « journées saute-mouton »
(...)
Comme si la crise politique, profondément structurelle, se réglait à coups de chaises musicales. Comme si les Français rejetaient Bayrou pour sa personnalité (certes très pénible) et ses casseroles personnelles, et non pour les politiques qu’il incarnait et poursuivait. La macronie, privée de base sociale, n’a aujourd’hui plus que deux ressources : l’appareil répressif et les combines institutionnelles.
Sur la répression, il est donc à craindre que celle-ci s’accentue. Cela a déjà commencé avec des dizaines de garde-à-vue, des manifestantes et manifestants tabassés et gazés. La présidence Macron a marqué un saut qualitatif dans la brutalisation des mouvements sociaux. Elle a atteint des niveaux inédits dans les “démocraties” européennes depuis plus de vingt ans (il faut probablement remonter à Gênes en 2001, où la police italienne avait réprimé avec une brutalité absolument inouïe la mobilisation contre le G8, pour trouver un niveau de violence comparable ou supérieur)
(...)
De son côté, et sans surprise, le Rassemblement national s’est rangé dans le camp du patronat. Pas de soutien aux grèves ni aux blocages
(...)
La gauche, cette fois, n’a pas raté le train. Frustration Magazine a fait partie des premiers médias classés « à gauche », avec d’autres (Contre Attaque, Cerveaux non disponibles…) à soutenir le mouvement. Initialement cela a été assez mal reçu par des segments de la gauche bourgeoise, qui nous ont harcelés sur les réseaux sociaux, en nous accusant de « soutenir des fascistes », d’être des « fascistes » nous-mêmes, des « confus », des « conspirationnistes »… car la presse mainstream leur avait dit que le mouvement était d’extrême droite et, parce qu’habitués à la passivité la plus totale, ils ne savent pas qu’un mouvement n’est jamais rien d’autre que ce qu’on en fait.
Mais assez vite, les bases syndicales ont appelé au mouvement, suivi de près par la direction de l’intersyndicale qui a mollement convié à une journée de mobilisation le 18 septembre. Puis de LFI au PS, chacun a fini par reconnaître la force du mouvement, quand bien même avec frilosité et souvent par opportunisme. La peur de revivre l’erreur commise face aux Gilets jaunes a pesé : difficile de s’opposer à une colère populaire aussi massivement exprimée, particulièrement quand celle-ci est fondée sur des questions de travail, économiques et sociales.

Toutefois, la direction de l’intersyndicale a, sans vraiment de surprise, repris sa routine de 2023, et tente de temporiser le mouvement au maximum, ce qui revient à le démoraliser et à l’impuissanter.
(...)
Reste la question : que veut-on gagner ? Défendre, oui : obtenir le retrait total des mesures d’austérité. Mais surtout conquérir. Car faire grève, bloquer, perdre des journées de salaire ne se fait pas seulement « contre », mais pour quelque chose de positif. Pour la retraite à 60 ans (plutôt qu’une simple “abrogation” de la dernière réforme). Pour des augmentations substantielles de salaires et du smic, et pour l’indexation sur l’inflation. Pour la réduction du temps de travail. Pour une démocratie réelle. Voilà des pistes concrètes.
(...)
Pour que notre camp social retrouve confiance en lui-même, il faut transformer la colère en victoire. La puissance est là. La stratégie aussi : paralyser l’économie par des grèves reconductibles, partout mais en particulier dans les secteurs stratégiques, associées à des blocages sous d’autres formes. Il est évident que le mouvement agrège des contestations de secteurs pluriels et de différents types et il ne s’agit pas d’avoir un mot d’ordre unique, mais l’important est que celui-ci s’affirme comme conquérant. Espérons continuer dans cette voie.

- Article complet : https://frustrationmagazine.fr/18-septembre

Crime de pensée et frappe préventive

Dorénavant, être de gauche et l’affirmer dans la rue est un crime dans de très nombreuses villes.
Les sbires armés de l’Etat et du néofasciste Retailleau attaquent "préventivement", sans motif autre que semer la terreur et tenter de casser les manifs/blocages pour dissuader de participer. Ce sont des pratiques terroristes qui devraient amener à une révolte générale et à des dénonciations indignées qui pleuvent de partout.
On a trop laissé faire ce système, dans les banlieues, contre les pauvres, les migrants et les personnes racisées, et déjà depuis trop longtemps contre les contestations de gauche.
A présent les milices sont bien en place et rodées à brutaliser tout le monde, encouragées par les gouvernements et les médias dominants.

En fRance, les manifestant.e.s de gauche valent moins que des chiens et des ministres néofascistes dirigent des flics très largement acquis à l’exrême droite... Elle est belle la république !!

"L’INTERSYNDICALE, QUARTIER GENERAL DE LA DEFAITE ?

✊ Syndicalistes CGT, prenons nos destins en main !
🔴 #OnBloqueTout pour #ToutGagner !

⚫ L’intersyndicale refuse d’engager le rapport de force
📌 Dans un communiqué lamentable, l’intersyndicale a annoncé envoyer, sans rire, un ultimatum au Pouvoir, et ce faisant, un signe de faiblesse inacceptable et qui vise en réalité à casser la fédération des colères et l’élan de ce mois de Septembre contre le gouvernement et le patronat.
"La balle est maintenant dans le camp du Premier ministre." affirme ainsi le communiqué de l’intersyndicale qui fait mine de menacer : "Si d’ici au 24 septembre il n’a pas répondu à leurs revendications, les organisations syndicales se retrouveront pour décider très rapidement d’une nouvelle journée de grève et de manifestations."

📌 Chacun comprendra, au vu des tournures des phrases, des mots employés et de l’absence du mot "grève", que l’intersyndicale refuse en réalité d’engager le rapport de force. Ce mouvement social pour "tout bloquer" notamment par la grève, qui n’était pas à l’ordre du jour des directions syndicales confédérales, fait éclater la vérité : l’intersyndicale nationale, et sa stratégie d’attentisme permanent, joue contre le mouvement social.
D’ailleurs, chacun notera également l’incohérence et la faiblesse des revendications portées par l’intersyndicale, notamment sur la conditionnalité des aides aux entreprises, ou la simple abrogation de la réforme des retraites. Devant cette stratégie défaitiste, notre cahier revendicatif CGT, très clair notamment sur le retour de l’age légal de départ à la retraite à 60 ans et l’augmentation des salaires, pensions, allocations, doit servir de base de discussion à la construction des revendications dans tous les secteurs et dans toutes les branches professionnelles.

⚫ Syndicalistes CGT, prenons nos affaires en main pour #ToutBloquer.
📌 De très nombreux syndicats CGT se sont pleinement investis dans la réussite du 10 septembre, puis du 18 septembre. Des centaines de milliers de grévistes ont contribué à perturber et paralyser certains secteurs en particulier.
Cette vague puissante et offensive du camp des travailleurs, axée notamment sur la nécessité du blocage de l’économie, initiée le 10 septembre, ne doit pas retomber. Nous pouvons, tous ensemble et en même temps, faire dérailler les plans du patronat, du gouvernement, du président, du parlement.

📌 La condition première, c’est la prise de conscience par les travailleurs et les travailleuses de leur rôle central dans la société, de la force immense dont ils disposent et de leur irruption dans le débat public "ici et maintenant", sans attendre de consignes autres que l’expression du débat et de la volonté collective. !
Une seconde condition : il est temps pour le mouvement social de passer un cran et dans la mobilisation et dans le contenu revendicatif. Au vu du communiqué et de la stratégie de l’intersyndicale, le constat de l’échec du "syndicalisme rassemblé", (après la lamentable défaite lors de la mobilisation contre la réforme des retraites), doit être tiré.

📌 La conclusion logique est que notre CGT doit se libérer d’un carcan qui entrave artificiellement nos capacités d’actions et nos contenus revendicatifs. L’unité ce n’est pas aligner les logos, c’est unir en premier lieu les travailleurs et les travailleuses, à la base, dans les entreprises, ateliers et services.
Syndicalistes CGT, l’urgence de la situation nous commande d’être à la hauteur des enjeux de la période. La "vigilance" ou les "avertissements" sur les propositions de budget 2026 du gouvernement et sur les vote des parlementaires exprimée par notre Confédération CGT au soir du 18 septembre ne suffisent pas. Une semaine de déploiement ne suffit pas. Attendre l’intersyndicale ne suffit pas : pire cela nous lie les mains, démobilise les bases CGT et désespère les travailleurs et les travailleuses.

📌 Après les succès des 10 et 18 septembre, qui aujourd’hui peut réellement prétendre qu’ "il ne se passe rien ?" L’heure n’est certainement pas à l’attentisme : l’enjeu est, ici et maintenant, construire le processus de grève reconductible qui nous fera paralyser l’économie et l’Etat pour gagner.
Nous avons besoin de grèves, d’un processus de luttes et d’un appel clair à la grève nationale interprofessionnelle, en reconductible partout où c’est possible !
Du syndicat CGT à la Confédération CGT en passant par les Unions locales CGT et départementales CGT et les fédérations CGT, prenons nos affaires, et nos destins, en main !"

(Unité CGT)

DIVERS

  • Grenoble : APPEL A SOUTENIR LA BOBINE OCCUPEE
  • 18 Septembre à Nantes : une foule des grands jours sous les coups de matraque (...) Plusieurs centaines de personnes sont coupées du reste du cortège. Tout le monde semble démuni. Le camion syndical de Solidaires s’avance courageusement et permet de ressouder la manifestation. Mais quelques dizaines de mètres plus loin, même scénario : une attaque policière encore plus massive, de tous les côtés. Le nombre d’hommes armés semble illimité, il y en a même le long de l’Erdre, en escadrons, prêts à attaquer sur un flanc supplémentaire.
    La situation devient lunaire. Des charges sans but s’enchaînent autour du cortège syndical. Des salves de gaz tombent régulièrement. L’objectif est visiblement de briser la manif, mais sans échappatoire, alors que des milliers de personnes continuent à s’agglutiner. Heureusement, la foule reste solidaire, une enceinte roulante donne du son et de la joie, le camion de Solidaires ne recule pas. Mais la manifestation reste totalement bloquée pendant près d’une heure. Le parcours officiel, qui devait s’engager vers la place Talensac, est empêché. On a beau être habitué aux violences d’État à Nantes, une telle brutalité gratuite et un tel mépris des syndicats par la police sont probablement inédits.
  • 0/20 pour l’élève Sébastien Lecornu - CV truqué, copinage avec Benalla, vacances chez un trafiquant de drogue corse… les belles histoires du nouveau Premier ministre (...) Ces quelques dossiers ne sont sans doute que la face émergée de l’iceberg des crapuleries de la garde rapprochée du président. Comme le confiait un ancien ministre au Parisien : « Lecornu, c’est la dernière cartouche. S’il est renversé, je ne vois pas comment on se relève », ou encore « c’est le gouvernement de la dernière chance ».
    C’est en effet mal parti, selon un sondage réalisé juste après sa nomination, 66% des Français ne lui font pas confiance. Mais Lecornu bénéficie pour l’instant de soutiens bienveillants. Le RN de Bardella et le PS d’Olivier Faure ont promis qu’il ne censureraient pas le nouveau chef de gouvernement. Entre menteurs, tricheurs et traîtres, on se serre les coudes.
  • Le bruit des bottes à l’Université de Nantes - La présidence de la fac de Nantes envoie la police contre les étudiant·es et veut interdire les Assemblées Générales. Elle vient de fermer tout le campus suite à une action
  • Couper le jus au métro parisien - Le matin du 17 septembre 2025, dans l’idée de « tout bloquer » au-delà des dates choisies pour la mobilisation, l’électricité qui fait fonctionner le métro parisien a été coupée temporairement sur plusieurs lignes simultanément, à 7h50, au début de l’heure de pointe. Ainsi les lignes 5 (église de pantin <-> jaures), 8 ( creteil <-> reuilly-diderot), 9 (porte de montreuil <-> oberkampf), 11 ( mairie des lilas <-> arts et métiers) ont été coupées durant 20 à 30 minutes, avant de retrouver leur cadence habituelle plusieurs heures plus tard.
  • Retailleau débarque entre Nantes et Angers : mobilisation générale : Ces dernières semaines, Bruno Retailleau a fait couler beaucoup de sang : il a déployé 80.000 policiers surarmés et des blindés lors des journées de mobilisation du 10 et du 18 septembre, avec l’ordre « d’aller au contact ». Résultat : des centaines d’arrestations et de blessés, des dizaines de manifestations et d’actions qui n’ont pas pu se tenir, des milliers de personnes traumatisées… La violence d’État est encore montée d’un cran.
    Retailleau est un néofasciste, dont le parti ne pèse que 5% des voix aux dernières élections, mais que Macron a placé pour faire régner l’ordre par la terreur. Nommé Ministre de l’Intérieur il y a exactement un an, il a déjà fait énormément de mal : il a multiplié les propos et mesures racistes, traqué les étrangers, déployé la répression la plus dure dans les colonies, brutalisé les contestations écologistes, sociales et pro-palestiniennes tout en protégeant les néo-nazis et les plus riches…
  • Italie : retour en images sur la grève et les blocages de masse pour la Palestine (...) La jeunesse et la classe ouvrière ont mis le pays à l’arrêt en solidarité avec la Palestine et pour exprimer un véritable internationalisme en acte ! Ce qui se passe en Italie est la voie à suivre : imposer par en bas l’arrêt du génocide à Gaza, en bloquant directement le trafic, en empêchant les flux d’armes et d’argent de circuler entre Israël et l’Europe, et en mettant les gouvernants sous une pression maximale. Le mouvement s’est poursuivi le 23 septembre, pour une deuxième journée consécutive.
    Suite à cette immense succès, le grand syndicat italien, la CGIL qui est l’équivalent de la CGT, compte appeler à la grève générale pour défendre la flottille. Il faut nous en inspirer en France, où il n’y a rien à attendre de Macron ni de la classe politique. Seul le peuple sauve le peuple.

Bloquons tout : même les AG

- Bloquons tout : même les AG - Il est temps de reconsidérer notre recours hégémonique aux AG comme mode d’organisation, et de penser à construire une lutte réellement inclusive.
(...)
Le féminisme n’est pas une annexe de la lutte, il la transforme et la structure
Il ne s’agit pas de disqualifier pour toujours les AG, qui restent un outil parmi tant d’autres, et qui trouvent parfois leur utilité tant qu’on connaît et prend en compte ses limites. En revanche, il est urgent de réhabiliter l’ensemble de nos actions militantes comme également légitimes et participant toutes à la lutte. Trop souvent on voit les AG comme caution de la prise de décision et les actions “de terrain” comme seules à même de mener à la victoire. Les autres modes d’actions sont vues au mieux comme une base arrière, très souvent comme des indulgences dispensables.
Pourtant la multiplicité des modes d’actions est indispensable à l’inclusion de toustes. Les luttes n’ont jamais reposé sur l’action pseudo héroïque de quelques-un·es à bloquer une route ou faire face à la violence policière, aussi importantes et légitimes soient ces actions. La première réussite d’une action est qu’elle ait eu lieu, car l’organisation et la solidarité qui l’ont permise sont déjà des actes de résistance. Et peu importe qu’il s’agisse d’un blocage, d’un banquet ou d’un rassemblement. Nos actions sont diverses pour une raison : nos vécus et nos conditions de vie sont divers et notre lutte le reflète. Et nous ne pouvons pas hiérarchiser nos actions de même que nous refusons de hiérarchiser nos vies.
Le féminisme n’est pas une boîte à outil à rajouter à nos actions, il doit structurer la lutte. La lutte féministe visibilise l’invisible, le travail du soin, de la logistique, du collectif, de l’émotion. Il faut reconnaître à égalité toutes les formes de résistance, refuser les hiérarchies entre actions comme entre vies, et construire des pratiques réellement inclusives, solidaires et subversives.
C’est à chacun·e d’entre nous de reconsidérer notre vision de la lutte pour intégrer cette dimension, indispensable à notre émancipation collective.

Apprendre des comités de resistance soudanais

À l’occasion de la mobilisation sociale de ces dernières semaines, le journal papier et irrégulier breton Torr E Benn ! a publié un numéro spécial intitulé : Pour la République des libres ronds-points fédérés.
A l’intérieur, on retrouve trois textes "historiques" comme autant de propositions d’organisation à la base. Des comités d’action de 68 à l’appel des Gilets jaunes de Commercy, on fait aussi un détour par les comités de résistance du soulèvement soudanais de 2019. C’est la fiche pratique que nous reproduisons ici, sobrement intitulée : Fiche « comité de résistance » du 11 mars 2019 au Soudan

- suite : https://lundi.am/fiche-comite-de-resistance-du-11-mars-2019-au-Soudan

Bloquons tout, mouvement social : prochaines dates, changement de stratégies ? Quels objectifs ?

C’est confirmé : Macron voulait gouverner avec le RN en lançant une dissolution

Nous l’écrivons depuis le début de l’été 2024 : Macron veut terminer son mandat en cohabitation avec l’extrême droite, ce qui lui permettrait de militariser le régime et d’imposer des mesures dictatoriales en se réfugiant derrière son allié du RN. C’était son plan lorsqu’il a annoncé une dissolution surprise de l’Assemblée Nationale.
(...)
entre les deux tours du scrutin, Emmanuel Macron a secrètement tenté de faire échouer le « front républicain ». Il a décroché son téléphone pour appeler directement des candidats du bloc central engagés dans des triangulaires contre le RN et le NFP, et leur demander « de se maintenir » pour faire gagner l’extrême droite. « Emmanuel Macron voulait une majorité RN. Il a été surpris par l’ampleur du front républicain », confirme un proche du Président cité dans l’ouvrage.

Souvenez-vous encore : pendant les trois semaines de campagne législative, les macronistes avaient cogné de toutes leurs forces contre la gauche, accusée de tous les maux. Le président avait lui-même dénoncé « l’immigrationnisme » du Front Populaire, reprenant ainsi les mots et les idées de l’extrême droite. Édouard Philippe affirmait par exemple que « aucune voix ne doit se porter sur les candidats de la France insoumise » et répétait que la gauche était le vrai danger. Le Monde révélait que Darmanin aurait validé ces élections organisées en plein été : « Les blédards seront partis et ne voteront pas LFI ».
(...)
Du jamais vu dans l’histoire de la Cinquième République : un président qui refusait de se soumettre au résultat d’élections qu’il avait lui-même convoquées. Depuis ce coup d’État électoral, trois Premiers ministres de droite radicale ont été nommés et tentent d’imposer des plans d’austérité, la répression est à son maximum, et la France est en crise de régime.

Aujourd’hui, la propagande pro-RN bat toujours son plein. Les instituts de sondage, contrôlés par les mêmes milliardaires que les médias dominants continuent de marteler que l’extrême droite est en tête. Comme l’an dernier, la classe médiatique est déjà en train d’organiser la victoire du RN, de la présenter comme inéluctable.

C’est la nouvelle version de la démocratie. Le camp néolibéral autoritaire orientera les élections et fera voter autant de fois qu’il le faudra pour obtenir un verdict « conforme » à ses attente. C’est-à-dire le fascisme, qui pourra protéger ses intérêts et mettre au pas la population.

- article complet : https://contre-attaque.net/2025/09/26/cest-confirme-macron-voulait-gouverner-avec-le-rn-en-lancant-une-dissolution/

Répression d’Etat

  • Surveillance des manifestations : les drones passent en force - Pas moins de 98 arrêtés autorisant l’usage de drones ont été publiés pour surveiller les rassemblements du 18 septembre. Beaucoup ont été publiés au dernier moment, voire alors que les manifestations avaient déjà débuté, rendant les recours très difficiles, voire impossibles.
https://youtu.be/502g5AV6048

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